‹ Notice sur le CambodgeChapitre 4 sur 14 · ÉTAT ACTUEL. — RACES . DIVERSES · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL. — RACES . DIVERSES

Le royaume du Cambodge s'étend aujourd'hui entre le joi'So* et k 164* 36' de longitude à l'est du méridien de Paris, et entre le lo'^So* et le i4'de latitude nord. Borné au sud-ouest parle golfe deSiamVÛ a ^ pour voisins, au sud-est la Cochinchine française, au nord-est quelques-unes des tribus sauvages qui habitent les forêts de la chaîne' cochinchinoise ; au nord le Laos, Tonlé Repou, Mehi Préy, au nordouest et à l'ouest Aiigkor et Battambang. Il figure un rectangle quel* que peu allongé du nord-est au sud-ouest. La plus .grande longueur :

( i) Voir le Gia dinh thung chi ( traduction Àubaret) ; le V^igm^e d'exptoro^iOfn- . au Mékong {Garnier)', la Chronique Royale du Cdmbôd^ ipiiS^ciiïon Ganirerj. Cet auteur se trompe en disant que Truongi^iuh Giang fit mettre à mort Àng Mey. Cette princesse, encore vivante aujourd'hui, habite Oiiikmg.

dépasse 4€^kilon^tr6&^ de la pointe du sud de Kompoiig Som à Stung

'jTrénj^ où le. grand fleuve sort du Laos. La plus grande: largeur dé

l'extrémité occidentale de la province de Pursat à l-extrémité orien^

taie de celle de Svai Téep est de 3 oo kilomètres environ^ La superficie

dépasse loo^ooo kilomètres carrés.

L4 population, estimée à un million d'âmes^ donne au plus di^ habitants par. kilomètre carcé. £Ue occupe principalement les rives du Mékong.. Ces rives pourraient se peupler bien davantage et faire du fleuve une voie immense habitée sur tout son parcours. On y voit les riches cultures dçbétel^ de coton, de mûrier, dHndigo, qui constituent un revenu notable pour le gouvernement cambodgien. Lintcrieuriiu pays, très-peu habité, porte partout des traces de dévastation. Autrefois,^^ même de mémoire d'homme, le Cambodge, peuplé et cultivé, était couvert de nombreux arbres fruitiers. La guerre a fait disparaître les arbres ainsi que les hommes.

Sans tenir compte de cent mille Cambodgiens disséminés <laas nos possessions cochinchinoises, la race khmér, outre le royaume actuel' du Q\mb(Qidge, peuple Battambang, Angkor, Tonlé Repou,.Melu Préy,. Sourén, Kouk^ jusqu^à Karat (Angkor Réech Sema). . On peut estimid: à i,5oo,ooo le nombre des hommes qui parlent sa langue sur une:Surface plus grande que le tiers de la France.- • -

Outre les autochthpQes, c'est-à-dire, selon nous, les Khmêrs, leS: Sâmré, les Kouys, le Cambodge est occupé par plusieurs races sur lesquelles nous allons faire une légère digression avant de poursuivre. •

i^' Les Malais (Chvéa) et les Chams. Ces deux peuples d'origine malaise rendent à se fusionner, ou plutôt les Chams, perdant leur originalité, sont absorbés chaque jour par les Malais. Si la langue des Chams dénote évidemment leur origine, elle présente cependant des diiférences notables avec celle diçs Malais qui n'est qu'un simple dialecte delà Màlaisie:

La religion commune est le mahométisme de la secte sunnite. Plusieurs Malais font le pèlerinage de la Mecque (Mekka), d'otfîls fe- ] viennent hadgis.' IIS' Connaissent de réputation Constantinople (Istâmfaoul) et le Soultafie. il est digne de remarque que de nombreuses tràditîpnsy surtotttdans la partie sud-est du Cambodge, semblent attester une domination cham qui aurait eu lieu à une épqque très-reculée. Il serait' curreui'~d^étûdier.çe peuple intéressant là oCi il a pu resterviçrge de toute influence analogue, c*est-à-dîre parmi les groupes qui, prcfbàblénKiiit, se sorti maintenus dans l'ancien Ciampa, formant aujourd'hui les provinces méridionales de l'Annam.

Les Malais et les Chams peuvent être évalués au Cambodge à une trentaine de mille. Ils sont répartis dans cinquante et quelques villages très-dispersés, de Kâmpot au Tonlé Sap et sur le grand fleuve, du Tonlé Sap aux rapides. Us ont souvent occupé dans le royaume des charges de mandarins et souvent aussi pris leur part des troubles qui ont déchiré le pays.

En bons musulmans les Malais ne donnent leurs filles qu'à- leur^ coreligionnaires, et font embrasser leur religion aux femmes qu'ils, prennent au dehors. Moins apathiques que les Cambodgiens, ils sont plus durs pour leurs esclaves,

2" Chinois. — Les fils du Céleste- Empire sont plus de cent mille au Cambodge , oh comme ailleurs ils sont réputés très-utiles parce qu'ils alimentent un commerce qui serait loin d'être nul sans eux. Oqdevrait ajouter qu'ils sont encore plus nuisibles peut-être, faute d'un système administratif rationnel adopté et strictement suivi à leur égard. Ils drainent le numéraire etl'exportent en Chine. Au Cambodge, comme partout du reste^ ils sont insolents, corrupteurs ou plats selon la faiblesse, la corruption ou la fermeté des autorités.

3" Plus nombreux encore seront bientôt les Annamites qui continuent instinctivement leur tâche d'absorption^ rongeant les frontières, s^introduisant par les voies fluviales , pénétrant par tous les cours, d'eau. L'Annamite erre, vagabonde partout oli sa jonque passe, supportant avec sa philosophie naturelle les exigences d'une race pour laquelle il n'éprouve cependant qu'une aversion instinctive mêlée de mépris. Il se venge en cherchant à duper continuellement leCambod^ gien avec lequel il forme le plus grand contraste, sauf eh ce qui concerne l'amour du jeu qui leur est commun. A bout de ressources, il met en gage sa femme, ses enfants, ses amis et, en diernier lieu, s^en* gage lui-même.

Partout, hors de son propre pays, en partie narquois ou intéressé, mais aussi avec un fond de vérité incontestable, il manifeste une certaine sympathie pour le Français dont il se considère presque comme le compatriote. •

4'' Métis. De nombreux métis chinois-cambodgiens tiennent des deux races, du Chinois s'ils sont riches, du Cambodgien s'ils sont de la basse classe.

Les filles sont relativement belles et bien faites. Elles, portent le fourreau étroit des Cambodgiennes et le langouti tombant sur les pieds.

Il y a aussi beaucoup de métis cambodgiens-annamites, qupiqu'en moins grand nombre. .

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D'autres métis ont laissé des arrière-petits-fils intéressants dans une petite colonie de descendants portugais. Ils conservent leurs noms de famille, mais le dernier d'entre eux qui sut parler la langue du Camoëns est mort, il y a quelques années. Ils se confondent extérieurement avec les autres Cambodgiens, parmi lesquels ils sont à peu près les seuls catholiques. Les conversions au catholicisme des Khmérs, iervents bouddhistes, sont très-rares, et peu sincères, elles ont toujours lieu pour des motifs intéressés.

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