‹ Notice sur la ChineChapitre 11 sur 26 · DIVISIONS POLITIQUES · texte numérisé non relu

DIVISIONS POLITIQUES

L'empire chinois comprend la Chine proprement dite ou dix-huit provinces, la Mandchourie, la Mongolie, l'ili et le Tibet. Nous ne nous occupons dans cet article que des dix-huit provinces (Che-pa seng), qui sont :

Provinces du Nord : i , Tche-li, capitale Paou-ting ; S, Chan-toung, cap. Tsi-nan ; 3,Chan-si, cap. Taï-youen; 4, Ho-nan, cap. Kaï-foung. — Provinces de l'Est : 5, Kiang-sou, cap. Kiang-ning (Nan-king) ; 6, Ngan-houei, cap. Ngan-kin ; 7. Kiang-si, cap. Nan-tchang ; 8, Tchekiang, cap. Hang-tcheou; 9, Fou-kien, cap. rou-tcheou. — Provinces du Centre : 10, Uou-pé, cap. Wou-tchang; il, Hou-nan, cap. Tchang-cha. — Provinces du Sud: 12, Kouang-tounff, cap. Kouang-tcheou (Canton) ; 13, Kouang-si, cap. Kouei-lin; 14, Yun-nan,cap. Yun-nan; 15, Kouei-tcheou , cap. Kouei-yang. — Provinces de l'Ouest : 16, Chen-si, cap. Si-ngan; 17, Kan-sou, cap. Lan-tcheou ; 18, Se-tchouan, cap. Tching-tou.

Depuis la guerre franco-chinoise on a donné une certaine indépendance à Taï-ouan-fou (Formose) administré maintenant par un Fou-taï qui peut correspondre soit avec le vice-roi du Fou-kien, soit directement avec Pekine; Iç

titulaire de ce poste est Li Ming-tchouan, originaire du Ngan-houei, qui fut dans le Fou-kien Tadversaire de Tamiral Courbet. Cette division en dix-huit provinces ne date que du rè^ne de Kien-loung (xviii^ siècle) ; auparavant u nV avait que quinze provinces : le Hou-pé et le Hou-nan formaient le Hou-kouang ; le Kiang-sou et le Nganhouei, le Kiang-nan, le Kan-sou étant confondu avec le Chen-si. Outre leurs noms propres, les provinces et leurs capitales sont parfois désignées dans la littérature d'une façon spéciale, ainsi : le Tclie-li sera Pe-tcke^ le Se-tchouan le Si'tctuman, le Ho-nan le Tchourig-tclieou ; Paouting deviendra PéW-ya/î^f, Tsi-nan, Liw-tseUy Nan-tchang, Kiang-toUy etc. On trouvera la liste de ces noms littéraires dans le Journ, Asiatique, I, 1881, pp. 262-3. D'ailleurs les divisions territoriales de la Chine ont subi de grandes modifications suivant les dynasties : à Tépoque de Yu le Grand et de la dynastie des Hia, la Chine était répartie en neuf tcheou: Ki, Tsing, Yen, Hsu, Yu, Young, Liang, Tching et Yang; le même nombre de divisions, 9, se retrouve avec quelques noms différents sous les Chang et les Tcheou ; puis nous arrivons à une époçjue de luttes où la Chine est divisée en principautés (781-519 av. J.-C.) sans compter le royaume de Tcheou : Lou, Wei, Tsai, Tsin, Tsaou, Tcheng, Wou, Yen, Tchen, Soung, Tse, Tsou, Tsin. Sous Chi Houang-ti (m® siècle av. J.-C.), la féodalité étant anéantie, 36 provinces sont créées ; sous les Han (206 av. J.-C.-25 ap. J.-C), 32 provinces (tao) plus tard (25-220 ap. J.-C.) réduites à 13 tcheou ; sous les Tang (618-907), 10 provinces outao; sous les Soung, 26 provinces ou lou ; sous les Kin (tartares), 25 ; sous les Youen (mongols, xiii® et xiv'^ siècles), 10 provinces, 12 gouvernements militaires; enfin, avec les Ming (1368), qui précèdent la dynastie actuelle, nous arrivons au chiffre de 15 provinces ; nous laissons de côté les subdivisions à Tépoque des petites dynasties. La

{dus vaste de ces provinces est le Se-tchouan, 479, 268 kil. q. ; a plus petite est le Tohe-kiang, 92,383 kil. q.

La capitale de la Chine est, depuis 1411, époque à laquelle le troisième empereur Ming, Yong-lo, y transféra de Nan-king le siège du gouvernement, la ville de Peking. Peking n'est qu'une désignation, et veut dire Cour du Nord, de même que Nan-king signifie Cour du Sud, Tong-king et To-kio, cour de l'Est, Si-king^ Cour de l'Ouest, King marque une capitale, et le Peking des Kin par exemple avait été le Tchoung-king (cour du milieu) des Liao, c'était Ta-ting fou. En réalité la capitale Peking s'appelle Chun-tien et forme un des onze fou de la province du Tche-li qui porte souvent le nom de Pe (nord) -Tche-li parce qu'elle renferme l'administration directe, centrale dans le nord en opposition avec

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Nan (sud) -Iche-li que portait le Kiang-nan lorsque la capitale de Teinfiire était Nan-king (Kiang-niDg). Gomme on le voit, les capitales ont souvent changé en Chine ; en voici la liste avec les noms modernes et la province entre parenthèses : sous les Tsin (849 av. J.-C.), Hien-Yang (Si-ngan, Qien-si) ; sous les Han (200 av. J.-C), Tchangngun (Si-ngan) ; sous les Han orientaux (25 ap. J.-C), Lo-Yang (llo-nan, Ho-nan) ; à Têpoque des Trois Royaumes (224 ap. J.-C), Tching-tou (Tchmg-tou, Se-tchouan) ; sous les Wou (vers 221), Wou-tchang (Wou-tchang, Hou-pé) ; sous les Wou (vers 229), Kien-yeh (Nan-king, Kiang-sou); sous les \Vei(vers 22o), Pou-tcheou (Tchangté, Ho-nan) ; sous les Tsin occidentaux (280), Lo-yang ; sous les Tsin orientaux (347), Kien-yeh; sous les Soui (582), Si-ngan et (529), Tchang-ngan ; sous les Tang (648), Tchang-ngan et Lo-yang; sous les Soung (960), Pien-iiang (Kai-foun^, Ho-nan); et (4429) Lin-ngam (Hang-tcneou, Tche-kiang) ; sous les Youen (4262), Yenking, Khân bâliq, ville du Khan (Peking, Tche-li) ; sous les Ming (4368) Kiang-ning (Nan-king, Kiang-sou) et enfin 4444, Peking.

Gouvernement provincial. Le gouvernement des dixhuit provinces est confié à des tsong-tou (vice-roi, gouverneur général) et à des fou-taî (gouverneur). Les Tsong-tou sont désignés par le nom des provinces qu'ils administrent et ils sont au nombre de huit :

\^ \j^ Tsong-tou, pour la province de Tche-li; 2® le Liang (deux) Kiang Isonç-tou pour les prov. de Kiangsôu, Ngan-houei, Kiang-si ; 3** le Min Tche Tsong-tou pour les prov. de Fou-kien et Tche-kiang ; 4® le Liang Hou Tsong-tou pour les prov. de Hou-pé et Hou-nan ; 5* le Liang Kouang Tsong-tou pour les prov. deKouang-toung et Kouang-si ; 6* le Yw» Kouei Tsong-tou pour les prov. de Yun-nan et Kouei-tcheou ; 7° le Chen Kan Isong-tou pour les prov. de Chen-si et Kan-sou; 8^ le Isong-tou pour la prov. de Se-tchouan.

Sauf le Tche-li, le Kan-sou, et le Se-tchouan, les provinces de la Chine proprement dite ont un fou-tai (gouverneur) ; ces fonctionnaires sont donc au nombre de 45. Les fou-taï, à Texception de ceux du Chan-toung, du Chan-si et du Ho-nan, qui sont à peu près indépendants, sont sous les ordres des tsonc-tou. Ces derniers portent de droit le titre de président du bureau de la guerre, et les fou-taï, celui de vice-président. A ces deux hauts fonctionnaires, pour compléter le gouvernement provincial (Tou fou Se Tao), il faut ajouter les auatre mandarins (Se Tao) suivants qui forment un conseil d'administrajtion provinciale; 4** le receveur général des finances (P(m- Tching Che-se^ Fanr-taï) ; le Kiang-sou en ayant deux, il y a 49 fan-taï) ; 2® le juge provincial (Ngan-tcha Che-^

se, Piié-taï, il y a 18 nié-taï) ; 3° le contrôleur àà la gabelle (Yen-Yûn Che-se, lou-tchouan), et 4° le contrôleur des grains, ou du moins de Timpôt sur les grains (Liang-tao).

Au-Kiessous des fou-tai\ viennent les tao-taï (Fên Sun Tao)j intendants de circuit, au nombre de 92 : Tche-li, 7 ; Chan-toung, 6 ; Chan-si, 4 ; Ho-nan, o ; Kiang-sou et Ngan-houei, 9 ; Kiang-si, 4 ; Tche-kiang, 6 ; Fou-kien, 6 ; Hou-pé, 5; Hou-nan, 5; Kouang-toung, 6; Kouang-si, 3; Yun-nan, 5; Kouei-tcheou, 3; Chen-si, 5; Kan-sou, 8; Se-tchouan, 5. Les provinces (seng) étant divisées en fou, tinÇy tcheou et hieriy chacune de ces divisions territoriales est administrée par un tche-fou, un toungiche(\Q^) un tche-tcheou (442) ou un tche-hien (1288) (du mot tche, savoir ; celui qui connaît) ; le tche-fou (au nombre de 182, il y en a 14 dans le Yun-nan, 7 dans le Chen-si) reçoit les rapports des autres oflQciers pour les taire parvenir au gouvernement provincial ou plutôt au tao-taï. Cependant les administrateurs de quelques ting et tcheou sont indépendants, c.-à-d. qu'ils ne dépendent pas d'un tche-fou, mais qu'ils relèvent directement d'un tao-taï ou du gouvernement provincial ; on fait précéder leur titre des mots Tche-li qui marquent leur indépendance et ils sont par suite appelés Tche-li loung-tche (ils sont au nombre de 16 : Tche-kiang, 2 ; Hou-nan, 3 ; Kouang-tounp , 3 ; Yun-nan, 4 ; Kouei-tcheou, 3 ; Setchouan, 1), et Iche-li Tche-tcheou (68). Puis viennent, au-dessous du loung-tche : le Toung-pen (151); du Tche-tcheou : le Tcheou-toung (38) et le Tcheou-pen (46); du Jche-hien: le Hien-tchun^ etc. De même qu'il y a des Iche-li loung-tche et des Iche-li Iche-tcheou, il y a des Iche-li 7 owwgr-o^w (aujourd'hui il n'y en aqu'un, dans le Hou-nan), des iche-li Tclieou-toung (25; il n'y en a pas dans le Chan-si, le Kiang-sou, le Kiang-si, le Tche-kiang, le Yun-nan et le Kouei-tcheou) et des Tche-li Tcheourpeii (37), oflQciers indépendants des Toung-tche et des Iche-tcheou. Ces fonctionnaires, jusqu'au tao-taï inclusivement, ont droit à l'appellation de la-jen; de tchefou jusqu'au tche-hien on les adresse Ta-Lao-yé. Les gouverneurs de province jouissent d'une grande autorité ; ils sont responsables de tout ce qui se passe dans leur juridiction qui s'étend pour les provinces maritimes aux lies environnantes (Haï-nan, au Kouang-toung ; Tai-ouan, au Fou-kien ; les Tcheou-chan au Tche-kiang, etc.) et à la défense du littoral, et pour les provinces frontières aux pays limitrophes (ainsi les affaires de l'Annam passent par l'intermédiaire du Liang Kouang Isong-tou à Canton, celles de l'Asie centrale par le Chen Kan Isong-tou à Lan -tcheou).

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