‹ Notice sur la ChineChapitre 10 sur 26 · GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT

L'autorité réside dans la personne de l'empereur qui est désiené par le titre de Houang-ti; plus ordinairement on 1 appelle Houang-chang, ou Chang; fils du ciel {Tientseu) est une marque de respect. Dans le langage symbolique, Fempereur est le dragon, loung^ le trône, loungwei; rimpératrice est le phénix, fong-houang, et le mariage impérial est désigné allégoriquement comme celui du dragon et du phénix. Le souverain porte trois noms : i<^ son nom personnel, son petit nom; 2® son nom de règne (Nien-hao) ; 3® son nom dynastique ou de temple, nom posthume (Miao-hao). Ainsi le célèbre prince que nous appelons Kang-hi, portait le petit nom de Hioimn-ye (étincelle bleue), prit en montant sur le trône le Nien-fuio de Kang-hi et il reçut le -nom posthume de Cheng-tsou (saint aïeul). Ces noms posthumes (Miao-kao) se retrouvent dans les différentes dynasties; on a des laî-tsou (grand aïeul), Taï-tsoung (grand et honorable prince), Chi-tsou^ Cheng-tsou, Chi-tsoung, Kaa-tsoung, et on les distingue en faisant précéder leur nom de celui de la dynastie, ainsi Houng-wou, le fondateur de la dynastie des Mm^, est désigné sous le nom de Ming lai-tsou, ce qui le distingue de Gengis-Khan qui est Youen laï-tsou, de Kai-pao qui est Soung Taî-tsou, etc. Le Nien-hao, nom de règne, est plutôt une période qu'un nom, car si les empereurs de la dynastie actuelle et de la dynastie précédente (Mins) n'ont eu qu'un Nien-hdo, quelques-uns de leurs prédécesseurs en ont jusqu'à huit sous les Soung. Ainsi donc il serait plus exact, pour désigner un rè^ne, de dire la « période » Kang-hi que 1' « empereur » kang-hi. La confusion est facile, caries historiens européens désignent

volontiers les anciens empereurs par leur Miao-hao et les nouveaux par leur Nien-hao. Quant au « petit nom », il est plus au'inconvenant de remployer pour désigner un empereur. L'impératrice est désignée par le titre de Houana-heou et dans le style littéraire par celui de lchoung-h)7ig ; quand il y deux impératrices de rang égal, Tune est appelée Toung (esl)-Aowgf, Tautre Si (ouest)kong; de même qu'il y a un Fils du cul (l'empereur), il y a une Mère de l'empire^ Kouo-Mou (l'impératrice). Le pouvoir du souverain est despotique, mais un certain nombre de corps constitués se distribuent l'administration centrale : \^\t Kioun-ki-tchou^ grand conseil ou conseil d'Etat, dont le nombre de membres n'est pas fixé ; il a été créé en 4730; c'est en réalité le conseil de l'empereur; il se réunit tous les jours et n'emploie pas moins de soixante secrétaires (îchang^king ou Siao Kioun-Ki; 2° le Nei-koy chancellerie impériale ou grand secrétariat,

3ui a perdu beaucoup de son importance depuis la création u conseil précédent ; il y a quatre grands secrétaires Ta Hio-che ou Tchong-tang, dont deux Chinois et deux Mandchous ; généralement ils cumulent ce titre avec un emploi ; ainsi le vice-roi du Tche-li, Li Hong-tchan^, est grand secrétaire, aussi est-il toujours appelé Li Imongtang, le grand secrétaire IJ, et non Li Tsong-tou^ gouverneur général Li, ou Li Ta-jen, son excellence Li ; 3° les Liou-Pou^ six ministères : le Li-Pou^ ministère de l'intérieur, divisé en quatre bureaux, s'occupe des fonctionnaires, etc.; le Hou-Pou, ministère des finances, chargé des impôts, du cadastre, etc. ; le Li-Pou, ministère des ntes ou des cérémonies, auquel il faut ajouter le Yo-Pou^ bureau de la musique ofiicielle, qui en est une dépendance; le Ping-Pou^ ministère de la guerre, dirige l'armée et la marine ; le Hing-Pou, ministère de la justice ou mieux des châtiments et enfin le Kong-Pou, ministère des travaux publics. En dehors de ces six ministères, il faut noter le ministère des affaires étrangères, désigné sous le nom de Tsong-li Yamen ou mieux de Tsong-li Ko Kouo Che Wou Yamen, Ce ministère est d'origine récente; il a été créé, après la guerre franco-anglaise, par décret impérial, le 19 janv. 1864 et ses premiers membres furent le prince de Kong, frère de l'empereur, Kouei-liang, grand secrétaire, et Wen-siang, vice-président du ministère de la guerre; le nombre des membres de ce ministère, par l'adjonction de ceux du grand Conseil, s'élève à onze depuis 4876, mais ce chiffre est variable.

La publication de la Gazette de Peking se rattache d'une manière intime au gouvernement; ce journal, le plus ancien des périodiques en existence puisqu'il y est fait allusion dès la dynastie des Tang (vn®-x° siècle de notre çre), est appelé par les Cliinois Kin^-Pao (Nouvelles de la

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Cour, de la Capitale). Voici comment se recueillent les renseignements destinés à composer ce bulletin officiel : un officier du Nei-ko, ou cabinet, se trouve tous les jours au palais pour recevoir les rapports, les édits, les décrets. Tordre des nominations et des promotions, etc., etc., que le grand Conseil croit devoir publier. Il les apporte au Nei'ko dont le devoir, comme grand bureau impérial des archives ou chancellerie de TLtat, est de les envoyer à destination. Toutefois, afin de ne pas perdre de temps, des personnes appartenant aux ministères et aux différents Dureaux du gouvernement à Peking vont au Nei-ko pour prendre des copies non officielles de ces documents qui sont ainsi connus avant que la notification officielle en soit publiée ; et, parmi ces copistes, les reporters de la Gazette sont toujours des premiers. C'est ainsi que Ton se procure la substance de la Gazette de Peking. Ij&s employés officiels (ti-tang) reçoivent en même temps du Nei-ko des dépêches contenant des copies authentiques des édits et des décrets qui doivent être expédiés dans les provinces. La vraie Gazette officielle est donc celle qui est publiée par ces derniers employés. Imaginez un cahier d'une douzaine de feuilles d'un papier gris sale, recouvert de deux auti*es feuilles d'un papier jaune plus épais, au coin gauche supérieur desquelles on lit comme titre les deux caractères King-Pao, le tout attaché à l'aide de deux morceaux de papier roulés en ficelle formant une brochure d'environ 18 centim. de long sur 8 de large, et vous aurez une idée exacte de l'apparence de k Gazette, Deux autres éditions sont publiées en dehors du gouvernement, mais avec sa permission ou tout au moins sa tolérance : l'une manusciite, Sieh-pen^ parait plusieurs jours avant la ti-tang^ gazette. L'autre, longue et étroite, est connue sous le nom de Tchang (lon^e) -pen ; elle se vend également un peu

{>lus tôt que l'édition officielle. On trouvera dans la Gazette es nommations des fonctionnaires, des notes biographiques, la chronique de la cour, des mémoires sur l'administration civile et militaire, les rapports des censeurs, l'annonce des prières pubUques, l'exécution des criminels, des nouvelles des provinces, etc., etc. Celui qui possède le King-Pao et le la tsing-Riu-chin (Annuaire de l'empire publié tous les trimestres) est parfaitement au courant du monde officiel dans toute l'étendue de l'Empire.

Chacun des six ministères, Pou, a deux présidents, Chang-Ckou, l'un Mandchou, l'autre Chinois, et quatre vice-présidents, Che-lang, également des deux nationalités. A ces ministères il faut rattacher outre le Isong-li-Yamen, le Li-Fan-Youen chargé des affaires de Mongolie qui

i'usqu'à notre époque servait d'intermédiaire avec la lussie. Un contrôle général sur les fonctionnaires, qui s'étend quelquefois même jusqu'à l'empereur, est exçrcé

GÉOGRAPHIE POUTIQUE

par la cour des censeurs (I

JYU'Che), au nombre e deux, l'un Chinois, l'autre Mand-chou, examinent les documents publics, les dossiers des affaires criminelles, etc.

On se rappellera que le rapport au trône contre les Russes du fameux Tchang Tche-tong a fait la carrière de ce censeur qui est devenu gouverneur du Chan-si, gouverneur général des deux Kouang (1884) et des deux Hou (1889).

Les Européens désignent d'une façon générale les fonctionnaires par mandarin , du portugais mandar; en réalité, ils sont appelés kouan. Il y a neuf rangs de fonctionnaires qui se distinguent par la boule ou bouton porté sur le chapeau officiel, la broderie de la poitrine et la boucle de la ceinture ; la broderie des mandarins civils représente un oiseau, celle des militaires un quadrupède.

Les fonctionnaires jusqu'au grade de Taotaï inclusivement sont appelés Ta-jen, ce qui correspond à Excellence ; de Iche-fou à Tche-hien, la Laoye, très honoré; les autres Lao-ye, honoré; ces expressions signifient littéralement : gi'and homme, grand vieux père, vieux père.

Ils portent souvent à leurs chapeaux soit des plumes de paon à un, deux

oU'lchorYoïien), Les censeurs

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ou trois yeux (hoa-ling), soit

de corbeau, la plume bleue {lan^ling) , et s'ils sont militaires des queues de renard : ce sont des décorations. On appelle Ya-men, la résidence d*un mandarin avant un sceau officiel, et Kong-so celle des mandarins d un rang inférieur n'ayant pas de sceau. I^es fonctionnaires sont recrutés par voie d'examens (V. Education et Mandarin). Noblesse, Outre huit familles princières dont la noblesse est héréditaire : princes ( Wang) de Li Tsin , de Joui, de Yu, de Sou, de Tcheng, de Tcliouang, de Chun et de Kè auxquels il faut ajouter le prince de I, il y a neuf rangs de noblesse héréditaire dont cinq principaux : Kong, Heou, Pé, Tseu, Nan que Ton traduit souvent par duc, marquis, comte, vicomte, baron. Ces degrés de noblesse donnés aujourd'hui pour senices militaires sont tantôt à vie, tantôt héréditaires, hérédité oui parfois/ne s'étend qu'à une ou deux générations; l'héréoité pour le duc (Kong) s'étend à vingt-six générations; la descendance de Confucius porte ce titre. Le célèbre vice-roi Tseng Kouo-fan, anobli à la suite de ses succès contre les rebelles Tai-ping, est le père du diplomate bien connu en Europe, le mai^ quis {heou) Tseng qui a hérité du titre. Quelquefois la noblesse est ascendante, c.-à-d. que Ton anoblit un certain nombre des ancêtres directs du fonctionnaire qui mérite des honneurs : c'est une distinction dont a été récemment l'objet sir Robert Hart, l'inspecteur général des douanes.

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