‹ Notice sur la lithographieChapitre 35 sur 40 · VEAUX UNIS · texte numérisé non relu

VEAUX UNIS

Kaisin de Corinthe*

On encolle légèrement le livre, puis on lui donne une couche bien un ie de noir é tendiidans vingtparties

d’eau; on laisse sécher à demi et l’on donne une couche de potasse étendue de moitié d’eau. Ces couches doivent être mises bien également afin de ne pas faire de nuances; on laisse sécher, on serge , puis on glaire le livre et on lui donne deux à trois couches de rouge; on laisse séclxer, puis on serge.

Vert,

On encolle et on glaire légèrement le livre, puis on lui donne trois à quatre couches de jaune dans lequel on a mis plus ou moins de Lieu , cela dépend de la nuance qu’on veut obtenir; mais il faut éviter de mettre trop de bleu. On laisse sécher , puis on lave le livre avec de l’eau-forte étendue dans

trente fois son volume d’eau j on laisse sécher, puis on serge.

Bleu,

f Après avoir encollé le livre , on lui donne quatre à cinq couches de bleu étendu d’eau plus ou moins, selon la nuance qu’on désire. Cette couleur tire toujours un peu sur le vert,. à raison de la couleur jaune du veau ; mais on peut la raviver en lavant le livre avec de l’eau-forte étendue dans trois fois son volume d’eau; on laisse sécher, puis on serge.

Brun,

Lorsque le livre est encollé, on lui donne trois" à quatre couches de noir étendu dans quatre parties

d’eau, ayant soin de les donner également pour ne pas faire de nuances; on laisse sécher à demi, puis on donne une couche de potasse qui fait prendre au noir une teinte toussâtre. En étendant le noir et la potasse dans plus ou moins d’eau, on peut varier ces bruns a^ Tinfini,

On obtient de fort beaux bruns unis et doux , en donnant au livre deux à trois couches de brou de noix étendu d’eau plus ou moins, selon la nuance qu’on désire; on laisse sécher, puis on serge.

Tête de Nègre,

Après avoir encollé le livre , on lui donne trois couches de noir étendu dans moitié d’eau; le volume étant mouillé doit avoir une belle

teinte noire tirant sur le bleu. On laisse sécher, on glaire le volume et on lui donne deux à trois couches de rouge 5 on laisse sécher^ puis on serge.

Gris de perle.

Ces fonds sont très-difficiles à obtenir sans être nuancés. Après avoir encollé le livre, on lui donne une couche d’eau claire, pour humecter le veau bien également , et de suite on donne deux à trois couches d’eau dans laquelle on a mis deux à trois gouttes de noir, plus ou moins selon la nuance qu’on veut obtenir. On doit bien prendre garde de laisser séjourner l’eau, car cela tacherait; on laisse sécher, puis on serge.

Lapis lazuli.

On encolle le livre, on le place entre les tringles à raciner, on prend une éponge commune bien trouée, on la trempe dans du bleu étendu dans liuit fois son volume d’eauj on appuie légèrement cette éponge sur toute la surface du livre, pour imprimer inégalementdes taches ou espèces de nuages entre lesquels on laisse de petits intervalles sans couleur^ on laisse sécher, puis on répète cinq à six fois cette opération , et chaque fois on ajoute du bleu pur au premier pour le rendre de plus en plus foncé \ toutes les couches doivent être très-distinctes, afin d'obtenir un bleu bien nuancé; on laisse sécher, puis on serge.

Le volume étant doré ( * ) , on veine en or ( ** ) avec un très-petit pinceau de blaireau : on doit avec le pouce masser et fondre l’or en difiérens endroits , pour former des reflets qui ont Pair de sortir du bleu : les masses et les veines faites, on laisse sécher, puis on polit avec

( * ) On ne peut terminer ce marbre que quand la couverture est dorée, les gardes collées , enfin le volume tout prêt à être poli.

) L’or dont on se sert pour faire les veines, s’achète en poudre chez les batteurs d’or j pour l’employer on en humecte une petite quantité avec une composition d’une partie deldanc d’œuf, une d’esprit de vin et deux d’eau commune , on bat ces trois choses ensemble, ensuite on les tire au clair : il ne faut pas que l’or soit battu avec les autres ingrédiens, mais on en démêle une suffisant» quantité à mesure qu’on en a besoin. On aura soin d’incorporer l’esprit de vin à l’eau, avant d’y mêler le blanc d’œuf, sans cela l’esprit de vin cuirait le blanc d’œuf.

un fer a peine chaud. Ce marbre bien fait sur un volume soigné, peut rivaliser avec les plus belles reliures de luxe 5 mais pour qu’il produise tout l’effet dont il est susceptible , i

on ne doit l’employer que pour de |

grands formats, tels qu’in -folio, |

in - quarto et grand in - octayo, |

ARTICLE XXXIIL

Lorsque le livre est marbré ou racine , on le met dans la grande presse, entre deux ais bien propres, ayant soin que les ais soient très- î

justes en mors^ on serre fortement pour unir les plats, et pendant que |

le dos se trouve ainsi serré , on le dresse au marteau pour effacer quelques petites bosses provenant

de l’iinmldité que le veau a prise en le marbrant, on doitsurtout frapper en tête et en queue pour abaisser ces deux extrémités toujours disposées à lever, ce qui rend le dos creux sur sa longueur 5 au bout d’une heure on peut sortir le livre de presse.

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