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I] fall: tt un courage et une vigueur plus
qu'ordinaires pour supporter les fatigues de ce pénible apostolat, et porter les secours de la religion aux fidèles disséminés sur une longue côte : ces qualités, M, Nadeau les possédait au suprême degré.
Le souvenir de ces courses évangéliques est encore et restera tongtemps gravé dans la mémoire des premiers habitants de ces endroits.
[n’y avait alors que des chemins très peu praticables ; il fallait, le plus souvent, aller administrer les malades, dire la messe, ete., à pied, ou sur une barque de pêcheur.
Que de dangers, que de tempêtes affrontés, montés sur ces frêles embarcations, pour aller porter à ces populations éparses et délaissées la lumière, la consolation et le salut !
Quand l’eau devenue pesante et surchargée de glaçons, ne permettait plus de voyager par cau sans un danger imminent, il chaussait alors la botte canadienne pour longer les grèves à travers la vase ct les glaces brisées que le vent du nord entassait sur la rive.
I! lui fallait escalader des rochers escarpés ; couper des baies profondes ; ça et là
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de petites rivières devant être traversées à œué ; de longues distances franchies sans rencontrer de maisons habitées ; souvent obligé de coficher dehors, et dans la säison la plus rigoureuse, jamais 1l ne faisait entendre une plainte.
Que de tristes journées passées ainsi sans abri, exposé quelquefois à une pluie torrenjielle, ou à la rigueur du frogl dans les fongues nuits de l'automne et de Fhiver.
Voici une épisode qui nous a été rapportée.
Ua jour, ou plutôt une nuit, un jeune homme vint à Rimouski le prier de descendre à Ste. Anne-des-Monts pour administrer $a mère dangereusement malade.
Quoique souffrant lui-même et de retour à peine d’une de ses pénibles expéditions, AT. Nadeau n'hésite pas un instant à partir, accompagné de celui qui était venu le chercher.
Où était alors à la fin de décembre ; le temps était affreux ; un vent de tempôte
souflait du nord-est et la neige, en gros :
flocons, tombait en Fé
Ils eurent à patauger dans la vase et passer dins l’eau à mi-jambe les petites rivitres qui leur barraient le passage,
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