I. Comment S. Armel prent conje de ses (compagnons
« Comment saint Armel prend congé de ses compagnons. »
II. (Comment le mesjsager du Roe vint quérir S. Armel en Bretaigne.
« Comment le messager du Roi vint quérir saint Armel en Bretagne. »
Le messager exhibe aux yeux de saint Armel une pancarte sur laquelle le verrier a réellement tracé un texte assez original que voici :
« Armel, ci je vous mande que venies a moy hâtivement et je vous fere du bien largement. Et je grant désir de vous voir et de parler avecques. Et pour ce venes. Le Roy Sildebert. »
III. Comment S. Armel (en la cour du R)oe en sa veue guérit i povre.
« Comment saint Armel en la cour du Roi el à sa vue guérit un pauvre. »
(1) Les mots entre parenthèses sont ceux qui manquaient aux inscriptions et qui ont du être restitués.
La restauration porte : « Comment 5. Armel devant le duc oe à sa vue guérit, etc. » C'est une leçon doublement fâcheuse, car elle altère l'histoire, et les deux lettres oe indiquaient expressément qu'il s'agissait du Roe comme dans la légende précédente. L'ordre des panneaux est d'ailleurs très-clair et conforme à la vie du saint. Le messager du roi vient le chercher, il arrive et confirme sa sainteté par un miracle éclatant opéré en présence de Childebert. Les chroniqueurs du xve siècle faisaient de tous les petits chefs bretons autant de rois ; mais aucun ne s'avisait d'en faire des ducs.
IV. Il n'y avait plus de légende à ce panneau. Il est manifeste, par la suite et par les panneaux précédents, qu'il représente saint Armel et ses compagnons prenant congé du roi pour revenir en Bretagne. C'est donc très à tort que dans la restauration on a imaginé ce texte : « Comment S. Armel fut reçu par le duc. » Il faudrait écrire :
Comment S. Armel prent conje du Roe.
« Comment saint Armel prend congé du roi. »
V. Ce panneau n'avait point également de légende. On lui a donné celle-ci, contre laquelle je n'ai rien à dire : Comment S. Armel prist le guibre et Vamenast.
VI. Comment S. Armel gecta le guibre en Seiche. Il s'agit ici de la petite rivière de Seiche,
près de Saint-Armel-des-Bocheaux, où, selon la légende, saint Armel précipita un dragon qui désolait le pays.