I. Configuration géographique
Los géographes désignent sous le nom de Guyarn une vaste contrée comprise, d'une part, entre le 3e degré de latitude australe el le 8° degré de latitude boréale, et, d’autre part, entre le 53e et le 04° degrés de longitude occidentale. Cette portion de 1 Amérique méridionale est bornée, au Nord, par l’Orénoque et 1 Océan, à l'Est, par l’Océan et l'embouchure des Amazones, a l’Ouest, par le Rio-Branco et le Rio-Negro, et au Sud par le fleuve Amazone. Elle se divise inégalement, du Nord- Ouest au Sud-Est, d’après les traités de 1815, en Gu y ânes anglaise, hollandaise, française et brésilienne.
La partie française occupe, au Sud et à l’Est, la moitié environ de cet immense territoire. Ses côtes, mesurant à peu près 125 lieues d’étendue, sont comprises entre l’embouchure du Maroni, qui la sépare de la Guyane hollandaise, et le Gap Nord, limite septentrionale de l’empire brésilien : sa superficie totale peut être évaluée à 20, 000 lieues carrées. Cependant, la portion comprise entre l’Oyapock et l’Amazone reste, depuis le traité d’Utrecht (1713) contestée d’abord entre la France et le Portugal, ensuite entre la France et Je Brésil, successeur du Portugal. La partie non contestée égale à elle seule en superficie le tiers de la France. Mais la portion habitée et effectivement occupée par les diverses communes de la colonie ne comprend qu’une bande de territoire s’étendant tout le long de la côte, de l’Oyapock au Maroni, d’une superficie totale d’environ 1 ,300,000 hectares.
Les cotes de la Guyane sont en général basses et marécageuses. A peu de dis la ne «lu rivage s’élèvent quelques îlots « [ u i sont, du Sud-Est au Nord-Ouesl : le Grand et le Petit Connétable, les Ilets de lié mire, l’ Enfant perdu, les liés du Salut, et les lies Vertes.
Trois chaînes de montagnes parcourent la Guyane, dans sa portion non contestée, de TOyapock au Maroni, parallèlement à la côte. Ce sont: 1° la chaîne des Tumuc-Humac, d’une hauteur moyenne de 400 à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, comprenant les massifs Lorquin, Timotaken, Tapurangnannaoué, le pic C revaux, les monts Tayaouaou, Ourouaïlou-Itire, etc. ; 2° la chaîne du centre, d’une hauteur de 200 à 400 mètres, comprenant : les montagnes françaises, la montagne Magnétique, le mont Le Blond . la montagne des Emerillons, le mont Itoupa, etc. : 3° enfin la chaîne de la côte, d’une hauteur de 80 à 300 mètres, comprenant: les montagnes de Fer. des Singes, de la Condamine, les monts Macouria, Saparouna, la montagne Pelée, les montagnes de Kawet d’Appronague, etc.
Aux Tumuc-Humac ne prennent leurs sources que le Maroni et l’Oyapock. Tous les autres cours d’eau qui sillonnent le pays prennent naissance dans la chaîne centrale. Les plus importants de ces cours d’eau sont, en allant de TOyapock vers le Maroni : le Ouanary. TApprouague, le Kaw, le Mahury, la Cayenne, le Macouria, le Kourou, le Sinnamary, l’Iracouho el la Mana.
Toutes ces rivières coulenl du Sud vers le Nord, où elles se jettent directement dans l'Océan Atlantique, après avoir reçu un plus ou moins grand nombre d’affluents, appelés criques.
Géographie politique. — Au point de vue administratif et politique, la Guyane est divisée en quatorze communes, administrées chacune par un Maire, officier de l’état-civil, assisté d'un Conseil municipal. Un décret du 12 décembre 1889 avait supprimé à la Guyane les communes autres que Cayenne. Par
Cayexxe. — La place d’ Armes
un nouveau décret du 17 décembre 1802. ces municipalités, qui avaient été organisées par celui du 15 octobre 1879, ont été rétablies sous le régime de ce dernier acte. Ces quatorze communes sont : Cayenne, Oyapock. Approuague, Kaw, Rémire, Mathoury, Roura. Tonnégrande, Monlsinéry. Macouria, Kourou, Sinnamary. Iracoubo et Mana. Il y a en outre la commune pénitentiaire du Maroni.
La Guyane est représentée à la Chambre des députés (1). Elle ne nomme pas de sénateur.
Le Conseil général , siégeant au chef-lieu de ia colonie, est composé de seize membres élus par le suffrage universel.
A la tête de l'administration locale est un gouverneur (2) nommé par décret du Président de la République. 11 est assisté d’un conseil privé , où siègent les chefs des administrations intérieure, judiciaire, pénitentiaire et militaire, ainsi que deux habitants notables proposés par le gouverneur et, nommés par décret du Président de la République. Le siège de ces diverses administrations est à Cayenne.
La Justice est rendue au chef-lieu par une Cour d’appel, un Tribunal de première instance et une Justice de paix. 11 y a en outre, à Saint-Laurent-du-Maroni, un Tribunal de première instance et des suppléants de juges de paix à Mana, Kourou, Sinnamary, Iracoubo, Approuague et Oyapock.
L 'Enseignement primaire est donné gratuitement depuis 1889, dans quatorze écoles laïques, établies tant à Cayenne que dans les principaux bourgs ruraux. Il existe également deux ou trois établissements libres, dirigés par des congréganistes (Frères de Ploërmelet Sœurs de Saint-Joseph de Cluny). Cayenne possède aussi un collège dirigé par des professeurs de l’Université de France.
(1) M . H. Ursleur, élu le 8 mai 1898.
(2) Actuellement M. Mouttet, nommé par décret du 11 septembre 1898.
Le clergé se compose d’un certain nombre de prêtres du culte catholique, sous la direction d’un préfet apostolique.