‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste ComteChapitre 18 sur 65 · I.E POSITIVISMK · texte numérisé non relu

I.E POSITIVISMK

<( même ; Auguste Comte a constaté par riiistoire que nos « conceptions subissaient celte évolution ; et, transformant « en principe le fait, il y a établi la loi de l'histoire; fon- (( clément définitif si les recherches ultérieures ne vont pas « au delà , provisoire si sous cette assise elles en mettent « à nu une autre. Je m'explique par un exemple : on n'a « jamais rencontré d'homme qui ne marchât sur les deux « pieds ; on en tira la loi empirique que jamais les hommes « n'ont marché à quatre pattes; mais si l'on démontre ana- « tomiquement que le trou occipital, placé chez l'homme « autrement que chez les quadrupèdes, ne permet pas (t qu'il ait jamais eu une autre marche, la loi, d'empirique, « devient rationnelle. L'avantage logique de cette transfor- « mation est évident; car, dans le premier cas, il était seu- « lement infiniment probable qu'il n'y avait jamais eu des « hommes marchant à quatre pattes; dans le second cas « c'est absolument certain. Une loi empirique rend d'in- (( contestables services; souvent elle est le dernier terme (( auquel on puisse atteindre ; mais, à cause de la défectuo- « sité qui y est inhérente, elle est une excitation continuelle « à trouver la loi rationnelle qui y correspond. C'est ce que (( j'ai fait, je veux dire c'est ce que j'ai cherché à faire. « Pensant que le développement collectif devait reproduire « dans ses traits essentiels le développement individuel, (( j'ai été frappé qu'il n'y eût aucune concordance entre « l'analyse mentale dont Auguste Comte a emprunté les « bases à Gall, et la loi empirique qu'il avait découverte en (( sociologie. J'ai donc conçu d'un tout autre point de vue (, cette même analyse mentale, et, la posant comme point (( de départ de l'analyse sociologique, j'ai été amené à une « loi rationnelle qui, sans toucher à la réalité de la loi (, empirique d'Auguste Comte, va au delà, l'explique et en (, fait un cas particulier. Donc il me semble que l'histoire <( se partage en quatre âges fondamentaux : le plus ancien « est celui où l'humanité est sous l'empire prépondérant

Al'KKS AL'GUSTK COJlTli.

« des besoins ; le plus ancien ensuite, ou âge des religions, « est celui où le moral, se développant, suscite les premières « créations civiles et religieuses ; le troisième, ou âge de (! l'art, est celui où le sens du beau, devenu à son tour, ca- « pable de satisfactions, enfante les constructions et les (( poèmes; enfin, le quatrième, ou âge de la science, est « celui où la raison cessant d'être employée exclusivement « à l'accomplissement des trois fonctions précédentes, tra- « vaille pour elle-même et procède à la recherche de la « vérité abstraite. Le point que je touche ici est impor- « tant; j'y appelle l'attention de ceux qui méditent sur « l'histoire. Aussi n'ai-je pas hésité à donner de ma ten- « tativeun aperçu qui servira du moins d'indication et de (( jalon. »

Ainsi, la loi des trois états découverte par Auguste Comte ne serait qu'une acquisition empirique spéciale, qu'un cas accessoire et particuher d'une loi plus générale, celle des quatre âges historiques, récemment inventée par M. Littré. En s' appuyant sur la première, la sociologie positive n'aurait donc trouvé qu'un fondement provisoire; la philosophie de l'histoire serait à refaire ; et la synthèse moderne, péchant par sa base même, serait tout entière à reconstituer ?

Heureusement on peut réduire à néant de semblables prétentions et mettre en évidence leur complète inanité. Nous allons démontrer que la conception de M. Littré est aussi dépourvue de valeur logique que de rigueur scientifique; que les lois abstraites établies en sociologie par Auguste Comte n'ont aucun rapport avec cette théorie de circonstance, qu'elles n'en sont un cas ni particulier, ni accessoire; et qu'enfin, la trouvaille de M. Littré ne saurait pas plus mfirmer que corroborer la systématisation positive. Pour cela, nous devons un instant revenir sur les éléments de la nouvelle philosophie, que l'auteur des Paroles semble avoir totalement oubliés, ou môme n'avoir jamais bien compris.

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D'après ces principes fondamentaux, la connaissance des lois concrètes relatives aux êtres nous serait interdite vu son extrême complication, et il n'y aurait d'accessible pour notre esprit que les lois abstraites concernant les phénomènes, c'est-à-dire l'existence. L'abstraction, qui seule permet une systématisation réelle, forme donc le caractère fondamental de toute science, et la recherche d'une loi scientifique quelconque, exige toujours une abstraction préalable des considérations étrangères à son objet propre , obligation qui complique singulièrement l'opération mentale par laquelle s'effectue la découverte. Or, puisqu'une telle élimination se trouve nécessitée par l'étude des faits les plus simples, combien ne devient-elle pas indispensable à l'égard des phénomènes sociaux, qui sont d'une complication si supérieure ? Quand, par exemple, nous ne pouvons découvrir la loi des variations atmosphériques, ni même prévoir rigoureusement le parcours d'un mollusque, entre deux points fixes ou le trajet exact d'un projectile, comment avoir la prétention de trouver la loi de l'évolution d'un peuple déterminé et surtout de l'espèce humaine tout entière?

Il faut donc, en sociologie plus encore qu'en physique et en biologie, considérer séparément chacune des grandes catégories de phénomènes qui composent l'existence correspondante, pour arriver à la connaissance des lois élémentaires qui permettent d'expliquer de tels événements. Les lois sociologiques ne sont donc autres, comme nous l'avons dit tant de fois, que celles des phénomènes primitifs qui constituent l'existence sociale elle-même, celles des faits permanents et communs à tous les états sociaux, dans tous les temps et dans tous les lieux. Il doit donc y avoir au moins autant de lois sociologiques que l'existence collective présente de phénomènes fondamentaux, et comme l'état de société ne peut que développer les attributs essentiels de notre nature personnelle, sans jamais en créer de nou-

APUÈS AUGUSTE COMTE.

veaux, il doit nécessairement offrir trois grandes catégories de lois, correspondant au sentiment, à l'intelligence et à l'activité, que manifeste à un moindre degré toute vie individuelle. Les lois sociologiques comprennent donc en définitive l'ensemble des phénomènes élémentaires communs à tous les cas humains et qui se réduisent finalement aux manifestations de ces trois grands attributs.

Or, le sentiment ne fournissant que des impulsions intérieures, comme nous l'avons remarqué déjà, et ne donnant jamais lieu, comme l'intelligence ou l'activité, à des produits extérieurs susceptibles de s'accumuler et de servir de point de départ à de nouveaux résultats (d'où succession, évolution et progrès) , il s'ensuit qu'il n'a pas ou que du moins nous ne pouvons connaître la loi propre de sa progression. Nous n'avons, quant au développement de la sociabilité, qu'une loi résultante, indirecte, consistant dans les variations qu'elle présente, d'après la réaction qu'exercent sur elle les progrès de l'intelligence et de l'activité. Le sentiment devait donc encore être écarté de la recherche des lois sociales, où l'investigation restait finalement limitée aux deux derniers éléments.

Mais il fallait de plus que la découverte de la loi mentale précédât celle de la loi pratique, puisque l'intelligence a plus d'importance dans la vie publique que dans la vie privée, où le sentiment domine ; et que pour agir collectivement, il faut avant tout s'entendre, l'esprit déterminant le mode d'activité qui doit prévaloir dans une situation que lui seul peut apprécier.

Enfin, cette recherche, pour rester posititive et devenir efficace, devait s'exercer sur les résultats extérieurs accumulés par le mouvement intellectuel et n'y considérer que la ^ succession des opinions, d'après les constructions qu'elles ont produites , dans ce qui est commun à tous les cas sociaux, comme à tous les sujets auxquels puisse s'appliquer notre esprit. C'est seulement à ce degré d'abs-

LE l'osrnvisjii'

traction et de généralité que l'on pouvait eflectuer la découverte fondamentale de la loi d'évolution de l'intelligence humaine.

Telle fut la marche difficile, nouvelle, pleinement scienlique et nullement empirique suivie par Auguste Comte, et qui lui permit de saisir enfin le fait élémentaire, permanent et universel qui constitue la loi de l'évolution mentale. Or un tel fait ne peut s'observer qu'en contemplant un état social assez avancé pour manifester tous les caractères de cette succession ; à plus forte raison ne pouvait-on le découvrir en observant l'individu au lieu de l'espèce. C'est donc inductivement, et par la contemplation de l'ensemble de tous les produits de l'esprit humain, dans un temps et dans un espace suffisant, que le génie positif put s'élever à cette grande découverte sans qu'il fût aucunement possible de procéder autrement. Toutefois, une telle loi résultant de la nature même de notre intelligence, aurait pu se trouver déductivement, si sa découverte n'avait dû précéder celle des diverses lois logiques ajoutées finalement par Auguste Comte à la conception fondamentale d'Aristote , et servir de base par conséquent à une théorie systématique de la nature humaine, à la fois affective, intellectuelle et active. C'est pourquoi la faculté d'arriver aujourd'hui, déductivement et en s' appuyant sur la constitution élémentaire de notre esprit, à l'institution et à la vérification de cette même loi d'évolution, en fournit une nouvelle et précieuse confirmation.

Des considérations aussi fortes s' appliquant à la loi d'évolution de l'activité humaine, on ne saurait nier qu'Auguste Comte n'ait établi, pour les trois attributs fondamentaux de l'existence sociale (l'intelligence, l'activité et le sentiment) , les lois abstraites qui la régissent ; que ces lois ne s'appliquent également aux mêmes éléments de la vie individuelle; qu'elles ne comprennent par conséquent tous les cas humains, personnels et sociaux; qu'elles n'expli-

APUÈS AUGUSTE COMTE.

quent toutes les situations privées et publiques , toutes les civilisations, le passé, le présent, l'avenir, en un mot, l'existence humaine tout entière. Elles sont donc assez générales pour embrasser tous les cas, sans pouvoir jamais rentrer clans aucun d'eux.

Mais puisqu'il n'y a d'accessible pour nous que les lois abstraites, qui établissent les relations constantes de succession qu'affectent entre eux des phénomènes de même nature (ceux, par exemple, de végétalité, d'animalité, d'entendement, d'activité, etc., respectivement considérés); puisque les besoins, le moral, le beau, la science, qui représentent des facultés et des produits, sont des objets tout à fait hétérogènes, la théorie des quatre âges, qui fait simultanément concourir ces différents termes à la formation d'une loi unique de civilisation, au lieu de les considérer isolément pour en tirer les lois abstraites correspondantes dont la combinaison peut seule expliquer l'existence sociale (à condition encore que chaque terme élémentaire soit bien choisi), cette théorie, dis-je, ne peut représenter une succession abstraite, homogène et systématique, une véritable loi. Une telle impossibilité est d'ailleurs indiquée par la contradiction du langage lui-même , puisque , présentée par son auteur comme une loi rationnelle ou mentale , la théorie en question embrasse des considérations tout à fait étrangères à l'esprit, comme le sont les besoins et le sentiment. Il ne peut donc y avoir dans le rapprochement illogique qu'a fait M. Littré de ces termes incompatibles, aucune loi scientifique proprement dite, mais un simple aperçu httéraire, qui reproduit d'une manière beaucoup trop imparfaite, cette pensée d'Auguste Comte : le développement de nos besoins matériels précède nécessairement l'état social, dans lequel seul peuvent se développer suffisamment nos hautes facultés intellectuelles , morales et pratiques, suivant leurs lois particulières.

Par conséquent aussi, la loi abstraite de l'évolution men-

Mi l'OsrnvisME

taie découverte par Auguste Comte, ne saurait rentrer dans l'aperçu de M. Littré. Nos conceptions, en effet, qu'on les considère dans leur ensemble ou dans leur détail, n'ont point passé par l'âge des besoins, du moral, et du beau, comme le pense cet écrivain : théologique, métaphysique ou positive, la philosophie (la foi) a toujours eu pour objet l'explication de l'univers et de l'homme-, elle a toujours consisté dans une recherche purement intellectuelle, profondément distincte de la satisfaction de nos besoins, comme de l'exercice de nos affections et de nos aptitudes esthétiques. De même, pour aucune science (mathématique, astronomie, physique, chimie, etc.), il n'y a eu un âge des besoins, du moral, ou du beau, par la raison qu'il ne peut exister aucune homogénéité entre un besoin et une pensée, entre une inspiration morale ou esthétique et une construction scientifique.

Évidemment M. Littré s'est mépris dans l'institution du problème qu'il a voulu, sans plus de succès que de raison, reprendre à nouveau. Oubhant ou ignorant le principe fondamental, essentiel, de toute philosophie positive, la distinction nécessaire entre le concret et l'abstrait; méconnaissant l'irrationalité de l'étude théorique des êtres; au lieu de méditer sur les phénomènes élémentaires de l'existence sociale, il s'est mis à la recherche d'une loi concrète de la civilisation, non-seulement de tel ou tel peuple, mais de l'espèce humaine tout entière. De plus, au lieu de poursuivre cette loi dans la série historique, il a voulu la déduire de l'analyse mentale de l'individu (1). Or une telle marche est pleinement opposée à la méthode positive,

fl) Les résultais de cotte analyse étant autres, nécessairement, pour M. Littré, que pour Auguste Comte, il est au moins singulier que cet écrivain n'ait point songé à les publier ; car toute sa réforme devant reposer sur une telle base, il eut été à propos de faire connaître cette nouvelle théorie de l'àme humaine.

APUÈS AUGUSTE COMTE.

puisque, la loi étant la même pour la société que pour l'individu, les cas sociaux sont beaucoup plus prononcés, et par conséquent plus faciles à saisir, que les cas individuels. Il ne faut donc pas s'étonner des conséquences singulières auxquelles M. Littré est parvenu.

Le fétichisme et la théocratie ont ébauché, institué même, simultanément, l'industrie, l'art, la science, la politique, la morale, la religion, et déposé dans le domaine social tous les germes essentiels que l'évolution ultérieure devait féconder, pour les rendre propres à constituer l'état final de la civilisation humaine. Les grandes phases historiques qui suivirent ce début, nécessairement préparatoires et transitoires, en conservant le fonds commun, développèrent chacune un des éléments fondamentaux de l'existence normale. C'est ainsi que l'élaboration grecque, principalement intellectuelle, mais tout à la fois eslhélique, 2}hilosophique et scientifique , fournit un résultat mental aussi essentiel que brillant. C'est ainsi que l'incorporation romaine, sans délaisser les autres aspects de la vie collective (l'industrie, la religion, la philosophie, la poésie, la science), développa d'une manière si prépondérante l'activité sociale; c'est ainsi encore que l'initiation catholicoféodale compléta cette préparation partielle, par la culture directe du sentiment. Après quoi, la phase moderne effectua le double mouvement de décomposition du régime ancien et de recomposition du régime nouveau, qui devait permettre l'avénement de l'état final de l'Humanité, où tous les éléments organiques développés pendant les âges préparatoires seront combinés, sans en exclure aucun , pour assurer sa constitution définitive et sa complète activité. Mais, dans un tel mouvement, jamais la satisfaction des besoins, qui n est pas moins pressante aujourd'hui que par le passé et qui rentre dans l'étude biologique plutôt que dans l'appréciation sociale, n'a pu caractériser aucune époque véritablement historique. Jamais, chez aucun peuple, le beau n'a

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constitué une préoccupation unique, une évolution exclusive. Nulle part, et dans aucun temps, l'âge de la religion n'a cessé; nulle part le développement systématique ou prépondérant du moral ne précéda celui de l'intelligence; dans le cas le plus décisif surtout, celui du noyau européen, où la culture affective, propre au moyen âge, suivit, au lieu de le devancer, le développement intellectuel et social de l'antiquité. Enfin, on ne saurait justement considérer la science comme fournissant la caractéristique de l'âge moderne, l'apanage exclusif de la civilisation à venir. Ébauchée par le fétichisme et la théocratie, admirablement développée par l'initiation grecque , cultivée à Rome, transmise par le moyen âge aux temps modernes qui la constituèrent et la systématisèrent définitivement, elle se trouve finalement incorporée par le positivisme (et comme simple élément) au système universel de la sociabilité normale. Elle sert de base à la philosophie qui constitue la foi nouvelle , mais elle ne détruit aucunement son aptitude esthétique ni sa nature religieuse. Non-seulement elle fournit à la grande synthèse son caractère positif, sa puissance de ralliement , mais elle offre à la culture poétique un champ immense d'idéalisation, et vient s'associer à l'art et se soumettre à la morale pour procurer à la religion une réalité, une force, un charme et une sainteté qu'elle n'atteignit jamais. Au lieu de reléguer dans le passé cet âge de la religion, du moral et du beau, au lieu de le restreindre à l'enfance de l'Humanité, loin de proclamer la déchéance de l'esprit religieux et de le déclarer incompatible avec l'esprit scientifique, la foi positive enseigne, au contraire, que son plus complet développement est réservé à l'avenir, et que l'homme comme la société, deviennent de plus en plus religieux, c'est-à-dire sympathiques, synthétiques et synergiques (1). Le jugement opposé, inspiré

1,1) 11 cslessenUel d'avoir toujours présent à l'esprit, ici plus qu'ailleurs,

APRÈS AUGliSTF. COMm.

par l'orgueil révolutionnaire et par la sécheresse académique, peut rester l'opinion de quelques natures sceptiques, de quelques âmes étroites et refroidies, mais il n'est point l'expression du vrai, et ne prévaudra jamais dans la croyance générale, ni dans l'adhésion populaire.

La théorie de M. Littré n'explique donc réellement ni le passé, ni le présent, ni l'avenir de l'Humanité; elle ne s'appuie pas sur un fait universel, permanent, incontestable, coordonnant d'une manière naturelle tous les événements de l'histoire ; elle n'explique pas davantage la vie individuelle, qui résulte de l'accord simultané du sentiment ou du moral, de l'intelligence et de l'activité, subordonnés à des besoins continus, mais nullement de l'exercice successif, suivant des phases distinctes, des besoins, du sentiment, de l'intelligence et de l'activité qui constituent la nature physique et morale de l'homme. La loi des quatre âges n'est donc pas plus admissible pour l'individu que pour la société.

Or cette prétendue théorie, déjà injustifiable si on l'examine du point de vue philosophique ou général, n'est pas mieux assurée lorsqu'on la considère dans ses détails, et surtout dans les motifs spéciaux qui l'ont inspirée.

D'abordlaloi d'Auguste Comte consiste, comme toutes les lois scientifiques, dans une relation abstraite obtenue par induction, et résulte de l'observation d'un rapport fixe, constaté entre des phénomènes présentés par l'existence universelle comme dépendant l'un de l'autre. A ce titre elle est aussi rationnelle que celles de Képler, de Galilée, de ^ewton, de Mariette, de Bichat, etc. Rien ne justifie donc l'espèce de défaveur métaphysique que tend k jeter sur elle M. Littré, en la traitant d'empirique. L'expression est d'autant moins propre, et le commentaire ostéologique qu'en

la disUncUon fondamentale que la synthèse positive établit entre la relieion proprement dite et la théologie.

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