‹ Notice sur la ChineChapitre 2 sur 26 · LIMITES · texte numérisé non relu

LIMITES

L'empire chinois (je ne parle ici c{ue de ses dix-huit provinces et de ses dépendances intimes, la Mandchourie, la Mongolie, les Tien-chan) est limité au N.-E., au N., et au N.-O. par les possessions russes. Cette frontière est marouée par une ligne, qui, aux termes mêmes du traité de 1881 avec la Russie, suit dans le territoire d'Ili « en partant des montagnes Bédjin-taou, le cours de la rivière khorgo8,jusqu'à l'endroit où celle-ci se jette dans la rivière lli et, traversant cette dernière, se dirigera au S., vers • les montagnes Ouzountaou, en laissant à l'O. le village de Koldjat. » Cette frontière prend au delà une direction générale vers le N.-E. jusqu'au 54* deç*é de lat., pour redescendre ensuite au S. du Baïkal ; puis une ligne artificielle vers 1*E. jusqu'à l'Argoun, qu'elle suit jusqu'à son confluent avec la Chilka à Oust Strelka ; dès lors, elle suit le fleuve Amour jusqu'à son confluent avecl'Oussouri. Depuis ce confluent jusqu'au lac Hinkaï, la ligne frontière longe les rivières Oussouri et Son'gatcha. Aux termes du traité de 1860 avec la Russie « la ligne frontière entre les deux empires, depuis le point de sortie de la rivière Son'gatcha, coupe le lac Hinkaï, et se dirige sur la rivière Bélén-ho (Tour); depuis l'embouchure de cette rivière, elle suit la crête dei^ montagnes jusqu'à l'embouchure de la rivière Houpitou (Houptou), et de là les montagnes situées entre la rivière Khoûn-tchoun et la mer jusqu'à la rivière Tlioumen kiang. Le long de cette ligne, également, les terres situées à l'Ë. appartiennent à 1 «empire de Russie et celles à l'O. à l'empire de Chine. La ligne frontière s'appuie à la rivière

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Thoumen kiang à vingt verstes chinoises (li) au-dessus de son embouchure dans \at mer. » Cette frontière rend les possessions russes limitrophes de la Corée dont elles sont séparées par la rivière Thou (Mi Kiang) et de la province mandchoue de Kirin. La Corée est séparée à son tour de la province mandchoue de Chinp-king par la rivière Ya-loukiang. A partir du Ya-lou-kian^, la frontière orientale et sud-orientale de Tempire chinois est formée par la mer qui reçoit différents noms, et dont nous parlerons plus loin. A ro., la frontière chinoise, par le désert de Gobi et la Kachgarie, se trouve être limitrophe de la vallée de Cachemire et du Tibet, puis après avoir suivi une directiba à ]>eu près de TO. à TE. elle descend vers le S., formant, à Taide des massifs qui se détachent du plateau du Tibet et dessinent les vallées des grands fleuves de la Chine et de rindo-Chine, une limite, somme toute mal définie, habitée par une population placée sous Fadministralion chinoise et composée en grande partie de Tibétains, de Lolos, et autres tribus que Ton ne commence à connaître que depuis quelques années. Nous y reviendrons ailleurs. Au S., la Chine est Hmitrophe de la Birmanie, récemment conquise par TAngleterre, et du Tonkin, dernièrement annexe par la France. Nous aurons à revenir sur la route difficile de Bamo en Birmanie à Ta-li dans le Yun-nan, à travers le massif montagneux, occupé par les populations chan; sur le projet anglais qui tend à tourner les difficultés par un chemin de fer à travers le Laos, lemiel sépare encore les possessions anglaises des possessions trançaises, contiguës aux provinces chinoises de Yun-nan, Kouang-si et Kouangtoung. La côte de Chine commence au S. du cap Pak-

loung.

VAlmanach de Gotha eXV Atlas des missions catholiques qui ont fait leurs calculs d'après les rapports des douanes chinoises, donnent à la Chine proprement dite une superficie de 4,024,970 kil. q., ainsi repartis par provinces : Tche-li, 148,357 kil. q.; Chan-toung, d 39,282 kU. q.; Chan-si, 170,853 kil. q.; Ho-nan, 173,350 kil. q. ; Kiang-sou, 103,959 kil. q. ; Ngan-houei, 139,875 kil. q. ; Kiang-si, 177,656 kil. q.; Fou-kien, 118,517 kil. q. et l'Ile de Formose, 38,803 kil. q. ; Tche-kiang, 92,383 kil. q.; Hou-pé, 179,946 kiL q.; Hou-nan, 215,555 kiL q. ; Chen-si, 210,340 kil. q. ; Kan-sou, 674,923 kil. q. ; Setchouan, 479,268 kil. q.; Kouang-toung, 233,728 kil. q. et nie de Hai-nan, 36,195 kil.q. : Kouang-si, 201 ,640 kil. q. ; Yun-nan, 317,162 kil. q. ; Kouei-tcheou, 172,898 kil. q. Le docteur S. Wells Williams tixe la superficie de ces ^ix-huit provinces à 1,348,870 milles carrés.

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§ 3. - COTES ET tLEa.

Depuis la frontière coréenne jusqu^à la frontière tonkijioise, la c6te chinoise dessine, sur une longueur de 3,500 kil. . baignés par Tocéan Pi^cîfique, une longue courbe dont la partie la plus avancée est formée par la province de Tche-kiang. Les dépendances de Tocéan Pacifique gui baignent cette côte, sont divisées par les Qiinois en trois parties : Hotuing^hai ou mer Jaune (côte de CcMrée, Mandchourie , Tche-li, Chan-toung), Toung^Haï^ mer orientale qui baigne les provinces centrales (KiangHSOU, Tche-kiang, Fou-kien) ; mn-haî^ mer du Sud, qui borde non seulement le Kouang-toung, mais aussi le Tonkin et la Cochinchine. Le nom de mer Bleue que Ton trouve

r'fois. sur .les atlas européens pour, désigner la partie de mer de Chine, dans laauelle se jette le Yane-tse-kiang est absolument inconnu dans, le pays. La mer Jaune s*enfonce profondément dans les terres et forme deux grands golfes : le golfe de Corée entre la Corée et la presqu'île mandehourienne de Liao-toung avec la baie secondaire de . Ta-lieurouan, et le golfe de re Tche-li, dans lequel se . déyerse le Pei-ho, avec sa grande dépendance, le golfe de Liao-toung, qui reçoit la, rivière de Niou-tchouang; ces deux golfes de Liao-toung et de Pe Tche-li forment une sorte de. mer dont rentrée relativement étroite, causée par le rapprochement de k presqu'île de Liao-touns et la côte avancée du Chan-toung à Tang-tcheou , est légèrement obstruée par le petit archipel des Mia-tao. Le Chan-toung s'avance droit dans lamer^ formant une presqu'île et un cap, à une distance relativement courte de la côte coréenne en face ; l'estuaire du Kiang est barré par l'Ile de Tsong-Ming; au large du Tche-kiang, à l'entrée de la baie de Hangtcheou, on trouve rarchipeï considérable des Chousan; plus au S., la grande île de Taï-ouan (Formose), en face d'Amoy ; dans le détroit, entre Formose et le Foukien, le petit groupe des Pong-hou ou Pescadores, im-^ portant au pomt de vue stratégique ; à l'entrée de k rivière de Canton, les Ladrones, parmi lesquelles il faut compter les établissements portugais de Macao et anglais de . Hong-Kong ; enfin, au S. ae la presqu'île de Lien-tcheou, la grande île de Haï-nan, dépendance de ki province de Kouang-toung, contribue à former le goUe du Tonkin.

Au point de vue des douanes, cette côte est divisée en dix-neuf districts, dont quatorze maritimes et cinq fluviaux: Pak-hoi, Kioung-tcheou, Canton, Swatow (Chan-teou), Amoy, Ta-kao (fôrmose),Tam-sui (Formose), Fou-tcheoù, Wen-tcheou, Ning-po, Chang-hai, Tche-tou, Tien-tsin et Niou-tchouang. Les cinq distncts fluviaux sont ceux du Yang-tse (Tchen-kiang, Won-hou, Kiou-kiang, Han-

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keou et I-tchang). Le service de la navigation sur cette côte est assuré par le L'ghtsstaff du Marine Department des douanes impériales maritimes, qui comprend un personnel de cinquante-huit étrangers et de cent cinquanteneuf Chinois ; ce personnel est chargé de quatre-vingttrois phares, d'un grand nombre de bouées lumineuses, de bateaux-feux et de signaux de toute espèce.

i 4. — RELIEF DU SOL.

Le massif montagneux de la Chine proprement dite est, dans sa partie la plus élevée, une dépendance du massif central de TAsie et particulièrement du plateau du Tibet, et des Kouen-loun. Nous laissons avec soin à Técart, pour les reprendre dans les articles qui les concernent, les chaînes étrangères aux dix-huit provinces, c.-à-d. les ~ lien-chan ou Monts Célestes, les Kouen-loun môme, les dépendances de THimalaya. Les Kouen-loun représentent, d'une manière générale, la ligne de séparation entre le Turkestan chinois, le désert de Gobi d'une part, le plateau du Tibet de l'autre. Du massif central se détachent deux systèmes montagneux orientés de l'O. à l'E. ^ui limitent au N. le bassin du fleuve Jaune, au S. le bassm du Kiang, avec une troisième chaîne centrale qui occupe le centre et sépare le bassin des deux fleuves; ce dernier système, coupé d'ailleurs par la grande plaine, se termine au promontoire de Chan-toung, avec des contreforts marquant les vallées, les affluents N. du Kiang et les affluents S. du Ho et parmi ces derniers, le massif important qui forme en quelque sorte éperon dans le Chen-si, et sépare la boucle du Ho du Wei. Généralement ces chaînes de montagnes suivent une direction de l'O. à l'E. Le massif central, qui sépare le Ho du Kiang et qui est le vrai prolongement des Kouen-loun, est celui des Ising-ling (Montagnes bleues), auquel Richthofen donne une ait. moyenne de 2,000 m., et dont d'autres voyageurs estiment les plus hauts sommets à 4,000 m. La chaîne S., qui sépare le bassin du Kiang de celui des fleuves de l'Indo-Chine et du Si-kiang, est désignée par les Chinois sous le nom général de Narir-ling ou Nan-chan (monts méridionaux), qu'on pourrait regarder comme un prolongement de l'Himalaya et qui après avoir traversé ou longé les provinces du Yun-nan, du Kouang-si, du Kouang-toung, du Fou-kien et du Tchekiang, se terminent en quelque sorte par l'archipel des Chousan ; cette chaîne borde la longue vallée du Si-kiang et, en se rapprochant de la mer, ne permet pas aux fleuves du Fou-kien et du Tche-kiang de prendre un grand développement. Beaucoup de ces montagnes sont Couvertes de neige et Klaproth a donné une liste de ces

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pics neigeux (Magasin asiatique^ H, p. 437)., par malheur composée théoriquement diaprés des documents traduits du chinois. Quelques-unes des montagnes sont célèbres comme sites pittoresques ou comme lieux historiques : je rappellerai les Liou-chan, près de Kiou-kiang, 3U1, en dehors de la beauté de leurs paysages, ont ser^i e retraite au philosophe Tchou-hi, et le Taï-chin dans le Chan-toung, cher aux bouddhistes.

Une grande plaine, qui est la psitie la plus riche de Tempire, s'étend depuis le nord de Peking, depuis la Grande Muraille, jusqu'au Po-yang dans le Kiang-si, sur une longueur de près de i,000 kii., et en largeur depuis le N^an-houei jusqu'à Hang-tcheou du Tche-kiang ; on peut considérer cette plaine comme la vallée du canal Impérial ; cette (çrande plaine, qui comprend une grande partie du Tche-kiang, du Kiang-sou, du Ngan-houei, du lio-nan, du Tche-li et du Chan-toung, est extrêmement peuplée ; ses habitants forment presque la moitié de la population des dix-huit provinces. Une grande partie de la Chine septentrionale est couverte par cette formation tertiaire spéciale, qu'on appelle le loess^ qui s'arrête presque entièrement au N. du Kiang et qui est particulièrement abondante dans le Chan-si. De grandes tranchées perpendiculaires sont marquées dans ce loess que les Chinois appellent hotiatig^tou (terre jaune); ils sont obligés de montrer beaucoup d'ingéniosité pour construire des routes à travers ce dépôt de terre molle sans pierres, qui atteint jusqu'à 600 m. d'épaisseur.

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