‹ Notice sur la vie et les travaux de Ph.-J. RouxChapitre 6 sur 9 · DE DH.-J. ROUX · texte numérisé non relu

DE DH.-J. ROUX

intéressants avait souvent peine à se contenir dans les limites d’une question.

Cet ouvrage, qui n’est qu’une série d’entretiens sérieux, renferme les préceptes les plus instructifs ; ce n’est plus l’art didactique gêné par la contrainte , c’est une conversation facile dans laquelle les plus hauts préceptes de l’art font suite à des observations empruntées à la longue et riche pratique de l’auteur. Voulez-vous être initiés à cette foule de petits détails si futiles en apparence et si précieux dans l’application, étudiez, méditez les Lettres sur la chirurgie réparatrice.

Outre tout le talent avec lequel elles sont écrites, il y a une autre qualité bien plus précieuse qui domine, c’est cette excessive bonne foi qui fut du reste le propre du caractère de M. Roux . A côté du succès, vous trouvez le revers ; commet-il une faute, une erreur, il ne cherche pas à la dissimuler ; il la découvre et la met au grand jour, afin que d’autres ne viennent pas se briser sur le même écueil. Ne mettant, du reste, dans Thistoire de ses propres découvertes, qu’un sentiment d’amour-propre bien naturel, il sait parfaitement rendre justice à chacun.

Ce volume était en cours de publication lorsque M. Roux ressentit les premières atteintes du mal qui devait bientôt l’emporter : malheureusement il ne put voir se réaliser le vœu qu’il avait formé depuis si longtemps. L’ardeur, l’activité qu’il mit à ce travail hâtèrent sans doute sa fin , et il descendit dans la tombe sans jouir de ce dernier succès.

Frappé d’une congestion cérébrale au moment où il se rendait à l’Institut pour remercier ce corps savant (|ui venait de l’élever aux honneurs de la présidence, il sentit (ju’il tou-

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chait à sa fin; il essaya cependant de lutter contre le mal , et un instant sa main défaillante reprit la plume ; mais bientôt , une seconde attaque, plus violente que la première, lui enlevant toutes ses facultés, il n’eut même pas la douce consolation de reconnaître à ses derniers moments sa famille et ses amis réunis pour lui prodiguer les soins les plus affectueux.

Bien que depuis cette rechute tout espoir de guérison fût perdu, la nouvelle de la mort de M. Roux fut un coup pour tous ceux qui le connaissaient, et elle retentit douloureusement au sein de la Société de chirurgie. C’est qu’il en est d’une société comme d’une famille: lorsqu’une nouvelle alliance vient augmenter sa considération, son bonheur, elle célèbre ce jour avec joie, et, lorsque la mort vient enlever celui qui était un juste sujet d’orgueil, l’affliction est générale; on se rappelle le mérite, les qualités de celui qui n’est plus, et l’on regarde avec tristesse le vide qu’il a laissé.

A notre douleur, une autre inquiétude vint s’ajouter : qu’allait devenir l’ouvrage qu’il avait entrepris ? Cet ouvrage, destiné à sauver de l’oubli tant de précieux documents, allait-il rester inachevé? Heureusement non. S’il avait été dans la destinée de 1\I. Roux de ne pas voir se.s derniers vœux s’accomplir, il (itait réservé à la Société de chirurgie de rendi'e à sa mémoire le même témoignage de respect et d’attachement qu’il avait rendu à celle de Bichat en terminant son Anatomie descriptive.

Dans la séance du 26 avril, sur la proposition de notre honorable collègue M. Larrey, il fut ilécidé (ju’une démarche serait faite prèsdela familledu défunt pourluioUVirde surveiller la fin

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