MONOGRAPHIE DE L'ÉGLISE SAINT-ARMEL
L'église paroissiale de Eloërmel est à la fois le plus curieux monument de cette ville, et l'un des fleurons de l'architecture religieuse en Bretagne au xvie siècle.
Elle se compose de trois nefs, sans transepts proprement dits, les chapelles absidales formant seulement une légère saillie. Au levant, elle se termine par un chevet droit; au couchant, par une tour carrée, imposante dans sa masse, malheureusement couronnée par une détestable balustrade qui entoure la plate -forme et porte la date de 1740. Au Midi et au Nord, deux porches donnent accès dans le vaisseau.
Il est facile de préciser l'âge de diverses parties de la construction.
Nous avons vu, dans le chapitre relatif à la Communauté de ville, comment le seigneur de Quéhéon avait acquis, en 1456, le droit de construire une chapelle privative, au chevet de l'église, du côté de l'évangile.
On voit, par le devis passé entre Pierre du Guiny, sieur de Quéhéon, et Gilles Le Bloy, maçon, pour la construction de cette chapelle, le 46 juillet 1436, que l'église était, en cet endroit, terminée par un chevet complètement clos du côté du Nord; car il y est porté qu'on fera « un arc » entre la chapelle et le chancel ou chœur de l'église, et plus tard, à la date du 28 avril 1438, Pierre du Guiny, plaidant contre Gilles Le Bloy, qui n'avait pas terminé l'ouvrage dans le temps voulu, articule que « pour faire cette chapelle il avoit convenu faire ouverture audit chanceau qui est en l'église parochiale du dit lieu et où l'on fait le service divin, par quoy on ne peut bonnement plus faire le dit service audit chanceau, jusques à ce que cette chapelle soit accomplye et édifiée, et de quoy les paroissiens d'icelle en font ou peuvent faire action au dit du Guiny. » (1)
J'inclinerai même à affirmer que cette abside était circulaire; ce qu'indique la courbure si bizarre du chœur actuel en cet endroit, parce que les droits acquis aux seigneurs de Quéhéon ne permettaient pas de suivre la ligne droite comme on l'a fait du côté de l'épître, lors de la reconstruction du chevet. Cette conjecture est confirmée par un tout petit fragment
(1) Archives du Crévy. Pris sur une copie communiquée par M. l'abbé Peschart.
de muraille romane que l'on peut voir à l'extérieur.
Quoi qu'il en soit, le gros œuvre de la chapelle de Quéhéon fut terminé par Alain Bérard, maçoq, en 1457 seulement, et l'autel fut fait en 1459 par Guillaume Le Bourdonnet. Le premier devis de cet autel, passé avec Gille Le Bloy, portait qu'il serait « garni de deux piscines faites de pierres de taille bien et dùbment, dont y a une d'icelles pour servir pour le grand aultier de Saint-Armel, et l'autre à servir à l'aultier d'icelle chapelle. »
En l'année 1457, ainsi qu'on l'a encore pu lire dans la seconde pièce des archives du Crévy, citée par nous au même chapitre de la Communauté de ville, les paroissiens de Ploërmel bâtissaient une sacristie tout contre la chapelle de Quéhéon, entre la nef de leur église et les murs de la ville, dans la partie du cimetière qu'on nommait le cimetière de Saint-Thomas.
En Tannée 1508, le clocher central de l'église, certainement roman, d'après cette seule situation au centre de l'édifice, s'écroula et entraîna pour diverses paities du monument des détériorations si graves que l'on dut songer à le reconstruire. C'esJ ce que constatait, le 9 septembre 1511, le seigneur de Quéhéon :
« Aujourd'hui en jugement s'est comparu noble escuyer Jehan du Guiny, sieur de Quéhéon,
lequel a fait remontrance que à occasion de la choite du clochier de l'église paroissiale de Ploermel, la pluspart de la dite église est tombée par terre et que il et ses prédécesseurs seigneurs du dit lieu de Quéhéon sont en pocession d'avoir dans la dicte église et à eulx appartient une chapelle que de tout temps on appelle la chapelle de Quéhéon, ycelle chapelle située et joignant au chanceau d'icelle église, du costé vers l'évangile, avec tombes, escabeau et armoiries de ses armes en icelle chapelle, et que la dicte choite du dit clochier Fa pareillement tombée par terre, et que, à présent, l'on veut ediffier et construire tout de neuf la dite église et chanceau d'icelle , — et à fin de la conservation de ses droits touchant la dite chapelle a supplié information estre faicte. » (1)
Dans une autre procédure du 14 octobre 1513, le même sire de Quéhéon, plaidant pour une question de prééminence à Saint-Armel, contre Guyon de Coetlogon, sire de la Gaudinaye, précise la date de la chute du clocher, et parle de « la démolition du chanceau de ladite église qui a esté depuis cinq ans derrains » (2) ce qui en porte la date en 1508, comme je viens de l'écrire.
Il est à croire néanmoins que la destruction
(i) Archives du Crévy.
(2) Archives du Crévv.
de la chapelle de Quéhéon ne fut pas absolue, car des fragments de la fenêtre et même du vitrail indiquent bien mieux le xy« siècle que le xvie. Cela est vrai surtout de la chapelle construite en 1457 pour servir de sacristie. Les belles verrières de cette chapelle sont très-certainement antérieures à 1511, puisqu'on y voit figurer comme donateur Jean Lepervier, évêque de Saint-3Ialo, mort en i486 (1), dont les armes sont également sculptées dans la muraille; ce qui prouve jusqu'à l'évidence que la sacristie est bien encore celle bâtie vers 1460, et qu'elle fut épargnée par la chute du clocher.
Sauf ce fragment, tout le reste de l'église, dont la reconstruction commença comme l'indiquent nos chartes en 1511, est du xvie siècle. La partie la plus moderne proche la tour porte la date de 1556. Le beau porche du Nord était terminé avant 1553, puisqu'une des vitres de ce porche a cette date.
(1) M. de Courcy, dans son excellent Guide de Nantes à Lorient, p. 39, a donné de ce fait une explication inadmissible. Il est manifeste que la vitre est faite pour la fenêtre qu'elle remplit. D'ailleurs, le vitrail de Saint-Armel est très-certainement de la même époque et probablement de la même main que celui de Jean Lepervier. Ce n'est pas sur cette vitre, mais bien sur celle de la chapelle Saint-Louis, que se trouvait la date de 1510, aussi mentionnée par M. de Courcy comme indiquant une réparation.
J'ai parlé de la tour, qui Tient d'être restaurée et consolidée avec beaucoup d'habileté et de succès par un architecte belge (l).Une tradition, recueillie par M. de Bréhier, veut que ce soit du haut de cette tour que fut proclamée « sans doute pour la forme, » comme il le remarque, la réformation de la coutume de Bretagne (2). Sur cette tour, moins haute d'un étage, s'élevait avant le xvme siècle une flèche en charpente recouverte de plomb. On lit à ce sujet dans le journal manuscrit de Me Pierre Josse, notaire royal à Ploërmel : « En 1752, on a descendu le clocher de Saint-Armel après beaucoup de chicannes. La campagne ne vouloit pas; mais la ville l'emporta. M. du Crevy ne vouloit pas, mais à la lin il y consentit. Le clocher étoit couvert en plomb. C'étoit la plus belle pièce qu'on eût peu voir, de la hauteur qu'il avoit. En 1717 ou 1718 on en avoit déjà descendu la lanterne, de la hauteur de bien quarante pieds. Pour descendre le corps du clocher et le refaire en taille, il y avoit marché pour la somme de 7,550 livres. Ils ont commencé à le démolir le jeudi 21 aoust 1752; ils ont esté à le démolir trois mois. On a commencé à le rebâtir
(1) Voyez un excellent article de M. P.-S. Yert, Journal de Hennés, 24 décembre 1862, reproduit par le Collectionneur Breton, tome II, p. 97 et seq.
(2) Cité par M. Yert dans l'article ci-dessus.
en 1755 et a été fini en 1741. » (1) La démolition du clocher avait sans doute été nécessitée par le sinistre de 1727, que le notaire Josse raconte en ces termes : « La nuit du 27 au 28 juillet 1727, à trois heures du matin, le tonnerre tomba sur le milieu du clocher de Saint-Armel, du costé du petit clocher ; mit le feu, qui causa une grosse perte, même entra dans l'église, effonça la chambre des poids, brisa la grande porte d'en bas, fit plusieurs fracas dans l'église, môme enfonça la couverture droit sur le maître-autel, fit beaucoup de tort au maître-autel, dont il tomba une taille du toit de l'église dans le balustre et plusieurs figures dudit autel ; brisa tout l'autel du Crevy et fendit la muraille derrière; même les fils d'archal de l'horloge, et le marteau, qu'on n'a jamais pu trouver, sans savoir où ils ont été : le tout, chose que j'ai vue. »
Dans cette tour sont renfermées trois cloches du xvie siècle. La plus grosse porte cette inscription : Lan mil Ve LUI je fus faicte par Me Jullian Bourdatjs trésorier. Une autre plus petite, a la même date mil Ve LUI. Sur une troisième, ont lit : M. Pieres Huet me fil faire 1582 (2).
(1) Livre de marques curieuses, 1709-1773. Manuscrit communiqué par M. Péchard.
(2) Rosenzweig, Statistique archéologique de l'arrondissement de Ploermel.
La façade méridionale, avec sa série de gables aigus, propres à l'architecture bretonne, est d'une rare élégance. Le dur granit s'est assoupli sous l'habile marteau des picoteurs. Les gargouilles se tordent avec une désinvolture merveilleuse, les animaux fantastiques, sveltes et légers, se mêlent à une végétation luxuriante, tout le long des rampants : partout apparaît l'écu de Bretagne entouré de la Cordelière, chère à la Duchesse-Reine. M. de Bréhier a fait à ce propos une remarque que je veux relever. « Il est aussi à remarquer que François 1er est le premier roi qui ait possédé la Bretagne après la mort de la reine Anne sa belle-mère, et que ce fut lui qui obtint des Etats assemblés à Vannes (août 1552) une cession définitive de la souveraineté de la province; mais que cette cession étant très-peu dans les idées des masses, jamais on n'affecta davantage de placer en évidence l'écu de Bretagne par forme de protestation. » (1)
A la façade du Nord, l'œil est attiré, séduit, ébloui par le merveilleux porche, qui brille au milieu de cette façade et qui ne laisse plus voir autre chose. Rarement le luxe de l'ornementation a été poussé aussi loin, et quand on songe que c'est du granit qu'on a livré aux caprices de l'artiste, l'admiration devient de la stupéfac-
(l) Cité par M. Vert, loco citato.
îion. Le R. P. Arthur Martin avait proparé de ce monument une étude spéciale, qui n'a pas encore été publiée, que je sache. Je n'entreprendrai point de faire ici, avec la plume, une description qui demanderait impérieusement le secours du crayon. Je veux me borner à caractériser ce beau travail, et je le ferai d'un mot en disant que jamais il n'a été possible de mieux saisir, "sur le fait, la transition entre l'art national, qu'on est convenu d'appeler gothique, et l'art italien de la Renaissance. Les grandes lignes et la plupart des détails de l'ornementation appartiennent au style ogival de la dernière période; d'autres détails, et notamment le pilastre ou contrefort de FOuest, appartiennent exclusivement à l'autre style, et l'on y rencontre ce mélange de sujets familiers, fantastiques et bizarres où se plaisait l'imagination savamment et cyniquement naïve du xvie siècle. C'est là qu'il faut voir la truie jouant de la cornemuse, et le savetier qui coud la bouche de sa ménagère, au milieu de chevauchées, où des ânes et des griffons servent de montures à de petits Cupidons, et au milieu de moralités rabelaisiennes, où Jean qui rit tourne le dos à Jean qui pleure, et qu'explique cette sentence :
Tel rit et fait bonne chière, Qui se marit par derrière.
Le porche se compose de deux baies à anse
de panier, et accolades séparées par .un pilier prismatique, sur la face extérieure duquel sont dessinés des emblèmes funèbres, têtes de morts, ossements en sautoir, clepsydre. Des deux côtés courent deux séries de niches, dans chacune desquelles est assise une iigure de femme qui foule aux pieds un personnage renversé. Ce sont les Vertus qui foulent aux pieds la personnification du Vice qui leur est contraire ; ainsi, comme l'indiquent des inscriptions désormais peu lisibles, la Foi a pour marchepied Mahomet; Y Espérance, Judas; la Justice, Néron, et ainsi des autres. Cette série se retrouve souvent dans les enluminures ou les gravures sur bois qui encadrent les livres d'heures du xvie siècle, avec la Comédie de la Mort. Dans Parcature de chaque porte, une guirlande d'anges; dans les tympans, des scènes de l'Évangile : Noël, la Faite en Egypte, etc., dont les acteurs mesurent à peine deux ou trois pouces. Les ventaux de bois des portes sont ornés de roides personnages, dans lesquels tout le monde peut reconnaître le collège des Apôtres. Au-dessus des deux portes, deux fenêtres ogivales s'élancent encadrées d'une myriade de saints et de saintes, parmi lesquels je distingue, à droite, saint Pierre, saint Paul, saint Armel, saint Laurent, saint André, etc.; à gauche, saint Mathurin, saint Malo, saint Léon, pape, etc.; au centre, saint Jean l'Évangéliste,
saint Mathieu : je n'ai point retrouvé la place de saint Marc et de saint Luc.
Que si l'on pénètre dans l'intérieur de cette église, dont l'extérieur offre tant de jolis détails, on n'éprouve point de déception, malgré le mobilier moderne dont elle est encombrée.
Ses dimensions sont d'environ cent vingt pieds sur soixante. Elle est, comme je crois l'avoir dit, partagée en trois nefs et en six travées ; les arcades ogives retombent par pénétration dans des piliers à colonnes engagées et sans chapiteaux, et, comme le dit M. Vert, cet enchevêtrement de moulures complètement différentes dénote chez les artistes qui les ont exé- 'cutées une grande sûreté de main.
La curiosité du visiteur est successivement attirée par les tombeaux des ducs, dont nous avons parlé ailleurs, par les détails de sculpture de la frise, des tirants et des culs-delampes des voûtes en bois de la nef principale (1), excellent modèle de ce genre de construction, qu'on devrait employer partout où il n'est pas possible de faire des voûtes en pierres, et auquel on a si malheureusement substitué des lambris uniformes et en plein cintre, qui donnent à un trop grand nombre
(1) Les voûtes d'arête des deux bas-côtés sont également en bois, mais postérieures.
d'églises l'aspect de l'intérieur d'un immense tonneau : enfin, et par-dessus tout, l'œil est charmé par la plus belle collection de verrières anciennes que possède la Bretagne. Ces vitraux, au moins le plus grand nombre de ces vitraux, viennent d'être restaurés par M. Lusson avec une habileté pratique à laquelle on ne doit que des éloges; mais j'aurai des réserves sérieuses à faire contre cette restauration, au point de vue archéologique. J'en parlerai à propos, notamment, du vitrail de saint Armel, car il n'est pas possible d'écrire sur Ploèrmel sans s'arrêter à chacune des verrières qui décorent l'église Saint- Armel, et qui sont sa gloire et son orgueil.
Entré dans l'église par le porche du Nord et commençant notre revue par la fenêtre la plus près de la tour, nous noterons d'abord au milieu d'une vitre blanche un panneau placé tout de travers, où il est facile de reconnaître une figure contemporaine de la duchesse Anne en donatrice. Je ne sais de quel vitrail provient cette figure isolée, à moins que ce ne soit de la vitre la plus près du porche, vitre non encore restaurée, au sommet de laquelle brillent les hermines pleines, entourées de la Cordelière, et dans laquelle on voit sainte Anne et la Sainte Vierge sous un riche dais de drap d'or et entourées des autres membres de la Sainte Famille, ainsi que l'indiquent des philactères où on lit
les noms de saint Joseph, de saint Joachim et de saint Jean-Baptizeur. Cette verrière, du plus beau style du xvf siècle, sera ainsi facile à restituer, malgré de très-graves mutilations, et je ne doute pas que sa restauration ne soit dans les projets de la fabrique.
La vitre qui vient ensuite représente, dans son amortissement, la Résurrection; dans les panneaux principaux, le Crucifiement; saint Jean l'Evangéliste figure au pied de la Croix; dans les trois panneaux du bas, les trois autres évangélistes; saint Mathieu, présentant le donateur vêtu d'une longue robe de velours fourrée. Ni nom, ni date, ni armoieries; architecture de la Renaissance. Cette vitre remplit une des fenêtres du porche septentrional. L'autre est remplie par une admirable verrière représentant la Pentecôte, remarquable à la fois par l'inimitable richesse des tons et par l'habileté du dessin. — Au bas dé la scène et mêlé aux Apôtres, le donateur agenouillé, vêtu comme le précédent d'une robe fourrée, est présenté par saint Yves en costume d'official, robe rouge fourrée d'hermines. Ce donateur nous est connu par l'inscription, qui donne aussi la date du vitrail : M. Vcc XXX111 Yvon Audren a donê ceste vitre Dieu luy pardoint. Il n'y a pas d'armoiries. Ces Audren se retrouvent plusieurs fois parmi les procureurs des bourgeois de Ploërmel aux xvie et xvif siècles. M. de Courcy écrit qu'ils furent
seigneurs de Malleville, et que Yvon- donna la vitre de Ploërmel en expiation du meurtre de son frère (1). Ils portaient d'azur à trois têtes de lévrier d'argent.
La vitre la plus prochaine, entre le porche et la sacristie, représente, dans son amortissement, l'Assomption, et dans ses panneaux principaux, la mort de la Sainte Vierge. Dans les panneaux du bas, un saint en costume d'archevêque, un autre saint en costume d'évêque, avec un râteau de fer, et enfin le donateur présenté par Saint- Jean: dans un petit écusson, tout à fait au bas, des hermines pleines. Cette vitre, il y a quelques années, portait une double date disposée de celte façon bizarre :
La seconde était certainement celle d'une réparation, et la première celle de la création du vitrail. On a eu le tort grave de les faire disparaître dans la restauration récente.
Il faut maintenant quitter l'église et pénétrer par un petit escalier qui ouvre à côté de la sacristie, dans la tribune des orgues. C'est dans cette tribune seulement que l'on peut voir les deux plus curieuses verrières de Ploërmel,
(1) Guide de Nantes à Lorient, p. 39.
celle de saint Armel et celle de Jean Lepervier.
Cette dernière vitre représente, dans le panneau du milieu, une ravissante figure de la Vierge , dans le panneau de gauche Saint-Michel terrassant Satan, et dans le panneau de droite Jean Lepervier en chappe, mitre en tête, présenté par saint Pierre. En divers lieux, les armes de ce prélat qui sont d'azur au sautoir engreslé d'or, cantonné de quatre bezants de môme brisé en cœur d'un écu d'argent au croissant de gueules.
La vitre de saint Armel a été publiée par nous en même temps que la tragédie de 31. Baudeville (1). Les beaux dessins de M. Hawke ne laissent rien à désirer sous le rapport de l'exactitude; mais j'ai, pour mon compte, commis, dans l'introduction de cet ouvrage, une erreur que je m'empresse de rétracter, en attribuant ce vitrail à la fin du xvi* siècle. Il est très-certain qu'il remonte à un siècle plus haut, ce qui est loin de diminuer son mérite.
Lorsque M. Hawke le dessina pour nous en 1855, il était dans un regrettable état de muti-
(1) La légende de Saint-Armel mise en vers français par messire Baudeville, prêtre et maître d'école en la ville de Ploërmel. Vitrail de Saint-Armel, dessiné par P. Hawke. Ud volume in-folio, Saint-Brieuc,, Prudhomme, 1855.
lation. Il vient d'être restauré avec beaucoup de soin et d'intelligence en ce qui concerne les figures ; mais avec de graves erreurs en ce qui concerne les inscriptions.
Pour lire ce vitrail, il faut commencer par le panneau du bas, à gauche, c'est-à-dire à la droite du spectateur (1).