Fantaisie de Bélisaire, de Donizctti
8. Introduction et valses nouvelles composées pour la fête par A. Bessems.
A neuf heures, la grande Salle de bal s’ouvrit, et là, en présence de M. Teichmânn, Gouverneur de la province, de M. Gérard Le Grellc, Bourgmestre, et d’autres personnes notables, M. Félix Grisar prononça les paroles suivantes au nom de la Direction :
“ Messieurs,
“ Il y a un au à peine, nous eûmes l’honneur de vous convier à la pose de la première pierre des grandes constructions que vous voyez aqjourd’hui dans leur entier achèvement.
“ A cette époque ce jardin, déjà si agrénble, n’était qu’un vaste champ.
“ Si je vous rappelle ces faits, que vous connaissez tous, ce n’est point, je l’affirme, dans un hnt d’orgueil personnel, non, Messieurs, mais pour payer publiquement (le hasard m’ayant fait aujourd’hui la plus belle part), un juste tribut d’éloges aux personnes qui, faisant abnégation de leurs propres intérêts, ont voué une grande partie de leur temps et tout leur zèle aux plaisirs du public, et ont, je tiens à le dire, bien mérité de la Société.
“ Celui de nos membres auquel, sans contestation, revient la plus large part d’éloges, est Monsieur G. Verbert, qui, par les plans ingénieux du jardin, conçus et exécutés sous sa surveillance immédiate, a créé l’ensemble de vues que nous admirons tous.
“ C’est à Monsieur E. C. De Wael qu’est incombée la tûche la plus difficile et la plus ingrate peut-être, — celle de traiter les questions d’exécution, des (inanccs et d’économie, — pierres angulaires de tontes les Sociétés.
“ J’ose le déclarer, sans blesser la modestie si estimée de Monsieur De Wael, il s’en est acquitté avec zèle et honneur.
“ Nous voilà Messieurs, arrivés au terme de nos travaux, et la Société, régénérée et rajeunie, après trente années de durée, ne demande que du temps et, chose essentielle, beaucoup de membres, pour conquérir uue des premières places parmi toutes les Sociétés analogues du pays.
Espérous que nous célébrerons touscusemblc lcJubilédc 50 années d existence de notre réunion. Une uouvcllc génération y dansera,^ — nous y applaudirons.
J’ai dit en commençant que le hasard m’avait fait la plus belle part, puisque je me trouve appelé A livrer à notre Société le fruit du travail et des soins de tous les .Membres effectifs, parmi lesquels nous sommes fiers de compter le premier magistrat de notre proviuce.
“ Honneur à l’homme éinincut, qui n’a pas dédaigné d’apporter le concours de ses lumières dans les menus détails qui nous ont occupé.
“ Double honneur au Magistrat qui étend sa sollicitude jusqu’aux plaisirs de ses administrés.
“ Mais n’oublions pas, Messieurs , la cheville ouvrière , l’Ame créatrice de tout notre édifice. A nous était la tâche aisée, à elle la tâche difficile, la tâche artistique.
“ En effet à qui devons nous le plan du bâtiment, que nous admirons et qui répond si bien au but qu’on s’était proposé ? Quel est l’architecte qui a su conquérir la palme dans nu concours public soumis à*nn jury d’hommes experts et impartiaux ?
“ C’est, Messieurs, un tout jeune homme, un modeste et aimable enfant de notre Cité, nu lauréat de notre Académie, M. Pierre Dens. Applaudissons le digne jeune homme, l’architecte consommé.
" En le félicitant, ne soyons pas ingrats envers les exécuteurs de son œuvre. Car, Messieurs, en fait de construction, il y a faire et bien faire ; il y a exécution, prise à la lettre, et exécution telle que l’entend l’entrepreneur que nous avons eu le bonheur de rencontrer.
“ Je me plais doilc à exprimer publiquement an nom de la Société Royale d’Harraouic, un vote de rcmcrcîmcnts à l’entrepreneur, M me V* Vau Enschodt.
“ Nous savons tous, qu’en cette circonstance, M me Van Enschodt u’a eu qu’un seul but, celui de nous livrer l’œuvre d’un concitoyen, exécutée dans les petits détails avec un soin consciencieux et irréprochable.
“ Nons savons aussi que M m * Van Enschodt, en exécutant pour la somme modique de fr. 59,000 le travail considérable que vous apprécierez, doit trouver la rémunération de scs peines dans l’honneur qui lui reviendra, et les rcmcrcîmcnts publics de notre Société ; ceux-ci s’adressent aussi à M. Van Kerkhovcn, jcuuc et habile sculpteur, qui seul, de sa propre main, a exécuté le frontispice que nous admirons et cela eu moins de 30 jours.
“ Il me reste à voter des rcmcrcîmcnts à tous les employés de la Société et en. particulier à uotre Secrétaire M. Gillis. Tous ont bien mérité de la Société. „
La ceremonie du 7 juin 1846 clôtura dignement la deuxième période de l’existence de l’Harmonie. En possession d’un local, disposant de ressources considérables, la Direction était à même de donner un grand développement aux fêtes de la Société. C’est cc cju’ellc fit; nous décrirons scs travaux dans le chapitre suivant.