IV. — Fa Faune
La faune de la Guyane est exceptionnellement riche. Elle est la même, à quelques différences insignifiantes près, que celle, si réputée parmi les naturalistes, du Brésil et du Pérou.
Le sujet est si vaste que nous ne pouvons ici que l’efleurer rapidement. Nous négligerons entièrement les animaux inférieurs tels que Protozoaires, Cœlentliérés, Echinodermes et Vers, dont les espèces locales, d’ailleurs peu étudiées, offrent aux spécialistes un champ immense et presque vierge de recherches fructueuses.
Dans l’embranchement des Arthropodes nous citerons, dans l’ordre des Crustacés isopodes : la cloporte commune (Oniscus murarius, Cuv.) et le ravet-roches ( Lygia oceanica , L.); dans l’ordre des crustacés. macroures, la crevette de mer (Palœmon squilla , L.); l’écrevisse (. Astacus fluviatilis , Rond.); le homard ( Homarus vulgaris. Bel.) et la langouste commune (Palinurus vulgaris , Latr.); dans l’ordre des crustacés anomoures, le Bernard-l’Hermite (Pag unis Bernhar dus, L.); parmi les crustacés Brachy ures. les diverses variétés de crabes, le crabe commun (Carcinus manias , L.), le crabe tourteau ( Cancer pagurus , L.), ou chancre, dont la chair est mangée en soupes pimentées. Dans la classe des Arachnides, il y a lieu de citer les diverses espèces de scorpions et d’araignées, et en particulier l’araignée-crabe (mygale avicularia , L.) dont la morsure venimeuse est presque aussi redoutable, d’aucuns disent plus redoutable que celle de la vipère, et qui vit dans une toile à tissu résistant, et en forme de tube, entre les pierres ou dans les fentes de l’écorce des arbres. Dans la classe des Myriapodes, nous avons : le yule commun (juins terrestris , L.) inoffensif, et la scolopendre ou mille-pattes (scolopendra
morsitans , Gerv.) dont la morsure est venimeuse. Enfin, dans la classe des insectes, qui présente ici une richesse et une variété vraiment exceptionnelle, citons au hasard : Je fulgore porte-lanterne {fulgora lanterna rid , L.), le ravet (t teripla nata americana , Fahr.), la chique (sarcopsylla penetrans, L.), le ver luisant ( lampyris noctiluca , L.), ou mouche à feu, l’arlequin de Cayenne ( acrocinus lougimanus , L.'), le roi des insectes, et dont le nom indique l’hahit, la lamie de Cayenne •( lamia liorrida , Fabr.), capricorne d’une rare beauté, la mouche-éléphant ( oryctes nasicornis , L.). le maringouin {culex pipiens , L), sorte de cousin, excessivement incommode, le dermatobia hominis , Goudot, diptère dont la larve, appelée m* macaque , vit dans les tissus tégumentaires de l’homme, où elle occasionne une tumeur purulente, de laquelle elle est du reste extraite sans difficulté; la termite ( termes lucifugus ) ou fourmi blanche, qui perce le bois des meubles •et des constructions, et dévore même les vêtements de l’homme; un grand nombre d’espèces de fourmis : plusieurs sont venimeuses, comme la fourmi flamande , dont la piqûre donne la fièvre. Une autre, la fourmi-manioc ( œcodoma cephalotes , Latr.), est l’ennemi redoutable des plantations qu’elle dépouille de leurs feuilles pour en garnir son nid; enfin, le bombyx h espe rus, L. dont la larve est lever-à-soie de Cayenne, qui donne un produit de première qualité, et les abeilles sauvages de la Guyane ( Melipona (jenicuiata , M. srutellaris , et Trigona flaveola , Tr. ci/ipes . Tr. fulvipes ), dont le miel est fort apprécié.
Dans l’embranchement des Mollusques, nous trouvons, parmi les lamellibranches : la moule commune (mytilus * edulis , L.), l’huitre ( ostrea edulis , L.) et un coquillage très recherché par les créoles, la girique; parmi les gastéropodes : le mantouni ou vigneau, et le bigorneau ( turbo pethrolatus ), •qui sont également comestibles.
L’embranchement des Vertébrés nous offre principalement à étudier : de nombreux poissons de mer, de rivières ou de marais, des reptiles également nombreux dont quelques-uns fort curieux, des oiseaux uniques au monde pour la beauté de leur plumage, enfin une grande variété de mammifères.
Mentionnons d’abord parmi les poissons : le requin {earcharias verns . Rond.) et divers squales (, scgllium-squatina , etc.), la torpille ( nareine brasiliensis. Oit.), la raie comestible {Raja babis ), l’anguille commune des rivières ( anguilla, ■enurena), la carpe ( cyprinus carpio . L.), dont la chair esl très délicate, le cciphias gladius , L., ou espadon armé d’une double scie en avant de la, tête, le poisson-luné [oetliagoriscus rnola , Rb), la gymnote ( gymnotus elect riens, L.), célèbre par les expériences de Humboldt, et dont la décharge peut foudroyer un homme, le machoiran {silurns /'élis, L.) dont la vessie natatoire, appelée nuage , sert à fabriquer une ichtyocolle qui fait une grande concurrence à celle de l’esturgeon d’Europe, le crapaudin de Cayenne ( pimelodes bufonius , Val.), le silure épineux de la Guyane {arias Mrzbergii ), l’asprède crapaud [aspredo batraciens) et un grand nombre de siluroïdes [doras, platystowa., ùhœtostoraus , etc.), plus ou moins comestibles (poissons à limon); le gros-yeux ( anableps gronovii , Val), remarquable par ses yeux saillants, le pilote [, loricaria catapliracta , L.) qui, d’après une vieille croyance populaire, ramène au port les embarcations égarées, la carangue [caranx trachurus , L.) dont la chair fine est très recherchée, la sole [solea vaJgaris), le gros-ventre ( chi ronéotés pleins, Cuv.), qui, mis à sec et roulé sur le sable, gonfle du ventre au point d’éclater avec fracas comme une vessie distendue et dont le corps, conservé par la fumure, laisse découler une graisse vénéneuse qui le fait utiliser pour la destruction des fourmis domestiques; puis enfin, le mulet, le parassis ( rnugil ccep il a lus), la lubine, la vieille, le^palika, lacoupa, 1 aymara, le
coma la et Je coumarou, dont la chair est particulièrement recherchée, et qui sont considérés à juste titre comme les meilleurs poissons de la Guyane.
Parmi les Reptiles ophidiens, nous avons d’abord les venimeux : le serpent corail ( doits corallinus , L. ) , le serpent à •sonnettes [crotalus horridus , L.) dont la queue est munie d’étuis cornés produisant un bruit particulier, le serpent chasseur. le serpent agouti, les grages qui sont sans doute des variétés de trigonôcéphales (bothrop.s), puis les non-venimeux : le rouleau de la Guyane- (tortrix scytcüe, Hmpr.), et le réseau (typldops retieulata , G. Cuv.), le serpent à deux têtes ou maman-fourmis (ampliibœna fuliginosa ) qu’on trouve fréquemment au fond des galeries souterraines .composant le nid des fourmis-manioc; enfin le boa devin (boa constrictoi\ L.). appelé couleuvre-terre par les Guyanais, et diverses espèces -aquatiques du même genre (boa murena , L.) B. caninus , L.) appelées couleuvres d’eau.
Les sauriens nous offrent : l’agaman ou agama (agarua colonorum , Daud.), sorte de caméléon, l'iguane vert ( iguana iuberculosa , Lam.) dont la chair line et blanche et surtout les œufs sont très recherchés par les créoles, et le lézard-terre ou iguane marbré (polychrus marmoratus , Cuv.) également comestible; les hydrosauriens comprennent principalement : le caïman (jacare sclerops , Schm.) qui est le crocodile d’Amérique et dont la chair fortement musquée est cependant mangée par les Chinois avec les marques de la plus vive satisfaction. Les chéloniens sont représentés à la Guyane, d’une part, par deux variétés de tortues de mer, la petite (ciielonia esculenta , Merr) et la grosse (carretta imbricata , L); d’autre part, par diverses variétés terrestres : la tortue matamata (chelys fimbriata , Schweig), dont la morsure très douloureuse passe à tort sans doute pour venimeuse, la tortue kaouane (testudo carotta . L.) dont la carapace fort belle est recherchée dans le
commerce ; enfin, la tortue commune (testudo tabulala, Daucl.), très recherchée pour sa chair, qui est mangée en soupe ou en carry par les créoles.
Les oiseaux de la Guyane, nous l’avons dit, sont les plus beaux du monde. Lors de l’invasion des troupes anglo-portugaises, en 1809, la collection Martin, riche de nos plus beaux spécimens, fut enlevée; elle figure aujourd’hui au Britisch- Museum, à Londres, dont elle constitue une des plus rares curiosités. Nous citerons dans l’ordre des palmipèdes : le cornard sauvage (an a s boschas , LJ. le grand-gosier ou pélican ( pelecanus onocrotalus , LJ, la frégate ( Trachypetes aquila , L.). le phaéton ou paille-en-queue ( Phaëton oilhereus , L.). le goéland ( la rus canus , L.), le bec-en-ciseaux ( rhynchops nigra, L.). la sarcelle (an a s querquedula , LJ. Les échassiers nous offrent : le pluvier (i charadrius , Sp.), la bécasse (scolopax ruslicola , LJ, la bécassine (gallinago ■media, Gray), le héron de la Guyane (ibis rubra , YieillJ, improprement appelé flamant, la grue cendrée (grus cinerca , Bachot), la ralle d'eau (rallus aquaticus, LJ. le jacana (parra jacana , LJ, la poule d’eau (gallinula chloropus , Lath), le serpentaire d’Amérique, (dicholophus cristal as , 111), l’agami (psophia crépit ans, LJ, le kamichi ( palamedea cornuta , L.) dont les ailes sont armées d’un ergot, l’ibis à masque noir ( ibis met anopis . W agi J, l’aigrette blanche (herodias alba ), etc.. Parmi les gallinacées, nous trouvons le liocco (crax guianensis , Briss) gros comme une petite dinde, au bréchet garni d’une épaisse couche musculaire, que l’on mange grillée, comme le filet de bœuf; cet oiseau est muni sur le sommet de la tête d’un panache noir, de plumes frisées et soyeuses, très recherchées pour la parure des dames; la maraye (yenelope marail , Gmel - salpiza ma rail , Wagl.) dont la chair est également excellente et qui se tient sur les arbres; la perdrix grise (perdrix cinerca , Briss. ), la perdrix rouge (P. rubra ,
remm), la caille {cota rnis. Sp.), etc... Parmi les colombidés, nous avons : la tourterelle commune ( lurtui • auritus , Bp.), le pigeon ramier (columba Vicia , L.). etc...
Les grimpeurs sont représentés par : le toucan toco ( rham phastus toco , L.), l’aracari [pteroglossus aracari , IIP), le couroucou [trogon curueui, L.), le torcol [lynx torquilla , L.), une grande variété de perroquets, l'ara ( iaacrocercus , sp. Vieill. ), le paraqua (■ ortalida momot , Wagl.), les perruches { rnelopsittücus , sp.), etc... Parmi les passereaux, citons : le manakin de Cayenne [pipra auréola. L.), le coq de roches ( rupicola a urantiaca, Vieill.). le cotingade Cayenne [colinga cayana , Geoff), des mésanges, des grives, des rossignols, des alouettes, des papes, des cardinaux, des évêques, des colibris [rhamphodou . phaëtornis , troctnlus col aû ris , L.), etc... Les rapaces comprennent : une variété d’effraye (strix, sp.). le mo-oué-yo, le condor [sarcorhaïèiphus gryphus , Geoff.). 1<‘ grand aigle ( aquila , sp.), l'urubu (■ cathartes urubu , IIP) qui passe à tort pour contribuer dans une large mesure à la propreté des rues de Cayenne, et la harpie (. karpyia ferox , Les.).
Nous arrivons enfin à la classe la plus importante celle des mammifères ; citons principalement: parmi les marsupiaux pédimanes : le pian ou sarigue ( didetphys cancrivora , Gin.), l’opposum (h. opposum , L.) et le yapoc [chironectes yapoc. IIP ), tous trois remarquables par le pénis bifide du mâle, la poche marsupiale et la double vulve de la femelle ; parmi les cétacés, les marsouins ( phocœna com-)u unis* Less), qui n’a pas moins de quatre à cinq pieds de long et remonte souvent dans l'embouchure des rivières; le dauphin ou boto [inia geoff royi) ; parmi les édentés : le tamanoir à crinière (■ myr mecophaga ] abat a ), le tamanoir à deux doigts (m. didactyla , L.), le grand tamanoir ou tamendou (m. tetradactyla. L.); le tatou noir [dasypus novemci-uctus , L.), le tatou géant (Z), gigas , Guv.) dont la bouche est garnie de près de
100 dents et qui est devenu extrêmement rare ; l'nï ou paresseux (Br a dypus tridactylus , Cuv.) ; le grand paresseux à deux doigts ou unau (cholœpus didactylus , 111.); parmi les ongulés imparidigités : le tapir ou maïpouri (tapiras amcricanus , L.) de la grosseur d’un petit cheval, avec un dos très large, des jambes courtes et fortes et une trompe analogue mais beaucoup plus petite <[ue celle de l’éléphant, et parmi les ongulés paradigités : le pécari à collier ou patira (dicotyles torquabas . Cuv.), le pécari à lèvres blanches (/). la hiatus . Cuv.), le cariacou (cervus nemoralis) ; parmi les sirènes, le 1 amen tin (manatus australis , L.); parmi les rongeurs : le cobaye ou cochon d'Inde ( caria cobaya , Sclireb.), inconnu à l’état sauvage, le pack ou paca (cœlogenys paca , L.). l’agouti (dasyprocta aguti , L.), ces deux espèces très recherchées pour leur chair line et savoureuse, l’acouchi (c/iloromys akuschy = dasyprocta arase// y, Desrn.), le cabiâï ou capiaï (hydrochœrus capibara (Erxl.) le plus grand des rongeurs connus (4 pieds de long) aux pattes à moitié palmées et aussi habile à plonger qu’un canard, le porc-épic de la Guyane ou couendou ( cerco - /abcs preiiensilis , L.) qui jouit de la faculté de détacher à volonté les piquants dont sa peau est couverte ; parmi les carnivores : le ehien-crabien [cancrophagus major), le chienbois, la loutre [luira brasüiensis , Ray) dont la peau fournit une belle fourrure, mais dont la chair est puante et imman geable, elle se nourrit de poissons; le cougouar ou tigre rouge (felis puma. Traill = /’. concolor , L.) ; le jaguar [felis onca , L.); le tigre-ocelot (/’. pardalis , L.), le chat-tigre et le chat sauvage { felis calas , L.) ; parmi les chéiroptères : le vampire [phyllostorua spectra/ni, L.); et diverses chauves-souris frugivores; parmi les primates : le micou (mico argentatus , Less.), le ouistiti [hapale jacchas, Geotlj.le tamarin ou petit Y\o\\(niidas rosalia , L.), le saki-satan ( pithccia satanas , Geofïj, le saïmiri (ch rysothrix sciurea :, L.), le sagouin (eallilhnæ pèrsonala ,
Geoff), le sajou, saï ou capucin {ceints capucinus , L.), l’Atèlekoata ou singe noir ( aleles belzêbutii, Geoff). l'alouatte, singelmrleur noir (mycetes niger. Geoff), l’alouatte singe-hurleur rouge {mycetes seniculus , L.). dont l’hyoide est renflé, vésiculeux et l’appareil vocal double, lui permettant d’émettre à la fois des sons aigus et des sons graves.
Tels sont les principaux représentants de la faune de la Guyane française. Nous avons dû nous contenter, le plus souvent, d’une simple énumération, parce qu’une description, même1 sommaire, de chaque espèce, nous aurait entraîné bien au delà de notre cadre.
A'. — I.a IGope de la Guyane
Les plantes indigènes sont, pour ainsi dire, innombrables à la Guyane, et les ouvrages qui en traitent, d’ailleurs très rares, n’en énoncent certainement qu’une faible partie. On sait, en effet, que c’est sous la. zone torride que la diversité des espèces botaniques atteint son maximum; que toutes ou presque toutes les familles connues y sont représentées, et que dans chaque zone restreinte de cette région, on peut compter une quantité considérable d’espèces distinctes. Or, les Guyanes passent pour être une des régions tropicales les plus riches en végétation. Elles sont comprises dans ce qu’on a appelé la région des Palmiers , parce qu’elles en renferment le plus grand nombre d’espèces et de variétés.
Les Mimosées paraissent être la famille la plus nombreuse de notre flore; puis, viendraient les Scitaminées, les Liliacées et les fougères arborescentes. Les plantes épidendres (lorenthacées, orchidées, aroïdées , broméliacées, cactées, etc...) constituent également une caractéristique des forêts guvanaises. Les plantes grasses y ont aussi de nombreux représentants, parmi les cactées el les euphorbiacées. Enfin,
Chalet du Gouverneur à Bourda
la famille des graminées • fournit quelques types qui caractérisent la zone torride; ce sont principalement les cannes et les bambous.
Comme pour la faune, nous nous contenterons, ici. d’une rapide énumération des principales espèces. Nous nous en tiendrons uniquement aux végétaux angiospennes, négligeant entièrement ce qui concerne les tallophytes, les muscinées, les cryptogames vasculaires, et parmi les phanérogames, les gymnospermes.
Parmi les Monocolylédones, nous citerons tout d’abord quelques graminées: le vétiver (andropogon muricatus). la citronelle ( andropogon schœnanthus , L.), le bambou commun (. bambusa arandinacea) et la canne à sucre (sacctiarurn officinarum) ■; une cypéracée, l'herbe coupante ( cyperus de g ans) ; une aroïdée, la siguine [caladium seguinum) ; quelques palmiers: Je maripa [attalea ma ripa ), l’aouara commun (astrocaryurn vulgare ), le pinot {euterpe oleracea ). le co mou (œnocarpas comoa). le palmiste à colonne (oreodoxa oleracea ), le cocotier [cocos ntt cl fera ). le palmier-bâche [niauritia flexaosa ). etc... La famille des commélinacées est représentée par le raguet-crapaud [tradescentla diuretica , Mari.); celle des amaryllidacées par Paloès [agace americana , L.) et le lys rouge [amaryllis pan ica. , Lmk.); celle des dioscoréacées. par l’igname [dioscorea balai as); celle des i ridées par l’envers [ci para, paludosa , Aubl.), le spécifique du tétanos, au dire des créoles ; celle des broméliacées par le caratas [bromelia ha ratas. L. ) et l’ananas [bromelia ananas) ; celle des musacées ]»ar le bananier (musa paradisiaca) et le bacovier [musa sapientium) celle des scitaminées par le geuipa-balisier (amomum -.pyramidale^ Lk), le gingembre [amoinum zinziber. L.), l’arouman (rnaranta arouma , Aubl.), le balourou [heliconia caribea. Lmk.); enfin, celle des orchidées par la vanille (vanilla aromatica. Sw.). Vepi-
deudron bifidum. Aubl. et une grande variété d’espèces très belles, encore à peine connues des botanistes.
Dans la classe des Dicotylédones, les familles appartenant aux apétales supérovariéés sont représentées : les urticacées par le bois bagasse [bagassci guianensis. Aubl.), essence de construction, l’abérémou [perehea guianensis , Aubl.), le bois canon [cecropia peltata , L.); les pipéracées par le congono [peperomia trifolia . Dietr.), la salade-soldat ( Peperomia prorainbens , G. D. C.). le pourpier-savanes [piper obtusifolium, dacq.); le poivre noir [piper nigrum) ; les polygonacées par 1° raisinier bord de mer [coccoloba uvifera . L.) ; les chénopodiacées par la poudre aux vers [chenopodium ambro- ■sioides , L.), le semen-contra des créoles ; les phytolaccacées, le douvant-douvant ou verveine puante [petiveria alliacé a . L.), 1 épinard de Cayenne [phytolacca decandra , L.) dont le fruit contient une matière colorante violette, très abondante ; les nyctaginées, la belle-de-nuit ( mirabilis jalapa , L.) et les divers ipécas créoles (boerhaavia decurnbens , diffusa et pani- •■u.Jata ); celles appartenant aux apétales inférovariées comprennent : les anonacées, Je corrosol murique [anona muricata. L.), la pomme-canelle [arroua squamosa , L.), le poivre inaniguette (ivylopia aromatica , Baill.), le couguérécou (X. frutescens , Aubl. ) ; les myristicées, le muscadier (■ myristica fragans , Hoult.). le yayamadou ( myristica sebifera , Sw.); les lauracées, l’avocatier ( laurus persea . L.), le sassafras {acrodiclidium cJirysopIiyUmn , Meiss.). Nous trouvons dans la catégorie des dialypétales supérovariéés : des malvacées, le fromager [bombaæ globusum , Aubl. ). le coton herbacé (yo.vsypium herbaceum . L.). le calou [hibiscus esculentus , L.), l’oseille guinée rouge [hibiscus sabdariff a . L.). le ouadéouadé ( malva ulmifolia. , Balb.); des ternstrémiacées, le pekea [pekea ternata , Poir) ; des géraniacées. le bilimbi [awerrhoa bilimbi , L.) et la carambole [averrhoa carambola, L.); des
clusiacées. le mani ( moronobea coccinea , Aubl.) ; deshumiricées, le bois rouge ( humiria -balsa-mi fera , J. St. H.); des eupliorbiacées, le couami [conarnl brasiliensis . Aubl.), que.les Indiens emploient pour enivrer le poisson dans les rivières et les marais, la grande malnommée ronge (■ etiphorbia flirta , L.). le mancenillier [bippornane rtancinella , L.), le manioc (jatropha manihot , L.), le ouabé [umplialea dlandra , L.) ; des bixacées, le rocouyer ovellana , L.). plante tincto¬
riale ; des passitlorées, le couzo.u (passiflora edulîs , Sims), la barbadine (P. guadrangularisy L.) dont les racines sont vénéneuses; des térébinthacées, l'acajou à pommes ou anacardier (anacapdium occidentale^ L.). l’aracqucliini (icica aracoucliini , Aubl.), le manguier [ma agi fer à indica , L.), le pommier de cytlière [spondias dulcis , Forst.) et le mombin [spondias lutea , L.); des légumineuses,. le panacoco-jéquiril y (abrus prccatorius. L.), le copahu ( copàïfer.a guianènsis . Desf.), le gaïac de la Guyane ' [diptergx odorata , Wild.). l'immortelle [e rgtb riaa corallode ad roa . L.). l'indigotier [indigo fera anif L.), le grand panacoco [sicaftzia tomentosa< I). G.) et le sinapou [tephrosia toxicaria , Pefs.),~ autre plante, à. enivrer le poisson; des rosacées, le prunier d’ànse ( chrgso b ado nus icaco , L.) et le couépi [cowepia guianen- , sis , Aubl.).
Parmi les dialypétales inférovariées. citons les familles suivantes représentées: les cactées, par la raquette ( cactus • opuntia , L.) ; les ombell itères, par l'anis ( earum anisum. Paill.), le raguet-la-lièvre ( eryiigium fadidum , L.), etc...
Les gamopétales supérovariées comprennent: les ébénacées, représentées par le plaqueminier-mabolo [diospyros cllloroxylon ) ; les sapotacées, par le sapo t i lier comestible ( achras sapota , L.), le balata {mimmops balata , Gœrtru) ; les solanées.,par le piment [çapsicùm annuum . L.). le datura [datura stramonium , L.), le tabac [nicotiana tabacum , L.), le
batoto [phy salis pubescens , L.), amer très énergique, l’alaman {solanum nigrum , L.), etc... ; les borraginées, par le crètecoq (lieliotr opium indicumy L.), le montjoly ( varronia globosa , Desv.), plante aromatique, etc...; les convolvulacées, par la patate sauvage (balai as paniculata, Choisy), la patate purgative [piptostegia pinsonis , Mart), etc... ; les oléacées, représentées par le mayépé (linociera tetrandra , R. Br.) et le jasmin d’Espagne (jasminum grandiflorum , L.); les apocynées, par l’alamande (alla manda, cathartica , L.). le quienbédent [ambelania acida , Aubl.), la caméraire (cameraria latifolia , L.), le poirier de la Guyane ( courna guianensis , Aubl.), riche en gutta, le buisson de la Guyane [éclatés sypMlitica , L.)„le liya-liya [tabernemoniana utilis , Arn), etc. ; les gentianées, représentées par la centaurelle [exacum guianense , Aubl.), la voyère bleue [voyria cœrulea , Aubl.), le tacliy {lac Ida guianensis , Aubl.); les scrofulariacées, par l’herbe aux brûlures ( bacopa aguatica , Aubl.), le basilic sauvage (piatoubca jmafcnsis , Aubl.), le balai doux [scopanta dulcis , L.), etc... ; les bignoniacées, par le copaïa ( bignonia copaia , Aubl.), l’ébène verte ( tccoma leucoocylon), le calebassier (crescentia cujele, L.), etc... ; les acanthacées, parle carmentin [dianthcra pectoralis , Ginel), etc... ; les verbénacées, par te bois-tabac ( manabea villosa , Aubl.), le marie-crabe ( lantana camara , L.), ta crête d’Inde (verbena jamaicensis , L.), etc... ; les plantaginées, par le plantain ( plant ago lanceolata , Hook.), etc...
Enfin, les gamopétales inféro variées comprennent les familles suivantes, représentées principalement: les cucurbitacées, par le melon d’eau ( cilnullus vulgaris , Schrad); le «irau mont (cucurbita moschata , Duch), le nhandiroba, ou liane contre-poison [fevillea Irifoliata , L.), la calebasse terre {lagenaria vulgaris , Su), la liane-torchon ( momordica surculata ), etc... ; les rubiacées, par l’ipéca ( cephœlis evea ,
ipecacuahna ), le caféier de la Guyane [coffea guianensts ), le génipa mérian ( genipa americana . L.), la racine d’or, ou mungo [ophyorhiza mungos . L.), l’herbe à crochets ( ouroa paria guianensis , Auhl.) ; enfin, les composées représentées par le raguet françois [agératum conizoïdes , L.). l’ayapana ( eupatoriuni ayapana , Vent), la salade M"'° Hector [lactuca gue raina , L.). le guaco ( mihania guaco ), etc...
Pour la composition de cet article qui n’est qu’un catalogue, forcément très restreint et très incomplet, des plantes les plus communes et les plus généralement employées à divers titres, nous nous sommes aidé principalement de l’ouvrage deFusée- Aublet, déjà ancien, et de la brochure si intéressante que vient de publier M. le docteur Heckel sur les Plantes médicinales et toxiques de la Gayane française.
Nous renvoyons à ces ouvrages ceux qui désireraient avoir des renseignements détaillés, soit sur la description, soit sur l’emploi des plantes que nous venons d’énumérer. Ajoutons qu’ils sont eux-mêmes très incomplets. On peut dire, en somme, qu’il n’existe ni catalogue, ni herbier complets de la tlore de la Guyane, qui. cependant, mérite bien cet honneur.