‹ Notice sur la vie et les travaux de Ph.-J. RouxChapitre 5 sur 9 · DE PH. -J. HOUX · texte numérisé non relu

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celle (le prouver publiquement que ces deux chirurgiens, autrefois ses élèves, étaient dignes du nom honorable qu’ils portaient.

C’est donc dans ce rapport, fait, si je puis le dire, avec une véritable affection, qu’il faut chercher la dernière opinion de M. Roux sur la taille et la lithotritie.

Chez les adultes, pour les calculs de moyen volume, il n’hésite pas à se prononcer en faveur delà taille latéralisée de préférence à la taille bilatérale, comme étant d’une exécution plus facile et plus prompte. Passant ensuite à l’examen du choix des méthodes d’après les âges, il commence par faire ressortir combien l’affection calculeuse est rare parmi les enfants de la classe aisée et fréquente chez les enfants de la classe pauvre, soumis à un régime insuffisant ou malsain. Puis abordant les motifs qui lui font préférer la taille dans l’enfance, il énumère les considérations pratiques très justes que vous connaissez tous, telles que la facilité de l’opération, la promptitude de la guérison et la rareté des hémorrhagies ou des accidents consécutifs. Comme ce travail lui fournit l’occasion de parler des divers accidents de la taille, il en profite pour insister sur la gravité des hémorrhagies, et rappeler qu’à une époque assez éloignée, il conseilla et pratiqua plusieurs fois avec succès la ligature de l’artère honteuse interne pour remé-^ (lier h la blessure d’une des artères du périnée.

Enfin, ce rapport n’est pas seulement intéressant parce qu’il ré.sume l’opinion de M. Roux sur une question difficile, mais aussi par les rfîflexions (jui le terminent.

Déplorant avec raison le peu de soin (jue les chirurgiens mettent à enregistrer le nisultat de leurs oi)érations, il leur

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(lit combien ils ont tort de se contenter , pour eux-mêmes , de leurs impressions générales et de leurs simples souvenirs, et combien seraient utiles pour la science des relevés statistiques complets et rigoureux. Et, comme le besoin de la vérité le domine, il rappelle à l’Académie l’espèce d’engagement tacite qui avait été pris par tous ceux qui étaient le plus en position de pratiquer la taille ou la lithotritie. « Ne soyons pas, dit-il , » retenus par la crainte d’avoir à mentionner trop de revers ; » un pareil sentiment d’amour-propre ne saurait être approuvé; » toute considération doit céder devant l’intérêt de la science.»

Ah! si ces belles paroles pouvaient être entendues de toutes les sociétés savantes; si chacun de nous voulait, dans sa pratique , recueillir avec soin tous les résultats non-seulement de ses tailles et de ses lithotrities, mais de toutes ses opérations, ne voyez-vous pas tout de suite que de doutes levés, que de questions résolues, et avec quelle rapidité la science s’avancerait vers la vérité, au lieu de s’épuiser en vains efforts à renverser le passé ou à errer au milieu du doute et de l’incertitude?

La lithotritie, cette opération si ingénieuse, n’avait donc pas trouvé en lui une opposition systématique , mais un juge éclairé et impartial. Plus tard, lorsque la question de l’anesthésie, cette autre découverte moderne, vint à être portée devant les corps savants, loin de la combattre, il s’empressa de la défendre, malgré ses imperfections et ses dangers, et de l’accueillir comme un moyen salutaire appelé à délivrer désormais les malheureux patients d’horribles et cruelles souffrances.

Kocouuuissant tous les .services (pie la ténotomie bien appli-

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quée peut rendre dans mainte circonstance, il y recourut plusieurs fois ; il l’employa même dans le strabisme.

J’aurais peut-être évité de vous entretenir de ses opinions sur ce sujet, si lui-même n’y était revenu à plusieurs reprises, et notamment en \8k0, lors de la communication de M. J. Guérin à rinslitut.

Nous avons tous notre faible, et M. Roux, qui avait bien d’autres titres à une juste célébrité que celui d’avoir guéri quelques personnes du strabisme par le seul effet d’une ferme volonté ou d’un exercice régulier , n’eut garde de laisser échapper l’occasion de revenir sur la communication qu’il avait faite en 1815. Mais il faut dire que , malgré tout ce que son opinion pouvait avoir de juste sur les causes et les effets du strabisme, l’exemple qu’il choisissait n’était malheureusement pas fait pour porter la conviction dans l’esprit des assistants : il suffisait, en effet, de le regarder un instant pour voir que malgré toute sa bonne volonté et tous ses efforts, l’un de ses yeux était habituellement dévié de l’axe naturel.

En rassemblant ses divers mémoires, son travail sur les plaies par armes à feu, les articles si importants du Dictionnaire en trente volumes et les rapports qu’il fit tant à l’Institut qu’à l’Académie de médecine, M. Roux ne pouvait pas se reprocher de n’avoir rien écrit. Cependant malgré ces preuves nombreuses de son activité, il ne se croyait pas encore quitte envers la science.

« Dans une carrière , disait-il , où l’observation est une » source inépuisable de nouvelles lumières et ajoute sans cesse •) à 1a somme des connaissances acquises, chacun est comptable

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» des fruits de son expérience envers ceux qui lui succèdent ,

» c’est une sorte d’héritage dont il doit compte à la postérité » et que celle-ci a le droit de réclamer. »

Ce fut dans cette pensée qu’il entreprit de publier, sous le titre de Quarante années de pratique chirurgicale, tous les matériaux qu’il avait pu recueillir pendant sa longue carrière. Pour cet ouvrage, qui eût été en quelque sorte le legs de son expérience à la postérité, il avait choisi la forme épistolaire comme celle qui lui permettait le mieux de suivre son inspiration et de s’abandonner à l’impulsion de son esprit sans être retenu par aucune contrainte.

Une autre pensée lui avait inspiré le choix de cette forme : il voulait que ses lettres fussent comme autant de monuments élevés à l’amitié ; elles devaient porter les noms des savants illustres qu’il affectionnait, de Lawrence, de Valentin Rlott, de Riberi, deChélius.

M. Roux commença cet ouvrage par la chirurgie réparatrice ; c’était un de ses sujets favoris et un de ceux qui avaient le plus contribué à sa réputation.

Il dédia le premier volume à l’illustre chirurgien de l’hôpital Saint-Rarthélemy de Londres, àW. Lawrence. La préface qu’il mit en tête est peut-être le portrait le plus fidèle que jamais auteur ait tracé de lui- même. Qui ne reconnaît son caractère dans ces lignes : « Je n’ai suivi d’autre règle que celle qui » m’était dictée par ma convenance, par la direction de mes » pensées ou par l’impulsion que mon esprit a dû recevoir des » circonstances ? » N’est-ce pas là l’homme tel que nous l’avons connu, dont l’imagination féconde et la mémoire riche de faits

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