‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste Comte (volume 2)Chapitre 91 sur 103 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

imONONŒ PUUH LA CUMMEMORATION FL^èHRE D AUGUSTE CUMTK 1^^ 18 Sliake&peare Hu (27 septembre 18l»7), le ii» dimanche après ^a tiioH«

Par le D' Hobjxet,

Désigné» k ccl effet, par MM.l*. Laffitte^ président des Exécuteurs testamentaire*, et F, Magmn président de la 8ticièté positiviste,

Meâdiimeâ et Messieurs (i|,

Lu vte des grands hommes s'ollre à la Yén^'^ration publique sous deui aspects essentiels : Tun, social, embrasse l'ensemble dos services rendus à rHumanité, Tautre, simplement domestique, concern»' les actes privés et les qualités personnelles.

Je vais donc essayer ici de retraeer, sous ces deux aspecl^, la plus grande existence qui ait encore surgi.

La carrière publique d'Auguste Comte offre deux périodes au?*:?! glorieus**^ qu'inséparables, répondant à cliacune desgrandHsélaborationsquileplaceul au premier rang parmi les bienfaiteurs de lllunianité. Dans cette phaae toute philosophique, bien qu'elle ait été constamment inspirée et soutenue par ïe plus i-nergique sentiment sociaU notre glorieux maître posa les basses de la spiritualité moderne. Rassemblant, par un effort sublime, les éléments épars d'une positivité jusqu'alors incomplète, il sul relier en un seul faisceau, désormais indestructible, les constructions partielles et séculaires de ses plus nobles devanciers, par son incomparable création socio* lo}4:ique.

On sentira de plus en plus. Messieurs, qu^un aussi héroïque début dati5 la carrière pbilosophi(|ue ne pouvait appartenir qu^à celui qui s'étançail sur Icï^ traces d^Aristote et de Descartes, on portant an plus profond de son co?nr Tenthousiasme et le feu sacré de notre immortelle Convention î — Grâce à lui nous savons aujourd'hui que la sympathie est la noble mère de la synthèse et de la synergie* — Vous connaissez tous, mieux que moi-^ quels furent tes fruitt^ de ce sublime enfantement : la philosophie positive naquit bientôt après la découverte des lois sociales. Observer et raisonner, teî est le principe logique qui éclaira cet incomparable génie pour élever le phare de îa positivité, au milieu des ténèbres llièologico-métitphysiques ; et c'est à sa vive clarté qu'il dut de jeter les fondements inébranlables de la base philosophique sur laquelle il érigea plus tard notre majestueux édtfîci^ religieux. N'oublions donc jamais cet immortel début de la philosophie

(t) La première partie de ce discours, cjonsacrée à rapppécjtihon de Tactc qui privait les positi\1ste8 du lieu normal de leurs réunions, en cette triste et solennelle cuconataDce* ne saurait élre reproduile ici. Quant a la cérémonie, elle eu! tjeu cht*z un de nos frèi-es le* plus dévoué». Don Joac Segondo Florez*

PIECES JUSTll tCATIVJîtî

positive» qui, s^paranl pour toujours le concret de l'abstrait, et étendant aux |»h6nonièDes socumx Fiûvincible notion deïoi, limita chaque science, en la rultachanl à ses? sœurs par des lions oaturels, de manière à former ua admirable système universel, embrasi^ant dans son cadre puist^aot tous leâ phénomène^ et tous le^ <Hres réels. N'oublions jamais que la coni^lusion de v.ç traité philosophique, inspirée <lu môme sentiment social, du même civisme qui vivifièrent toute l'existence de notre maître, regardait la restauration de rautorité spirituelle comme la plus noble tendance des travaux accomplis t^t comme le but sacré des elîorts ultérieurs.

Mais si puissante que fût cette première élaboration, ce n'était janitu:^ qu'une^ philosophie, et, à ce titre* elle demeurait insuffisante en présence des immenses besoins de la société niod*'rne ; car les conceptions religieuses deviennent seules populaires et universelles, tandis que les plus hautes éUtborations philosophiques restent profondément étran^res à la masse des hommes.

Pour répondre aux nécessités de la situation occidentale, le génie philosophique devait donc se transformer et s'agrandir, en passant du domaine de Tespril par celui du cœur, sur le terrain social el religieux. . * . ,

Neuf années de recueillement et d'efTorts ne furent pas vaines : et grâce à la tutélaire intervention de la tendresse féminine, cette grande transforniatioij put s'accomplir I Car, vous (e savez tous, c'est à Fange consolateur qui r^'^ pan dit sur k tjrafidv twisiencc les trésors de ?:on ineffable alTcctîonT les seules joies qui l'aient quelque temps adoucie, que THymanité doit surtout cette inappréciable rénovation. L'âme du philosophe, exaltét\ rùgùnérôe par ce saint amour, fut enU^vée par son immuable compagne jusqu'aux plus subhines régions de la subjectivilé humaine; coinnie autrefois la suave Béatrice ravit son immortel amant vers les splendeurs de Tidéalisation catholique.

<< Les grandes pensées viennent du cœur » ; on le vit bien au début de la construction religieuse qui caractérise la seconde vie de notre Maître : s<ius PinÛuence de sa rénovation aflective, tout s'était ennobli: le cœur soumettait resprit et l'activité à sa douce prépondérance, et ia philosophie, descendue d*un trône provisoire, n'était désormais qu*un niagnilique llambeau éclairant de sa vive lumière rauf;çuste morale, éternel le m«'nt assise au sommet de Téchelle des conceptions humaines, comme suprême régulatrice de la science el d« Fart. Dès lors aussi le problème social était con^tu dans toute sa maj^esté : subordonner la personnalité à la sociabilité sans sacrifier la dignité individueUe au concours socisiL

Gloire éternelle à celui qui trouva l*énigme séculaire ; qui snl dégager à jamais la réalité du nouv«*au Grand-lïtre et rallier invinciblement, sous cette suprême existence, les pensées, les sentiments et les actes humains.

On sait conmient la Putitiqw pojfitive, code sacré de Tavenir, s'empare du domaine social <m appuyant ta doctrine nouvelle sur l-adhésion des prolétaires et des femmes; comment elle institue le gouvernement moral du Monde, par leur union continue avec le sacerdoce, seul organe direct et systématique de rHumanité. On sait par quelle série de créations «originales et

iifit

VlIC D AUGUSTE OOMTK

[luissûntes ceLle subiimc construction s^élève de son préambitle socîaî au U^ bleau synthétique de Ta venir humain : la nosmolof^ie condensée prépare [v théAtre; la théorie cérébrale pose les bases de Téducation morale, elle ûtirre les sources de la grâce; la staUque et la dynamique socibh^s expliquent le« conditions de Teiîstcnce collective et les lois de soïi mouvement, elle9 nous déposent au seuil de la terre promise où nous pouvons entrevoir, au milieu des splendeurs de Favenir régénéré, la Postérité glorieuse et reconnaissante I Là nous voyons la sociocratie finale exploitant, dans un raajeslueuî concert, le domaini' terrestre, et nous pouvons eont/;mpler la religion universelle embrassant à la fois la science épurée, Fart sanctifié, la politique ennoblie, et guidant, par la morale, notre étemelle recherche du bien, du beau et du vrai.

Mais pour mieux apprécier la difficulté d'une telle œuvre et la puissance de son créateur, nous devons descendre des sublimités où elle transporte les âmes ardentes, su triste monde anarchique et déj^Tadèqui ne put Tempêcher de surgir. Tous ceux que la révolution n*a pas animés de sentiments sociaux ont été perdus par elle! et le grand naufrage de la foi théologique laissant la multitude des âmes ordinaires privée de frein moral, on a vu se développer partout la révolte intellecLueïîe et le débordement de la personnalité. De not^ jours» le «léaordre des esprits hâtant la corruption des cœurs, menace d'une ruine prochaine les plus antiques et les plus vénérables institutions sociales : propriété, famille, patrie, religion, tout est près du s'anéantir! Et rhotnmc lui-même sent son individualité se dissoudre sous le fermetit de rirréligion, impitoyable mère du doute, deTirrésolution et de Tennui,

C'est à ce moment anxieux et aoleunel que le Fondaïeur de la foi positive entra dans la carrière. Sans autres moyens qu"un cœur ardent, qu^un invin* cible génie, qu'un inébranlable caractère; enrichi par un labeur infatigable do rhéritage spirituel des siècles accomplis, il sut élever Tarche sainte qui porte vers Tavenir le palladium du rHumajiité! Rien ne put Tarréter : ni les langueurs de risolement, ni les sombres heures de la misère, ni les douleurs du foyer, ni les fatigues d'un travail surliumain, ni les séductions de rinlrigue ou les menaces de la haine, ni les déceptions de Tamitié trahie et de la paternité spirituelle tant de fois trompée! Son âme toute romaine^ profondément touchée par le moyen âge et si fortement illuminée par le génie moderne, put s'élever toujours au-dessus du présent, en vivant dans le passé, pour sauver Pavenir» Et Ton peut dire que rien n'égale ses œuvres, si ce n'est sa vertu. Qui de nous, Messieurs, ne se sent pénétré d'un saint respect, à la pensée de cette vie austère qui s'écoula dans le travail et Tamerlume?Quide Tmus n'eiH donné sa vie pour ajouter quelques instants de plus à cette précieuse existence*?

Mais la plus cruelle des fatalités qui pèsent sur notre Terre, l'inexorable morl, qu'un acte impie semble avoir ici provoquée, est venue le ravir à notre affection, comme à ses augustes devoirs. Longtemps l'Humanité saignera de cette fatale blessure, et nous ne pourrons assez regretter et pleurer

celui qu'elle vient de perdre

0 vénéré Maître, glorieux fondateur et premier Grand-Prôlre de la Reti-

PIHCBB Jt•j3•nJ^CATlVEs?

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g-ioii universelle, régénéraleur elbtenfaiieur des contemporainB et de la posléritél reçois par notre bowcbe les regrets du présent et les enthousiastes hommages de Favenir. Ta vie ne Fut quVn acte de dé70ii©ment,.qu*une création ctmtînue, qu'une lutte intrépide, qu'uoe longue souffrance, et ta mort vient encore nous donner un auguste enseignement, Ohl le plus grand iJvjs serviteurs de l'Humanité! grand par le cceur, par Tesprit et le caraivttTe, grand par tes œuvres immortelless ! reçois Tardent et respectueux tribut de notre amourt de notre dévouement, de notre vénération, et que la douloureuse tranalbrmation qui vient de s'accomplir le dépose éternellement dans te sein de rHumanitô!

MES SOUVENIRS PERSONNELS [rAUGUSTE COMTE-

Nous croirions manquer à un devoir en ne reproduisant pas ici la touchante narration qu'un ancien éïéve d'Auguste Comte a publiée après sa mort, dans le Chnmhers Journal de Dublin,

Ne sachant ni le nom ni la demeure de celui qui a tracé ces Hf^nes sympatljiques, nous n'avons pu lui demander rautorisation de les traduire, giflais nous sommes convaincu qu*il ne se serait point opfïosé à leur insertion dans le travail qui nous occupe. En tous cas, rattachement et le n^speel qu'elles témoignent pour la mémoire de noire maître^ méritent à son aub'ur la gratitude et la sympathie de tous les positivistes. R.

Uc niLme que [>ar un chemin détourné| le poète s'approche des Champs Élysèes, l'auteur, en cherchant a donner une b'gère esquisse d*une des plus ' grandes inteîligences de sa gènératioii, se trouve obligé de ra[)peler quelques circonstances insignifiantes de son obscure existence.

En 1836, ie monde était encore nouveau pour moi» ou moi pour lui, — algébriquement, sinon autrement, c*est une position identique; — j'étais tourmenté de ce que je trouvais d'insulTisant dans renseignenieiït privé d'AnpîeteiTe, et j'obtins, à force irardentes prières, la permission de venir continuer mes études prt^paraloires à rUniversit»> do Paris. Là, dans chaque branche de Tédijcation, dont le plan m'était tracé par une main libérale, je fus confié aux premiers professeurs de l'époque.

J*appris plus tard avec quelles difficultés les leçons d'un d'entre eux avaient été obtenues; mais quoique je fosse bien jeune j'en sentis instinctivement toute la valeur. Ce maître, dojit je fus le dernier élève mathématique, était Auguste Comte.

Chaque jour, au moment où Thorloge du Luxembourg sonnait huit heures, quand le frémissement du marteau sur le timbre était encore sensible, la porte de ma chambre s'ouvrait, et alors entrait un homme petit, mais fort, net et propre dans toute la force du terme, frais rasé, sans aucun vestige de barbe ni de moustaches.

Il était invariablement vêtu d'un habit noir irréprochable, comme s'il

se

VIR û'AtTGUSTE COMTt;

allait dîner en ville, sa cravata blan4iht% aus^i fraîche que si eJIe sorliul tle» mains do la blancliisseuse, et son chapeau lustré comme le poil d'un chfiral de course.

fl s'avançait vers h fauteuil préparé pour lui au milieu de la table à écrire, plaçait son chapeau sur le coio â gauche, sa labattère à côté^ auprès de la main de papier disposée pour son usage, et alors, trempant deui fois sa plume dans l'encrier, il la portait à un pouce de son nez afin d^être sûr iju'elle était convenablement remplie, puis il rompait le silence : <» Je vous ai dit que la ligne A B, etc. »

Pendaot trois quarts d'heure il continuait sa démonstration tout en écrivant de courtes notes pour son élève» lorsqu^il répéterait le problème seul. Puis, prenant un autre cahier placé près de lui, îl examinait la reproduction écrite de la dernière leron. Il extiminait, corrigeait ou commentait jusqu^â ce que la pendule sonnât neuf heures. Alors, avec le petit doigt de la main droite, il faisait tomber de son habit et de son gilet la pluie de tabac superflu dont il les avait inondés ; it remettait sa tabatière dans sa poche et prenant son chapeau, il faisait, aussi silencieusement qtfil était venu, sa sortie par la porte que je courais lui ouvrir.

Cet homme silencieux (de peu de roots) était rArislole et le Bacon du xix« siècle.

Ainsi, pendant une année je m'assis chaque jour, auditeur peu attentif, et n'ayant certes pas conscience de la valeur de ces leçons dont je ne puis toutefois jamais oublier la haute portée, bien que les lignes et les courbes qu'elles expliquaient soient restées Longtemps aussi insignifiantes pour moi que des hiéroglyphes. On pourrait penser qu*un tel professeur, agissant comme un ressort d'horloge, sans aucun échange des plus légères courtoisies de la vie, ne devait inspirer à son élève qu'une crainte répulsive. C'était en vain que jVssayais de rompre la froideur de nos relations et d*établir ces causeries préliminaires auxquelles j*ai trouvé quelques professeurs trop prêts à employer tout le temps de leurs leçons. Il semblait dire qu*U s'était imposé un devoir désagréable et que rien ne pouvait l'en détourner. Deux fois seulement j'obtins la preuve qu'il y avait quelque chose d^humaiD dans sa nature.

J'étais depuîs six semaines soUïisa direction et je persistais, avec fdus de malice peut-Atre que d^ignorance, à me servir du plus abominable français antigrammalical, dans mes rédactions écrites. Un malin, il perdit patience à quelquL* solérisme ]»!us choquant qu'à fordinaïrc, et, posant sa pluiae, il PC tourna vers moi et dit : « Pourquoi persistez^vouï* à écrire de tels barbarismes?— Vous savez que je suis étranger, dis-je, comment ferais-je mieux? — Vous pouvez fort bien faire mieux que cela ; écrivez comme vous parlez» 9 Et, reprenant sa plume, il corrigea toutes les ftmïes de langage. Depuis ce jour, it y eut peu de fautes grammaticales dans mes rédactions.

Une fois encore, à cette époque, et sans préméditation, j'encourus douce colère. J'étudiais alors très ardemment, ordinairement treize heur par jour de travail de lecture; c^est une folle que j'ai cruellement expiée et dont je me suis repenti dejimis : j'étais rarement au lit avant minuit. Une

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lààUtiée d'hiver, après un travail plus ardent qw dHiabilude, je m*aâsoiipîs à la le^on ; ce n'était pas sans un effoi't de louïe que je pouvais comprendre le sens; mais jo ne pouvais forcf*r mes paupières à se tenir ouvertes; je n^osais me lever pour faire quelques tours dan^ ma chambre» cela eût été une violation de noy habitudes. Je restai donc assis ; et le bourdonnement de la voijc et le craquement de la plume me berçant doucement, j'étais aux trois quarts endormi, quand soudain un chanj^ement de ton me réveilla, et les mots : « Mais vouh dormez ? w ne me rapfM'lèrent à moiraème que pour voir mon protesseur sortir d^^ fa chambre tandis que j'essayais vainement de le retenir et de Tapaiser* Le jour suivant il résuma la leçon quil avait interrompue en voyant mon assoupissement; mais pas un mot de reproche ne fut prononcé, pas une exruse ne fut admise par lo philosophe olTen^^é.

De ce jour je commencaî à Taîmer. Si frotd, si absorbé qu^îl pan'ti, le gféanl intellectuel agissait presque imperceptiblement sur la jeunesse. Je ne pouvais connaître, encore moins mesurer sa grandeur, mais je commençais à m*intéres8er à l*aride science qu*il m'enseifînait, et si je Tavaîs continuée .•?ous sa direction je serais peut-être devenu un mathématicien. J'avais appris à craindre mes maîtres, mais non à les révérer. Si jVvais eu de Tinclinution pour quelques-uns, cela avait *lé en proportion do leurnéi<ligencf% et je trouvais à demi injuste et tout à fait extraordinaire de me laisser aller à une sorte d'afl^ection pour le plus inabordable et le plus froid d'eux tous- J 'étais à cette «époque le parcon h; moins raisonnable du monde, je ne puis par conséquent supposer que ces sentiments fussent dus à l'attrait de la pure raison sur mon esprit. Je puis seulement penser qu'ils provenaient de la perception instinctive de Timmense tendresse cachée qui remplissait son âme.

Je retournai en Angletorre p^mr fairt' mon mge [heep halls) et me consacrer à un autre ordre d^études, taxé par nnes maîtres et mes inspecteurs de véritable paresseux, parce que je ne travaillais pas dans leurs livres ; et cela fut vrai pendant deux ans avant que je ne retournasse à Paris, Pendant ce temps je m^étais familiarisé avec ce qui avait paru de la Philoitaphie ptmtive. J'avais appris par ces pages que mon ancien professeur était un grand homme, quoique difûcilement encore reconnu comme teL J'avais senti le contraste de son initiative avec le Inmez- faire des autres, et le revoir était un des premiers plaisirs que je me promisse dans cette capitale si fertile en plaisirs pour les jeunes visiteurs. Le souvenir rempli des nombreuses prises de tabac qui avaient si souvent attaqué mes muscles sternutatoires» je lui apportais une tabatière de (lumuock avec un caillou de Ayrshîre dans le couvercle, et je me réjouissais delà voir gracieusement acceptée. Il Ln prit et la plaça dans un tiroir de sa table à écrira en me disanl qu'il avait entiôrement renoncé à Tusage du tabac, que désireux de se vouer sann distraction à l'élaboration de sa Politique fHmtive^ il ne lisait plus les journaux et se privait de toute superfluité*

Je ne le revis plus qu'en 1851. Il était alors le chef reconnu d^une écoht philosophique, et généralement res|)ecté, si non admiré» par tous h^s peu-

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