‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste ComteChapitre 53 sur 65 · ONZIÈME CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

ONZIÈME CIRCULAIRE

Paris, le 18 Homère 71 (15 février 1859).

L'année qui vient de s'écouler était pour le Positivisme critique et décisive. Car il s'agissait de savoir si, le fondateur mort, la Religion réelle, s'affaissant momentanément sur elle-même, attendrait une impulsion nouvelle après une interruption plus ou moins grande, ou si, se relevant sous le coup qui la frappait, elle continuerait la paisible évolution que lui avait imprimée Auguste Comte.

L'épreuve a été décisive, et la famille positiviste l'a traversée, sous l'impulsion toujours présente de son fondateur, en s'agrandissant et se consolidant. Elle nous fournit, dès lors, l'intime conviction que la continuité de l'œuvre régénératrice ne sera pas rompue.

Il importe donc de jeter un coup d'œil sommaire sur les principaux événements qui se sont accomplis dans une telle année.

La fin de l'année 1857 avait été consacrée a accomplir les volontés testamentaires d'Auguste Comte, et a organiser le pouvoir intérimaire destiné à diriger actuellement l'évolution positiviste. L'année 1858 nous trouvait en possession de l'appartement d'Auguste Comte, et dans les conditions par lui rigoureusement prescrites.

Ma précédente circulaire a fait connaître comment j'avais inauguré le culte positiviste en instituant la double célébration de la naissance et de la mort du fondateur.

Cette institution capitale a acquis désormais une inébranlable consistance, qu'augmentera encore le sentiment de sa profonde efficacité morale. La première célébration eut lieu le 19 janvier 1858, la seconde le 5 septembre de la même année; et c'est dans celle-ci que se sont manifestés les vrais caractères de ces deux fêtes.

La réunion du 5 septembre a été caractérisée par le concours des divers représentants du positivisme en Occident. Acceptant dignement un tel devoir, ils l'ont rempli de manière à donner à cette célébration ce signe d'universalité, qui est la véritable marque de la foi positive.

Ce concours no doit être considéré ni comme fortuit ni comme transitoire: nous devons le concevoir comme la première manifestation du pèlerinage que tout vrai croyant doit accomplir, au moins une fois en sa vie, a la métropole religieuse de l'Humanité, où reposent les restes sacrés du fondateur de la foi positive ; et l'on verra ainsi le Positivisme savoir mieux que ses empiriques prédécesseurs consacrer dignement de telles manifestations.

L'ensemble du mouvement intellectuel et social des cinq derniers siècles a spontanément substitué Paris à Rome. La religion universelle régularise cette évolution en faisant de Paris le centre du nouveau pouvoir spirituel. Le pèlerinage religieux de tout positiviste devra habituellement coïncider avec la célébration de la naissance ou de la mort d'Auguste Comte.

L'unité de la foi réelle se traduira ainsi par le concours matériel des vrais croyants vers la métropole humaine.

L'institution religieuse du culte public a reçu, dans la célébration du 19 janvier 1859, un complément capital qui en assure désormais l'universalité. Pendant qu'avait lieu a Paris la fête de la grande naissance, notre éminent confrère, M. Congreve, accomplissait à Londres une pareille célébration. Ainsi, le culte positif se consolide définitivement par sa durée et par son extension à l'énergique population dont la liaison avec le peuple central constitue le nœud essentiel de la réorganisation moderne. La publication de l'exhortation religieuse prononcée à Londres par M. Congreve permettra bientôt h. chaque positiviste d'apprécier la haute importance d'un tel événement.

Ainsi, en résumé, l'année 1858 a vu se consolider définitivement l'institution du culte positiviste.

La brochure sur YInde, que M. Congreve a publiée en Angleterre, a été traduite et publiée a Paris. Cela nous a permis de faire apprécier, dans un cas important et- décisif, la manière dont le Positivisme conçoit les relations des peuples entre eux, et surtout celles de l'Occident avec le reste de la terre.

M. Congreve, avec une persévérance et un courage rares, a publié h. Londres la traduction anglaise A.\x Catéchisme •positiviste. Outre la haute importance de ce travail pour la propagande du Positivisme en Angleterre, il faut y voir aussi une énergique et décisive manifestation. Le Positivisme est considérablemen répandu dans le milieu britannique, au point de vue scientifique et philosophique ; mais il n'y est pas encore convenablement apprécié sous l'aspect moral et religieux. La publication de M. Congreve montrera nettement au public anglais comment la nouvelle doc-

'^SO PIÈCES JUSTIFICATIVES

trine, abordant le point de vue moral, sans aucune intervention Iheologico-metaphysique, est propre enfin à diriger la vie privée et publique des esprits émancipés.

Dans leur réunion du 5 septembre 1858, les exécuteurs testamentaires d Auguste Comte ont arrêté qu'on laisserait dans le statu quo^ les diverses questions qui restent encore a résoudre

accompli les derniers désirs de notre

maître.

Le Comité positiviste a décidé qu'il prendrait désormais le titre de Conseil positiviste comme indiquant mieux le caractère strictement consultatif d'une telle réunion. Le mot comité rappelle des idées de vote et de régime parlementaire qui, peu convenables dans une saine organisation politique, sont directement contraires a l'esprit du pouvoir spirituel.

Mais pendant que le noyau positiviste se consolidait par de nouvelles publications et une plus intime fraternité, et s'étendait par de nouvelles et précieuses adhésions, la mort frappait dans nos rangs et enlevait du milieu de nous des compagnons de notre œuvre, intelligents et dévoués.

Au mois d'octobre 1858 est mort a Manchester notre confrère M. Fisher, membre du Conseil positiviste.

M. Fisher, après avoir commencé en Angleterre son éducation scientifique, était allé compléter a Berlin de fortes études chimiques, tout en continuant une convenable préparation mathématique; la, il commença à être initié a la philosophie positive. Venu a Paris, il put, auprès d'Auguste Comte, compléter définitivement son initiation. Évidemment destiné, par de fortes études scientifiques et une intelligence distinguée, a la carrière théorique, il fut invité par Auguste Comte a compléter son éducation encyclopédique par des études biologiques et médicales : il accepta ce conseil, et de retour k Manchester, il aborda résolument ce nouvel ordre de méditations. Plusieurs années déjà y avaient été consacrées, de manière a faire espérer au positivisme un digne théoricien de plus, lorsque la mort est venue nous l'enlever. Il a succombé a une maladie de poitrine lentement développée dans une constitution naturellement délicate. Ainsi, une mort prématurée nous ravit, a la fleur de l'âge, un homme qui, préparé par de longues et difficiles études, était au moment d'en poursuivre d'utiles applications sociales.

Quelques traits suffisent a faire connaître notre digne confrère : il avait le courage d'initiative. Le premier, il donna publiquement il Auguste Comte le vrai titre qui convenait a sa fonc-

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tion religieuse. Dès l'appaintion du dernier ouvrage d'Auguste Comte, la Synthèse subjective^ il l'apprécia profondément. Trèscapable, par SCS études mathématiques, de lire une telle œuvre, il sentit nettement la portée philosophique et morale de la systématisation de la conception de l'espace. Il n'était pas de ces esprits aussi mal organisés que mal cultivés, qui osent voir dans cette œuvre admirable une preuve d'une sorte d'affaiblissement mental. Heureusement ces appréciations émanent de littérateurs que leur ignorance même rend incapables de lire de telles œuvres, et qui prennent leur propre impuissance pour base de leur jugement.

Une nouvelle perte nous était réservée.

Le 30 décembre 1838 mourait, loin de son domicile, frappé soudainement, notre digne et bon confrère le docteur Cousin. Cette mort soudaine, inattendue, d'un homme profondément estimé, a amené au lieu de sa résidence une manifestation spontanée de toute la population. Un prolétaire est venu révéler sur sa tombe les bienfaits nombreux et ignorés de celui qu'il a justement caractérisé du titre de bon docteur. Notre loyal confrère avait su ainsi justement pratiquer le conseil d'Auguste Comte, qui prescrit a chaque positiviste de montrer sa véritable régénération par la manière plus parfaite d'exercer les fonctions spéciales que sa situation lui assigne.

Notre confrère, d'un esprit net et d'un caractère ferme, avait surtout profondément accepté la morale du Positivisme. Ayant perdu, par une mort subite, une femme jeune et distinguée, il accepta et accomplit scrupuleusement la loi du veuvage éternel. Ses premières relations avec Auguste Comte eurent surtout pour but de s'enquérir auprès de lui des moyens d'organiser son culte privé, base fondamentale de toute intime régénération. Plein de la plus respectueuse soumission pour notre maître vénéré, il savait montrer dans la vie privée une décisive fermeté.

Ainsi, le premier parmi nous, il accepta le veuvage éternel et le pratiqua dignement, offrant la réalisation de la noble institution par laquelle le Positivisme étend au delà de la tombe le lien conjugal. Cette belle règle du veuvage éternel est l'indispensable complément de toute véritable monogamie, que compromet évidemment, même le sentiment d'une nouvelle liaison toujours possible.

Notre bon et dévoué confrère nous offre un exemple de ce& cœurs tendres et de ces esprits fermes qui viennent demander a la foi nouvelle des consolations mprales, et les salutaire^ émo^

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lions (les sévères devoirs librement acceptés, et énergiquemenl remplis; consolations que les synthèses en décadence ne peuvent plus leur donner, et que dédaigne seul un scepticisme énervant.

Son souvenir vivra parmi nous, et, on peut le dire, se liera indissolublement a celui du grand rénovateur dont il comprit surtout le règlement moral, auquel le dogme philosophique fournit seulement une base indispensable. C'est en voyant disparaître ainsi prématurément ces dignes natures, alors que nous voyons se continuer longuement tant d'existences parasites et même nuisibles, que nous apparaît plus éclatante la profonde imperfection de l'ordre naturel, imperfection dont l'adoucissement est le but essentiel de nos elforts.

Je puis dire, pour résumer ce tableau succinct de l'année qui vient de s'écouler, que non-seulement les liens mutuels des membres de la famille positiviste se sont consolidés, mais que de nouvelles adhésions ont montré que la propagation de la foi nouvelle a repris son cours naturel, que semblait avoir momentanément interrompu l'irréparable perte de notre fondateur.

En résumé donc, nous avons traversé d'une manière satisfaisante l'année décisive qui a suivi la mort d'Auguste Comte.

Il mejfaut maintenant indiquer les principales publications qui auront lieu dans le courant de l'année qui commence.

M. de Constant publiera cette année ses Considérations générales sur les principales conceptions du mysticisme chrétien, envisagées dans ce qu'elles peuvent avoir d'assimilable à la Religion démontrable. Ce travail consiste surtout à dégager le sens réel et positif qui se trouve toujours combiné avec un sens plus ou moins chimérique et subjectif dans chacun des mots de la langue théologique. Un tel travail comporte une haute utilité morale, en nous faisant mieux sympathiser avec l'ensemble de nos prédécesseurs, en manifestant clairement dans la langue même la continuité humaine, et en démontrant l'aptitude exclusive du positivisme à rendre justice à tous ceux qui l'ont précédé. Le Positivisme répudie hautement dans la langue, comme dans tout le reste, l'esprit révolutionnaire dont le caractère essentiel est de rompre la tradition, en voulant marcher vers l'avenir, tout en maudissant le passé. Pour nous, chaque mot est une institution sociale, et la série des divers sens qu'il a présentés est soumise a la loi d'évolution intellectuelle découverte par Auguste Comte. Les mots Ame, Culte, Religion, incorporés désormais à la langue scientifique nous offrent de cela des exemples

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caractéristiques. Pour tous les esprits avancés de telles dénominations ne conservent plus qu'un sens positif. Étendre une telle transformation à tous les mots essentiels encore théologiques, tel est surtout le but du travail de M. de Constant.

Il est consolant pour le Positivisme de voir consacrer ainsi à la propagation de la foi nouvelle les loisirs de la retraite qui suit une vie active dignement remplie.

NoLre confrère M. le docteur Robinet publiera, dans le courant de cette année, une notice sur la vie et les ouvrages d'Auguste Comte.

Une sommaire exposition de la doctrine philosophique et religieuse de notre vénéré maître se trouvera naturellement liée au récit de la grande existence consacrée tout entière, avec le plus incomparable dévouement, a son élaboration et a son installation.

La confiance particulière et spéciale dont Auguste Comte a honoré notre confrère dans les derniers jours de sa vie lui per-* mettra de mieux préciser et de dire convenablement quels furent les derniers iastants de cette grande existence. Un tel récit, dû a celui qui, entre tous, peut le mieux l'accomplir, est d'autantplus nécessaire que plusieurs erreurs graves ont été répandues sur ce sujet.

Enfin cette notice contiendra le récit succinct des principaux événements qui ont suivi la mort de notre maître.

Je ferai paraître incessamment le discours d'ouverture du cours que je professe sur Vhistoire générale de V Humanité ; ce discours a surtout pour destination essentielle d'apprécier d'une manière générale comment le Positivisme vient satisfaire aux principales nécessités sociales de l'Occident.

Je dois terminer enfin cette circulaire en indiquant un but précis et fondamental que nous pouvons dès à présent assigner a nos efforts, et qui doit stimuler l'active intervention de tous les vrais croyants.

Les deux besoins fondamentaux de la situation occidentale auxquels le Positivisme vient satisfaire sont : l'éducation et le travail, dont la solution consiste dans l'avènement d'un Sacerdoce et d'un Patriciat. Quoique ces deux éléments généraux de l'ordre moderne doivent surgir simultanément, néanmoins l'avénement du Sacerdoce positiviste, est le besoin essentiel de l'œuvre régénératrice. C'est autour du Sacerdoce que doivent graduellement se grouper tous les efforts, et lui seul dans sa puissante unité pourra coordonner toutes les forces et assurer l'efficacité de leur action.

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L'Office fondamental du Sacerdoce est renseignement • c'est k dire que renseignement est la fonction spéciale de la ;o;pora: tion philosophique; celle qui, commune à tous ses menXes pose la base inébranlable de la confiance et de la vénirat of aS

n:^~du s^^^^^^ consécrS Tnisai^n'lt f positiviste. Enfin, c'est surtout en ov-

Occ deft P«^^«^i«te que nous commencerons en

Occident la véritable incorporation sociale du Prolétariat C'est ainsi que se produira cette alliance cCune grande p...ci ÎdlÏÏ . grande force, qu'Auguste Comte signalait, il y a vingt ans comme la base de la régénération sociale. Ce noble enseignement qui débutant par la mathématique, se couronne par \, système de la Morale positive, correspondra dans ses divers degrés aux besoins et aux tendances des classes laborieuses.

Par sa partie cosmologique, renseignement positiviste se lie aux tonctions spéciales des prolétaires et à celles de leurs chefs L exposition systématique des principales lois abstraites du monde inorganique , sur lesquelles est fondée l'industrie humaine, donnera aux prolétaires un juste sentiment de la di-nité de leurs occupations journalières, en en montrant laliaison avec les conceptions les plus hautes de la science ; tandis que par sa partie supérieure, morale et sociale, le dogme réel donnera aux aspirations générales des classes laborieuses une direction précise et déterminée.

Il y a plus, c'est par renseignement de la morale que s'ouvriront les relations avec les dignes femmes qu'écrase et que comprime de plus en plus le matérialisme industriel; jusqu'ici elles n'ont trouvé une insuffisante satisfaction a leurs besoins moraux, et une très-incomplète protection, que dans les anciens cultes. Cette protection si imparfaite semble creuser du reste davantage la séparation malheureusement trop réelle entre l'homme et la femme au sein de la famille. Le mari, le fils, de plus en plus préoccupés d'une vie active et absorbante, dédaignent avec une tolérante indifférence des pratiques religieuses qui leur semblent devoir être l'exclusif apanage de la femme ; ils méconnaissent ainsi la supériorité morale de la femme qui préfère un culte même très-imparfait à cette désuétude complète de toute culture, morale vers laquelle tend si déplorablement l'Occident.

Un de nos confrères (M. Lonchampt) a parfaitement apprécié une telle situation :

q De nos jours la diyergence d'opinions religieuses s'élève

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comme un rempart de glace entre l'homme et la femme ; c'est elle qui, tout à coup, ébranle la vénération filiale et change le respect en commisération; c'est elle qui détache l'épouse de l'époux et lui fait chercher un autre confident, un autre conseil, bientôt un autre ami; c'est elle qui prive de leur efficacité les sages avis d'une mère.

« A un si grand mal il n'y a que deux voies.de salut ; ou bien les femmes ramèneront les hommes aux croyances dont ils se sont écartés; ou bien les hommes, sortis du doute et soumis a une foi, la feront partager aux femmes. »

L'avénement d'une doctrine profondément réelle, et essentiellement religieuse pourra seule faire graduellement cesser cette déplorable séparation qui compromet si gravement le développement moral de l'Humanité.

Ainsi donc, organiser en Occident l'enseignement positiviste , tel est le but précis et important que nous devons assigner a nos efforts ; et par la surgira en même temps l'installation du Sacerdoce positiviste.

Mais une considération plus spéciale doit faire sentir a tous les vrais croyants l'importance de cette institution.

La jeune génération positiviste est déjà assez nombreuse et bientôt assez mûre, pour nécessiter l'organisation de l'enseignement septennaire.

Aussi le sentiment d'un tel besoin m'a conduit a inaugurer cet enseignement en commençant un Cours philosophique sur Vhistoire de VHumanité. Mais il faut songer à consolider cette institution en l'étendant. Aussi j'espère pouvoir, dès l'année prochaine, ajouter à ce cours des cours scientifiques qui inaugureront à la fois et le Sacerdoce réel et l'enseignement positif.

Le digne patronage qu'a institué le subside positiviste, se trouvera, j'en suis certain, au niveau des besoins qu'il est appelé a satisfaire. Son but essentiel est celui-ci : assurer la juste indépendance du pouvoir spirituel, de manière à lui permettre le digne accomplissement de ses fonctions sociales.

Les besoins auxquels doit satisfaire le subside positiviste sont de deux sortes : assurer l'existence matérielle des membres du pouvoir spirituel, et permettre la convenable possession des locaux propres a l'installation de l'enseignement, et finalement du Culte positiviste. Aussi le concours à un tel subside, a un degré quelconque, est un devoir pour tout vrai croyant, et caractérise une adoption réelle de la Religion démontrable. Car au milieu de l'anarchie occidentale, le vrai caractère du positiviste sera, de

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plus on plus, de se reconnaître des obligations morales. Du reste, le dévouement constant de nos dignes patrons a toujours été au niveau des besoins de la doctrine nouvelle.

J'ai pu, dès cette année, commencer a donner au subside sa vraie destination en assignant une annuité de 1,200 fr. a notre éminent apôtre américain. Le graduel développement du Positivisme me permettra d'élever cette annuité au taux convenable et de l'étendre successivement à d'autres dignes aspirants au sacerdoce de l'Humanité.

Ainsi commence en Occident l'installation de la Religion démontrée qui, destinée à coordonner et à grouper les âmes d'élite, formera le noyau sacré que viendra graduellement grossir l'assentiment et la sympathie de tous ceux qui comprennent enfin la nécessité de faire prévaloir la rénovation intellectuelle et morale sur toute vaine agitation politique.

Les vrais croyants seront soutenus dans leur actif dévouement social par l'énergique conviction qu'en eux résident désormais les destinées morales de l'Humanité.

Au milieu d'un égoïsme aussi énervant que stupidc, ils viennent appeler les cœurs dévoués et énergiques, etles esprits fermes, à goûter la profonde et salutaire émotion de concourir sciemment a la rénovation moïale de l'Humanité,

Salut et fraternité,

P. Laffitte.

(10, rue Monsieur-le-Prince.)

M. Lonchampt a reçu, pendant le temps qu'il a eu la direction du subside, la somme de 3,309 fr., dont la plus grande partie a été employée a la construction de la tombe d'Auguste Comte, conformément à ses dernières volontés.

Je vais donner ici seulement le résumé de ce que j'ai reçu personnellement depuis que j'ai la direction du subside.

Résumé général des souscriptions pour le subside sacerdotal de 4858.

I l minimum . . 5 »

120 françaises 1230 fr, » /moyenne. , . 61 »

34 souscriptions 1 ( maximum . . 200 »

avouées. \ l minimum . . 75 »

|l4 autres occidentales. . 4061 fr. 70 c. < moyenne. . . 290 «

\ ( maximum . . 2500 »

3 anonymes 195

Total. ... 37 souscriptions 548G fr. 70 c. | moyenne. . . 148

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Mais pour so faire une véritable idée de la situation du subside, on ne doit pas oublier que je ne compte pas plusieurs souscriptions qui ont contribué à produire les 3,309 francs reçus par IVI. Lonch.mipt, et dont plusieurs proviennent de positivistes trèsdévoués qui ont déjà contribué au subside de 1859. En résumé, il a été reçu en 1857 et 1858, tant pour les dépenses courantes que pour exécuter les volontés dernières d'Auguste Comte, tant en dons qu'en avances, la somme de 20,973 fr.

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