VI. — Idlndustrie aurifère
Généralités. — C’est en 1853 que le réfugié brésilien Paolino reconnut, sur les rives de l’Arataïe, un des affluents du Haut-Approuague, l’existence de riches gisements aurifères. Grâce au patriotisme désintéressé de M. F. Coüy, alors commandant de ce quartier et à qui l'inventeur avait fait part de sa découverte, la nouvelle se répandit rapidement à Cayenne, et, peu de temps après, la présence du métal précieux était successivement révélée sur divers points de la colonie. Les bassins de l’Orapu et de la Ciruté furent, après l’Approuague, les premiers explorés avec succès. Puis, vint le tour de Kourou, de Sinnamary, de Mana (1878), Maroni (1889) et, enfin, tout récemment, du territoire contesté franco-brésilien (Cars'ewène, 1893), où l'on découvrit successivement de riches placées.
Dès le début, les produits de ces placers furent si élevés que la lièvre de l’or s’empara de la population tout entière. Toutes les forces vives du pays se portèrent en masse vers les mines d’or; les derniers ateliers agricoles se vidèrent et l’agriculture expira, tandis que naissait, venant des Antilles françaises et étrangères, des Guy ânes voisines et même du Brésil, un courant inusité d’immigration spontanée, ayant for pour unique mobile, et dont l’intensité n’a cessé de croître depuis. 11 en résulta un accroissement rapide de la consommation alimen-
taire, tandis qu’au contraire s’abaissait simultanément, dans nue proportion alarmante, la production agricole. De là, date, comme conséquence de ce double mouvement, ce renchéris-
Directeur du Placer Sainte-Elie
semeüt de la vie matérielle qui est resté comme une cara ristique de cette Colonie.
Mais à côté de ces inconvénients, à côté du tort réel que la découverte de l’or a causé à la Guyane, au point de vue général du développement de sa colonisation, il faut placer les avantages économiques considérables qu’elle en a retirés immédiatement. L’on 11e saurait, en effet, perdre de vue qu’en
l'espace de 43 années, la somme des richesses produites par cette industrie se chiffre par près de 180 millions de francs , représentant un total d’environ 60,000 kilog. d’or, soit une 'production moyenne annuelle de plus de 4 millions de francs.
De 1856 à 1897, on peut dire que cette production a suivi une marche presque régulièrement croissante, troublée seulement par trois événements importants: la découverte des placers de la Mana (1878-79), celle des mines de l’Awa- Maroni (1888) et celle des gisements du Carsewène (1894) où elle s’est subitement exagérée pour redescendre ensuite à son niveau normal. Dans cette dernière année (1894), elle s’est chiffrée par près de 5.000 kilog. d’or représentant une valeur voisine de 15 millions de francs. Depuis, elle se maintient annuellement entre 7 et 9 millions.
Or, sur la valeur totale de la production aurifère à la Guyane, il n’a pas été prélevé, au profit du Trésor public, et rien qu’en droits de douane sur l’entrée et la sortie du métal, moins de 15 millions de francs. 11 est donc permis de dire que c’est à l’industrie aurifère que la Guyane doit, en quelque sorte, la vie, car si, pour une raison ou pour une autre, elle venait, à l’heure actuelle, à disparaître brusquement, notre Colonie se trouverait mortellement frappée dans son existence économique. Heureusement, notre production aurifère n’est pas près de tarir. Elle serait, au contraire, destinée à s’accroître considérablement, avec les progrès de l’exploitation technique.
Origine et constitution des gisements. - — Nous avons, dans un chapitre précédent, étudié sommairement la constitution géologique de la Guyane. Nous avons vu que le sol de la Colonie, de formation presque exclusivement primitive, est composé: à la base, de granité fondamental, surmonté par de nombreuses variétés de: roches feuilletées (gneiss et micaschistes), avec de frequentes intrusions de roches vertes
(diorites, diabases) lesquelles, en émergeant, ont vraisemblablement entraîné à la surface les dépôts aurifères.
Si le sol de la Guyane, cela est aujourd’hui démontré, est presque partout aurifère, ce n’est évidemment qu’à des degrés
Explorateurs et Indiens
très différents. La zone de richesse maxima , large de 30 à 40 kilomètres, court de l’Est à l’Ouest, à une distance du rivage de la mer comprise entre 50 et 100 kilomètres. Si l’on considère la disposition du sol de la Colonie en plan incliné de l’intérieur vers la mer, on voit que celle zone de richess e maxima est en même temps la zone des altitudes moyennes.
Il semble que l'or soit apparu dans le district guyanais à la suite du dernier soulèvement du sol qui a donné naissance aux divers groupes de montagnes déterminant le relief déiinitif et actuel. Le métal précieux a dû être apporté à la surface par les émersions dioritiques qui se sont produites dans les zones de contact entre les micascliites et le granité sur lequel ils reposent. Il s’est ainsi localisé en couches interstratifiées dans ces roches feuilletées. Il est, du reste, contenu dans ces diorites et ces diabases, soit en dissémination plus ou moins uniforme dans la masse, soit en localisation dans des filons de quartz inclus dans ces roches.
Quoi qu’il en soit, les diorites et les quartz aurifères subissant, sur toute l’étendue' de leurs surfaces d’affleurement, l’action persistante des agents d’érosion, se sont, dans les temps géologiques, désagrégés et ont ainsi donné naissance, d’une part, à la roche ferrugineuse d’agrégation appelée roche à ravets , de l’autre, aux allumons qui revêtent aujourd’hui le sol. Par cette désagrégation, les particules d’or ont été mises en liberté, puis, entraînées par les courants d’eau, se sont tassées, traversant la couche alluvionnaire et ne s’arrêtant que dans le gravier, qui repose directement sur l’argile du fond ou hed-roch.
Celte alluvion, dont l’épaisseur varie de 0m 10 à 2 mètres, suivant les localités, se compose de fragments de quartz, de débris de roche à ravets et de gemmes, le tout cimenté par une pâte argileuse, jaune ou orangée. Quelquefois, elle est presque exclusivement formée de sable peu agrégé. La présence du quartz, quelle qu’en soit la variété, est l’indice de la richesse aurifère, mais le quartz résinite indique presque toujours une teneur maximci. — Ces alluvions se rencontrent soit dans le lit asséché d’anciens cours d’eau, disparus par suite de modifications survenues dans le système orographique du voisinage, soit sur les bords de cours d’eau actuels,
dans les limites du lit majeur , c’est-à-dire des plus hautes eaux. Dans tous les cas, elles sont recouvertes par un limon argileux ou tourbeux, provenant des rivières, en général peu rapides du voisinage; et elles sont ordinairement exploitables par simple lavage.
M. Levât a montré récemment que la roche à ravets, comme la diorite, dont elle provient par décomposition, et comme l’alluvion à la formation de laquelle elle participe, est fréquemment aurifère. La teneur en or de ces deux roches a même été jugée suffisante le plus souvent pour l’exploitation.
En ce qui concerne la répartition générale du métal, on peut admettre, avec M. Levât, que les zones purement granitiques sont complètement stériles et que les terrains aurifères, rayonnant autour de ces zones granitiques, sont ordinairement localisés dans les intervalles de deux sauts consécutifs (intervalles qui marquent le plus souvent la présence de gneiss et de micaschistes) avec maximum d’enrichissement dans le voisinage des poussées de roches vertes.
Conditions actuelles d'exploitation. — Le chercheur d’or qui a des raison de croire à la richesse d'un terrain, s’adresse à un arpenteur de la ville ou au géomètre du gouvernement pour dresser un plan authentique. Ce plan est enregistré au bureau du cadastre pour la somme de deux francs. Muni de ce plan, il se présente au secrétariat général du gouvernement (bureau du Domaine) où il déclare faire la demande d’un permis de recherches sur le terrain indiqué, dont l’étendue et les limites, ainsi que le point de repère, sont précisés sur l’acte d’inscription. Si ce terrain n’a été précédemment concédé à personne, le chercheur d'or est autorisé à se présenter au bureau de l’enregistrement pour y acquitter un droit de 0 fr. 10 par hectare. Il acquiert ainsi la faculté de faire, durant deux années consécutives, sur la concession
désignée, les recherches nécessaires à la découverte d’un gîte exploitable. A l’expiration de ce délai, le concessionnaire devra faire transformer son permis de recherches en permis (T exploitation pour lequel il aura à payer une redevance annuelle de 0 fr. 50 par hectare. Sinon il sera déchu de ses droits.
Ces formalités terminées, le chercheur d’or se met en quête de son personnel. 11 trouve, on peut dire facilement, des ouvriers qui s’engagent à l’accompagner dans ses explorations, contre un salaire journalier qui varie de 2 fr. 50 à 7 francs et 8 francs, suivant les spécialités. Les ouvriers seront nourris, logés et hospitalisés aux frais de l’entreprise, durant toute la campagne. Le personnel une fois au complet, le matériel et les vivres sont achetés. Ceux-ci consistent essentiellement en couac , farine de manioc torréfiée, conserves alimentaires en boites, viandes et poissons salés, etc., etc... Ils sont complétés sur les lieux par les gibiers de la forêt et les poissons des rivières et des criques. Quant au matériel, il comprend des outils de terrassement, de charpente et de grosse menuiserie, ainsi que les matériaux nécessaires à la construction des cachets, à l’établissement des instruments de travail et au lavage de l’or.
Enfin personnel et matériel sont embarqués sur un caboteur qui les conduit jusqu’au bourg situé ordinairement à l'embouchure de la rivière dont le bassin renferme la concession à explorer. De là, on remonte la rivière sur des embarcations du pays. Ce voyage peut durer jusqu'à quinze jours et plus, suivant la saison, les difficultés de la rivière et l’éloignement du placer. Parvenu à la hauteur du terrain concédé, l’on met pied à terre; les marchandises et les matériaux sont débarqués et des cachets élevés rapidement, tant pour le logement du personnel que pour l’emmagasinage du matériel. Ce premier établissement s’appelle le dègrad. C’est
Chantier aurifère. — Lavage de l’or
de là que partiront les prospections, puis plus tard les opérations ayant pour but l’exploitation des gîtes aurifères qu’on aura pu découvrir sur la concession. Ce sera en même temps le centre de rayonnement el le centre de ravitaillement.
Lai prospection, nous l’avons dit, est la recherche, sur le terrain, des gites aurifères. Le prospecteur accompagné d’une escorte plus ou moins nombreuse d’aides et de porteurs, part à travers bois, se frayant un sentier à grands renforts de sabre d’abatis, guidé par la boussole et surtout par son flair et son coup d’œil personnels. De temps à autre, il prélève des échantillons du sous-sol, qu'il essaie à la battée sorte de grande écuelle de bois dans laquelle, après un lavage méthodique de la terre, il trouve une indication précise sur la richesse du terrain immédiatement avoisinant.
S’il juge l’endroit susceptible d’une exploitation fructueuse un emplacement suffisant est déboisé, puis grossièrement défriché; des carbets sont ensuite construits pour loger les ouvriers, avec leurs outils et leurs vivres. Gela fait, l’établissement est relié au degrad ou débarcadère par un chemin plus ou moins direct, pour assurer le ravitaillement du placer. Les travaux préparatoires sont alors commencés, ils consistent dans la construction d’un barrage et d’un canal de dérivation, pour amener, de la crique ou de la rivière la plus voisine, l'eau indispensable à l’exploitation; puis' dans le deçà pelage ou déblaiement des terres stériles qui surmontent le couche aurifère et dont l’épaisseur est un facteur important de d’exploitabilité des terrains. Le sluice est ensuite abouché aul canal d’amenée, directement ou par l'intermédiaire d’une dalle, et installé avec une pente moyenne telle que la vitesse de l’eau n’y soit ni trop forte, ni trop faible, pour la parfaite désagrégation de la terre et le dépôt des particules d’or qu’elle peut contenir.
Dès lors commencent les travaux cl' exploitation proprement dits. Le sluice est un canal long, de 25 a 50 mètres, composé d’une série de 10 à 12 auges emboîtées les unes à la suite des autres et supportées au-dessus du sol par des pieux enfoncés dans le bed-rock. Ces auges sont faites de trois planches maintenues par des cadres; elles ont chacune 4 mètres de long sur 0m30 de large et 0m30 de hauteur et sont disposées de manière à former ressaut les unes sur les autres, d'un bout à l’autre de l’instrument. Sur le fond des auges de queue sont placées : d’abord une plaque de tôle perforée d'un grand nombre de trous et maintenue par des tasseaux à 2 ou 3 centimètres du fond du sluice, puis un rifle en fonte. Une fois le sluice installé, on y verse d’un bout à l’autre une certaine quantité de mercure qui servira à retenir au passage les fines parcelles d’or, puis on fait arriver l’eau dans l’instrument. La couche aurifère est alors attaquée à la pioche, enlevée à la pelle et jetée dans les premières dalles. Des ouvriers, placés sur les côtés de l’appareil, brisent à la main ou à la houe les mottes d’argile et en séparent les cailloux, tandis que le courant entraîne la noue ainsi formée vers la queue du sluice, mise en rapport avec un canal de départ, que d’autres ouvriers sont constamment occupés à déblayer.
Vers le soir, les pelleteurs et les piocheurs cessent d'alimenter le sluice de terre et viennent augmenter le nombre des ouvriers débourbeurs et épierreurs. Le courant d’eau est diminué, et lorsque celle-ci coule claire, on brosse d’amont en aval le fond du sluice et on recuille à l'extrémité de l’appareil, sur le rifle, les produits du travail de la journée. C’est un résidu gris ou schlich , composé de mercure libre et d’amalgame d’or. Le tout est pressé fortement dans un linge, le mercure extravase et l’amalgame est retenu. 11 est ensuite porté sur une poêle, où le mercure se sépare et s’évapore,
tandis que l’or métallique demeure, sous forme d’une poudre grossière d’un jaune pâle.
D’autre part, des pépites et des paillettes de grosseur variable, isont, soit au cours, soit à la fin du travail, recueillies sur le fond de l’instrument. Cette production est inscrite au jour le jour sur un registre ad hoc et envoyée chaque mois au chef-lieu, où l’Administration de l’entreprise est chargée de le réaliser sur place ou dé l’expédier en France.
L’or des placers guyanais est généralement très pur. 11 contient de 3 à 10 0/0 au maximum d’argent. D’après les recherches de M. Rivot, les pépites sont ordinairement accompagnées de quartz et de fer titané.
Quoi qu’il en soit l’or natif se vend à Cayenne à raison de 2 fr. 80 le gramme pour la poudre et les pépites et 2 fr. 90 pour les lingots d’or fondu. Il obtient de 3 fr. 10 à 3 fr. 1 5 en moyenne, sur les marchés d’Europe.
La recherche et l’exploitation de l’or, telles qu’elles se pratiquent, actuellement à la Guyane, sans être tout à fait défectueuses, sont cependant susceptibles d’un certain nombre d’améliorations qui ont été signalées à diverses reprises par des hommes spécialement compétents, mais dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici.
Disons seulement que, comme toutes les autres branches de notre activité industrielle, bien qu'à un degré beaucoup moindre, celle industrie se trouve entravée dans son développement par le manque de bras, et surtout par le défaut complet de voies de pénétration rapides, commodes et sûres. Et terminons ces considérations sur l'industrie nourricière de notre Colonie par cette citation rassurante puisée dans le livre récent de M. Levât: « Loin d’être arrivée au terme de la période initiale, commune à tous les pays favorisés par la présence de l'or, période caractérisée par l’exploitation des placers , la Guyane n’est encore qu’au début de cette époque,
caractérisée par l’écrémage des placers riches, au moyen de procédés tout à fait primitifs.' Ces placers riches ne sont que très partiellement explorés, et il est indubitable que, sauf dans la zone immédiatement limitrophe des rivières navigables, il existe des quantités de gisements riches qui n’attendent que la création de moyens de communication pour être immédiatement mis en œuvre. »
Autres richesses minérales de la Guyane. — 11 ressort des analyses faites en 1856, à l’École des Mines, par M. Rivot, que l’or ne serait pas la seule matière précieuse trouvable dans le sol de la Guyane.
Parmi les métaux: l’argent, le cuivre, le plomb, le fer, l’étain et le mercure existent dans la Colonie.
Des gisements assez importants de minerai d 'argent ( drgyrose , ou argent sulfuré) paraissent avoir été exploités par les Hollandais, pendant leur occupation, de 1652 à 1658, sur la Montagne d'argent , colline située sur la rive gauche et à l’embouchure du fleuve Ovapock, et qui devrait son nom à cette particularité. Plus tard, en 1700, M. de Férolles, alors gouverneur de la Guyane, It extraire de cette même montagne 29 quintaux de minerai, qui, expédiés en France, donnèrent à l'analyse une teneur de 40 0/0 en métal noble. Depuis, d’autres gisements en ont été signalés sur divers points de la Colonie, principalement sur les bords du Carnopi, affluent gauche de l’Oyapock. L’argent, d’ailleurs, accompagne l’or presque partout en Guyane. 11 en est de même du platine, dont la présence a été reconnue sur bien des points.
Le plomb et le cuivre sont aussi signalés par les explorateurs et par les chercheurs d’or. Mais les renseignements a cet égard sont peu précis. Un gile de ce dernier métal, dont l’importance n’a pu encore être appréciée, semble exister a la porte même de la ville de Cayenne.
Dans le Maroni, aux pieds mêmes du Tumuc-Humac, le
Dr Creva u x a découvert un filon de greisen (roclie granitique formée de quartz et de mica blanc) lié au massif granulitique de cette région, et qui renferme, avec la tourmaline et le rutile , un certain nombre de minéraux formant le cortège habituel des gîtes stannifères ( wolfram, sphène , fluorine et cassitérite). On peut donc supposer qu’une mine d 'étain existe dans ces parages.
Le mercure , sous forme de cinabre , ou sulfure de mercure, a été également signalé sur divers points de la Colonie, notamment dans Je bassin de la rivière du Tour-de-lTle.
Quant au fer, ainsi que nous le verrons prochainement, il existe pour ainsi dire partout à la Guyane.
De nombreuses pierres précieuses ont été trouvées par les divers explorateurs, depuis Le Blond jusqu’à Crevaux. Dès 1778, Jacquemin découvrit dans la partie liante des rivières des topazes , des calcédoines et des grenats. Lacondamine a également trouvé des jades dans le voisinage du Cap-Nord.
De Humboldt et le D1' Crevaux ont, à leur tour, rapporté de nombreux échantillons de grenats. Enfin, à l'Exposition d’Anvers de 18(17, l’on a pu admirer les beaux spécimens d 'améthyste provenant des placers de la Compagnie de l’Approuague.
Le diamant existe-t-il? Tous ces savants le supposent, se basant sur la composition des sables aurifères de la Colonie, dont les minéraux rappellent à la fois ceux qui accompagnent, d’une part, l’or dans les sables de la Californie, d’autre part, le platine et le diamant dans la province brésilienne de Minas-Geraes.
Le manganèse , sous forme de péroxyde ou pyrolusite a été signalé également par Le Blond sur les bords de plusieurs rivières, principalement de Sinnamary. Le métalloïde s’y rencontre en masses cristallines radiées, à éclat métallique, d’un gris d’acier, et aussi en prismes orthorhom-
biques, accompagné de spath-fluor, à’acerdèse et de psilomélane.
On sait que ce minéral sert à la fabrication du chlore et des chlorures décolorants, et,, de plus, à la préparation de l’oxygène. Il est également, depuis longtemps, employé dans les verreries, pour décolorer le verre coloré par le protoxyde de fer, qu’il transforme en sesquioxyde.
La houille a été rencontrée, prétend-on, à Roura, au Maroni, dans l'ile de Cayenne, et tout récemment encore dans le territoire contesté franco-brésilien (bassin du Carsewène).