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III. Constitution g-éolog-ique

M. Jules Hier a écrit, sur la constitution géologique de la Guyane française, une étude fort intéressante; V Esquisse géologique de M. Ch. Vélarn, qui n’y a rien ajouté quant au

fond, apporte une précision nécessaire sur certains points do science pure restés obscurs jusqu’à lui. Ce sujet a été également traité avec compétence par les ingénieurs qui ont, à diverses époques, écrit sur les . gisements aurifères de la

colonie: MM. Barvaux, Yiala, Levât (1).

L’Église de Cayenne

C’est de ces différentes études que nous nous sommes inspiré, dans le court exposé qui va suivre.

L’ossature minéralogique de la Guyane française paraît se rattacher principalement à trois systèmes de roches, qui ont. semble-t-il, donné naissance aux différentes natures de terrains composant le sol arable guyanais.

(1) Voir les titres de ces ouvrages à la Bibliographie , à la fin de ce livre.

Le premier système, celui qui semble constituer la base même et toute l’infrastucture de ce sol. se compose de roches endogènes, cristallophylliennes. représentées essentiellement par des gneiss, des granulites, la leptynite et la diorite, et se rattachant à l'époque primitive.

Les gneiss (gneiss à amphibole, gneiss granitoïde, et surtout gneiss gris) occupent une aire fort étendue. Ils font saillie çà et là dans les terres basses des côtes et affleurent presque sans discontinuité, depuis le niveau des premiers sauts des rivières jusqu’à la chaîne des Tumuc-Humac et au-delà.

La granulite à mica noir se présente sur le cours supérieur du Maroni, à peu près au niveau du confluent de l’Awa et du Tapanahony, sous la forme d’un affleurement large de dix lieues environ et long de cinquante. Elle affleure encore à différents niveaux du Haut-Maroni, mais en bandes bien moins importantes.

La leptynite a ffec te les mêmes aires que les gneiss et émerge, en outre, an centre de bile de Cayenne, où elle se montre fréquemment associée à la dionie. Cette dernière roche, appelée prison dans le pays, constitue une grande partie des montagnes de bile.

Le second système se compose exclusivement de roches schisteuses (schistes micacés, schistes talqueux, schistes argileux) et de quartzites. Cette formation parait se rapporter au terrain de transition (système préambrien) et présente d’ail leurs fort peu d’importance, quant à l’étendue de son aire. Il affleure principalement dans le voisinage des Tumuc-Humac et en bandes parallèles à leur direction, occupant les intervalles qui séparent entre elles les principales lignes de sauts, lesquelles correspondent aux affleurements gneissiques et granitiques.

Un troisième système correspond à la présence de la limonite, roche ferrugineuse composée d’hydrate de peroxyde, de

fer, mêlée d’argile et de sable. Elle esl tantôt; d’une contexture spongieuse, tendre, se désagrégeant facilement et contenant fréquemment des lits de kaolin coloré en rouge par des oxydes ferriques: c’est la roche à raret du pays; tantôt plus compacte, présentant un aspect métallique et constituant un véritable minerai de fer; elle contient alors de G5 à 72 0/0 de peroxyde de ter : c’est la limonite fibreuse , ou hématite brune proprement dite. Ce terrain ferrugineux, assez jeune, se rapporterait aux étages supérieurs de l’époque tertiaire (1 ) . Son aire est assez étendue, constituant une série de collines ou de plaines hautes qui bordent les terres basses, depuis l’Oyapock jusqu’à la Mana. Il affleure très largement dans l’ile de Cayenne, où il forme la montagne de Baduel, qui est une véritable mine de fer, et détermine la coloration rouge du sol de la ville et des environs. Il constitue aussi les montagnes d’Approuague, de Kaw, de la Gabrielle. de la Comté et du cours moyen de l’Oyak.

La physionomie topographique de la Guyane paraît être le résultat de deux soulèvements successifs, dont le premier correspondrait aux petites chaînes dont la direction E.-N.-E,- O.-S.-O. coupe les rivières à la hauteur des premiers sauts. Ce premier mouvement géologique semble contemporain dp l’apparition de la pegmatite. roche métamorphisante dont la masse a soulevé et traversé toutes les couches des deux premiers systèmes de terrains précédemment décrits, les gneiss et les schistes, donnant ainsi lieu à des liions et à des surfaces recouvrantes souvent considérables. D’autres éruptions dp roches granitoïdes diverses (granités, granulit.es. diorites) ont, en même temps, soulevé et traversé les couches anciennes de gneiss et de micaschistes.

fl) M. Levât a montré récemment que ce terrain, du reste entièrement szoïque, n’est que le résultat de la transformation sur place de la dioritq.

Ce premier relief a été modifié par un second soulèvement plus important, auquel se rattache l’émersion de la chaîne des Tumuc-Humac, courant de l'Est à l’Ouest, et paraissant devoir son existence à l’apparition d’une roche basique noire, liolocristalline, à aspect basaltique, la diabase. Cette roche est souvent confondue en Guyane avec la diorite, sous la dénomination de grison, et se présente sous la forme de dykes inclus dans les gneiss, la diorite stratiforme et la leptynite.

C’est ce second soulèvement qui, effaçant en partie les pentes de la première dislocation, a occasionné les plissements de terrains qui ont servi de lits aux cours d’eau actuels et ont ainsi déterminé leur direction perpendiculairement aux premières chaînes de collines. C'est là l’origine du relief actuel de la Guyane française, « consistant principalement, dit M.Vélain, au-delà des terres basses qui régnent sur le littoral, en une série de terrains étagés, plus ou moins ondulés, disposés parallèlement à la côte et s’élevant successivement vers la chaîne montagneuse des Tumuc-Humac. »

« C’est, ajoute-t-il ailleurs, aux intercalations si fréquentes de roches éruptives massives au travers de ces roches feuilletées, el. par suite, au défaut d’homogénéité du sol au travers duquel le creusement a dû s’effectuer, que les fleuves de la Guyane doivent de présenter, dans la majeure partie de leur cours, une pente brisée par une succession de barrages, donnant lieu à tout autant de bassins étagés, qui ne se relient entre eux que par des rapides ou des sauts. Le travail d’érosion du fleuve, singulièrement facilité par l’état de fendillement et la fissilité des roches gneissiques, se trouve subitement entravé à la rencontre d’un massif de roches granitoïdes dures et résistantes ; l’eau, par suite, s’accumule en arrière d’un barrage trop résistant pour se laisser entamer, et ne peut vaincre l’obstacle qu’en se précipitant par-dessus en cascade. C’est alors au pied de ces chutes que se concentre le travail méca-

nique de l’érosion, la vitesse de l’eau étant retardée, ou même nulle, entre deux sauts. »

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