‹ Notice sur la régence de TunisChapitre 6 sur 10 · ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

ESCLAVAGE

unis fut souvent en rdation et quelquefois en

i lutte avec rOccident. — Pendant les XIII* et XIV' siècles, les Princes de Tunis avaient fait avec succès la guerre aux Chrétiens, qu'ils emmenaient par milliers en esclavage, lis eurent de fréquents démêlés avec les chevaliers de Malte, et des Européens de'toute nation tombèrent en leur pouvoir.

Pendant les siècles suivants beaucoup d'Italiens furent réduits en ésckivage, et c'est depuis lors que l'italien est considéré comme langue offiddle pour les Européens dans la Régence.

Des religieux calhoiiques-romains se dévouèrent pour aller à Tunis s'occuper du soin des esclaves, et leur porter des secours spirituels et temporels.

Déjà en 1:210, sous Philippe-Auguste, Jean de Matha, fondateur de Tordre de la Rédemption, et Termite Félix de Meaux, allaient racheter à Tunis plus de cent esclaves chrétiens.

Une captivité remarquable, quoique passagère, fut celle

de Vincent de Paule à Tunis.

L'origine régulière et peniiaiieiilc de la Mission date de 1624.

Elle avait non-seulement pour but le maintien dans

la foi chrétienne des esclaves, mais elle devait les soutenir, les soigner en cas de maladie, et dans ce but un hApital avait été fondé dans la ville même. Le supérieur de la Mission avait le titre de Piocurcur ou l*rotccieiii des esclaves. De 1624 à 1658 ce furent des capucins siciliens qui s'établirent à Tunis; de 1658 à 1651 des capucins génois, et depuis 1672 jusqu'à nos jours des capucins romains. — En 1720 un envoyé extraordinaire de Flrance, M' Busault, lit reconnaître la Mission par le bcy régnant.

Les esclaves de chaque nation avaient leur bagne ou fon* douk, soit prison ou bain gardé par les soldats du bey. C'était un vaslc bâtiment, assez proprement tenu, dans lequel ils étaient réunis, avaient leur demeure, prenaient leurs repas et pouvaient même vivre en famille. — Chacun de ces baym avait une chapelle. — Il y eut d'abord un grand nombre de bagni; ainsi dans le commencement du XVIII* siècle, on en comptait douze ou treize, mais vers la fin il n'y en avait plus que quatre grands, ceux de S'® Lucie, de S* Roch, de S* Léonard et de S** Marguerite, qui étaient destinés aux Corses, aux Uuniains, aux iU|ju$ains et aux Napolitains. Les esclaves des autres nations, qui n'étaient qu'en petit nombre, étaient mêlés et dispersés dans ces quatre bagni.

Des échanges fréquente avaient lieu entre Tunis et les

gouvernements européens: la France en particulier faisait racheter les esclaves de sa nation.

Chaque fondouk avait une ou deux familles, qui don- -

naient à manger aux autres esclaves, movciiniua sal.iire.

On ne séparait guère les familles lorsqu'on pouvait faire autrement.

11 y avait les esclaves du Souverain, et les esclaves des particuliers. Les esclaves du prince demeuraient au palais, ils travaillaient dans ses jardins, et étaient traités avec douceur. Les autres esclaves travaillaient à un métier quelconque, généralement à celui qu^ils avaient appris dans leur jeunesse en Europe, ils se nourrissaient dans leurs bagni h leur propre compte, ils devaient produire journellement un tant fixe à leurs maîtres, excepté ceux qui étaient domestiques des particuliers et qui demeuraient chez ces derniers. Les esclaves pouvaient économiser: une fois qu'ils avaient remis à leur maître la somme qui avait été fixée, et qui ne devait pas être dépassée, ils avaient la faculté de garder ce qu'ils gagnaient en plus. En un mot avec de Tactivité, de l'énergie, du li av.iil, ei une bonne santé, ils pouvaient facilement se racheter eux-mêmes.

Le prix pour le rachat variait de cinq cents à mille francs, suivant Tâge ou la force de l'esclave, et suivant aussi le caprice du maître.

En 1741, Aly-Pacha-Bey s'empara de l'Ile de Tabarca ou Tabarque, et réduisit en esclavage tous ses habitants. Cette Ile, à trente-huit lieues Ouest de Tunis, était peuplée

fie Génois, qui se livratenl à la pèche du corail. Elle appartenait au marquis LomeUini qui en avait hérité des princes Doria, et qui cherchait à s'en défaire. La Compagnie royale d'Afrique, créée à cette époque par édit du roi de France, se proposant d'en faire l'acquisition , entra en négociation avec le propriétaire; mais cette nouvelle fut ébruitée et paninl à Tunis, qui à celte époque venait de rompre avec la France. Aly-Bey résolut de s'opposer à ce que Tabarca fût occupée par les Fnuiyais, el il S(; (lécida à l'altaquer. Son (Ils Hussein fut chargé de cette expédition, «t Tabarca ayant été prise, huit cent quarante-deux habitants furent faits prisonniers. Ces malheureux arrivèrent presque nus à Tunis, où la mission se ruina pour eux.

Il arriva souvent que des esclaves européens embrassèrent Tislamisme, el, deveuanl libres, se mariaient avec des femmes du pays. Ce sang mélangé produisit une belle population: ainsi les habitants <le la délicieuse ville de Zahouan, à la dislance d'une forte journée de marche à TËst de Tunis, descéndent pour la plupart des Espagnols, aussi le type de sa population est-il des plus remarquables.

Il y avait à Tunis une place où l'on vendait les esclaves. Ce triste marché se faisait pourtant à celle époque reculée avec bien plus d'humanité que dans certain pays qui se targue d'être à la tête de la civilisation et de la liberté, et où, à riieure quil est, ou vend et on achète son coreligionnaire comme on ferait d'une béte de sonune.

A la tin du XVIII® siècle il y avait encore beaucoup d'esclaves chrétiens à Tunis: c*étaient surtout, outre les Génois de Tabarca, des Vénitiens, des Napolitains, des Siciliens et des Maltais; quelques-uns appartenaient à la Russie, d'autres à l'Empire.

Le laclial des esclaves apparlenaiU au bey était lixé à deux cent trente sequins vénitiens pour les matelots, et à quatre cent soixante pour les capitaines et les femmes de tout âge. Le prix demandé par les particuliers était souvent moins élevé. — « Le sort de ces esclaves était en général « fort doux, » dit M' de Chateaubriand qui visita Tunis à la fin du siècle dernier, « pliisieuis d entre eux après avoir « été rachetés restaient à Tunis; d'autres obtenaient leur « liberté par la îfénérosité de leur maître, ou bien à sa mort, « ou encore en se raciielaut. »

L'esclavage des Chrétiens a été aboli en Mai 1816, pendant la semaine de rà(|ues, sous le règne de Malimoud-iiey, fils de Hammouda-Pacha.

Quant aux nègres et aux né<^resses esclaves, en 1842 une famille entière, mari, femme et enfants, pour échapper aux mauvais traitements de leur maître avaient cherché un asile auprès du Consulat {général de France. Le Chargé d'affaires demanda leur liberté, et l'illustre Ackmed-Bey non-seulement céda aux demandes du repr^ntant de la Flrance, mais encore déclara libre, à l'avenir, tout enfant qui naîtrait de parents esclaves. Peu de temps après, ce prince,

aussi sage que bon, donna lui-même lu liberté à tous les esclaves de sa maison qui, dès lors, reçurent le salaire de leur travail; car, afifectionnés qu'ils étaient à la maison du prince, ils leslèrent au Bardo et à la Mohammédié, quoiqu'ils fussent libres d'aller où bon leur semblait.

Chacun suivit l'exemple du Souverain , et Tesclavage fut matériellement et ofiiciellemenl aboli dans tout le royaume de Tunis.

Honneur donc à la mémoire (rAckmcd-Bey, et honte aux peuples qui conservent encore, en plein XIX' siècle et au milieu de la civilisation et du christianisme, Tabo-

minabie institution de resclavage!

Et pourtant quelle différence entre Fétat des esclaves musulmans et Télal actuel des esclaves aux Etals-Unis d'Amérique par exemple!

Il est bon qu'on en connaisse quelques détails qui feront plus vivement ressortir le contraste.

Le sectateur de Tlslam était strictement conduit par ces paroles du Koran : " l'anlonnp à ton esclaxr soixanlc-dix « fois par jour, si tu veux mériter la bonté divine. Vétissez c vos esclaves de votre habillement, et nourrissez^les de « vos aliments. — Si quelqu'un de vos esclaves vous de- « mande son affranchissement par écrit, donnez-le-lui, si « vous Ten jugez digne. Donnez^-leur un peu de ces biens (L que Dieu vous a accordés. » (Sourate La Lumière v. 55.)

Et les musulmans respectaient ces paroles de l'un de

leurs plus illustres théologiens: « Ne dis jamais: mon es- « clave,car nous sommes tous les esclaves de Dieu; mais € dis: mon serviteur ou ma servante. »

Les docteurs musulmans ordonnent de fournir consciencieusement à Tentretien et à la nourriture de Tesclave, et de ne point lui imposer une tâche au-dessus de ses forces. Ils recommandent de vendre Tcsclave si son maître ne peut Fentretenir, et ils défendent de le charger de trop de travail. l.c chef du pays devait veiller à l'exécution de ces règles.

Les lois les plus équitables étaient établies pour tout ce

qui pouvait concerner les esclaves, et leur assurer une constante protection.

Les mariages étaient sacrés.

Le (ils d une négresse esclave et d'un homme libre était libre, et Inégal de ses demi-frères.

L'esclave pouvait hériter de son maître à sa mort.

Si le maître commettait envers son esclave une action blâmable et patente, il lui rendait par cela même le droit à la liberté: par exemple, s'il lui airachail une dent ou lui coupait un doigt.

Les enfants esclaves avaient des tuteurs que les jeunes garçons conservaient jiisfiu'à 1 époque de leur majorité, et les jeunes filles jusqu'à celle de leur mariage. Ce tuteur ou le plus proche parent des enfants était obligé de les surveiller, de les envoyer à l'école, et de les présener de tout mauvais traitement. Pour être tuteur il fallait être réputé

sage, être à son aise, et prendre vraiment soin de lenfant dont on & était chargé.

Les formes de Vente et d'achat étaient définies.

Les vieux serviteurs ûnissaienl presque luujours par être affranchis.

Les modes d'affranchissement étaient nombreux, les proiiiu^.>L'â iJ all^alll:lll^^eulcllt sacrées et fréqucutob, et 1 aflVan* chi se fondait tout naturellement dans la population libre, san«* que son origine ou la couleur de sa peau fnl jamais pour lui un sujet d'humiliation. Enfin chez tous les hommes « craignant Dieu » les esclaves taisaient» à bien des égards, partie de la famille.

il faut ajouter aussi que le bas prix des esclaves leur donnait facilement occasion de se racheter eux-mêmes. Il y a vingt ans quuue négresse, par exemple, se rachetait pour trois cents francs.

Voilà ce qui se pratiquait à Tunis, et ce qui se pratique encore au Maroc ou daus le Sahara.

Un fameux docteur musulman, Abou-Messaoud, a écrit ce qui suit dans ua livre vénéré qui sert de règle et de direction : « J'ai frappé mon esclave, et j'ai entendu une voix « me crier aussitôt: Dieu est plus puissant vis-à-vis de toi • que lu ne l'es vis-à-vis de ton serviteur! Je nw suis rev tourné, j'ai reconnu le prophète, et je me suis écrié: « Mon esclave est dès à présent affranchi pour Tamour de a Dieu. Et Mohammed m'a répondu: 61 tu n'avais pas agi « ainsi, le feu t'aurait dévoré. «

En Turquie les esclaves qu'on regardait souvent comme faisant partie de la famille, étaient affranchis après un

ceilaiii iiombiti irauiiécs de service; et il élait même d'usage de constituer une rente à ceux d'entre eux qui avaient donné des soins aux enfants de la maison.

Avant l'abolilion complète de l'esclavage des nègres, lorsqu'un bey de Tunis^ ou simplement un membre de la famille régnante, venait à mourir, un très-^rand nombre de ses esclaves recevaient leur liberlé, et, en même temps que ceux du défunt, ceux aussi de plusieurs des grands qui icj^ardaienl ces airrancliissemcnts comme un moyen de faire leur cour.

Qu'il soit maintenant permis de cilei des lails authentiques qui se passent encore de nos jours dans d'autres contrées, et qui méritent d'être rois en parallèle! Ils feront juger de l'incroyable diiïérence qui existe sur ce point entre l'Afrique et l'Amérique, et ils serviront à faire apprécier rimmense supériorité relative de Fancien esclava*^e ttinibien sur celui qui existe encore actuellement aux Etats-Unis.

Dans celte noble république, des journaux qui prennent les titres de républicains, de démocrates, qui sont remplis de déclamations contre les tyrans, et qui font sonner bien haut les nioU» de IValernité et d'égalité en inscrivant sur leur bannière celui de Liberty, sont régulièrement

couverts d'annonces de ventes d'esclaves noirs, mulâtres ou

quarterons, de tout âge, de tout sexe, et souvent de prix exorbitants.

V élève des esclaves s'y fait sur une grande échelle dans plusieurs £tats; et l'esclave y est regardé par les uns comme une marchandise, et par les autres comme un être auquel on dénie les droils au titre d iiouiiue. Dans cette contrée antidespotique la fin voulue de l'esclavage est uniquement Tavantage du mat Ire : c'est le despotisme le plus absolu et le muini> uuligé qu on puisse imaginer. Ainsi le témoignage d'un esclave n'y étant pas reçu en justice, son mal- Ire ( sl investi, par le fait, du droit de vie et de mort à son égard. Il peut le condamner, quand il le veut, et sans en rendre compte à personne, à des travaux aussi pénibles, et plus pénibles que toux d'un galérien. Il dispose entièrement de sa réputation. II peut l'accuser de toute espèce de crimes, et lui interdire en même temps lës enquêtes et les investigations au moyen desquelles il pourrait peut-être se justifier.

Dans plusieurs Elals, dans la Caroline du Sud par exemple, un maître peut assassiner son esclave, avec ou sans préméditation, et le meurtrier n'a besoin pour être acquitté que d'affirmer par serment son innocence, lors même que toutes les circonstances établiraient la présomption contraire, et que des témoins de couleur prouveraient péremptoirement la culpabilité de l'accusé.

Aux Etals-Unis, dans les Etats à esclaves, on sépare les familles sans plus de scrupule qu'on le ferait pour une

portée de petits chiens ou de petits chats. On arrache les enfants â leur mère; on vendra le père en Floride, la mère en Virginie. On échange les noirs contre des bêtes de somme. On les transporte enchaînés, les sexes mêlés ensemble, d*un marché du Nord dans un marché du Sud, pour en traiiquer plus avantageusement. Des maîtres donnent à leurs nègres, ou bien prennent pour eux et pour leurs fils, leurs esclaves nuiliUresses ou négresses, dont ils verront naître de pauvres petits esclaves, qu'ils pourront vendre un jour avec avantage.

Dans ce pays les esclaves n'ont pas plus le droit de posséder que celui de se marier légalement, et d'élever leurs enfants. On leur défend souvent d'assister au culte de Imt choix et même de se réunir pour prier Dieu.

On fait des lois, comme dans la Caroline du Sud, pour interdire aux maîtres d'esclaves de leur apprendre à lire et à écrire, sous peine de six mois de prison et de cent dollars d'amende, somme qui est aussi celle que l'on paie lorsqu on a coupé la langue ou crevé les yeux à son esclave, a supposer du moins que le jury ne considère pas ce fait comme un acte ordinaire de discipline domestique! £t encore faudrait-il, pour que la condamnation ail lien dans ce cas, que le dit délit soit affirmé par des témoins blancs et libres, car le témoignage d'un esclave est absolument sans valeur dans ce pays de liberté et d'égalité. En outre, le témoignage d'un blanc est toiyours acquis aux blancs» et le

nègre d'ailleurs osl trop craintif pour rendre témoignage contre un blanc, lors même qu'il pourrait le faire.

Les esclaves ne sont point considérés comme compris dans les règlements relatifs à la paix publique; ils ne sont point citoyens, et ne peuvent en conséquence avoir aucun litre à la proleclion de FElnt.

Toute personne qui voudrait avoir la plus petite école de nègres, ou qui donnerait qnel({ue éducation à ses propres esclaves, fût-ce à déjeunes enfants, doit, suivant la loi de Virginie, comparaître pour ce crime devant le magistrat, sans que celui-ci ail aucune latitude pour aduucir ou commuer la peine. La police est chargée de surveiller strictement les particuliers à cette intention.

Dans ce pays où règne nne liberté si noble, les lois punissent, comme dans la Caroline du Sud, le Mississipi, les maîtres qui, cédant à un mouvement de générosité, laissent leurs esclaves se faire un petit pécule personnel par leur industrie, leur talent ou leur activité. Et ces lois assurent une prime aux dénonciateurs, se plaçant ainsi par ce dernier fait à peu près sur le même rang que l'ancienne Inquisition d*Espagne, qui elle au moins avait à Torigine un principe moins inqualiliablc et moins vil.

On interdit Témancipation des esclaves dans la Géorgie, FAlabama, la Caroline du Sud, à moins d'un acte spécial de la législature de l'Etat, et I on punit d'une amende de deux cents dollars l*homme blanc qui contrevient à cette loi. Et, ehose horrible! uiciiic dans ceux de ces l:^laLs où le niaî-

tre peut aiïrancliir son esclave, ce dernier, après avoir élé rendu â la liberté, pourra néanmoins être enlevé, être remis en esclavage, cl être vendu de nouveau. Né esclave, il doil mourir esclave.

On fait la chasse à ceux qui s'enfuient, de la inème jiianière qu'on court le sanglier ou toute autre béte fauve. Des chiens énormes et féroces sont dressés et loués [tour traquer et décliirer les inallieuieux i st laves lugilifs.

Sur la proposition de M*^ C"\ le Ckingrès américain décréta en 1850 la loi dite du Compromis, par laquelle il est interdit sous peine d'amende et d'emprisonnement d*aider en quoi que ce soit la fuite d*un esclave.

La loi du 12 Février 1855 dans riUiiiois, Etat opposé à l'esclavage, renferme cependant, pour empêcher l'immigration des nègres libres, les paragraphes suivants : § 1. Le peuple de rillinois, représenté en assemblée générale, déclare: Que si une ou plusieurs personnes amènent, ou aident à amener dans cet Etat des nègres, des mulâtres ou des esclaves de couleur, libérés ou non, ces personnes pourront être traduites en justice; et, sur les preuves de leur ciilpabiliLé, elles seront punies d'une amende, qui pourra s'élever à cinq cents dollars pour chaque nègre ou mulâtre. De plus, la personne coupable sera retenue en prison jusqu'à Tentier paiement de l'amende et des frais. § 5. Si un nègre ou un mulâtre, libre ou esclave, vient dans TEtat et y séjourne, pendant dii jours, avec Tintention évi-

dente de s'y établir, il sera tout d'abord condamné à une amende de cinquante dollars, puis jugé par un jury de douze personnes. § 4. Si un nègre ou un iiiulàlre libre est découvert sur le territoire de riUinois, et qu'il ne puisse payer Tamende, il sera mis en prison, puis vendu aux enchères publiques. § 5. En cas de récidive l'anieude sera portée à cent dollars, et si l'homme de couleur ne peut la payer, il sera veiidii piibliqueiiienl. §7. La uioilié de la valeur de Tamende est accordée à Tespion, ou à celui qui trahit les fugitifs et les voyageurs de couleur, le reste va au fonds de ctiarilé. (Joli fonds de charilé!) Le § 9 renferme la pénalité à prononcer contre le juge de paix qui refuse de poursuivre dans de pareils cas. Le § 10 déclare que toute pei'sonne qui a un quart de sang nègre dans les veines^ est comptée comme mulâtre, et tombe (pour ce crime abomiiiahle) sous le coup de celte loi!

Que peut devenir dans de pareilles circonstances, l'homme de couleur, libre ou esclave? Béte de somme dans les Etals à esclaves, et béte tauve dans les Etats plus civilisés et plus philanthropes.

Et que de tristes lails à cUer avec un pareil système dont la conséquence a été de fausser l'esprit public, qui ne s'émeut nullement aux Etals-Unis de cruautés quotidiennes, dont le récit seul excite eu Europe une profonde indignation I — Tel fut en Mai 1847, dans la Caroline du Sud, le procès d'Elisa R qui avait tué à force de coups une

pauvre femme, uommée Marie, son esclave et sa nourrice, et qui fut acquittée à Gbarlestown, bien que les débats eussent ijiouvé son crime. Mais le lémoi^iia<^e dt^ esclaves étant nul devant la loi, et une femme esclave n'étant finalement qu'un esclave, les tribunaux déclarèrent que cet assassinat n'était qu'un acte ordinaire de discipline domestique. — Ou la condamnation à seulement sept cents dollars d'amende de ce capitaine de vaisseau dont IVquipage était composé d'esclaves, et qui avait fait couper la léle en plein jour dans le port de Gbarlestown à l'un de ses mate* lots, en y joignant tous les ralïinements de la cruaulé la plus barbare. — Ou Facquitlement de Thomas M gentleman arrêté à Walterborough dans la Caroline du Sud, pour le meurtre d'un esclave qui s'était enfui, et dont on ne connaissait pas le maitre. Le prévenu avait d'abord tiré sur le malheureux esclave, l'avait grièvement blessé, puis placé dans un tourniquet, ce qui est une affreuse torture; enfin, après l'avoir relÂcbé, il l'avait fait poursuivre par des chiens de chasse {blood hoimds, chiens de sanji ou de combat) et il avait fini par le bâcher en pièces, et le foire manger à ses chiens. — Ou la scène qui s'est passée récemment à Bàton-Kougc, petite ville de la Louisiane, où deux citoyens de cette cité essayèrent de reprendre un nè^ qu'ils supposèrent bonnement et gratuitement s'être enfui de chez son maitre. Le nègre qui travaillait dans un bateau, ne pouvant convaincre ses agresseurs de son innocence, et connaissant le soi l qui i attendait, résista ëner-

giquemeiil, lant à leurs allaques qu'à celles de leurs chieus, et ne périt qu'à la troisième décharge de leurs fusils, en s'enfuriranl dans iVau après une lutte désespérée. — Ou encore ce fait d'un maître qui, en Virginie, sur de simples soupçons contre son esclave, Tétrangla , après Favoir roué de coups, et l'ut acquitte à Tunanimité des jurés comme non coupable.

Et tant d'autres Taits sans nombre, et des annonces d'esclaves à veiidre en ^ros, en détail et par commission, ou de chiens à louer, destinés à traquer les malheureux esclaves qui s'échappent.

Voyez par exemple dans le « Mempbis £agle and Inquirer » du 15 novembre 1852 des avis comme ceux-ci: Je viens de recevoir de l'Est soixante-quinze nègres assortis. On est prié de se dépêcher si l'on veut avoir le premier choix. — Benj. L *"

Ou dans le « Natchez Courier » du 20 novembre 1852: Nègres, — Le soussigné a l'honneur d'informer le public qu'il vicMit de prendre à bail la maison située au carrefour de la route près de Katchez, et qu'il se propose d'y tenir à la disposition du public un bel assortiment de nègres pendant loulc lannée. Ses prix seront tout aussi modérés que ceux d'aucun autre marchand de la ville ou de la Nouvelle-Orléans. 11 vient d'arriver de la Virginie avec un très-joli assurtuncnt dhommes et de femmes, propres au travail des plantations; il en ramène aussi des domestiques, trois cuisinières et un charpentier. — On

peut venir les voir. — A vendre iiiiinédialenient un beau cheval, une selle et une carriole. — Th.-G. J"*

Ou dans le « Daily Orleanian » du 19 Octobre 1S5S: Dépol d esclaves de la Nouvelle-Orléans. — W" T" et C'* ont en mains un assortiment complet d'esclaves bien choisis à vendre. Vente et achat d'esclaves par commission. Nègres à louer au uiois; jeunes garçons, comme doniej^liques de maison; cuisinières, blanchisseuses, repasseuses, nourrices, etc. — Uéféiences: \V. W" el 0«; W. P"* et G'^ M. G'"; M. ï el C'«; E.-VV. D* *; J.-O. N." ' et 0\

La « DadeviUe Banner », dans l'Etat d'Alabama, consacrée à la politique, la littérature, 1 é<lu(:alion, Fagricullure, contient dans son numéro du i*'^ Septembre l'annonce suivante: Le soussigné, possédant une excellente meute de limiers (blood liounds) pour traquer et reprendre les esclaves fugitifs, a l'honneur d'informer le public que, pour l'avenir, ses prix reslenl ainsi (ix«'s: pour (jliaciue journée employée à traquer ou à chasser, 2 '/t dollars; pour chaque esclave repris, 10 dol.; pour les esclaves repris à plus de dix miUes, 20 dol. - B.

A-t-on jamais, chez les Musulmans, rien vu de pareil à

cet atroce et impudent commerce?

Faut-il continuer ces tristes citations par l'exemple des

dames Douglas de Stonebridge en Virginie qui. Tan passé,

furent traînées devant les magistrats pour avoir donné

d'une manière régulière et permanente, un enseignement verbal à quelques enfante nègres, rassemblés d*abord devant leur porte^ Ces daines^ tout en avouant leur crime, n'ima* giuèreul rien de mieux pour chercher à s excuser que de se bas^ sur Tignorance où elles étaient de la loi de VEtat. — Et pai Liiil *l autres laits encore qui monlrenl chaque jour que les esclaves de toutes nuances, chrétiens ou païens, peuvent, aui Etats-Unis, être entassés péle-méle dans de misérahU's huttes, basses, étroites, malpropres, sans plancher ni cheminée; sur un sol humide et froid; sans couverture ni meubles; qu'ils peuvent être surchargés de travaux, séparés de leurs familles, privés de toute instruction ou éducation quelconque, retenus dans le paganisme, connue aussi subir toutes les fatijiucs d'un travail sans relâche, ou endurer tous les tourments de la faim et mourir d'inanition; ou bien être déchirés par le fouet, torturés, mutilés, brûlés, souvent jusqu'à ce que mort s'en suive, sans trouver dans la loi ni garantie, ni aucune protection contre la barbarie d'un mauvais maître.

Ët Dieu seul connaît toutes les infamies et toutes les cruautés qui peuvent se commettre dans les pays où règne Tesclavage, car le l u ui de riiouime est un abiiue, el lorsqu'il est éloigné de Dieu, et livré sans contrôle à toutes ses passions, il est capable de tout^

Oui, honte à ces Etats du Sud, à ce peuple qui fausse les notions du bien et du mal, à cette conférence, par exemple, du clergé dans la Géorgie, qui a osé dire que

Tesdava^e n'est pas un mal au point de vue de la morale!

« Si j'ai dédaijmé, disent les Ecritures, de faire droit « à mon esclave ou à ma servante, quand ils ont eu « contestation avec moi, que ferai-je quand le Dieu Fort se « lèvera, et que Lui répondrai-je lorsqu'il me demandera « compte? Celui qui m'a créé, n'est-il pas le même Dieu « qui les a créés comme moi, et semblables à mol ? » (Job. XXX115, 14, 15.)

Voici les Etats de ITInion Américaine qui conservent cotte inhumaine inslilution el où Tesdavage est encore sanctionné par la loi: La Virginie, le Delaware, le Mary]and,la Ciiioline du Nord cl la (.aïoline du Sud, la Géorgie, la Floride, le Missouri, le Texas, TArkansas, la Louisiane, l'Alabama, le Mississipi , le Ténessé, le Kentucky, et le district de Colombie. — Dans le Delaware, le Missouri el la Colombie l'esclavage tend heureusement à disparaître. Le territoire de Kansas qui demande d'être annexé comme nouvel Etal, m sera admis dans l'Union que comme Ëtat sans esclaves.

Mais que les Etats du Nord qui se vantent de ne plus avoir d'esclaves, soient aussi humiliés par les puissances

musulmanes. En etiet, malgré des exemples nombreux d'un zèle abolitionniste aifssi énergique qu'honorable, malgré

VAmm'can anti-slavery society^ et une It^fiislalion certes plus équitable et plus tolérante, malgré des efforts persévérants,

on Irouve généralement chez ces populations un éioignement et un mépris prononcés pour les noirs^ les mulâtres, les métis, les quarterons, et même les blancs qui ont les ongles légèrement lâchés de brun ! Drapés dans leur ridicule, sot et coupable orgueil, ces gens -là, non-seulement l'ont lies lois pareilles à c elles de Flllinois , mais encore ne veulent pas s'asseoir dans une voiture publique» par exemple, à côté d'un homme de couleur, ni tendre la main à un pauvre nègre en péril; et souvent ces hommes (qui veulent parfois se mêler de faire la leçon aux souverains de TEurope sur la manière dont ils doivent traiter leurs peuples, et qui devraient bien regarder la poutre qui est dans leur œil, avant de crier pour une paille qui est dans 1 œil de leur prochain) chassent à coups de canne, ou à coups de pied, le malheureux qui a le lort d'avoir une peau un peu plus foncée que la leur, et qui, osant aspirer aux mêmes privilèges que les blancs, se permet de croire qu'il fait partie de l'espèce humaine.

Quelle différence entre cette conduite de beaucoup d'Américains, et celle pleine de douceur des sectateurs du Koran envers les hommes de couleur! Chez les musulmans les lois sont toutes faites en faveur de Tesclave, tandis qu'en Amérique, dictées par l'avarice et l'égoîsme, elles l'enserrent de toutes parts, comme dans une prison aux murs de ier. Chez les premiers, non-seulement le noir, le mulâtre est traité avec ménagements et bonté, mais il est considéré par les mœurs et par la loi comme Tégal de

I homme blanc ; aucun mépris ne pèse sur lui : en un mol, c'est un frère.

Et . quelle différence aussi avec l'esclavage tel qu'il a eiisté chez les anciens Hébreux! Ainsi l'acte par lequel s'alimentaient le plus fréquemment les marchés d'esclaves, c'est-à-dire l'enlèvement d'un homme, était puni de mort. (Exode XXI, 16.) — L'esclave hébreu recouvrait ordinairement sa liberté après six ans de servage, dans l'année sabbatique. « Si tu achètes un esclave hébreu, il te servira pendant six aiuiées, et à la septième tu le remettras en liberté sans exiger de rançon. » (Exode XXI, 2. Deut. XY, 12, 13. Jérémie XXXIV, 14.) Et» en tous cas, les esclaves recouvraient leur liberté en l'année du Jubilé, eux et leur famille ; ils n'étaient point renvoyés à vide, et ils rentraient avec leurs enfants dans la possession de leurs pères. (Lévitique XXV.) De plus, la loi garantissait à l'esclave une grande portion de son temps, dont il conservait la libre disposition : un jour sur sept. » (Exode XX, 10. i — Le pécule de l'esclave, ou ce qu'il gagnait en sus de ce qu'il devait à son maître, n'appartenait point, comme aux Etats-Unis, à ce dernier. Nous voyous même, dans le second livre de Samud^ un esclave de Saùl qui « possédait de grands biens, et avait vingt serviteurs à lui. » (11. Sam. IX, 10.) Au premier livre des Chroniques, nous lisons que v Sésan n'eut point de fils, mais des ûlles. Or il avait un esclave égyptien nommé Jarah, et Sésan lui donna pour femme sa fille, qui

Ini eofanta Uattaî. » Ët l'Ëcrilure ne nous dit-elle pas ailleurs que, si Abraham était mort sans enfants, le premier

(le ses esclaves eùl été son « héritier. * (Genèse XY, 5.) — La loi protégeait les esclaves contre toute violence. Il suffisait, comme chez les musulmans, que la brutalité d'un maître privâtson serviteur d'un CEil ou d'une dent, pour que celui-ci fût à l'instant affranchi. (Exode XX], 27.)— Les esclaves étaienl placés sur uu pied d egalilé complèle pour ce qui concernait les rapports civils et relif^eux. Us faisaient partie de la famille, el prenaient part à toutes les fêles particulières et nationales. (i>eul. 111, 2.) Ku un mol, loule:» les institutions mosaïques étaient si bien combinées en vue de 1 émancipation des esclaves, que, longtemps avanl la venue du Christ, il parait qu'il n*y en avait à peu près plus parmi les Israélites.

Enfin, pour achever de combattre cet odieux système d'esclavage qui fausse les notions du bien et du mal, qui heurte tous les instincts les plus sacrés de Thumanité, et qui est la source empoisonnée d'infinies douleurs physiques et morales, il faut qu'on démontre combien est tiuiv le lieu commun, si souvent répété, que le pauvre ouvrier des manufactures en Angleterre, le paysan en Irlande, ou le serf en Russie, est aussi à plaindre que l'esclave des Etats-Unis. Le moindre examen fait bien vite raison d'une allégation aussi erronée! Sans doute, les nègres appartiennent souvent, très-souvent, si Ton veut à de bons mailres, et ils peu-

veut vivre heureux, tant que ceux-ci existent, avec de l'eau pour boisson, et un peek de bië, de riz ou de patates su* crées pour toute nourriture (un peu plus de neuf litres par semaine); il est vrai qu'il est des maîtres qui, ne s'en tenant point à cette dépense de cinquante centimes par semaine, accordent à leurs esclaves une ration de blé beaucoup plus forte, qui y ajoutent même un peu de sel ou de tabac, et qui possesseurs de plusieurs centaines de nèjrres, ont des attentions pour quelques-uns; mais ce n'est pas là une règle générale, et la meilleure preuve de la misérable condition des esclaves, ce soul leurs fuites fréquentes, leurs actes de désespoir, les infâmes lois promulguées dans tant d^Etats, lesquelles toutefois sont heureusement aujourd'hui transgressées par bien «les maîtres, et les récits des personnes impartiales qui ont visité les Etats-Unis, sans parler des détails quotidiens donnés par les journaux du pays, et des aveux même qui échappent aux Américains.

N'est-ce pas un fait que, sur bon nombre des plantations du Mississipi, les nègres suulliviu plus ou moins de la faim à certaines époques de Tannée? « Pendant mon séjour dans le Sud, en Géorgie, dît le Horace Moulton, je dépensais en moyenne uu dollar par jour, pour nia nourriture, soit la valeur de quatorze boisseaux de blé par semaine. Ma seule dépensi' d'alimentation égalait donc celle de quarante-six esclaves. » Et M" Baudmot qui a navigué quelques années sur le Mississipi, déclare que dans les contrées rapprochées du lleuve, quand les baitaux sarrétcnl ia uuil,

ils sont constamment abordés par des esclaves qui mendienl quelque chose à manger.

« Tous les hommes, » dit la Déclaration de Tindépendance des Etats-Unis dont les principaux rédacteurs furent Franklin et Jefferson, « tous les hommes sont créés libres et égaux, et ils ont naturellement un droit égal à la \ie, à la liberté et au bonheur. )»

Et il est des répiiMirains américains qui émettent hautement, en 1857, leur désir de voir la traite des nègres rétablie! Sur quoi s'appuyeraient-ils pour légitimer leur langage? Serait-ce sur cette sanglante ironie de Montesquieu, laquelle n*est certes pas nouvelle : « Si j'avais à soutenir le droit que nous avons de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais. Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux d'Amérique, ils ont dû réduire les noirs en esclavage pour s'en servii' à délricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si Ton ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la léte, el ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre. — Il est impossible que nous supposions que ces i;ens-là soient des hommes, parce que si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. »

« La plus grande de toutes les injustices, parce qu'elle les comprend toutes, c'est l'esclavage, » dit Victor Cousin

dans son remarquable ouvrage « Du vrai, du beau ei du bien,

Les Saiateb Eciilures disent: « Dieu a fait naître d'uu seul sang tout le genre humain, pour élre disséminé sur

toute la surface de la tei re habitable. » Celle vérité biblique de l'unité de Tespèce humaine est aigourd'hui reconnue» acceptée et démontrée.

Si l'Evangile ne contient pas à Tégard de l'esclavage des prescriptions formelles, il n*en est pas moins évident que

cette horrible institution est éuiinemmenl contraire à son esprit Le christianisme qui reconnaît et consacre les différents rapports et les divers degrés d'une hiérarchie sociale inévitable et providentielle, s'oppose évidemment à ce qu'un homme possède sans contrôle son semblable, à ce qu'il puisse Tacheter, le vendre et en trafiquer à son gré.

Sans aucun doute, lorsqu'il s'agit de porter rémède à un

tel état de choses, on rencontre d'immenses diiiicultés: il ne faut ni s'en étonner, ni les méconnaître. Une population de trois millions et demi d'esclaves, repi^entanf une valeur d'environ six milliards de francs; le respect dû au droit de propriété; une confédération d'Etals qui ne peuvent adopter aucune loi capable d iinpiitucr une bonne impulsion au corps entier sans qu'elle ait obtenu l'assentiment de la majorité; 4e renchérissement prétendu des déniées, connue le sucre et ie colon, dans Je cas de Taf-

tiuiicliisscmenl des esclaves; loules ces objections, el il autres encore, peuvent avoir un certain poids.

Mais ce qu'il est navrant de constater, c'est que loin, de préparer les voies à l aboliliou de Tesclavage, ou seulement à un adoucissement dans le sort des esclaves, comme le ût le {glorieux Ackmed, bey de Tunis, qui rommença d'abord par déclarer que tout enfant qui uailiail de pareuts esclaves, serait libre, et qui affranchît lui-même ses nègres et ses négresses esclaves; bien loin d'adoplei quelque mesure qui donne au moins de Tespoir, avant de proclamer comme on Ta fait tout récemment en Orient, que Vesclava^'C n existe plus, les £tats-lJnis, au contraire, semblent marcher dans une route diamétralement opposée, et vont s'enfonr.'int toujours diivantajçe dans les ténèbres de lois odieuses, inhumaines et anlichréliennes, s endormant ainsi dans un coupable et dangereux égoîsme, sans vouloir regarder bien en face, el examiner sérieusement cette question si élevée de religion et de morale, qu'ils feraient bien aussi peut-être de considérer comme une question de haute prudence et de vraie politique.

Malheur à ceux qui foulent aux pieds l'esprit du christianisme, et qui violent les principes les plus naturels soit de l'humanité, soit de cette civilisation moderne à la téte de laquelle les Etats-Unis d'Amérique prétendent se trouver placés! Veulent-ils attendre, pour se réveiller, de voir un jour crouler leur esclavage au- bruit de quelque épouvantable coup de tonnerre. . , .

« Je tremble pour mon pays en pensant que Dieu est juste, • s'écriait en parlant de Tesclavage Jefferson, président des Etals-Unis en 1801.

« Cest à moi qu'appartient la vengeance, et je l'exercerai, 1» dit le Sei^eur.

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