‹ Notice sur la ChineChapitre 3 sur 26 · GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE

Mines. On trouve dans le pays une grande quantité de charbon ; le Kiang inférieur, quoiqu'il en renferme, n'est pas dans des conditions tavorables à l'exploitation, pas plus que les prov. de Tche-kiang, de Fou-kien, de Chan-toung ; on trouve cependant une petite mine fort riche à Lo-ping, dans le Kiang-si, à l'est du lac Po-yang. Mais le vrai bassin charbonnier de la Chine est au N. des Tsing-ling, dans les provinces du N.-O. et en particulier dans le Cnan-si, dont le Chen-si est, au point de vue géologiaue, une continuation. Le Kan-sou est riche aussi en charbon ; citons encore le Hou-nan et le Tche-li ; les environs de Peking et en particulier Kai-ping, sont connus pour leurs mines de charbon.

Avant l'ouverture du canal de. Suez, les vapeurs brûlaient du charbon de Ciardiff et de Newcastle ; les Américains employaient de préférence l'anthracite ; depuis, le bon marché des charbons du Japon mis en exploitation, particulièrement ceux de Kagosima, a excité la concurrence en Chine, et l'on brûle largement dans ce pays les chais

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bons de Fonnose et ceux du Hou-uan, transportés à Hankeou. En 1888, on n'a pas exporté cle Han-kéou moins de 28,907 tonnes de charbon représentant Haikouan taels., 144,816, et de Tam-soui 26,639 tonnes valant 76,355 Hk. tls. Le Hk. tl. vaut environ 5 fr. 93.

On trouve des marbres dans presque toutes les provinces, principalement dans le Chan-toung ; du jade (pierre de Yu) dans le Tibet et en particulier dans TAsie centrale. Le ter se trouve généralement dans le Chan-si, mais aussi dans le Se-tchouan, le Ho-nan, le Hou-nan et le Chantoung. Le plomb, le cuivre et le zinc viennent surtout du Yun-nan (1 étain vient de Malacca) ; on trouve For dans le sable des fleuves et en particulier dans le haut Kiang ; Targent natif se rencontre plus spécialement dans le Kouang-toung.

$ 6. — RKGIMK DES EAUX.

La Chine est divisée en deux grands bassins principaux et plusieurs secondaires, celui du Ho et celui du Kiang, Le Ho, Houang-ho, fleuve Jaune, dont le bassin est moindre que celui du Kiang, a été appelé parfois le fléau de la Chine à cause de ses nombreuses inondations ; il rend peu de services à la navigation, en raison de la différence de niveau entre sa source et son embouchure et à cause de la rapidité de son cours. Il prend sa source non loin du Kiang; suivant la légende chinoise, rapportée par les Mémoires concernant les Chinois, à la suite d'une mission au xviii® siècle sous Kien-loung et citée par M. Dutreuil de Rhins, le Houang-ho aurait un ccmrs souterrain entre le Lob nor et le mont Katasou tsilao (rocher de l'étoile polaire). Le rapport chinois ajoute que « la source du Houangho, connue sous le nom de Altan goel (rivière d'or ou rivière Jaune), se trouve dans cette montagne, sur le versant nord de la chaîne Bayenkara. L'Altan goel coule vers l'E., traverse la plaine Odoun tala, les lacs Djaring et Oring, décrit une immense courbe au S.-E. et au N.*E., et, parla lat. de 36°, il reprend la direction de l'E. jusqu'à Lan- tcheou-tbu.» M. Dutreuil de Rhins remarque que le mont Ka-tasoutsilao, rapporté par les cartes chinoises à ses positions, se trouve par 34° 36' (lat.) et 93° 24' (long.) et que telle doit être à peu près la position de la principale source du Houangho dans les monts Bayen-kara. Le fleuve Jaune, à partir de Lan-tcheou, prend une direction N., traverse la Grande Muraille, au pied de l'Ala-chan ; il va vers l'E. jusqu'à Toto, où il commence à redescendre vers le S., recoupant la Grande Muraille et formant une pai'tie de la frontière entre le Chen-si et le Chan-si ; c'est dans la grande boucle qu'il vient de former que se trouve le pays des Tartares Ordos. C'est à cette frontière que le fleuve Jaune reçoit son prin^

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eipal afiBuent, k Wei; à partir de ce conflaent, le Ho semble continuer le Wei vers TE., formant une partie de la frontière entre le Chan-si et le Ho-nan. Au delà de Kaîioung, il se dirige à travers le S. du Tche-li et le Cbantoung, dans une direction S.-E.,N.-E., pour se jeter, depuis 4853, dans le golfe du Pe Tdie-li ; jadis, son cours au delà de Kaï-foung se continuait dans une direction E. etrembouchure était au S. du promontoire de Chan-tounc. Cet ancien lit du fleuve Jaune, ainsi que sa nouvelle embouchure, ont été explorés en 4867 par MM. Ney Elias et H.-G. HoUingworth. Les bords du Ho sont considérés eomme le berceau de la race chinoise, et dans le dualisme des origines chinoises, le Ho est représenté par le Yin^ principe femelle, qui correspond aux ténèbres et à la terre, comme le Kiang est représenté par le Yang^ principe mâle, correspondant à la lumière et au ciel. L'autre grand fleuve de Chine est le Kiang, le fleuve, ou le Ta-niang (grand fleuve); c*est le cours d'eau désigné ordinairement par les Européens sous le nom de fleuve Bleu et de Yang-Ue-kiang qu'ils traduisent par Fils de lOcéan. Or Tappellation de fleuve Bleu n'existe pas plus que celle de mer Bleue; d'autre part, Yana^tse-ktang ne veut pas dire Fils de l'Océan ; Yarijg est le nom d'une ancienne

Srovince qui comprenait le Kiang-sou, le Tche-kiang et le gan-houei; une légende voudrait qu'un certain lettré, Tse, nommé Yang, ayant découvert au milieu du grand fleuve une source d'eau particulièrement bonne pour faire le thé, la partie de la rivière qui s'étend de Km-chan à Tcben-kiang, aurait été nommée d'après lui Yang-tsekiang. Cette dernière appellation n'est d'ailleurs usitée

aue dans le style élevé et ne parait être appliquée au euve que dans son cours inféiieur. Marco Polo n a conservé aue le nom simple et populaire de Quian. Ce grand cours o'eau porte du reste des noms différents : Ta-kiangkeou (bouche du fleuve), en face de l'Ile de Tsong-Ming; Yang-tse^kiang ou la-kiang^ jusqu'aux environs de Tchen-kiang ; Houei-kiang, le long de la prov. de Nganhouei; la portion du Houei-kians, qui est en face de Tai-ping-fou, reçoit le nom de âur-kiang, fleuve noir; Isarig^kiang, le loua de la prov. de Kiang-si ; TchimkianO'lchoUj nom de la prov. de Hou-kouang ; Min-kiang dansIeSe-Tchouan, et enfin Kin-cha-kiang (le fleuve qui charrie de l'or). Le Kiang est par excellence la grande voie de communication de la Chine ; il naît non loin du fleuve Jaune, sur les plateaux du Tibet ; il prend d'abord une direction générale N.-O.-S.-E. et iorme une partie de la frontière entre le Se-tchouan et le Tibet ; puis, suivant une ligne générale O.-E., tout en se dirigeant d'une façon sensible vers le N.-E., il arrose successivement les prov. 4u Yun-nan, ^u Se-tchouan, oti il reçoit le Ya-loung-

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Jdang qui est regardé paûr les Ghioois comme le fleuve principal (c'est à ce confluent que commence le Kiang proprement dit), le Min et le Tchoung, du Hou-pé (ou, à son confluent avec le Han, se trouve la plus srande agglomération chinoise composée des trois villes de Han-yang, Ilan-keou et Wou-tchang), du Kiang-si, du Ngan-bouei et enfin du Kiang-sou. A ses nombreux affluents, il faut ajouter Feau des grands lacs Po-yang et lounç'ting sur lesquels nous reviendrons tout à rneure. Près de son embouchure, le Kiang reçoit la rivière de Wou-sons, qui conduit à Changhaï. A Tépoque de Yu le Grand, le Kiang déversait ses eaux dans la mer par trois embouchures, la branche du nord (Pe-kiang)^ qui est sensiblement la rivière actuelle; la branche du milieu (Ichoung-'kiang), qui semble avoir été le bras de la vieille rivière de Wousong, qui se jetait à Kan-fou dans la baie de Hang-tcheou ; enfin, la branche sud, qui arrivait à la mer près de Hangtcheou, paraît devoir être la vieille rivière Tche-kiang , dont le nom a été donné à la province au sud du Kiangsott« Le Kiang, qui a un parcours de près de 4,000 kiL, baigne de grandes villes comme Nan-king, Ngan-kin, Wou-tchang, et les ports ouverts au commerce étranger de Tehen-kiang, où il est coupé par le grand canal, Wou-hou, Kieu-kiang, près du Po-yang, Han-keou, I-tchang, au delà duquel se trouvent les célèbres gorges de Lou-kan et de Mi-*tan, avec des rapides énormes, et enfin Tctoung-king, dan& le Se-tchouan, qui doit être ouvert au moment od nous écrivons ces lignes (1890). Le Kiang, visité par les missionnaires, a été remonté jusqu'à Han-keou par lord El*

fin (1859), mais la première grande exploration du haut an^-tse a été faite en 1861 par le capitaine Thomas W. Blakiston et le lieutenant-colonel H.-A. Sarel. En 1869, les délégués de la Chambre de commerce de Changhaï, A. Micme et R. Francis, ainsi que le consul anglais Swinhoe, ont remonté le fleuve jusqu'à I-tchang. A. Wylie, Griffith John et Francis Garmer ont fait des voyages intéressants. Une des dernières et des plus importantes explorations du haut fleuve, c.-à-d. du Kin-cha-kiang, est celle du capitaine William Gill (1877).

J'écarte de cette description de la Chine proprement dite les grands fleuves qui ne lui appartiennent pas d'une façon absolue : le He4oung-kiang ou Amour, dont nous avons parlé ailleurs ; le Ta-rim, qui se iette dans le Lob-nor ; les grands fleuves de l'Indo-Chine : la Sa-louen, la Mékong, le S'ong-koy (fleuve rouge), qui portent en Chine les noms de Lou-kiang, Lan-san-kiang et Ho-ti-kiang. Nous notons, en commençant par le nord, les fleuves chinois proprement dits : le Ya-lou-kiang, qui forme la frontière de Corée ; le Liao-ho, qui arrose Niou-tchouanff ; le Peï«ho, qui se jette dans le golfe du Pe Tche-li à 1^-kou et forme, avec

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un cours sinueux, dans une plaine d*aUtfvions,« une 'voie commerciale d'une importance considérable jusqu*à Tientsin, où aboutit le canal l^npérlal, pour continuer ensuite, route de Pe-king, jus(^u*à Toung-tcneou, où il se divise en deux branches; le Tsien-tang, la rivière du Tche-kiang, célèbre par son raz de marée; le Min, dans le Fou-kien, qui conduit à la grande ville de Fou-tcheou, et enfin le Tchou-kiang, rivière de Canton. Le Tchou-kiang est formé du Si-kiang (rivière de Touest), qui conduit au Kouang-si et au Yun aan, ayant par suite un haut intérêt (Lang-son, du Tonkin, appartient au bassin de ce fleuve), du Pe-kiang (rivière du nord), q^ui se réunissent au-dessus de Canton, et du Toung-kiang (rivière de Test), qui se jette dans le fleuve principal à Wam-pou. I^a principale embouchure du fleuve a été nommée par les Portugais Boca Tiçris, d'aprè^Téquivalent chinois HoyrmeUy dont les Andais ont fait The Bogue, Les deux principaux lacs de la Chine sont le Toung-ting et le Po-yang, tous les deux dépendances méridionales du Kiang. Lb Toung-ting, dans le Hou-nan, a environ 55 lieues de tour et reçoit les eaux des rivières Youen, Sou et Siang. Le Po-yang, dans le Kiang-si, avec de nombreuses lies, qui a une trentaine de lieues de long sur six environ de large, reçoit le Kan, rivière importante, qui arrose Nan-tchan^, capitale du Kiang-si. Citons encore le Ta-hou, dans le Kiang-sou, près de Qiang-haï, et le Si-hou, le lac poétique de Hang-tcheou. D faut noter outre ces lacs et ces nvièresle grand canal, canal Impérial (Yun-Zio), qui s'étend depuis Hang-tcheou jusau'au Pei-ho, à Tien-tsin ou plutôt jusqu'à Peking. n a été construit par le Khan mongol Koubilsu, à la fin du xiii* siècle, et il dessert les riches prov. du Tche-kiang, du Kiang-sou, du Tche-li et du Chan-toung ; en un mot, ce qu'on appelle la srande plaine. Sa lon^eur est d'environ 900 kil. Le grand canal est aujourd'hui si mal entretenu qu'il n'est pas navigable en certaines parties ; il affecte des apparences fort diverses, tantôt, dans le Tche-kian^ et le Kiang-sou, il se confond avec des lacs dont il a l'air de faire partie ; d'autres fois,

que i on utilisera certainement pour sèment d'une ligne de chemin de. fer, qui rehera les riches provinces ouest-centrales de Chine à leur capitale.

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