‹ Notice sur la régence de TunisChapitre 5 sur 10 · ANNÉE MUSULMANE · texte numérisé non relu

ANNÉE MUSULMANE

e musulman de Tunis est, en général, fidèle seo-

^ t.Ueur (le rislam. Il observe exactement les cinq choses qui consliluent pour lui le culte : la prière, le jeûne, l'aumône, le pèlerinage à la Mecque, et

la profession de loi.

Le Koran qui renferme à la fois des préceptes religieux, moraux , civils et politiques, consacre Tidée de la Divinité dans toutes les actions et dans toutes les circonstances delà irie. Ce retour continuel vers Dieu n'est pas toujours formaliste: dans les circonstances solennelles il a quelque chose de profond, de pénétré et de touchant. — Jamais un musulman n'entreprend un voyaj^o, une course, une chasse, sans prononcer ces mots : c Bessem Âliah » ou < Bismiiiah » au nom de Dieu; jamais il ne commence un livre, un écrit, une chronique, ou un contrat sans le metti*e sous l'invocation de Dieu. 11 offre Thospitalité au nom d'Allah, et jamais il ne procède à un acte quelconque sans que ce soit au nom de Dieu. Jamais aussi, lorsqu'il parle de projets et d'avenir, ou même lorsqu'il prononce une simple phrase se rapportant au lendemain ou aux jours qui doivent suivre, il n'oublie de dire: «£n chà Allah» s'il plait à Dieu,

confonnëment à celte prescriplion du Koran: t Ne dis ja-

if mais, je ferai telle chose deiuaiii, sans ajouter: si c'est « la volonté de Dieu. > (Chapitre ou sourate La Caverne V. 25.)

Le musulmaii porte si loin le respect pour le nom de l'Etemel que, lors même quil ne sait pas lire, s*il trouve sur son chemin un papier quelconque sur lequel sont tracés des caractères, il le relève dans la crainte que le mot «Allah B n*y soit inscrit; et il le place aussitôt soit sur un arbre, soit dans les interstices des pierres, des murs ou dt s maisons, le nom de TËtemel ne devant jamais être foulé aux pieds.

Tout ce ^ui est écriture commence pai' une doxoiogie, telle que celles-ci :

Louange à Dieu « El hamdoullah ».

Toutes les afiCaires reviennent à Dieu.

Au nom du Dieu clément et miséricordieux « Bismillah en aiimani errahimi ».

Les auteurs musulmans ouvrent et finissent leurs ouvrages par des doxologies, quelquefois très-belles. En voici un exemple, c*est la préface du livre d'uu savant tunisien, fort distingué, qui vivait au milieu du XVIII" siècle:

« Le pauvre vis-à-vis de son Dieu bienfaisant et géné- « reux, Mohammed-ben-Hussein-Beîrem (que Dieu lui soit t propice, lui permette de reconnaître lui-même ses pro- « près défauts, et le guide dans le diuil sentier!) s'exprime « ainsi : Qu'il soit glorifié Celui qui a fait surgir les sour-

« ces de la sagesse de l'inteiiigence de lliomme, et qui a « fait découler du fleuve de sa science les divers cours « d'eau des beaux-^rts! — Nous Le louons, (jue sa Gloire c et son Omnipotence soient toujours exaltées! parce qu'il c a daigné nous accorder la faculté de comprendre le lan- (( gage (les hommes versés dans la science, et qu'il nous a « Lui-même permis de nous initier au but que ces doc- « leurs se proposaient, etc. »

Un autre écrivain tunisien qui vivait en l'an de l'hégire 1194(1778), Âbd-el-Ouahed-ben-Achir-el-Ândloussi, termine ainsi un livre intitulé « Kaouahed Eddine » Etablissement de la Religion. La traduction est littérale:

€ De la part du pauvre envers son Dieu et son Auteur, « respéraiil eu la miséricorde de soii Maître, le misérable « d'esprit divin, le coupable de ses iautes, l'aveugle de la « lumière divine, Âbd-el-Ouahed-ben-Achir-el-Andloussi, « que Dieu le place parmi les cœurs qui Tont suivi ûdèle- « ment, et auxquels II accorda la grâce de pouvoir com- « prendre la vérité, et de Tadmr avec joie et avec crainte 1 « Ainsi soit-il! »

Bien des Ariens et des Sociniens dont la religion a tant d'analogie avec l'Islam, ne parleraient peut-être pas avec autant de liberté des miséricordes du Seigneur, ou ne déploreraient pas leurs foutes et leurs péchés avec autant d'humilité.

Lorsqu'un musulman est dans le chagrin, il s'écrie:

« Louange à lui, ô Dieu ! malgré mes peines, je suis bien heureux d*être résigné à ta volonté. » — Lorsqu'il est en colère il s'ëerie: ^ Que Satan se retire de moi ! » et quand il est dans l'admiration, comme il rapporte toujours tout à INeu: « O Dieu! combien tu es digne de louange ! »

' Toutes les fois qu'un grand malheur lui arrive , il dit avec calme et résignation: t Nous sommes à Dieu, et nous retournons à Dieu » paroles que le Koran met dans la Louctie de tous ceux qu'un mallicur atteint (Sourate La Vache v. 151).

De même qu'il n'y a pas de bonheur possible sur celte terre sans une consécration sincère cl entière à Dieu, de même aussi ce constant retour vers la Divinité témoigne de la parfaite soumission et confiance du musulman aux souverains décrets de la Providence.

Veut-il remercier quelqu'un, il lui dit : Que Dieu augnieiite ton bien «< Allah ikéter l^ùrcH »; ou s'il veut saluer quelqu'un qui vient de boire, il n'oublie pas de lui dire : Que Dieu le donne la santé « Allah iàtik sahâ » ou simplement <( sâba f>. Et aussitôt on lui répond sous forme de remerciement : Dieu te sauve « Allah isselmek » ou simplement et par abréviation « selmek ».

La caisse de secours pour les pauvres se nomme « réserve de Dieu ».

Il arrive parfois que, lorsque deux personnes se rencontrent, le dialogue suivant ou à peu près s'établit entre elles: La première: Que le salut soit sur vous !

La seconde: Que le salut, la miséricorde et les bénédictions de Dieu tous soient accordées!

La première: Que voire jour soit heureuxî

La seconde: Que votre jour soit béni!

La première: Que Dieu vous chérisse!

La seconde: Que Dieu vous accorde sa gloire!

La preniière: Que Dieu vous donne sa paix!

La seconde: Que Dieu fasse reposer sa grâce sur vous!

Ou bien ce sont encore des phrases dans le genre de celles-ci, à l'occasion d'une visite par exemple:

Soyez le bien-venu ! m ahlàn ou sahiàii » mot à mot, famille et aisance.

Que Dieu laisse son ombre sur toi!

Gomment est votre état moral?

Que Dieu soit toujours avec nous !

La bénédiction nous visite par vous!

Combien est douce votre présence!

Que ton jour soit comme du lait!

Le Koran reconiiaii la chute de I honime^la haine implacable de Satan contre l'homme qui est séduit par lui, et son inimitié perpétuelle contre le genre humain; l'existencê des anges et des démons; le péché d'Adam ; les histoires d'Abel; de Noé; d'Âbraham, l'hospitalier, Tami de Dieu, le musulman par excellence; de Jacob, de Josué, de Joseph, de Job; de Moïse (Moussa), et raUiance de Sinaï; Thistoire de David qu'il appelle le « Lieutenant de Dieu sur la terre », et de Salomon auquel, Uil-ii, les génies étaient assujettis.

Au sujet de Zacharie auquel les auges anooDcent la naissance de Jean (Jahia), le Koran dit que ce dernier confirmera la vérité du Verbe de Dieu; qu'il sera grand, chaste, et un prophète du nombre des justes (Sourate La Famille dlmram y. S4). —H reconnaît la virginité de Marie, mère de Jésus, qu'il nomme fille dlmram, « élue entre toutes les femmes de l'univers! » Il raconte la naissance miraculeuse de Jésus qu*il appelle le Verbe étemel et un esprit venant de Dieu (Sourate Les Femmes v. 169 ); il reconnaît son pouvoir de faire des miracles et sa mission divine. Il dit expressémeul : « Ceux-là seuls feront partie de la fac mille du livre qui croiront en lui avant leur mort...» Et il ajoute: « Le Messie Jésus, fils de Marie, est l'envoyé de c Dieu » (Même sourate v. 157 et 169).

L'Antichrist, selon les musulmans, doit apparaître en Syrie et être détruit par Jésus lui-même.

Le Koran se donne comme une « confirmation de ce qui c était avant lui, et une explication des Ecritures qui vien- « nent du Maître de l univers » (Sourate Jonas v. 58). — Il cite comme divins le Pentateuque ou Thorah, les Psaumes ou Zabour, et l'Evangile ou Endjll. — Les autres livres envoyés aux prophètes de Fancienne Alliance ont été, selon le Koran, perdus ou altérés. « L'Evangile, dit-il, contient la « lumière et la direction, il confirme la Thorah, et sert « d'admonition à ceux qui craignent Dieu. Les gens de « l'Evangile jugeront selon l'Evangile. Ceux qui ne juge- « ront pas d après uu livre de Dieu sont infidèles » (Sou-

raie La Table v. el ôi ). L Evangile est appelé v le livre qui éclaire » (Sourate La Famille d'imram» v. 181).

Avant Mohammed les peuples de TÂrabie élaieul livrés aux plus grossières superstitions et aux idolâtries les plus immondes. Ils tuaient kuirs enfants clans les temps de disette, enterraient vivantes leurs filles nouvellement nées, parce qu'ils regardaient leur naissance comme un malheur, et ils vivaient dans uii iiornble état de débauche.

On sait que le Koran contient aussi toutes sortes de préceptes, de directions et d'exhortations qui se rapportent aux choses habituelles et journalières de la vie; il est également un code et un recueil de lois. — H est rempli de promesses et de menaces relatives à la vie future, de récits, de traditions arabes; parfois il dit quelques mots des premiers siècles du christianisme.

Le musuluian reçoit le Koran comme la parole de Dieu révélée à Mohammed, et Uransmise par sa bouche au peuple arabe. En citant un passage du Koran il ne dit jamais Mohammed Ta dit >* mais Dieu le Très-tlaul Ta dit. » — Le mot Koran veut dire lecture, livre, le livre par excellence, le livre de Dieu, «r La religion venant de Dieu est llslam » dit le koran. — On est frappé de voir combien est grand le respect des musulmans pour ce Livre et tout ce qu il renlei uie. Ln inarcltand ou un ouvrier maure ne voudra pas, par exemple, graver en lettres d'or, sur velours, im passage du Koran, si avec ce velours vous voulez

faire un objet de pure curiosité ou de fantaisie, une |>arure, un porte-cigares, un éluL

Le Koran défend Tusag^e des boissons fermentées, des animaux morts, de la chair de porc, du sang qui a coulé, et de tout ce qui a été tué sous Tinvocation d'un autre nom que celui d Aliali.

Il renferme cent quatorze chapitres ou sourates, rangées sans autre ordre méthodique que celui de la longueur des chapitres, à parlir du second qui esl le plus long et qui a deux cent quatre-vingt-six versets; le dernier n*en a que six.

Dans la Sourale Hedjr, v. 87, il esl |)arlé des « sept versets qui doivent être répétés constamment » Ce sont ceux qui ouvrent le Koran, et en forment le premier chapitre : ils sonl nunimés « El Fdfhà >* rouverlure, i nilroduction. Voici ces versets:

Bismi-Hahi-rrahmant'rrahinn.

Elhamdon liltaki rabln'llàUmdna — Bitkmmi-rrakîmi — Màliki iaum-nhiiue — Eiiâka nàboudo oueiiâka nastàïno — £hdind-ssirâia4mosiakima ~- SirâUt4ledine ànàmia àleéhime — Rketr elmàrtloiài àMkime ouaià'dâàline — Aminé. Au nom d'Alluii, (^o m palissa ni et Miséricordieux.

Gloire à Allah, Maître de l'Univers, — Compatissant et Miséricordieux , — Roi dn jour du ju^îement. — Cesl Toi que nous servons, ô Dieu, cesl à Toi que nous avons recours. — Dirige-nous dans le sentier de ceux qui se tiennent ferme, — Dans le sentier iW ceux i[m Tii as comblés de tes bienfaits, — Qui n'ont point encouru ta colère, et qui ne s'égarent point. — Amen.

Par la Hési^rnatiou ■ ceux que Tii as comblés de tes bienfaits I» il faut entendre les prophètes et les envoyés de Dieu.

La Fàlhà ou El Tâtika se prononce en cadence, sur une certaine < aiililène, avant toutes les prières, en liant et en accentuant les mots et les versets. Elle sert elle-même de prière, et elle est en lrès-|îrande vénération parmi les musulmans. On la termine par le mot « Amtne » ; c'est un usage fondé sur ces paroles de Mohammed : « Gabriel m'a appris à dire Amen chaque fois que j'avais achevé de réciter la Féiha, I» — Les trois dernières sourates du Koran qui sont très-courtes, se répètent aussi sous forme de prières.

L'iman (évéque) est le chef religieux de la mosquée. Les ulémas sont les docteurs en théologie.

Le marabout (religieux) est spédalement voué à l'observance des préceptes du Koran: c*est un personnage de prières, chargé de conserver dans son intégrité la foi musulmane.

Le mueizine est attaché à ia mosquée : il est chargé de monter, cinq fois dans les vin^n-quatre heures, au sommet du roinarel pour appeler de là te peuple à la prière. Chaque fois il fait entendre ces paroles solennelles qui relenlissenl dans les rues, quoique adoucies par la hauteur de laquelle elles sont prononcées:

Allah ekbàr. Aiitum àh eggalal, Atiam àlaelfahh, * Dieu «si «rraiiti! — Ohî Venez à la prière. — Ob!

Venez à Tadoration. »

H les répète par trois fois en se portant d*une face du

minaret à une auUe, et les termine par celle phrase :

iHiS J y^ ^\

Là AUak illâ Allah ou Mohammed ressoul AUah.

« 11 n'y a pas d'autiv Dieu qu Allah, et Mohammed est l'envoyé d'Allah. «

Ce cri psalmodié du muezzine est partout le même, dans toutes les conlréi\s où règne l'islamisme.

Le thaleb est le savant qui, instruit à Técole des marabouts, devient maître d'école ; s'il est dans l'aisance et qu'il ne professe pas, il est entouré à peu près de la même considération dont jouissent en Europe les professeurs, les docteurs et les hommes de Icllres. — H y a, à Tunis, plus de

soixante-dix écoles primaires, où les tolbas enseignent à lire et â écrire aux etifants, et leur font apprendre quelques

lia^ments du Koiaii, le tout moyennant une très-légère rétribution.

Les Zaouias sont des établissements religieux ayant pour

principaux l>uts la prière, la bientaisance, el l iustruction. Dans ces itoouîas non-seulement on étudie et on explique le Koran, maïs on enseigne l'arithmétique, la (réométrie, l'astronomie, les sciences, les lettres et le droit musulman. — L'une des Zaouïas les plus fameuses est celle de $idi^o> hammed-Saïd-ben-Âly-Chérif, à Akbou, dans la grande Kabylie du Djurjura. Ben-Âly-Chérif est un fort aimable jeune homme, un vrai gentleman qui joint à la noblesse de son origine, comme descendant du prophète, beaucoup d'instruction, d'intelligence, et une vivacité d'esprit remarqua- 4>le. Il est le gendre de Bou-Accas, le chef de la petite Kabylie. — On se rend dans la Zaouia (i Alvbou, de Tunis, de Tripoli et même d'Ëgypte.

Les derviches et les santons sont des espèces de moines, savants sur le Koi an, et qui vivent de la charité d^ fîdèles. C'est plutôt en Turquie qu'on les rencontre.

[je mollah est, chez les Turcs, le chef de la mosquée : il remplit aussi les fonctions du muezzine.

Le chérif et l'émir sont des chefs de la noblesse religieuse et guerrière; la plupart se donnent pour des descendants du Prophète.

On sait que les sectateurs de l'Islam se divisent en deux

grandes sectes: les Sunnites ou musulmans orlliodoxes, et les Chiites.» Les Sunnites admettent, outre le Koran, Tanlorilt' il'uiie Iradilioii ou Sunna, conb iiaiit avec des explicalions sur la vie el la conduite du prophète quelques milliers de kadùs, soit sentences de Mohammed, recueillies comme préceptes de sagesse par les premiers disciples du profdiète: on en doit, par exemple » environ quatre mille i Ël-Boukhari, appelé pour cela le roi de la Sunna. - 1^ Chiites, ou sectateurs d'Aly, s'en tiennent au Koraii, ne reconnaissent point comme successeurs du prophète les califes électifs, et repoussent les traditions.

Les Sunnites dominent dans TËmpire ottoman, TËgypte, le Mogreb, etc. Les Persans sont Chiites.

Parmi les Suiiuiles on dislinjjue qnalre sei lcs pr incipales. Il y a les Maiékis^ du rite de l'iman Malek; les Anéfis, de celui de l'iman Ebou-el-Naaroan; les Chafaîs, de celui di» riman Chafaâ; et les Hambillis, de 4 elui de Timan Ahmedben-Hambil. 11 n'y a guère de différence entre eux que dans des points de forme, lois que la position dans la prière, les ablutions, les traditions, etc. i^s liambillis sont les plus rigoristes: ainsi ils doivent recommencer leurs ablutions et leurs prières, si une fennne ou un chien seulement vient à passer, cette vue, selon le rite hambilli, ayant troublé le culte. I^s Chafaîs et les Anéfis ne sont pas soumis aux mêmes scrupules quant à ces points du culte, et les Malékis le sont encore moins. Ces quatre sectes se nomment Medzaeb.

Le Mogreb reofenne des Ânélis el dt^ Malékis: ces derniers sonl eo majorité à Tunis, Tripoli, Al^, l'Egypte, le Maroc ; les Aaéiiis douiineiit en Turquie el jusqu'en Perse, i^es Uambillis se renconirent à la Mecque el dans une partie de TAsie, on n'en voit que fort peu au Caire.

A Djerbi el dans quelques-unes des luonUignes de la Régence on trouve une cinquième secte, regardée comme schismattque, ce sont les Khamsis.

Quant au Koran, qui est d'ailleurs le chef-d'œum de la langue, il ne doit être traduit ni en kabyle, ni en turc, ni en persan, el encore moins en d'autres langues; mais tout ce qui a rapport au culte dans les pays où règne l'islamisme, doit se traiter en arabe.

. Parmi les hommes remarquables que Tunis a produits

comme écrivains, il faut ciler :

£l-Uadj-Uammouda-ben-Abd-Ellariz, bislorieu chroni* queur qui était secrétaire particulier d*Aly-Bey, et qui écrivît vers l au 1160 de l'héî^ire (177:2j. On a de lui une chronique de Tunis très-estimée, et une histoire du gouvernement d'Aly^Bey.

Mobaninied-ben-llussein-Beïreni, savant distingué, écrivain, médecin, etc. qui vivait sous le règne de Mohammed, fils d'Hussein-ben-Aly (1756-1759).

Kbalifa-bcn-cl-Cayed-Mansour-el-Mascheral, poêle tunisien, du temps d*Aly-Bey.

El-Baji, chroniqueur renommé.

Abd-el*Ouahed-beii-Achir-el-ÂndlciU88i, historien et théologien, (]ui vivailsous lesrègnei» d Ai^-i^ey el de ilammouda-Pacha.

T^ani, Magdich, el d'autret» encore, sont des chroniqueurs plus ou moins célèbres.

L'arahe est une langue extrêmement difficile. Les différences entre l'arabe sa vaut el Tarabe vulgaire; la grande variété des mois pour peindre certaines idées, comme cba- • meau, épée, lion, etc.; Télégante multiplicité des formes vei^ baies; les variantes des lettres el dcN caiaclèicb uebkis, raogrébins, etc.; et les embellissements de récriture dans les manuscrits, ainsi que les abréviations, et le retranchement de la plupart des voyelles, tout cela augmente et complique considérablement les difficultés de cette langue.

Les dialectes et la piunoiicialion varient entre les divers Ëtats du r^ord de l'Afrique. — Un même mot s'y écrit et s'y prononce quelquefois tout différemment, ainsi: barbier se dit haggem à Tunis, hunauH à Tii|)oli, halfef en Algérie, et nekadmoudjouf en Kabylie (littéralement coupeur de poils).

Le kabyle ou berbère qui parait être l'aneien punique, lequel tenait beaucoup de Thébreu, est une langue ayant grammaire et dictionnaire. Dans les montagnes de la Régence cl à Djerbi on paile le kabyle.

On connaît le goût el l'habileté des Maures el des Arabes pour les contes, les récits et les proverbes.

Panni les proverbes pai liculiers à Tunis, et encore inédits, il vaut la peine de faire un choix et d'en citer quelques-uns:

« Un seul cavalier ne tait pas de poussière, » signifie que le travail d'un seul homme ne peut pas être bien considérable.

« Une savate raccommodée vaut mieux qu'une barbe • abandonnée, » signifie qu'une femme a parfois plus de valeur qu'un homme.

« Que te manque-t-il, ô homme nul? une bague en diamants ! » signifie : Si vous êtes riche, les sots vous accorderont une grande considération.

« il ne peut payer son barbier pour une simple barbe, et il cherche des témoins pour la cérémonie de ses fiançailles, )) s'applique à un homme ruiné qui cherche à faire de grandes affaires.

« n cherche son fils qull porte sur ses épaules, » se dit d'un distrait.

« n est venu pour embrasser sa femme, et il lui a crevé

les yeux, » signifie: On lait souvent plus de mal que de

bien avec de bonnes ûitentions.

« Il a ôté à sa barbe pour ajouter à sa chambre, % se dit

de quelqu'un qui ne tient pas sa parole, ou qui sacrifie

l'honneur à l'apparence.

« La forêt n'est brûlée que par ses propres arbres. »

« S'il tieiil sa bouclie terniée, les mouches n'y entreront pas: i> Ce proverbe recommande la discrétion.

«r II est venu t*aider pour creuser la tombe de ton père, et il s'est eiilui avec la pioche, » sij^niUe: Déûez-vous de ceux dont les offres de service sont intéressées.

« J'embrasserais pUitôt les boulons de son habit que ses voisins, » signifie: Allez droit au but.

« Le pied va où le cœur le mène. »

<f Soyez lion, el inangcz-mui, mais ne soyez pas loup pour me salir. » •

« Chaque espace est bonne pour son espèce. »

« Si 1 ou appelle l'àne à la noce, c'est pour porter du bois. »

« Travaille pour la réputation jusqu'à ce qu'elle ait un nom, puis elle travaillera pour loi. »

« La parole en son temps est permise. »

« Sa fortune a passé en paille et en clous, » désigne un prodigue.

« n est allé à la mer et l'a trouvée sèche, » signifie que celui qui marche sans courage ferait bien de retourner eu arrière, car il échouera dans ses entreprises.

« Ce que les sauterelles avaient laissé, les petits oiseaux l'ont mange, » signiiie: Un malheur n arrive presque jamais seul.

« C'est le rrieur même qui a perdu son Ane, » signifie que souvent ou ne sait pas faire pour soi-même ce qu'on a fait pour les autres.

< 11 D'à pas de pain à manger, et il cherche une épouse, » signifie: Ne soyez pas trop ambitieux, lorsque vous n'avez que de petits moyens.

« n mange les fruits du jardin paternel, et il insulte ses ancêtres, » signifie: Ne soyez pas ingrat.

« Celle à qui la lorlune manque, dit que son mari est ensorcelé. »

« Dieu a crée et a distingué. »

« Trop houiUir fait sécher la marmite, » signifie: Trop « parler fait tomber dans le mensonge.

« Si quelqu'un te dit: Allons faire les Chérifs, répondslui: Attendez que les vieux Juifs du quartier d'£l-Âra qui vous connaissait soient -morte, signifie: Ne prétendez pas vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas.

« Le Marocain a ses paroles en sa bouche , mais le Tunisien a besoin de demander conseil à sa mère, y> signifie: Répon^tre sans hésiter n'est pas toiyours le meilleur.

« Toi qui es si beau au dehors, comment es^tu au dedans^ » signifie: Ne vous fiez pas à i apparence.

€ S*il y avait quelque chose de bon dans le corbeau, les chasseurs ne le laisseraient pas. »

« La malédiction des gens malhonnêtes ne ruinera pas le bâtiment. »

«r Le chameau ne voit pas ses défauts, » est l'équivalent de: On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain. « La ville est éloignée, toutefois la nouvelle arrive, » si-

gnilie: Ne pensez pas qu'un secret demeure loujoui-s caché.

« Au niomeut que j'avais besoin de toi, ù> ma figure! le chat fa égratignée, » signifie qu'on ne trouve pas toujours des amis, qu.iiÉil on en a besoin.

« Âime>moi comme ton frère, et fais mes comptes comme tu les fais à ton ennemi, » est l'équivalent de: Les bons comptes lont les bons amis.

« Recevoir Faspre du malheureui est une injustice, » signifie: L'excès du droit est une ^nde injiistiœ.

« La mode lunisienne ne dure que du malin au soir, » signifie que la mode à Tunis change fréquemment.

« Pendant le jour il se laoniènc dans sa chambre, tl la nuit il brûle de l'huile, » signifie: N'agissez pas en sens inverse de ce que font les autres, ou à rebours du bon sens.

d Beaucoup d'étals, et la lortune perdue, » s'applique à un inconstant, et semble correspondre à: Pierre qui roule n'amasse pas mousse.

« Pendant quil pleurait son Messaoud (son Benjamin), sa mvle vint à se perdre, » signifie qu'un malheur arrive rarement seul.

« Tu m'aimes tant, que tu en as même oublié mou nom, »

s'applique à une amitié qui n'était qu'intéressée.

Les populations du Nord de l'Afrique sont riches en proverbes. Il n'a été mentionné ici que quelques-uns de ceux qui, encore inédits, sont usités à Tunis.

L'annêb MUSuiMANB a doiize mois: mais, étant une annëe lunaire, elle n'a que trois cent cinquante-quatre jours, el par conséquent elle leconiineuce onze jouis plus tôt qu'une année solaire. Sa durée exacte étant de 3^ jours 8 heures 48 minutes, cet excédant d'heures el de minutes produit, au bout de trente ans, onze jours, qu'il a fallu ré» partir dans le cours du cycle sur onze années: le jour intercalaire devient alors le trentième du dernier mois. — L'année 18^7 correspond à la fin de l'année de l'hégire 1273 el au commencement de 1274, l'année 1275 ayant commencé avec Aoùl 1856.

Ce nom d'hégire, he^a^ émigration, a été donné à l'ère musulmane par le calife Omar. L'année lunaire de douze mois fut alors substituée à l'année des auciens Arabes, qui mettaient d'accord leur année lunaire avec Tannée solaire « ik ajoulaiit tous les trois ans un niois intercalaire: cette année du Nad avait donc treize lunaisons, mais « aux yeux d'Allah le nombre des mois est de douze, » a dit Mohammed.

Ces mois sont:

1 Moharem qoi a . . . 30 joars.

2 Safar 29 »

3 Rabi-el-ewei. .... 30 »

4 Rabi-el-taDi 29 >

5 Joumad-el-ewel ... 30 •

6 Joumad-el-taoi. ... 39 »

7 Redgeb 30 »

8 Gbabaii 29 *

9 Raiiitldin qui a ... 30 joui-s.

10 Schavol 29 »,

11 Kado âO >

12 Iladja S9 jours dans les années

ordinaires» et 30 dans les années cmbolismiques ou intercalaires.

Le premier jour de Tannée musulmane est le premier

de Moliarem ou mois sacré, ainsi nommé parc« qu li était défendu jadis d'entreprendre pendant sa durée aucune expédition guerrière. Ce jour est variable à cause des onie jours de moins de Tannée musulmane, relativement à Tannée solaire. Le dixième jour de ce mois, nommé achourâ , de achra (dix), est un jour de solennité religieuse, comme aiitiiversaire de la mort de Hussein, fils d'Âly, Fan 61 de rhégire. Le zèle des musulmans se manifeste plus particulièrement pendant le cuuis de Moliarcni.

Quoique la signification du mot Safar, qui est le nom du second mots, soit départ ou solitude, parce qu'autrefois beaucoup d'habitants de la Mecque quittaient alors cette ville pour aller passer Tété à Tayf, les Arabes évitent soigneusement d'entreprendre un voyage de ferre ou de mer peudant toute sa durée, car ils prétendent que ceux qui partent dans ce mois ne reviennent pas.

Rabi-el-ewcl sifirnifie printemps premier, et Rabi-el-tani, printemps second: loulel'ois ces mois étant variables quant à répoque où ils tombent dans Tannée solaire, ils arrivent tantôt au iiiilieu d«'s clialtMjrs étouffantes de Télé el lanUH au G(Eur d'un hiver rigoureux, de même que les mois de

Joumadi-el-ewei et Joumadi-ei-tani» premier et second mois de la gelée.

Le douzième jour de ilabi-el-ewel s'appelle Mouied (naissance), en mémoire de Tanniversaire de la naissance de Molinnimcd : il est célébré comme une grande fête dans tout rislam. L'usage veut qu'on mange ce jour-là une bouillie réduite à la consistance d'une pâte, arrosée de miel e! de beurre iuiidus ensemble.

Pendant les mois de Redgeb ou vénérable» et de Gbaban, dispersion, qui précèdent le Ramadan , les stricts musulmans s'abstiennent non-seulement de boire du vin, mais se livrent déjà à des pratiques de dévotion et à une espèce de jeûne. — Cependant FavanNlemier jour du mois de Gbaban qui est appelé Guerch, il est d'usage de se régaler de toutes sortes de viandes et de friandises.

Le mois do Ramdajii ou Raiiiadau (c'est-à-dire brùlaiU) est de trente jours, pendant lesquels tous les musulmans observent un jeûne aussi pénible que rigoureux. Leur absliiience comuitiice, lorsque après le mois deCliaban paraît la lune nouvelle, au premier jour de Ramadan, et à partir du moment où l'on peut distinguer un fil blanc d*un fil noir. Le jeiine dure chaque jour jusqu'au coucher du soleil, mais la nuit les musulmans peuvent sans scrupule se livrer aux plaisirs. Sont exceptés d'ailleurs de jeûner les vieillards infimes, les Icmmes enceintes, on couche ou qui sont nourrices, les enfants en bas âge, les gens gravement malades, et les fous.

Le jeûne est rompu cinq minutes après le couciicr du soleil, au moment où les mueddines, du baul des minarets, font retentir les airs de leurs appels à la prière. Aussitôt chaque personne lait menUilcment celte prière: « U Dieu! j'ai observé le jeûne pour l'obéir, et je le romps en te rendant gràco pour les biens que lu me donnes. Pardonne-moi mes fautes passées et futures. * Ce momeul est impatiemment attendu, surtout lorsque le Ramadan est arrivé au milieu des ehaleurs de Tété, que la privation d'eau peut rendre excessivement pénibles.

On commence le soir, chaque jour de Ramadan , par se rincer la bouche et par prendre quelques gor{?ées d'eau; on boit du café, on mange des choses légères, des douceurs ; et enfin Ton prend un repas, où les personnes aisées étalent avec profusion sur leui-s tables tout ce que la saison et le pays produisent de plus délicat La soirée et la plus grande partie de la nuit se passe à fumer, à jouer aux échecs, aux dames, au trictrac, aux cartes, ou à faire une promenade dans les mes.

Tunis est alors étlairê de mille lanaux et lanternes aux Terres de couleur, dont Tefiet est fantastique au milieu de cette |>opttbtion orientale. Çà et tt on voit des joueurs d*înstrumenls. des eatVs ehauLuiLs des marionnettes^ des marchands ambulants vendant des sucreries el autres friaodises. Ces divertissements finissent à une heure et demie du niatiii eu été« et à quatre heures eu hiver, au moment où un homme, ayant en main une espèce de tambour de bas-

que, parcourt toutes les mes, les carrefours et les faubourgs habités par les musulmans, en frappant en cadence et à coups leiloublés sur son tambour: cest un appel au dernier repas de la nuit, composé généralement de fruits et de pAtisseries. — Avec Taurore recommence le jeûne, mais aussi tous les Maures aisés s'endorment pour ne se réveiller qu'à quatre ou cinq heures de Taprès-midi; le jour est devenu la nuit, et la nuit le jour.

Le trentième et dernier jour de Ramadan, le jeûne se termine au moment où parait Fastre de la nuit; et un coup de canon, tiré du haut de la Kasba, en salue la bienvenue.

Le premier jour du mois de Schowal ou Ghavol est un jour solennel, c'est le petit Baîram, autrement dit Âïd-el^ emr (la petite féte). Dés sept heures du matin on tire le canon, les musulmans se revêtent de leurs habits de fêle, et vont se visiter et se souhaiter, en s'embrassant, joie et prospérité. Ce jour étant destiné aux réjouissances et aux plaisirs, Fexpression triste et mélancolique du visage, qui était la marque d'un jeûne rigoureux, est remplacée par ceOe de la joie.

Le onzième mois, dou el-Kado (mois du repos) , a reçu

son nom de ce qu'on se reposait à ce moment des fatigues

de la guerre, pour se livrer au commerce. Il s'appelle aussi

bein-ci-aiad (entre les fêtes), parce qu'il tombe entre la

cessation du jeûne et le grand Beiram.

Le dernier mois est celui de lladja, dérivé de hadj (pèle-

rin;; c't^l ré|)oque consacrée nw It-nuii^e de la Mecque. Le pèlerio qui part pour cette fille s'arrange en eflet de façon à y arriver dans le courant de ce mois. Aussi voil-on passer dans Tunis y déjà deui ou U^is mois auparavant des troupes d'Arabes et de Djébélias, munis de couffins remplis de provisions. Ils portenl le drapoau blanc sicré, el font entendre en cadence et sans arrél ce fameux cri de Tlslam:

îJi5\ *JJ\ ^

« Là AUah illâ Allah i # 11 n'y a point d'autre Dieu qu'Allah.

D'autres répètent sans cesse :

« Ël*hamdouUahl » Gloire à Dieu!

La plupart de ces pèlerins se rendent à pied à la Heopie

par Tripoli.

Tout pèlerin ayant été en pèlerinage à la Mecque» prend le titre de Hadj, qu'il place avant son nom et qui lui reste acquis. C'est une marque de distinction honorable parmi eux. Toute caravane musulmane a avec elle un iman, un marabout ou quelqu'un en taisant les fonctions: durant le voyage ils se prosternent tous ensemble pour adorer Dieu, le matin, à midi, et le soir. Ceux des pèlerins qui, une fois arrivés i\ la Mecquè, t>cuveul percer la foule compacte, et s'accrocher à la fenêtre de la chambre dans laquelle doit être suspendu au plafond le tombeau de Mohammed, s'es-

timeni bien heureux, car c'est, dit-on, un de leurs vœux les plus ardents. — C'est sur le dixième jour de ce mois que

tombe leur grande léle, Aîd-el-kébir, ou féte des sacrifices, Korban : c'est le grand fieiram, qui est célébré avec une grande solennité, et qui dure quatre jours pendant lesquels on immole à Dieu un grand nombre de brebis.

Autrefois les Tunisiens, comme les Arabes, ne comptaient que trois saisons, le priulemps. Tété et Thiver, parce qu'ils réunissaient l'automne à Tété, mais à présent ib partagent Fannée en qiialrc saisons, comme les peuples de l'Europe, savoir: Ërreby, le printemps, £ssyf, l'été, Ëlkerif, l'automne, Echlâ, l'hiver. — Les cinq premiers jours de la semaine sont: Elahad, le premier ou Diniaiiilic; Elelnine, le deuxième ou Lundi ; Eltlatâ, le troisième ou Mardi ; Ëlarbâ, le quatrième ou Mercredi; Elkemys, le cinquième ou Jeudi; les deux derniers joui's ont une dénominaliou spéciale, savoir £ldjemâ, l'assemblée. Vendredi, jour férié comme consacré î\ la réunion des fidèles dans les mosquées, et Ëlscbt, le septième jour ou Samedi.

Us comptent les heures à partir du coucher du soleil, c'est* à-dire, de six heures après uudi jusqu'au lendemain à pareille heure.

Le croissant de la lune se place au haut des mosquées, sur les tours ou minarets d'où Ton appelle le peuple à la prière, et sur les étendards des musulmans dont il est de- -

venu VtiiihU'itie, parce que Mohammed, en établissâiil daus ie monde sa nouvelle doctrine, a pris b lune TÏsiUe et en Cfoimot pour servir de règle aoi jeûnes et aox fêles.

Le Kiblé e>i Ut poiot du citi vci » lequel les mu:;uiiiiaiis «e loumenl en foisant la prière cinq fois dans les vingtquatre heures: à deui heores après minuit ou aTant le jour, à bix heures, à midi, à deux ou trois heures après midi, et à sii ou huit heures du soir. Us se tournaient d*abonl vers Jérubakm, mais Mohammed voulani séparer les siens, a dit; « Quand vous priez, tournez votre visage yers le temple sacré de la Mecque n (Sourate Vache, ?. 146).

On compte sept principales éditions du Koran, si l'on peut donner ce nom aux plus anciennes copies de ce livre.

On en a recueilli deux à Médine, qui y soiU parliculiùremenl en usage, une à la Mecque^ une quatrième à Koufa, une cinquième à Bassora, une sixième en Syrie, et il y en a une septième, appelée l'édition commune ou vulgaire. Le nombre des versets de ces diverses éditions varie de six mille à six mille quatre cenl soixaii le- treize; mais les musulmans assurent qu'elles renferment toutes ie même nombre de mots, savoir soixante dix-sept mille six cent trenteneuf, et le même nombre de lettres savoir : trois cent vingttrois mille quinze. En cela ils ont imité les Juifs qui ont compté scrupuleusement les mots et les lettres de la Loi ou Thorah, cl ils ont également pris la peine de compter combien de fois chaque lettre est répétée dans le Koran.

Uulre les divisions en chapitres el en versets, les niusulmans ont encore divisé le Koran en soixante parties égaies» et ils ont subdivisé ces soixante parties en quatre «îrandes fractions, comprenant chacune quinze de ces parties. Plus ordinairement le Koran est partagé en trente sections seulement. Ces divisions ont clé faites pour la commodité de ceux qui lisent le Koran dans les mosquées attenantes aux tombeaux des sultans et des grands hommes. Chaque chapelle a li enle lecteurs, et chacun lisant chaque jour sa section, il en r^ulte que le Koran est lu, dans ces lieux consacrés à la dévotion, d*un bout à Tautre une fois par jour: il existe des exemplaires du Koran divisés de cette manière, et reli^ en trente petits volumes.

Les nombreux iefsir ou explications et commentaires du Koran forment une branche importante de la littérature musuhnane.

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