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fiit bientôt lié de la plus intime amitié, firent connaître aux directeurs de la Compagnie des Indes le désir qu'il avait de donner une édition du Rtg-Véda. Les directeurs , avant d'accueillir ce projet , tâchèrent de trouver, parmi tes Pandits de l'Inde, des savants qui fussent à même d'entreprendre ce travail. Mais lorsqu'il fut constaté dans les réponses qu'ils reçurent de l'Inde, et qui ont été publiées, qu'aucun Brahmane n'osait publier le texte sacré du Rig-Véda, ils acceptèrent la proposition de M. Max Mùller, et se chargèrent des frais considérables d'une telle publication : aussi , quand parut en 18^9 le premier volume du Rig-Véda, c'est à eux qu'il fut dédié. Le second volume fut publié en iS54, et le troisième en i856. Après la suppression de la Compagnie des Indes, le gouvernement anglais ne voulut pas qu'un tel monument pût rester inachevé, et continua à cette grande entreprise le même patronage ; c'est pourquoi nous voyons que le quatrième volume^ publié en i86a, est dédié à S. M. la reine Victoria (i). De cette manière les huit premiers livres du Rig-Véda soutaujour-
(1) Chaque volume est précédé d'une importante préface, dont nous ne pouvons indiquer ici les sujets que de la manière la plus sommaire. Tome 1. M. HûUer décrit les manuscrits dont il s'est servi. Tome II. 11 donne le relevé d'un grand nombre de variantes, et termine cett« PréCace (p. LX) par un hommage rendu à la mémoire d'Eugène Bumouf. Tome m. Après une discussion sur l'usage qu'il faut faire du commentaire de Sàyana, il donne le relevé des variantes. Tome rv. Discussion d'une question astronomique (les nakshatras).
Ces qoatf e volumes contenant quatre mille pages in-quarto, on a bit remarquer avec raison que personne n'a encore édité autant de textes sanscrits que H. Hax Uilller.
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d'huî entre les mains du public, et l'on peut espérer la prochaine publication des deux autres livres encore inédits.
Les plus grands indianistes de l'Europe ont rendu pleine justice à la vaste science et à la pénétrante sagacité dont M. Max Mùller a fait preuve daos son édition du Rig-Véda. Mais, dans l'Inde elle-même, ce travail a reçu un hommage qu'il ne nous est pas permis de passer sous silence. Dans une lettre écrite en i86a de Pounah, dans la présidence de Bombay, M. Martin Haug (i) dit qu'en cette même année il y avait eu à Pounah une très-nombreuse réunion de savants brahmanes qui s'y étaient assemblés au nombre de sept cents; qu'ils avaient examiné l'édition du Rig-Véda donnée par M. Max Millier et qu'ils l'avaient déclarée plus correcte et plus complète qu'aucun de leurs manuscrits. Us ne voulaient cependant pas l'adopter pour leur propre usage, parce qu'ils ajou> taient foi à un bruit qui avait été répandu parmi eux, savoir, que le sang des animaux entrait dans la composition de l'encre avec laquelle on imprimait les livres en Europe. Us finirent par faire corriger leurs propres manuscrits sur l'édition de M. Max MûUer.
(1) M. Hartin Haug, qui était à cette Époque directeur des étpdes sanscrites au collège de Pounah, est connu du monde savant par ses travaux sur le zend et sur la religion desParses.el aussi par son édition en 2 vol., avec traduction et notes, de YAttareya- Brûhmana du JSig-f^éda. Un brâhmana (ainsi nommé, pense H. Haï Millier, parce que ces travaux ont été composés par ou pour les br^manes) est un traité tbéologique et surtout liturgique, qui donne des explications sur les mots des Védas et spécialement sur les innombrables détails du riiuel minutieux des brahmanes.
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Ce récit du docteur Haug nous rappelle un fait analogue raconté en ces termes par M. Barthélémy Saint- Hilaire dans sa Notice sur Eugène Bumouf : « Dans une polémique religieuse que les Piirses de Bombay ont soutenue dans ces derniers temps contre des missionnaires protestants, on s'est servi de part et d'autre, en citant les livres de Zoroastre, de l'interprétation qu'en avait donnée le Commentaire sur le Yaçna, C'était la science du jeune pbilologiie français qui faisait autorité pour tes adorateurs d'Ormuzd (i). »
On éprouve un plaisir mêlé de tristesse à pouvoir ainsi rapprocher les noms de deux hommes si dignes d'être unis par une longue amitié, et que la mort a séparés si tôt. Pour le cœur reconnaissant et affectueux de M. Max Mùller, la perte d'Eugène Burnouf fut un coup cruel, et, à la première occasion qui s'offrit, il rendit à sa mémoire un touchant hommage dans une page éloquente que nous nous faisons un devoir de traduire ici en entier, pour montrer, une fois de plus, comment on parle, à l'étranger, de ce rare génie dont la France est à juste titre si fière. « Depuis la n publication du premier volume du Rig-Véda, i> dit M. Max Millier en terminant la préface du second, volume, a nous avons souffert une perte irréparable. « La mort d'Eugène Burnouf a privé la philol<^ie « sanscrite d'un de ses principaux soutiens, d'un de « ses plus grands ornements. Sa perle se fera long-- « temps sentir dans différentes branches des études,
(1) Journal det Sacantt. 18S2j p. 486.
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R orientales, où son nom est attaché à quelques-unes « des plus brillantes découvertes de Dotre siècle ; nulle a part elle ne sera sentie plus longtemps ni plus vive- -« ment que parmi ceux qui étudient et qui aiment la < littérature sanscrite. Des ouvrages de Bumouf il « n'est pas besoin que je parle ici. En donnant le a premier un déchiffrement scientifique des inscrip-
lions cunéiformes, il s'est élevé un monument plus « durable que les annales gravées sur les rochers de u la Perse. En tant qu'il a été le premier savant qui u ait su le pâli, et en sa qualité d'historien du boud- « dhisme, sa renommée ne sera pas facilement surpassée « par les recherches futures. Et son titre de premier « éditeur et de premier interprète du Zend-Avesta
1 fera vivre sa mémoire aussi longtemps que la race « humaine aimera à se rappeler les traditions de sa a première enfance. Mais la clef qui avait ouvert à « Bumouf toutes ces découvertes était le sanscrit; et « c'est dans la philologie sanscrite, où son influence « était le plus salutaire, que sa perte est aujourd'hui Il sentie le plus douloureusement. Je ne fais pas ici « allusion au Bhagavata-Puràna ni aux autres monu- « ments de sa persévérante ardeur au travail qui res- « tent maintenant inachevés, ni aux ouvrages qu'il « projetait, ni aux trésors qu'il avait amassés. En per-- « dant Bumouf, nous avons perdu non-seulement un « collaborateur infatigable, non-seutement un maître « désintéressé, mais un juge très-respeclé, dont l'appro-
(I) Etig-Veda Sanhilà, vol. Il, p. XL.
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» bation était recherchée de tous, dont la censure If était redoutée, et dont les décisions ne manquaient « jamais d'être distinguées par l'équité et la justesse. n Encore qu'il n'ait publié que peu de chose sur le K Véda, cependant je puis affirmer sans crainte de me H tromper, et ceux avec qui j'ai eu l'avantage de " suivre ses leçons au Collège de France, Barthélem)^ !i Saint-Hilaire, Gorresio, Nève, Pavie, Foucaux, Koth,> a Goldstùcker, Bardelli et beaucoup d'autres, confir-' H meront mon assertion, qu'il n'y avait pas alors e»' K Europe de savant qui fût plus versé que Bumouf s dans la langue et dans les traditions du Véda. Ami « intime de Rosen, lui seul perpétua, après la mort de n Rosen, la tradition des études védiques. Il voulait H que tous ceux qui venaient travailler sous lui fussent Œ pénétrés de l'importance de ces études, et il leur (I prouvait que, pour avoir une intelligence vraie de <r l'histoire primitive de l'humanité, et pour faire une «étude comparative des religions de l'Orient, la u connaissance du Véda était indispensable. C'est à lu» K que l'on doit la nouvelle impulsion donnée dans a cette direction à la philologie sanscrite, et la publii cation subséquente de nombreux travaux sur le» H Védas; et pour ma part, je ne puis que répéter que a sans les conseils, l'encouragement et l'assistance de H Buraouf, je n'aurais jamais pu entreprendre cette a édition du Rig-Véda. Lorsque j'appris la nouvelle K de sa mort, il me sembla, et nombre de personnel " occupées d'études du même genre ont dû éprouver a la même impression, que notre travail avait perdu
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H beaucoup de son charme, et, en quelque sorte, « son but. Quen dira Burnouf? telle fui ma première « pensée, quand j'achevai le premier volume du Hig- « Véda. Et aujourd'hui que je finis le second volume, a soumis à son tour à l'appréciation de tant de savants « dont j'admire la science, et à l'amitié desquels « j'attache un haut prix, mes pensées se reportent ^ encore vers celui qui n'est plus au milieu de nous, « et je me demande, non sans tristesse, quel eût été « soD jugement sur mon travail. »
Tel était le Hen étroit qui a d'abord attaché M. Max MùUer à la France, et que les années n'ont fait que resserrer, à mesure qu'ont aug;menté ses relations d'amitié avec beaucoup des plus illustres représentants de la science française.
En iâ56, M. Max Mùller commença à publier à Leipsick une autre édition du Rig-Véda (i), sans le commentaire de Sàyana, mais avec le Rig-pràtiààkbya (a) , ou traité de la phonétique et de la grammaire du Rig. \a seconde livraison parut en i857,
(1) Rig-Veda, oder die heiligen Lieder der Brahmanen, herausgegebenïon Mai Mûller,'mit einer EinleituDg, Teït und Uebersetzung des Pràti^khï& oder der Blte&ten PhoB.etik und Grammatik enthaltend, Erste Lieferung. Leipzig, F.-\. Brockhaus, 1856. — Le Rig- Véda, ou les chants sacrés des BrahmaRes, publiés par Max Huiler avec uoe introduction coDteoant le teite et la traduction du Prâti- Sdkbja, ou du plus ancien traité de phonétique et graininaire, première livraison. Leipsick, F.-A. Brockhaus, 1S56.
(2) Colehrooke, qui avait pu se procurer dans l'Inde les quatre Védas, leaBrâhmanas et La plupart des Upanisbads (qui sont des traités du même genre, mais d'un caractère moins sacré que les Br&btnanas), n'a pas eu entre les mains les Prâtiéâkbyas dont Roth a le premier démontré Timportante en 1,84S.
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et cette publication fut alors interrompue; mais elle a été reprise depuis, et la Hn de ce travail est en ce moment sous presse. Dans la même année f856, un indianiste consommé, M. Adolphe Régnier, commença flans le Journal Asiatique de Paris la publication de ce même Prâtiéâkhya. Et lorsque ces deux savants se virent engagés dans un même chemin, faute d'avoir connu au préalable leurs intentions récipioques, ce fiit entre eux une lutte de courtoisie, à qui se retirerait devant l'autre.
Avant la publication du premier volume du Rig- Véda , M. Max Miiller s'était déjà fait connaître du public anglais. V Association britaimique pour l'avancement de la science s'était réunie, en 1847^3 Oxford, et devant elle M. Max Millier lut son Essai jur le bengali et ses rapports avec les langues aryennes, lequel a été publié dans les Hémoires de cette Association (■).
Dans la séance du a5 octobre 18^9, l'Institut de France accorda le prix Volney au manuscrit de M. Max Millier intitulé « De la philologie comparée des langues indo-européennes dans ses rapports avec la civilisation primitive de l'Iiumanité » (s). Cet essai, encore inédit, est écrit en anglais. L'auteur, disait en terminant Je rapport qui lui décernait le prix, mettant à profit ses études sur les Védas et sa connaissance de la phi-
(1) Essay on Bengalee and ils relatioa to the Arjan Langinages. (Trauacd'oRf oftAe SritUh ^isoeiation \a 1847.)
(3) On the comparatiTe philolog; of the Indo-Europeaa languages in its bearing on the early ciiilisalion of mankind.
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