SERVICE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
Le contrat nouveau qlii semblait être la continuation du premier que personne n'avait jamais vu, dont nulle trace n'existait dans les archives du Gouvernement, contrat dont les Frères eux-mêmes refusaient d'ailleurs communication, ce contrat, disons-nous, semblait être la négation des propositions accueillies et des votes acquis pour la création d'une école normale : le noviciat des Frères maintenu, c'était, en quelque sorte, le maintien de deux écoles normales. Mais le budget était-il assez bien doté pour supporter cette double dépense ? Puis le noviciat bien plus connu, n'aurait-il pas les préférences des candidats ? Les Frères enfin, qui avaient en mains la direction de presque toutes les écoles, ne seraient-ils pas les maîtres du recrutement? 11 y avait là de légitimes et justes préoccupations. — L'embarras était donc réel. Les Frères le sentirent, et toujours en gens habiles, ils demandèrent que des avantages nouveaux leur fussent accordés: mais ces exigences trop fortes refroidirent le zèle de leurs partisans, dont la plupart firent cause commune avec ceux qui voulaient s'affranchir du monopole congréganiste. Mais Técole qu'il s'agissait d'établir aurait-elle des candidats? L'inspecteur primaire fut chargé de s'en informer au cours de ses tournées. Cette enquête fut favorable. — C'était un grand point. Le Conseil général reprit donc son projet, et dans sa session de 1881, il vota les crédits nécessaires pour le fonctionnement de l'établissement à créer ; un arrêté du gouverneur sanctionna ce vote et le siège de l'école fut fixé à Saint-Denis.
On ne s'était pas trompé en espérant que des candidats se présenteraient. 56 prirent part au 1®*" concours, sur lesquels 32 furent déclarés aptes à. suivre les cours. M. Bossard, l'inspecteur des écoles de l'île, fut nommé directeur de l'établissement qu'on ouvrit le l®*" février 1882 dans un
local loué qui sans doute convenait peu à sa destination, mais un fait capital était acquis : Técole allait fonctionner.
On n'y attacha pas d'abord un nombreux personnel enseignant, celui que nous voyons- dans les écoles normales de la métropole : il se composait du directeur et de deux maître empruntés au personnel du lycée, mais on allait au plus pressé. Ces maîtres furent d'ailleurs remplacés par deux adjoints envoyés de France, l'un en mai 1882, Tautre en 1883. Mais le local était devenu insuffisant ; l'on dut s'installer ailleurs en 1884. Ce n'était point parfait encore, mais l'on était moins mal. En 1887, nouveau déménagement. C'est dans ce dernier local que l'école resta pendant dix ans, jusqu'en 1897, époque à laquelle elle fut annexée au lycée. C'est un acheminement vers sa disparition.
Le lycée, encore une fois, n'est pas la place qui convient. C'est une sorte de cours normal, un pis-aller, comme il y en avait en France avant l'application des nouvelles lois. Souhaitons que cette façon d'envisager les besoins du service y donne satisfaction. L'avenir répondra ; mais après l'expérience faite dans la métropole, on est en droit d'en douter.
En attendant, on ne peut que déplorer le fait. C'est sans doute les considérations de dépense qui ont imposé une semblable décision, car les critiques qu'on aadressées,
soit à la direction donnée, soit aux résultats acquis, ont été très vivement réfutées.