‹ Notice sur la régence de TunisChapitre 4 sur 10 · DE LV RÉGENCE · texte numérisé non relu

DE LV RÉGENCE

^^'^f^^a petite ville de la Goulette^ entourée de mu- ^Vy}^ railles, avec un château fort dont Gharles-Quint ftl^^^ ^ jeta les fondeinenls, cl qui domine la railedeTu- ^Ak^^nis. Le golfe de Tunis dont l'ancrage est excellent, est en même temps Tun des plus sûrs de la Méditerranée: il peut avoir environ cinquanle-cinq lieues de circuit.

La Goulette contient quinze cents habitants, Européens, Maures, Maltais ou Juifs, dont beaucoup 'sont pécheurs et bateliers.

La troupe garde les fortifications, les portes, les prisons

et la forteresse. Le port est remarquable: un long: canal conduit au grand bassin destiné à recevoir les bâtiments tunisien^ ce canal conserve en bon état des murailles d'une haute antiquité; à son entrée et à droite se trouvent les deux magnifiques canons de Venise, ornés du lion de Marc A gauche est le palais de forme demi-circulaire, bâti par Ackmed-Bey. La Goulette renferme des chantiers de construction, un arsenal, de vastes magasins, une douane, une prison pour les galériens, etc. — En 1820 un phare y fut élevé.

M' Gubisol, vice-consul de France, qui est aussi viceconsul de presque toutes les nations européennes pour la

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Gûuktk spéciak^Deulf habite cette \iUe afec sa ùmiile: son obUgeance enren les louristes airopéens est fort grande.

Qufîlques auteurs pensent que la Goulelle est Tile Galatba ou Gaiitba de Piolémée» ei ie Gooloo de Piiœ; d'autres qui placent la Galita de Plolémée pins près de Taborca, croient que la i^uti Uue iie^l d une haute antiquité comme ^le^ et font dériver son nom de Titalien Goletta (petite j^enle ou goolot), les Italiens rappellent en effet GoielUi (il iunisi. — Quant aia Ttmisiens, ils hi nomment Alk-el-Ooed.

Sidi-bou-Said» charmante petite ville moresque ^ pittoresquement située sur la colline la plus élevée de Textré-

mité du cap Carlhage, et d*où la vue est véritablement splendide. L'immense panorama qu*on peut embrasser depuis cette hauteur est non-seulement d'une très-grande beauté, mais encore d'un intérêt bien vif, car les ruines si étendues de la fameuse cité punique sont à vos pieds, et r('[)ortent votre imagination à quelque deux ou trois mille ans en arrière.

Cette jolie cité, si orientale et si gracieuse, et qu'on pourra il racilemenl prendre pour le théâtre d'un des drames des Mille et une nuits, possède une forteresse, et plusieurs vil* las moresques délicieuses. La belle vue qu'on a depuis cet endroit ne manque pas d'analogie, sans cependant lui être entièrement comparable, avec celle dont on jouit depuis le sommet du Righi près de Luceme en Suisse.— Elle a même

été comparée sous d'autres rapports au Bosphore de Gonstantinople.

La Chapelle Louis, b&tie sur remplacemeiit où Ton présume que mourut ce roi de France, qui périt de la peste en 1270 au momenl d en parlir pour la dernière croisade. Le bon sire de ioinville rapporte que son maître était venu ff devant le chastel de Garlhage » parce qu'il s'était flatté de voir « le roy de Thunes se chrestienner luy et son peuple. »

Vue de loin, cette chapelle offre Faspect le plus gracieux, mais, lorsqu'on en approche, on trouve son architecture mesquine. Ses fondations s'appuient sur les bases d'un temple d'Esculape ; d'autres prétendent que c'est sur l'emplacement du palais de Didon. L'édifice de Terme oclogone et de style moresque couronne le sommet d'une colline: il est bâti d'une ^pèce de pierre blanche, dite marbre de Soliman, et s'élève d'une plate-forme dallée et circulaire, à laqudie on monte par six marches établies sur tout le poui^ tour. Dans rintérieiir est la statue de S* Louis en marbre blanc Autour du monument est un fort joli jardin, bordé d'un mur. Outre le logement du chapelain, M' l'abbé Bourgade, on y trouve une collection d aiuiquités puniques et romaines» Le concierge de la chapelle, qui découvre constamment soit de belles mosaïques, soit des objets tels que lampes, vases, monnaies antiques, bas-reliefs en marbre, statues, fresques, etc., a établi de son côté un petit musée qui se dégarnit à mesure par les achats des touristes. — Cette

ebapelle est un hommage du roi Louis-Philippe à la moire de son illustre ancêtre. Ackmed-Bey en concéda le

terrain (|ui iut remis eu son nom à M' de Lagaux, consulgénérai de France, en Août 1840.

Les ruines d'OuDNA^ soil Ltline ou Udine, sont très-inléressanles et surpassent, sous quelques rapports, les ruines de Garlhage, du moins quant à ce qui en rcsle à Textérieur, et si l'on en excepte le magnifique aqueduc qui, de Zahouan, conduisait les eaux à la ville de Didon. — Les ruines d'Oudna se composent de restes de temples, de ponts, de colonnes, de portiques, de murs d'enceinte, de portes, etc«

L*amphithdfttre, placé au sommet d'une colline dans laquelle il avait été en quelque sorte creusé, a ceci de particulier, que les entrées qui y conduisaient, et qui étaient au nombre de quatre, donnaient sur des passages construits dans la colline même et formaient ainsi quatre tunnels à peu près d'égale longueur. — Des citernes, immenses et fort bien con- . servées, sont reliées entre elles par plusieui*s ranjj^ées d'arches. — De beaux fragments de statues en marbre, des mosaïques très-riches, et des bas-reliefs tr軫uriettx gisent épars sur une vaste étendue de terrain. — Cette ville extraordinaire qui remonte à une haute antiquité, quoique les historiens et les géographes n'en fassent guère mention, possède un souterrain qui la relie à THamman-Lif, localité qui est à quatre lieues de distance et qui a des eaux thermales.

Porto-Fabina, où quelques auteurs font aborder et mourir Louis, est à environ quinze lieues N. E. de Tunis,

non loin des ruines d'Utiquc où Caton le jeune se donna la mort, et près du cap d'Apollon, actuéHeroent le cap Zebieb. C'est dans le goîfe de Porto-Farina que se jette la Medjerda. Ce grand lleuve qui était le Bagrada des anciens, est le plus* considérable du royaume; sur son long parcours le pays est d'une grande iertiiité.

Porto-Farina se nomme eu arabe Ghar el Meleh, le bon port. Mais si ce port était autrefois excellent, il est actueUemeni ensablé el ne peut contenir que de petits navires. L'arsenal, le cbantier de construction, et le mouillage ordinaire de toute la marine de guerre de Tunis étaient jadis à Porto- Farina.

Aujourd'hui la Goulette a remplacé Porto-Farina en

importance.

BiZERTE, à vingt lieues N. de Tunis et tout près du cap Bianc (Ras-el-Abiad) est agréablement située dans le fond d'un grand golfe, à l'entrée d'un canal, entre la mer et un autre golfe ou lac salé assez considérable. Elle est défendue par plusieurs forts et batteries dont les principaux sont du côté de la mer; elle peut avoir un mille de circuit Bizerte> appelée Bcnzcrt en arabe, est près des ruines d'Utique et d'Hippone, Hippo-Zarytos. (Hippo Megiusj l'Hippone de

Augustin est, comme chacun le sait, près de Bône.) — Le mot Bizerle ou Bizerta vient, suivant les uns, d'une

comipUon de liippo-Zarylos ou» suivant d'autres, de re&pression arabe ben Ghert, l'eniuit du canal.

Le beau lac près duquel cette ville est située est en communicaCion avec la mer. Les rives en sont charmantes, et les environs aussi fertiles que pittoresques. Pline-lejeune remarque que ce lac reçoit continuellement des eaux . de la mer, ou en envoie. En élé, et quelquefois en hiver> lorsque l'air est calme et tempéré, on y observe le même phénomène que présentent en grand l'Océan et la Méditerranée, c'es^Mîre, que les eaux que ce lac perd par des exhalaisons, sont toujoui's lemplacées par celles de la mer qui, y pénétrant par une espèce de canal, lui conservent le même niveau : la même chose arrive avec le vent du Nord qui amène ordinairement beaucoup d eau sur la côte. Mais quand le vent est au Sud, et qu'il est tombé d'assez grosses pluies pour que le lac ait reçu plus d'eau qu'il ne s'en évapore, il décharge une partie de son superflu dans la mer.

Le port de Bbierte a dû être autrefois le plus sûr et le plus beau de toute la côte. On y voit encore les traces d'un grand môle qui se projetait fort avant dans la mer, pour rompre les vents du Nord.

Le pays est très-fertile, il est couvert de bois d'oliviers gigantesques. — La côte est très- poissonneuse, et les grandes pêches qui s'y font ne laissent pas d'être curieuses et originales.

D'après IHodore de Sicile, Agathocle dressa son camp au

promonioi ium Hippos, qui se trouve près de Bizerte.

Les ruines d'UiiQUE n'offrent plus, à l'extérieur, que quel* ques restes du grand amphithéâtre qui pouvait recevoir vingt miile speclaleurs, s'y pressant pour contempler des représentations nautiques^ et de vastes citernes qui contenaient sans doute l'eau dont on avait besoin pour les jeux de la naumachie.

On trouve à Utique une source thermale.

Depuis Jes ruines de celle antique cité la vue est magnifique.

L'île de Tabarqie fui cédée par Soliman II, pour la rançon du fameux corsaire Dragut, à Gharles-Quint qui la vendit aux familles Doria et Lomellini de Gènes. Elle resta entre leurs mains jusqu'en 1741 , époque où Aly-Bey s'en empara. — Cette lie qui se trouve à Tembouchure de l'Oued Zaîne, n'est pas éloignée de la petite ville de Boiini-DJBDID, la dernière de la Régence, à l'extrême limite du côté des possessions françaises qui commencent au cap Roux.— Les côtes de Tabarque sont fort riches en corail rouge, blanc, rose, et noir.

Beja, fondée par les Romains, se trouve sur la route de Gonstantine. Flanquée d'un château fort, elle est agréablement située sur le penchant d*un coteau; son sol est fertile et très-nche eu céréales. Les Maiu*es qui rhabitent sont industrieux, et font un grand commerce avec l'intérieur.

Entre B^a et La Galle on remarque des forêts de pins,

ainsi que des mantagnes couvertes de magnifiques i'utaies de chénes-verts et de cbénes-liéges. Les cerfs abondent dans

11 existe à quelques lieues de Béja un vaste et long souterrain peu connu, et qui a, dit-on, quatre ou cinq heures de lon^çueur. On y Iroiive des Uollons à tiroile et à gauche, et des salles qui pouvaient servir de magasin^ des colonnes et des fragments de sculptures y ii^isenl épars, et entravent la circulation dan$ celte ténébreuse et singulière route.

Tebourim, sur la Medjerda, oi^ l'on foule les chéchias,

Testovb, Mbdjsz-bi^bab, et Tbbouiisouk, qui sont toutes les trois sur la Medjerda , dans un pays fertile.

Nebeiir^ non iuiu de l'Oued-Meliègue, qui se jell»' tians la Medjerda. Ces deux grands cours d*eau prennent, Tun et Tautre, leur source dans la province de Gonstantine.

MAifciu, sur rOued-Joumin. — A quelque distance de cette ville, du côté de fiizerte, on admire les ruines, trèsbien conservées, d*un immense aqueduc reliant deux mon-

ta<,Mii;s, el apnl Iruis ran^s d'arches superposées, d'une élévation prodigieuse.

LiB Kbp, Fancienne Steca KenenVi, fut considéré longtemps connue le boulevard du royaume du côté d'Alger el de Gonstantine. Ses environs sont couverts de ruines remarquables, telles que débris de monuments, dômes, ar-

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ches, c i ternes, et établissements de bains. Cette ville est dominée par un château fort Sa position est délicieuse et fort pittoresque.

Les montagnes des environs renferment quelques vallées arrosées qui, boisées de lauriers-roses, présentent en été, depuis les hauteurs voisines, l'aspect ravissant de flots incroyables de soies ou de gazes roses, jetées gracieusement sur un velours vert éclatant, et coupées avec une somptueuse élégance par un large ruban ou ruisseau d'argent qui se déroule en serpentant

C'est au Kef qu'on trouve le plus grand nombre de lions, non-seuiemeut de toute la Régence, mais peut-être de toute l'Afrique.

Quelques mots sur ce roi du Désert peuvent avoir de rintéi^t

Son [m l majestueux est d'une dignité superbe qui impose à tous les êtres de la création.

n est doué d'une force à nulle autre pareille.

11 est audacieux et impassible, fier et courageux.

Son regard magnétique commande le respect, et remplit de terreur.

11 est plein de souplesse, et d'une élégance mâle et vigoureuse.

n secoue, il hérisse son épaisse et ondoyante crinière qui ajoute singulièrement à l'ampleur de son noble et large front

Ses muscles sont d'une élasticité et d'une énergie extraordinaires.

Ses dents, ses jn*iffes sont terribles.

D*iin coup de sa queue il renverse un Jeune taureau.

n guette patiemment sa proie, puis fond sur elle d'un bond prodigieux.

U est cruel lorsqu'il est blessé, et il joue quelquefois anrec sa victime encore vivante, comme le chat avec la souris qu'il a prise.

Son rugissement a quelque chose de si effirayant et de

si redoutable que tous les êtres créés frémissent lorsqu'ils l'entendent Les Arabes n'ont qu'un mot pour le désigner, c'est « errâad » le tonnerre.

11 ne meurt sous le coup des balles que lorsque son cœur ou son cerveau sont atteints.

A huit ans un lion pèse sii cents livres.

Sa vie varie entre trente et quarante ans.

Le vieux lion atteint jusqu'à neuf pieds de longueur.

Les dégâts que peut commettre un seul lion sont incalculables.

Qudques-uns ne tuent que pour boire le sang de leurs

victimes, ou pour apprendre à tuer à leurs lionceaux.

Le jour, le lion dort, ou du moins il n'attaque guère pendant ce temps, parce qu'il n*a pas faim, et qu'il est trop pa* resseux. Il fera plutôt semblant de ne pas apercevoir un homme, un voyageur, et il détournera la téte, dans le cas, bien entendu, où son repas a déjà eu lieu.

Pendant la nuit, son humeur est complètement changée: rindividu sans défense qu*il rencontre est toujours perdu. Le lion tourne plusieurs ibis aulour de ce malheureux, à moitié évanoui et paralysé par la terreur, en s'en rapprochant de plus en plus, jusqu'à l'instant où il le saisit poiur le dévorer.

Le lion passe pour être susceptible d'affection et de re-

connaissance ; mais, au milieu de lout(3s les hisiuires merveilleuses dont TAfrique abonde au sujet de ce roi des animaux, la seule chose qui paraisse un peu claire, c'est qu'il peut élre iulimidé, dans ccrlaius cas, certains momrats, et jusqu'à un certain point seulement, par la voix humaine, lorsqu'elle est forte et vibrante. — Cet animal a en quelque sorte l'air d'estimer le courage d'un homme énergique et brave. — On dit aussi, chez les Arabes, que les femmes vieilles el laides ont le talent, loi squ'il approche de quelque douar, de le mettre en fuite par leurs clameurs et leurs insultes.

Le lion qui est très-a Haché à sa compagne, se montre aussi très-bon père de famille.

Lés lions jaloux se déchirent entre eux. La lionne éprouve un plaisir tout particulier à voir deux lions rivaux s'égorger pour elle. Ce combat est toiy^urs horrible, car il se termine par la mort des deux advemires, qui demeureiil l'un et l'autre sur le terrain, après d'effroyables blessures.

On trouve dans la Régence trois espèces de lions: le lion noir-brun qui est le plus terrible, quoique un peu moins

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gros que les au 1res espèces, el qui est plus rare. \je lion fauve et le lion gris-fauve difièrent peu Tun de Tautre.

C'est particulièrement pour éloijîuer le lion que les Arabes du Nord de l'Afrique ont déboisé le pays en allumant de vastes incendies^ qu'ils ne craignaient pas pour eui-mémes, puisqu'ils vivent sous la tente.

Les habitants du Kef font la guerre au lion, mais ils sont particulièrement habiles à lui ravir ses lionceaux. Lorsqu'une famille a été signalée dans les environs de cette ville, les indigènes qui savent que le père et la mère quittent régulièrement chaque jour, pendant quelques heures, leurs petits qui sont au nombre de deux ou de trois, afin de pourvoir à leur pâture, profitent de ce temps pour chercher la retraite des lionceaux, les saisir el les emporter. Dans ce but, ils ont un cheval ou une mule sur laquelle est un double panier, posé comme un bât sur le dos de l'animal. Us mettent dans ce panier les lionceaux qu'ils ont découverts^ puis se sauvent à toute vitesse. Quand la lionne rentre dans sa tanière, et qu'elle ne retrouve plus ses lionceaux, elle pousse d'horribles rugissements, el se uietà leur poursuite. Les Arabes ravisseurs, en la voyant arriver, lui jettent froidément un de ses petits quelle saisit aussitôt avec la gueule, comme les chiens ou les chats le font pour leur pro<^éniture, et, sans autre forme de procès, elle l'emporte jusqu'à son repaire où elle le dépose ; puis elle revient à la charge, afin d'en sauver un autre. Lorsqu'elle a rejoint les ravisseurs, ceux-ci lui jettent un second lionceau

qu'elle saisit et emporte de la mémo façon , [tour revenir une Iroisième fois. Mais ordinairement les indigènes ont eu le temps d'arriver au Kef, et d'en faire fermer les portes. C'est ainsi que sur trois lionceaux ils n'en peuvent conserver qu'un seul; quelquefois même ils n'en peuvent point garder d» tout, trop heureux qu'ils sont de se tirer d'affaire en arrivant assez vite au Kef» avant que la lionne, qui a remis tous ses petits en place, et qui veut se venger de leur rapt, soit parvenue à faire un quatrième voyage pour punir les audacieux voleurs.

Pris jeune, le lion s'apprivoise facilement: celui des ménageries ne donne qu'une idée bien atfaiblie du lion d'Afrique en liberté.

Les ruines de Gelma consistent en temples, maisons, tours, chaussées, colonnes, chapiteaux plus ou moins bien

conservés.

Les restes de Thugga, ou Dugga, entourés de beaux bois d'oliviers, sont très-considérables, et comprennent de grands temples encoi e en bon état, des colonnades, et des portiques sculptés, élevés en l'honneur d'Antonin-le-Pieux. — Le pays est d'une grande fertilité et bien cultivé.

ilAiDHA, Tancienne Tynidiumy renferme des ruines peu connues, des temples, des colonnes, des mausolées, des murailles très-clevées, des tours carrées, etc.

Haîdra est sur la limite extrême de l'Algérie, et à peu de distance de Tebessa*

De nombreux restes d'im tiques villes sont aussi disséminés à droite et à gauche de l'Oued-Uaîdra et sur la roule du Kef.

Les ruines de Spaitla ou Sbeitia, rancienne SufHukij sont extrêmement intéressantes: elles embrassent une vaste étendue de terrain sur lequel sont disséminés des édilices entiers^ des temples, des portiques, des arcs de triomphe, dont le style est d'ordre corinthien comme la plupart de ceux qui existent dans le royaume. Les mosaïques qu'on y rencontre sont bien conservées, ainsi que ses rues dallées, et bon nombre de statues et de bas-reliefs. La richesse de ses antiquités fait ressembler cette localité à Pompei. — On y retrouve des inscriptions puniques.

Suifétula conserva sa splendeur après ia chute de l'empire romain, mais elle déclina depuis le moment où Tarmée gréco^byzantine qui s y était réfugiée y fut mise en déroule par Âbd-Âllah et Zobéir, sous le règne du calife Omar.

Depuis Spaitla et dans les trois directions du Kef, du Kaîrouan et de Oafsa, on trouve une abondance inouïe de ruines romaines, telles que villes, châteaux, temples, thermes, amphithéâtres, tours, villas, fermes, mausolées, colonnes, ponts, aqueducs, cirques, prouvant la richesse de ce sol qui était si bien cultivé il y a deux mille ans.

Gafsa, ville mauresque du Sud de la Régence possède, avec Fehuna, des ruines romaines. — Au midi de Gafsa et

dans quelques parlies du pays s*élendeut des plaines immenses couvertes de couches de sel, qui forment çà et là une croûte de plusieurs pieds d'épaisseur. Ailk iirs, des lacs salés d'une étendue considérable, qu'on appelle ChoU; ou bien des montagnes rocheuses, entrecoupées par des vallées el des coteaux ferlilcs ot bien airosés. Presque partout on trouve des sources d*eaux douces qui surgissent de dessous terre.

TozBUE ou Toxer dans le Djérid et sur les bords d'un

grand lac salé, est l'un des principaux marchés de dattes. C'est dans les oasis de cette localité que croit la datte muscate la plus exquise.

Nefta est un peu plus au Sud et à l'extrême frontière. G*est la célèbre Negela décrite par Ptolémée, admirablement située dans des bois d'orangers, de citronniers, et de palmiers gigantesques. Un joli petit lac, des eaux courantes, une végétation ma^ifique, et des sites pittoresques et romantiques font de Netta une oasis délicieuse. — Ses habitants sont commerçants, fort doux, et d*une urbanité parfaite.

Mansoura, Kebilli, ainsi que d'autres petites villes du Belad-Nefzaoua, dans le Djérid, sont riches par leurs oasis de palmiers. C'est le pays de l'antilope, de la gazelle, el du slougui, sorte de beau lévrier. — £n été le thermomètre y dépasse ^ et 60» C.

Dans le leiiiloire des Bexi-Zid ou Bcni-Isied, dont les tribus se révoltent souvent, on trouve encore El-Guassedb et Kalaa.

Le bey de Tunis étend sa domination i'orl avant dans Fintérieur du Sahara, et jusqu'aux portes de Gadamès.

Zabzis, petite localité sur les frontières de Tripoli, est un port de mer, situé dans une grande presqu'île laquelle s'avance vis-à-vis de Trie de Dji.kbi ou Djerba, qui est peuplée et fertile, quoiqu'elle ne possède ni villes ni villages.

Près d'un château fort on aperçoit encore la Tour des Crânes, élevée avec les crânes de 20,000 Espagnols qui sous le règne de Philippe II, et sous le commandement du prince Doria et du duc de Médina-dceli, étaient venus attaquer DJerbi, après avoir cclioué devant Tripoli en lô61. I^a flotte fut dispersée, et les Espagnols qui s'étaient livrés à toutes sortes de cruautés et de déprédations dans l'Ile, ne purent s'échapper qu'en très-petit nombre, les deux tiers d'entre eux ayant été massacrés.

Ce fut Olvlja, donl le lombeau est au Kaîrouan, qui s'empara de Djerbi sur les Byzantins, la année de l'hégire, sous le règne de Mohavnah.

Gabês ou Gabeus, l'ancienne Tac&pe^ a donné son nom au

golfe de Gabès, la petite Syrie des anciens, Syrtis mimr, Gabès est à quatre-vingts lieues de Tunis, et à deux de la mer et de son propre port. On trouve des sources chaudes

dans la contrée environnante, qni est fiévreuse pendant rété.

Sfax^ port de mer et ville assez importante entourée de

li.iuks murailles. Sur ses quinze ou vinjçl mille habilanls quatre cents environ sont européens, et y sont Hxés depuis la prise de Tripoli par les Turcs. Ils font le commerce des iiuiles, laines, cires, dalles, cumin, henné, colon, et objets manufacturés, tels que savons, burnous, couvertures de laine, nattes de jonc, et vaisselle de terre qui se fait à Djerbi. Sl'ax qui a plusieurs vice-consuls européens possède une église catholique-romaine. Les immenses jardins qui environnent celle ville, produisent en abondance des olives, des ligues, des amandes, des pistaches, des raisins, des grenades, des poires, des pommes, des abricots et bien il autres fruib, sans compter beaucoup de belles fleurs, parmi lesquelles il faut mentionner un jasmin très-odorïférant, dont on fabrique la fameuse essence de ce nom. — A Sfax et dans les îles Kerkéna (les Cirdnu des Romains), on se livre à des pèches très-productives qui amènent une grande variété de poissons. — Dans les environs on remarque les ruines ùlnchilla.

El-Habadu, Fancienne Africa et YÀphrodmum de Pto- Uméo, a un port qui passe pour l'un des meilleurs du royaume. Cette ville renferme de vastes ruines, ainsi que des citernes larges et profondes. — Près de Mahadia est le cap Africa. Celle localité qui laisaiL partie des possessions

romaines» a donné son nom à la parlie du monde dans laquelle elle est située. Au cap Dimas, à quelques lieues, on

Irouve des ruines nomljieuses de villes romaines, de châteaux, de cirques, de citernes, etc.

El-Dj£MM esl remarquable par son amphithéâtre, qui, dit sir Grenville Temple « est Tune des constructions les plus belles, les plus vastes et les plus parfaites des temps antiques, p On n'y remarque pas toute la pompe et la splendeur du Cotisée; mais, sous les autres rapports, FamphitliéAIre irEl-Djenini ne le cède en rien à ce monument célèbre. L amphithéâtre de Pola en Islrie, celui de Vérone ou celui d'Arles ne sauraient lui être comparés. Mais ce bel ouvrage, élevé par GorUi< n l ancien, se dégrade chaque année, les indigène^ en enlevant presque journellement quelques pierres pour des constnictions. En outre, il y a un siècle environ, les Arabes de l entirojt s'élanl révoltés contre le bey régnant et s'y étant retrancbés, ils démolirent presque entièrement l'étage supérieur dont ils lancèrent les pierres sur les assiégeants. Les insurgés une fois soumis, le bey pourfendit l'amphithéâtre, c'est-à-dire, qu'il y flt brèche en en laisant sauter h uis arches de hauteur, afin que ce monument ne pût plus servir en pareille occurrence. Gel édifice qui pouvait avoir cent pieds de haut avait quatre étages ou rangées d'arcades et de colonnes superposées, chaque étage ayant au moins soixante arches avec leurs piliers. Les colonnes sont d'un style composite, qui tient le milieu

eaUre l'ordre dorique el Tordre égyptien. 11 parait, d'après le dire des habitants du pays qu*un souterrain conduit d'El-

Djemm jusqu à Sfax qui en est éloignée de dix lieues environ.

El-Djemm était rancienne Tytdnu éoni les restes couvrent

une grande étendue de pays. On y trouvi des ustensiles el des monnaies de toute espèce, des antiquités, des statues

de marbre précieux, des sculptures et des bas-rcliel's de toutes sortes.

Dans les environs de celte immense nécropole on trouve

des ruines nombreuses à Caraga, à l:.lulia, à Lempta, à Sursaff, à Médugara.

Kairouan. C'est de Fan 647 après J. C. que celle ville date comme remarquable dans l'histoire. Les Arabes, sous le calife Omar, en ayant fait le siège d'un empire opulent, elle avait , ({uoique musuUiiâiie, el pendant les premiei^ siècles de l'hégire, conservé son caractère berbère.

Cette splendide capitale était le centre d'un immense trafic. Cesl là que convergeaienl les roules d'£gypte, du Maroc et de Tombouctou, et que les sultans du Kaîrouan tenaient leur cour avec une grande magnificence.

Cette ville, regardée comme sainte, est la troisième en rang après la Mecque à cause de l'un des disciples du Propiiète,qui est enseveli dans sa magniiique mosquée aux cinq cents colonnes de granit et de marbre précieux, vert, rouge el jaune. L'entrée de cette cité est interdite aux Chré-

tiens et aux Juifs à moins d'un ordre exprès du bey. ActueW

lemenl elle est habitée par un personnage qui jouit la réputation d*un grand saint: c*est un vieillard, nommé Sidi Ilammouda Abèda, dont les miracles ont une grande renommée. En voici un qui mérite d*étre cité:

Le saint déclara en 1855 que Sébastopol ne serait pris que lorsque deux canons qu'il envoyait au bcy depuis Kaïrouan seraient arrivés devant la cité moscovite, ces deux canons sacrés devant produire un effet merveilleux et amener la chute de cette ville. Les canons une fois à Tunis, le bey envoya tout exprès à Gonstantinople un vaisseau pour les transporter. Le peuple entier des Odèles, dans toute la liégence et à Tunis en particulier, se réjouissait déjà par avance de la prise de Sébastopol qui allait infailliblement avoir lieu; on en calcula iiiênie la date d'après le jour où l'on présumait que les canons seraient parvenus à leur destination. — De Gonstantinople le sullan les expédia en Crimée, et, par une coïncidence irappanlo, bcbaslopol fut réellement pris au moment même, pour ainsi dire, de l'arrivée des canons. Aussi la joie fut grande à Tunis lorsqu'on apprit cette nouvelle, prévue et impatiemment attendue par tous les fidèles sectateurs de Tlslam.

La vé«rélation est peu considérable au Kaïrouan qui est entouré de grandes plaines dont quelques-unes sont couvertes de céréales. La ville est très-peuplée et fait un commerce actif avec Sfax et Souza. 11 y a des fabriques de cuirs et de maroquins. On exporte pour Tunis des quantités con-

sidërables de goudron. — Les scorpions y aboiideiU, tandis que dans d*aulres cités voisines on n*en trouve point du tout, car il y a des localités où cet animal meurt presque aussitôt qu'il y arrive. — Ce pays manque de culture, mais les ruines que Ton retrouve partout, comme sur le littoral tout entier, prouvent le degré de splendeur el de richesse qu*il possédait sous Tempire de Rome et sous celui de Byzance.

Non loin du Kaïrouan on remarque Trudsa, Tancienne Ù9aUtamÊSf près des ruines d*Àquœ He^iœ.

MoxASTiiv, aucienne colonie romaine à qualrc lieues de Souza, a pris son nom d'un couvent d'Augustins qui était près de là. On y trouve des fabriques d'étoffes et de savon, el une quantité incroyable d'oliviers. Les paquebots anglais venant de Malte y relâchent quelquefois, pour déposer des passager^ uiallais qui vont à Slax.

Souza, ville importante à trente-deux lieues S. Ë. de Tunis, est bâtie sur un rocher. Sa haie olVre un bon ancrage, son port est excellent; ses habitants sont industrieux, commerçants, et d'une grande politesse pour les étrangers; ses

environs bien cultivés abondent en paluraj^es, en céréales, en figuiers, mais surtout en bois d'oliviers immenses qui donnent une huile exccllenle. — Les vapeurs anglais y abop* denL

Souza était autrefois une grande ville, on croit que c'est*

VÀdrumentum des ilomains, mais Marmol prétend que c'esl la SiagtU de Ptolémée. C*est devant celte ville que le

prince Philibert de Savoie esisiiyu une défaite.

Hammahet à vingt-cinq lieues S. E. de Tunis, possède un port dans le golfe du même nom.

Zahouan ou Zagwann, délicieuse ville mauresque admirablemeal située, entourée de bosquets, d'arbres magnifiques et de jardins arrosés par d'abondantes eaux courantes limpides et pures comme du cristal, où Ton trouve tous les arbres fruitiers dû 1 Europe et de l'Afrique, avec une végétation plutôt asiatique. Les habitants qui descendent en partie des Espagnols, sont lorl doux et d'une grande beauté.

La porte d'entrée de la ville est romaine, et très-bien conservée, avec des inscriptions latines et des bas-reliefs. Depuis le sommet de la montagne de Zaliouan la vue est d'une immense étendue: on aperçoit le golfe de Tunis et celui de Hammamet, on embrasse tout le pays qui s*étend depuis Carlbage jusqu'à Souza, ainsi que les sept chaînes de montagnes qui se développent dans la direction du cap Bon, et les vastes plaines qui aboutissent au Kaîrouan. L'ascension des pics du Djébel-Zahouan^ quoique diflicile, est à la fois une course pleine dMntérét et une vraie partie de plaisir.

Zaiiouaii aluiieiUail d'eau Carlbage par ses sources magnifiques, au moyen d'un aqueduc long de vingt-cinq lieues environ, et qui est certainement Tune des œuvres les plus

grandioses de l'anLiquité. Des centaines d arches gigantesques sont encore debout, disséminées sur ce long parcours; leur hauleur ;Uleint parfois quatre-vingts pieds, el leurs colonnes peuvent avoir de seize à dix-huit pieds carrés. La source principale sortait de la montagne où l'on avait con^ truil un teinpie magnifique, dédié à la Nymphe des eaux. Les arches y sont soutenues par une trentaine de colonnes corinthiennes de quinze pieds de haut. De grands bassins réunissaient les eaux, qui de là étaient dirigées dans les grands aqueducs aboutissant à Garthage. Cette admirable et gigantesque construction est attribuée à Tempereur Adrien.

Les ruines de Zunggar sont à quelques lieues de Za-

houan, et se composent en particulier des restes d'un temple assez élevé.

Kelibia, l ancienne Galipia ou Aspis, est un petit port de mer, à cinq lieues S. Ë. du cap Bon.

Entre Kelibia, Nebeul et Soliman, dans cette grande près* quile qui s*avance dans la Méditerranée du coté de la Sicile et se termine au cap Bon (Bass Âddar), se trouvent Menzel-temine, El Nakiela, iMenzel-bou-Zalfa, Beni-Kra!lebb, Guorombalia, et d'autres petites villes de peu d'importance.

SoLiALiN, au milieu d'une grande plaine entourée de

montagnes, est un gros bourg mauresque avec cinq cents

habitants : on cultive dans ses environs la canne à sucre.

Les eaux thermales de riiAMMAN-LiF, onl une grande réputation, non-seulement chez les Tunisiens, mais encore dans plusieui s contrées de l'Europe méridionale.

Ces eaux fortifient le système nerveux, excitent la sortie des vapeurs, augmentent la transpiration et la salivation, assouplissent les intestins, détruisent les acides qui se trouvent dans le corps, et sont purgatives sans affaiblir. Leur vertu se manifeste surtout dans les maladies de l'estomac, l^es sont très-bonnes contre la mélancolie, Thypocondrie, les palpitations de cœur, les obstructions, les sciatiques, les paralysies, la pierre, la fjravelle, les éruptions cutanées, et Taffaiblissement de l'épine dorsale.

Elles se classent parmi les eaux salines, leur température élevée (60 degrés) et leur conipusilion justifient pleinement leur emploi thérapeutique. Les dépôts de cette eau renferment du carbonate de chaux et de magnésie, mélangé de quelques traces de fer, ainsi que du sulfate de chaux; mais les sels solubles qui en restent dans l'eau après concentration , consistent en sulfate et en hydrochlorate à base de soude et de magnésie. — L'eau est limpide, incolore et inodore; sa saveur est fortement et tiranchement salée. Elle est exempte de matières organiques.

Les eaux de l'Hamman-Lif se prennent en bains et en boisson, mais suivant une règle, ascendante au commencement de la cure et descendante vers la fin.

L'Hamman-Lif est à trois fortes lieues à Test de Tunis: on y voit un palais des beys, avec ses dépendances, for-

mant un grand établissement de bains, situé près des ruines de thermes romains.

Les personnes qui vont prendre les bains, emmènent un cuisinier-domestique de Tunis, se munissent de certaines provisions, et louent sur place, comme habitation^ de petites maisons moi esques.

Les eaux de Kobbs ou Gourbos, rancîenne Carfis, sont

situées à huit lieues de Tunis^ d où 1 on peut s'y rendre par mer en trois heures. Ces eaux sont plus chaudes encore que celles de lHamman-Lif, mais moins salées; les indigènes y mêlent des décoctions d'herbes aromatiques qui croissent dans les environs. Ëiles sont très-efiicaces, et surtout excellentes pour les maladies de Tépine dorsale.

On cite beaucoup de cures remarquables produites par les eaux de Korbs, comme par celles de lHamman-Uf.

Gaethage. Il serait impossible, en s'occupant de Tunis^ de ne pas dire quelques mots de Gartbage et de ses ruines, ne fût-ce que pour renvoyer aux ouvrages spéciaux qui parlent de la fameuse cité punique. Qu'il soit donc permis de mentionner les auteurs qui ont écrit sur Gartbage: la no* menclature, quoique longue, est de toute justice.

Âbou Obaid Békri, qui décrit les citernes de Malka — d'Anville — Appien — Apulée — Aristote — Saint- Augustin — Baronius — fiélidor — Bail — Blaquière — Campomanes — l'architecte Gatherwood — de Ghftteaubriand

— Clapperlon — Pierre de Ccmdello — Diodore — Dion Cassius — Dureau de la Malle — Alexandre Dumas — Dttsgate — Des fontaines — Ebn-Khaldoun — Edrisi — le D"" Estrup — Eusèbe — le chevalier Falbe, consul général de Danemark — le poète latin Félix — Florus — Mac^jill —Guillaume de Nangis — Sir Grenville Temple — Heeren

— Hendreich et Munler — liérodicn — Hérodote — Tingénîeur hollandais Humbert — Ibn-al-Ûuardi — Ibn- Ayas — Jackson — lustin — Jean Léon l'Africain — Marmol de Grenade — Monloichc — Morcelli — Maunert — Noah, consul des Etats-Unis à Tunis — Optatus — Orose

— Pline l'ancien — Plularqiic — Polybc — Pomponiiis Mêla — Procope — Prosper d'Aquitaine — Ptolémée — le voyageur anglais Purehas en 1613 — Peyssonnel ^Quatremère — Quinle-Curce — Reimar — Charles Riller — Dom Ruinard — Saint-Gervais^ consul de France à Tunis en 1736 — Salluste ^ Salvien — Saumaise le savant Shaw

— Schweighaeuser — Silius Italiens — le capitaine Smith

— Solin Sosilius — Spartien — Stanley — Strabon — Suétone — Tacite — Terlullion — Tile-Live — Timce — Trogue^Pompée — Valère Maxime — Victor de Vile — Virgile — Vitruve — récrivain arabe Yakouti *- etc.

On comprendra, après cette longue nomenclature, qui même est loin d'être complète, qu'il n*est pas possUile de revenir sur ce sujet, excepté en ce qui concerne des fouilles toutes récentes.

Onze siècles ont passé sur les ruines deGarthage, et, pen-

dant ces onze siècles, les débris de ses murs et de ses édifices, transporlés souvent à des distances immenses, ont servi à construire d'autres villes et d'autres monuments.

Quoique le sol de Garthage n'offre aucun édifice entier hors de terre, et pas une colonne debout, le lerrain est jonché des marbres les plus précieux qui provenaient des car^ rières de la Grèce et de Tllalie.

Les exagéralions d'Orose cl de (.icérou ne sont plus accréditées: ils prétendent que la ville fut détruite de fond en comble, et ses murs réduits en poussière. Des orateurs ont même représenté les ruines de Garthage comme ayant péri.

Sans doute Ton ne retrouve pas debout des cirques^ des théâtres, des temples, ou autres grands mouuuieuU; mais dès que Ton fouille la terre, on découvre des richesses d'antiquités de toute espèce.

Les bords de la mer sont jonchés de colonnes de marbres de diverses couleurs, ayant cinq ou six mètres de long; les vagues apportent à chaque instant des débris de mosaïques, en lapis-lazuli, jaspe, opale, vert antique, rouge antique, jais, porphyre antique, feldspath vert> etc; souvent l'on découvre jusqu'à trois grandes mosaïques, appartenant probablement à trois époques diftéreules, superposées Tune sur l'autre, et distancées par un demi -mètre ou trois quarts de mètre, espace qui est rempli de lerre végétale, de pierres, de sable, et de débris.

î^es citernes de Garthage forment un square oblong de 4ô0 pieds de long, sur environ 120 de large. 11 y en a 18

qui ont chacune près de 100 pieds de long:ueur, sur 20 de largeur et 30 de hauteur.

Sir Grenville Temple qui voyagea dans la Régence pendant les années 1832 et 1833, et un Danois, le chevalier Falbe, qui séjourna pendant onze ans h Tunis eonune consul général de Danemark, ont publié un plan topographique du terrain et des ruines de Garthage^ avec un volume de recherches sur la position exacte de la ville puuique el de ses monuments.

En 1837, il se forma à Paris une Société ayant pour but l'expluralion des ruines de Carthage. Parmi ses membres se trouvaient M' Dureau de ki Malle, le comte de Pourtalès, le chevalier Falbe, sir Grenelle Temple, le prince de la Cislerna, les ducs de Luynes el de Garaman, MM. Jomard, Raoul Rochette, le comte d*Hareourt^ etc.

Malheureusement celle sociélc qui envoya sur place et comme délégués MM. Falbe et Temple, ne publia qu'un premier volume, et discontinua ses recherches après peu de temps.

Le Bey accorde facilement des permissions aux personnes qui désirent explorer Garthaf^e.

Un Anglais, M. Davis, qui est iixé avec sa famille dans un charmant cottage bâti sur les ruines mêmes deGarthage,

se livre à des fouilles Irès-aclives, el envoie de belles et nombreuses mosaïques au Brùùh Muséum à Londres.

Au printemps de 1857 il a trouvé, en fait de mosaïques: deux magtnliques léles qu on présume être celles de Junon

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et de Cérès, ayant chacune plus de trois pieds de hauteur; les bords de ces gigantesques mosaïques sont encore ornés de pyramides de peupliers; quatre ^ prêtresses de grandeur naturelle, vêtues à la grecque, munies d'instruments se rattachant au culte dlsis, castagnettes, cistnim, et portant des vases contenant des fruits ; plusieurs gracieuses ligures orientales, de quatre à cinq pieds de haut; un vase de douze pieds; de charmants paniers de tulipes aux couleurs vives et éclatantes; d'autres paniers chargés de fleurs de toutes espèces; des corbeilles de poissons de toutes les variétés imaginables; une inscription punique avec des sujets allégoriques, des Victoires et des Renommées; un buste gigantesque, qu'on pense être celui de la divinité protectrice de Cartilage, la déesse Cœlestis, TAslaroth des Phéniciens ou TAstarlé des Romains; enfin une grande quantité d'ornements fort élégants, d'une beauté égale aux plus splendides spécuuens de l art qui aient été admirés jusqu à présent.

On a aussi trouvé des statues, en marbre blanc, d'une grande perfection, et plus anciennement une énorme tète d'homme, de quatre ou cinq pieds de haut, que la Légation de France envoya à Paris. D'autres fragments de statues gigantesques ont été découverts par les habilanls du pays; on présume qu'elles représentaient Bahal, le dieu des Phéniciens et des Assyriens, qui était aussi adoré par les Carthaginois.

RELIGION ET UTTÉRÂTIRË.

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