‹ Notice sur la lithographieChapitre 32 sur 40 · ARTICLE XXIX · texte numérisé non relu

ARTICLE XXIX

JDe la Couverture,

Les opérations précédentes terminées,. on peut couvrir le livre soit en papier, parchemin, basane, veau, maroquin, chamois, vélin, velours, moire, satin, etc. Pour les reliures de luxe, les Parisiens prodiguent la moire, le satin et le vélin : je préfère tout simplement le veau et le maroquin avec cela un habile relieur peut unir l’élégance à la solidité , et donner à un livre

précieux tout l’éclat dont il est digne.

Tréparation à faire à la basane ou veau qu on voudraitraciner ^ marbrer ^ ou mettre en couleur unie.

On fait tremper le veau dans de l’eau bien claire, l’espace de dix minutes environ, on le retire de l’eau et on le plie en deux, fleur contre fleur, pour l’empêcher de se tacher et de se salir ^ dans cet état on tord le veau pour en faire sortir l’eau , ensuite on le détord et on le •secoue bien, puis on l’étend sur une table très-propre, en ayant soin que la fleur soit en dessus, et que par conséquent la chair touche la table j on tire bien le veau tout autour pour l’étendre et en effacer

les plis, alors on peut le couper en morceaux selon les livres qu’on veut couvrir : on pare les bords assez minces et sans inégalités, afin que le livre étant couvert, on n’apperçoive pas de bosses sur le champ des cartons, le veau étant ainsi préparé , on l’encolle à la colle d’amidon, puis ensuite on l’applique sur le volume.

En couvrant on doit observer de mettre les chasses très-égales, de bien faire coller le veau dans les mors, de ne pas lui laisser faire de rides ni de fronces sur le dos ni sur les cartons, de bien coiffer la tranchefile de manière à ce que la coiffe soit bien au niveau des cartons, veiller soigneusement à ce que les coins soient bien fermés et

que Taugle soit vif et carré ^ il faut passer plusieurs fois en mors, ‘ Le volume étant couvert on doit le mettre dans un endroit chaud ou à Pair, afin qull sèche promptement; mais il ne faut pas l’approcher du feu, car cela ferait cambrer les cartons en dehors et ôterait à la reliure toute sa solidité, l’humidité que donnerait la colle d’amidon qui a servi à couvrir çt la chaleur du feu feraient fondre la colle de flandre qu’on a employée àl’endossure ; outre cet inconvénient, le veau en séchant trop vite se retire dans les mors et empêche de fermer le livre. Quelque soit le genre de couverture, on doit y apporter les mêmes soins, la reliure sans cela serait imparfaite.

• Le maroquin n’a besoin d’autre préparation avant d’etre collé que d’être coupé de grandeur pour le livre qu’on veut couvrir,' paré ensuite avec précaution et encollé à la colle d’amidon très-épaisse afin qu’elle ne pénètre pas trop avant, ce qui' tacherait : du reste en couvrant on prend les mêmes précautions que pour le veau et la basane.

Préparation du Deau ( * ) qu on destine à être mis en fauve.

On choisit le veau le plus blanc possible et sans défaut, surtout sans effleurure : on le dégorge dans cinq à six eaux claires, on le tord à cha-

( * ) On ne doit employer pour la reliure que du veau en croûte très-mince, très-blauc, très-doux et souple à la main.

que fois pour le bien purger de sa malpropreté , ensuite on fait fondre à chaud dans un seau d^eau, une livre et demie d’alun de roche concassé ; quand l’alun est fondu , on laisse réfroidir l’eau de manière à pouvoir y tenir la main , alors on y fait tremper le veau qu’on a préalablement coupé de grandeur 5 il doit rester dans cette eau environ une demi-heure, on le retire, on le tord, puis on l’étend sur la table avec un plioir ahn d’en faire sortir l’eau, on le coupe de nouveau s’il se trouve trop grand, ce qui arrive souvent surtout aux quatre coins qui s’alongent toujours un peu, on pare les bords du veau et on met les morceaux deux à deux, heur contre fleur , ou mieux, si l’on n’en a qu’un

morceau, on le plie en deux, toujours Heur contre fleur, et Ton met entre une couche d’alun de roche pulvérisé , on le laisse environ une heure dans cet état, puis on l’encolle du coté de la chair et l’on couvre avec célérité afin de tenir le veau le moins possible ( * ).

Ce veau doit sécher plus vite que l’autre : quand il est à demisec, on repasse en mors, on arrange la coiffe et on ouvre les cartons pour donner du jeu, on les refer-, me pour £nir de sécher.

( * ) Quand on couvre en moire , satin , vélin , ou veau fauve, on doit placer sur la table où Ton couvre nn linge blanc , poser le livre dessus et avoir un talilier blanc ; les anneaux des ciseaux dont on se sert doivent être entoures d’une bande de toile afin qu’en les prenant avec les mains liumides , l’acide ferrugineux ne reste pas après les doigts, ce qui tacberaitle veau en maniant le volume.

Le velln et la moire n’ont d’antre préparation que d’étre .tenus bien proprement : on couvre d’abord le volume avec du papier vélin blanc, fort et bien collé, ensuite quand il est sec on colle dessus la moire ou le vélin avec de la colle d’amidon dans laquelle on à remplacé la colle de flandre par de la gomnie arabique; if faut encoller la moiré avec soin, autrement on la tacherait : les précautions de propreté sont les mêmes que pour le veau fauve. La moire ne se passepas en mors, mais pour qu’elle se colle bien, quand le. volume est couvert, on l’enveloppe d’un linge blanc et on le lie entre deux ais bien propres, lorsque la moire est à demi-sèche on délie les ais, on

en sort le livre , puis on le laisse sécher entièrement. .

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