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ARTICLE XXX

Lorsque le livre est couvert , on l’embellit par des racines , marbres ou porphyres de diverses couleurs.

RÉPARATION UES COULEURS Qu’oN EMPLOIE SUR VEAU OU BASANE.

Noir.

On fait bouillir dans une marmite de fonte, deux litres et quart de vinaigre rouge ou blanc, avec une poignée de vieux clous et gros comme deux noix de sulfate de fer ( ou vitriol vert ) ^ on fait réduire aux deux tiers, en ayant soin de bien faire écumer ; on conserve ce noir dans la marmite en la

tenant boncliée , il prend de la qualité en vieillissant, et pour le renouveller il suffît d'y mettre du vinaigre et de le faire bouillir et écumer:

ce noir s’emploie à froid.

Rouge ( '^ ).

On fait bouillir une demi-livre de bois de brésil dans deux litres et^ quart d’eau, on y ajoute un quart d’once de noix de galle blanche concassée, lorsque le tout est réduit aux deux tiers, on y ajoute une once d’alun de roche pulvériséet une demi-once de sel ammoniac également pulvérisé, on laisse jeter un bouillon, on retire du feu, et l’on passe la couleur au tamis, on

( * ) Tous les rouges doivent se faire dans un cliaudi'on étamé.

la remet sur le feu pour l’employer bouillante.

Rouge fin.

On fait bouillir à grand feu et jusqu’à réduction de moitié :

4 Litres et demi d’eau de rivière^

1 Liv^re de bois de brésil Fernambouc;

1 Demi -on ce de noix de galle blanche concassée.

On tire au clair, on remet sur le feu , puis on y ajoute :

2 Onces d’alun déroché pulvérisé;

1 Once de sel ammoniac.

On laisse jeter un bouillon pour dissoudre les sels.

On ajoute à ce bain et suivant la nuance qu’on désire, de la dis-

solution d’étain ('*'): on emploie cette couleur presque bouillante.

Rouge écarlate.

On met dans un litre et trois quarts d’eau bouillante, une once de noix de galle blanche bien pulvérisée et tamisée j

1 Once de cochenille pulvérisée.

On fait jeter un bouillon, puis on y ajoute une demi-once de dis-

( * ) Composition pour obtenir par la cochenille des rouges écarlate et cramoisi fin.

1 Livre d’esprit de nitre ( acide nitreux ) j

2 Onces de sel ammoniac ;

6 Onces d’étain fin d’Angleterre, en copeaux ou grenaille.

On met l’étain et le sel dans un pot de grès , on y verse 12 onces d’eau, on ajoute l’esprit et on laisse opérer la dissolution ; cette composition peut se conserver quelques mois.

solution d’étain, ( Voyez la note, de la page i66. )

Cette couleur s’emploie chaude.

Couleur orangée.

On fait une bonne lessive avec des cendres, on tire au clair, et dans trois litres de cette lessive on fait bouillir une demi-livre de bois de fustet jusqu’à réduction de moitié, et l’on ajoute une once de bon roucou, dit riaucourt, broyé avec la lessive susdite 3 on laisse jeter deux à trois bouillons, puis on ajoute un quart d’once d’alun de roche pulvérisé , on tire au clair et on emploie cette couleur à chaud.

Jaune ( "^ ).

On fait bouillir dans trois litres

( * ) Cette couleur s’emploie aussi à froid sur

d’eau une demi-livre de gaudes ( la graine est préférable à la feuille ), on laisse réduire à moitié, on tire au clair, puis on ajoute deux onces d’alun de roche pulvérisé et une once de crème de tartre, on remet le tout sur le feu pour faire jeter deux à trois bouillons : cette couleur s’emploie à chaud.

Violet*

On fait bouillir à grand feu dans quatre litres d’eau , une demi-livre dç bois d’iiide et une once de bois de brésil, on laisse réduire à moitié, on tire au clair, puis on remet le liquide sur le feu en y ajoutant une once alun de Rome concassé

le papier et la tranche tles livres, en la gommant avec de la gomme arabique ou de l’amidon.

et deux grammes tartre de Montpellier, on fait jeter un bouillon et l'on emploie cette couleur à chaud.

Bleu.

On pulvérise une once d’indigo flore qu’on met dans un vase de verre , et l’on verse peu à peu sur cet indigo quatre onces d’acide sulphurique concentré 5 on remue ce mélange pendant quelque temps ^ puis on le laisse reposer vingt-quatre heures, on y ajoute alors une once de bonne potasse sèche et réduite en poudre fine 5 on remue bien le tout, on laisse encore reposer vingt-quatre heures, après cela on y ajoute peu à peu une plus ou moins grande quantité d’eau, on le met en bouteille au bout de vingt-

quatre heures pour s’en servir au besoin et avec modération. Pour se servir de ce bleu , il faut l’étendre d’eau plus ou moins selon la nuance qu’on désire. Cette couleur mêlée avec le jaune ci-dessus fait le vert.

Quand on emploie ce bleu il ne faut prendre que la quantité nécessaire, et s’il en reste il faut le tenir à part et ne pas le remettre dans la bouteille, car il gâterait entièrement celui qui y serait resté.

On n’emploie cette couleur qu’avec des pinceaux de soie de porc ou de sanglier, ou avec une plume.

Eau-forte .

L’eau-forte qu’on emploie dans les marbres doit être mitigée avec moitié de son volume d’eau.

( lyi )

Potasse,

On fait dissoudre à froid dans un litre et quart d'eau une demi-livre de potasse, que Ton peut au besoin conserver dans une bouteille.

Pau à raciner.

On met dans un vase deux litres d’eau claire et deux à trois gouttes de la potasse susdite.

Brou de noix.

Vers la fin d’août on ramasse du brou de noix ( écale verte qui enveloppe la noix ), on pile ce brou dans un mortier pour en exprimer le jus , du tout on remplit un grand vase à pouvoir contenir quatre seaux d’eau, on verse sur ce brou un peu d’eau salée, on remue bien

pour faire macérer, puis on bouche hermétiquement ; un mois après on passe dans un tamis pour bien exprimer le jus qu’on met ensuite en bouteille en y ajoutant un peu de sel marin. Pour se servir de ce liquide il faut qu’il soit dans un état de fermentation presque putride :

bien préparée, on obtient par cette couleur les plus beaux bruns possibles clair ou foncé; elle ne corrode point les peaux, elle les adoucit, et peut se conserver d’une année à l’autre.

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