COMMERCE
!• — Généralités
Le mouvement commercial de 1a. Guyane a, depuis une cinquantaine d’années, presque quintuplé, alors que celui de la Martinique, par exemple, Colonie qui passe pour jouir d'une plus grande prospérité, est resté absolument stationnaire dans le même temps.
Ainsi, alors que le Commerce de la Guyane, ne se chiffrait
en 1845, que par . 4.388.04G francs
il s’élevait en 1895, au chiffre de . 19.965.178 »
Il est vrai d’ajouter que cette année 1895 a été exceptionnellement mouvementée, au point de vue commercial, par suite des découvertes d’or faites, en 1893, au territoire contesté franco-brésilien. On note même, par la suite, une diminution sensible dans le chiffre de nos affaires qui n’est plus en 1896, que de 17.650.794 francs, et en 1897. que de 16.659.593 francs.
G Et, tandis qu’on constate, de 1845 à 1895, une augmentation décennale de 3,115.426 francs, cette augmentation n’est plus de 1887 à 1897, que de 2.726.439 francs.
Les chiffres qui représentent le commerce total de la Guyane pour les années 1887 et 1897 se décomposent de la
manière suivante :
Commerce avec la France .
Commerce av. les colonies françaises Commerce avec l’étranger .
Totaux. . .
Ainsi, tandis que le chiffre de nos relations commerciales a presque doublé avec les Colonies françaises, tandis qu’il s’est accru d’environ un quart avec l’étranger, c’est à peine si avec la France il s’est élevé d’un cinquième. Ce n'est certes pas là l’effet qu’on attendait du tarif douanier de 1892.
Quoiqu’il en soit, le commerce de la Guyane avec la France, en 1897, se décompose comme suit :
Importations de France . 5.978.401
Exportations en France en marchandises du crû
de la Colonie . , . 6 . 904 . 804 j
Réexportations en marchandises ■ 6.952.901
d’importation . 48.097 )
Total .. 12.931.302
Ainsi nous exportons en France pour un milion de francs de plus que nous n’importons. En 1887, c’était le contraire : nos importations de France étaient de 5.887.175 francs et nos exportations se chiffraient à 5.114.417 francs. Nous expédions en France tous nos produits, sauf les peaux de bœuf et les phosphates. De son côté la métropole nous expédie principalement : des métaux de la parfumerie, des conserves alimentaires, des tissus, des vêtements, de la farine de froment, du sucre raffiné, de l’huile d’olive, des machines, des modes et industries parisiennes etc., etc.... Il y a lieu de remarquer que dans le total de nos exportations, l'or natif entre pour la
presque totalité, soit environ 6.800.003 francs sur 6.900.000 francs. Tout le reste de nos produits et denrées (cacao, café, vessies natatoires de poissons, Lois de construction, essence de bois de rose, rocou, eau-de-vie de mélasse, etc.) ne compte que pour un total de 100,000 francs environ.
Notre commerce avec les Colonies françaises voisines (Martinique et Guadeloupe) se décompose de la manière suivante :
Importations . 423.984 francs
Exportations de marchandises et produits
du cru de la Colonie . 1.764 \
Réexportation de marchandises > 52.618 —
de l'importation . 50.854 1
Total. . . 476.602 francs
Nous importons donc de ces Colonies françaises plus que nous leur exportons. Nous en recevons principalement du sucre brut, du chocolat naturel, du tabac en feuilles, de la farine de manioc, des poteries, des meubles et de l’eau-de-vie de mélasse (tafia et rhum). Nous n’y expédions que quelques peaux de bœuf et des bois de construction et d’ébénisterie.
Enfin, notre commerce avec l’étranger comprend :
Importation de marchandises étrangères.. 3.024.894 franc? Exportations de produits et marchandises.
du cru de la Colonie. . . . 196.096 j
Réexportation de marchandises > 226.795 —
provenant de l’importation.. 30.699 )
Total.. 3.251.689 —
Nous recevons principalement de l’étranger (Etats-Unis, Demerari, Surinam, Antilles anglaises et Vénézuela) : des chevaux, mulets et ânes, des bestiaux pour la boucherie, des viandes salées, des poissons salés ou fumés, du tabac, de la farine de froment, de l’eau-de-vie, des machines et ouvrages
en métaux, des Lois de construction, des ouvrages en bois, du saindoux et du beurre salé. Nous y exportons : des peaux de bœufs, des phosphates minéraux, et quelquefois du rocou et du cacao.
En résumé, nos importations se répartissent, pour 1897,
comme suit :
Marchandises françaises . 6.402.385 francs
— étrangères . 3.024.894 —
Total . 9.427.279
Et nos exportations :
Pour la France et ses Colonies. . . 7.005.519 —
Pour l’étranger . 226.795 —
Total . 7.232.314 francs
Ainsi, en 1897, nos importations ne surpassent nos expor¬
tations (Balance du commerce des anciens économistes) que de 2.200.000 francs environ. En 1887, cette différence était de plus de 3 millions de francs : nos importations s'élevaient en effet à 8 . 633.071 francs, et nos exportations à 5 .300.083 francs. Ces dernières se sont donc accrues, de 1887 à 1897, de 2 millions de francs environ et nos importations seulement de 1 million de francs. En d’autres termes, nos exportations ont augmenté deux fois plus vite que nos importations.
D'autre part, si pour 1897, on déduit de la balance du commerce qui est, nous l’avons dit, d’environ . 2.200.000 francs
1° Les droits perçus sur l'or à la sortie . 600.000
2° Les frais d’emballage et d’embarquement . 50.000
3° Les frais de commission et au- 1 très . 200.000
Soit au total . 850.000 —
Il reste un chiffre d’environ