ROI
Le gouvernement du Cambodge est une monarchie* absolue. Le roi est le seul maître, l'unique propriétaire du royaume. Il nomme et révocjué à son gré les grands mandarins et les gouverneurs des provinces. Il établit les impôts, il fait les lois: il est le magistrat suprême. Tout remonte à lui et tout en découle, une seule exception est à faire pour le clergé, pour la religion; le vrai bouddhisme, pratiqué au Cambodge, n'admet pas l'immixtion du pouvoir séculierdansleculte non plus que celle du clergé dans la politique.
Le roi est généralement le prince aîné d'une famille royale (Préa yongsa) très-ancienne. Avant d'arriver au trône, il a occupé des dignités princièrés que nous verrons plus loin. Les Cambodgiens ont plusieurs expressions pour le désigner. Lés plus communes sont celles de luong et àtsdach. D'une façon plus précise ou plus respectueuse on dit aussi luong mechas chivit, le luong maître des existences, ou luong trông réech, le luong qui règne. Il est encore désigné par un ou plusieurs des nombreux titres qu^il a pris en montant sur le trône.
Le roi actuel, prince de quarante ans, réside à Phnom Penh (la montagne pleine} (i). Son palais est une vaste enceinte, renfermant plusieurs corps de bâtiçnents; dans toute sa largeur, un mur la coupe en deux parties : la partie publique, officielle^ et la partie servant d'habitation, réservée aux femmes. Ces femmes, au nombre de deux à trois cents, sont de plusieurs catégories selon leur naissance, princesses, filles de grands mandarins, de petits mandarins ou du peuple. Entre
(i) Ce nom est dû au monticule artificiel, énorme entassement de briques, plein, comme l'indique son nom. Sur ce monticule est élevée une pyramide (chay dey) dont on aperçoit de très«loin le sommet conique et effilé. La construction de cette pyramide doit remonter à une époque très-reculée, mais postérieure à celle des grands monuments, parle style du moins. De vigoureux arbres ont grandi sur la couche de terre qui maintenant recouvre le monceau de briques Selon M. De Lagrée, le monticule a 27 mètres de hauteur et le monument 32.
elles est une certaine hiérarchie dans laquelle elles peuvent s'élevei: en. prérogatives et hohheurt selon le caprîce du maître bu lés services rendus, dont Tun des plus appréciés est la dénonciation des infidélité^'. Loïsqu'uri prince monte sur le trône ou occupe une dignité princîère, îl est d'tisage,'aînsi que chez plusieurs peuplés asiatuiues, de
he pliis k dé^grier par son noni. Le nom propre, du reste, n'est enÏT
pîôyé qtie pour les gens de rien, jamais pour les dignitaires. Si le nom dû roi est emprunté à un mot dû langage uSuel, chose três-communè au Cambodge, ce mot est souvent changé. Ainsi, depuis Ang Dudng* le mot Z>won^, qui désignait une petite pièce de monnaie, est remf)lacé par lé mot dont.
De même que pour ses prédécesseurs, lorsque le roi actuel à célébré, en 1 864, là cérémonie (aphisek) qui remplace le couronnement des pôtehtats occidentaux, les doctes {acha) de la cour ontcotnposé et soumis à son acceptation une liste de titres royaux empruntés au pâli. M est officiellement désigné par tous ces titres dans* les actes importants, par quelques-uns seulement dans les pièces ordinaires. * Ce sont:
Prea Bat Sâmdach prea Norôudâm baromma réama tévatana Kunnasa sânthorît mâhê savara thuppedey serey saurionvong norapatthapông dâmrang réas baromma néeth mâhâ Kâmpouchéa thuppedintho sappasellapa presathî satthât satha pôr prumma mer âmnôi chéy chéa mâhê savaria thuppedey néy patha pidol sôkala Kâmpouchéa nachakk aka màha barâs râht vivâttha nêa terék êk âadâm barommahàpît prea Chau Krông Kâmpouchéa thuppedey chéa âmmcchas çhivit lœuh thbaung.
Dont voici la traduction qui, du reste, pour être très-exacte, devrait rernonter aux étymologies sanscrites :
Les pieds divins, le Seigneur, Illustre parmi les hommes, Pdrfkh, Rama;, Descendant des esprits célestes, Mérite iocoftiparable et sublime. Arbitre suprême. Gracieux Fils du soleil. Essence absolue de l'humanité. Conducteur des peuples. Suprême refuge, Régulateur dai grand Kâmpouchéa, Omniscient, Tout-puissant, Beauté impérissable, qui a reçu en don de Brahma la Victoire et Tlmmortalité, Arbitre souverain du royaume. Puissance qui rayonne sur tout le Kâmpouchéa> Homme auperbe et magni^ue, Diamant source detoifte prospérité. Splendeur unique. Prince noble et sublime, Emînem et divm arbitre de la capitale de Kâmpouchéa, Maître des existences placé audessus des têtes. '
Les Khmêrs accordent à Itut roi ce que nous autres Eiiropéens nous
disséminons chez nos Majestés, nos Altesses, nos Etninences, nos Seigneuries, etc., etc, •De Noroûdâm, les Français ont fait te nom propre Norodom., Depuis quelques années. Sa Majesté Cambodgienne a fait changer le titre de Norapatthapong en celui de Mâfaa Chahk pâtthapong, le descendant du grand Chahk pâth (TchakravaEti, leroi de la Roue) (i )* Le roi est le magistrat suprême. Quiconque crokavoir à se plaindre d'un déni de j ustice peut en appeler à lui directement. Un des chef^ des licteurs royaux (chankrôm prea dâmrnot) est chargé d'examiner la plainte et d'en rendre compte au roi qui décide lui-même. Celui qui demande justice s'expose à une grave punition si sa plainte n*est pas fondée. Elle peut parvenir au roi de deux manières différentes, appelées rong deyka et sur tufJe.Le rong dèyka consiste à iS0 i^iidré au palais à l'heure à laquelle le roi donne audience et à faire ftapp€;r iquelques coups sur un tamtam ad hoc, par un feictîonnaire quî reçoit quatre ligatures par coup. Le roi envoie pj^çndre la plainte, par ^^n page. Le sâr tuhk a lieu quand le plaignant se prosterne sur te passage du roi et tient sa plainte écrite élevée au-dessus de sa tête jti^qu^ ce que le roi l'ait fait prendre. Ce dernier procédé qui ne coûte rieij est plus usité que le rong deyka.
6\ DIGNITÉS. - SAMRAP.
Les grands dignitaires du royaume ont aussi des titres pâlis pompeux^ plus pu m^s nombrejux selon leur dignité. Pour plus de simplicité nous ne/les désignerons que par le titre plus communément usité. Toutes ces dignités, ainsi que les provinces du royaume, sont divisées, en quatre grandes catégories appelées sâmrup. Les sâmrap sont distingués eàtre eux par les nombres cardinaux pâlis, ék,. tou, trey, chetsra (un, deux, trois, quatre).
Le roi ^^ le chef naturel du sdrmrap, êk,
hQsâmmp idu est réservé au. roi qui a abdiqué, luong otbaiour^e<?A, (L'abdication a eu lieu souvent, dans l'histoire du Cambodge.)
Le sdmrap. trey au premier prince du sang-, sdmdach ou luong tnàha obkarack. : ,
(i) Cette expression désigne les princes qui, à différentes époques de lliuma*
nitéj doivent exercer une. dopoination universellçi (A. Rémusat, Mélanges pos-
tHumes.) ' '."■ '"'.
. . l^MW(S^p chetva à la première princesse du sang; fiftitiacft jNn^
téau, ■ , ,. -
En ce moment, il n'y a pas d'obbaiouréech ; le roi a gardé par de* vers lui les prérogatives de cette dignité princière. Il pourrait, siûi^mnt ,de jipmbreux précédents, donner le sâmrap tou à Tobbarach et leaâtnrap trey à un deuxième prince qui prendrait le titre d&prea kiofy. Ainsi sous Ang Duong, le roi actuel, fils aîné, était obbarach avec ie. sâmrap top, et robbarach actuel était prea kéo fa et avait déjà le sim« raptrey. -.^
Le sâmrap chetva est naturellement réservé à la mère du roi, si eUe est vivante, comme aujourd'hui. Cette princesse porte alors le titre de luongoxx sâmdachpréa voréechini {sdmdachj seigneur, j^r^tf, -divin, vQra, belle, réech, royale, chini, mère).
Le» nombreux dignitaires de chaque sâmrap sont appelés, parles Européens, mandarins, de même que les fonctionnaires de la Cbiae, Dans la langue khipér ils sont appelés nomœûn ou namœûn, ou luimçeûn nacên, expression qui est une altération de nueûn, dix-mille^ sên, cent mille, ou encore muhk montrey. Tout ce qui n'est pas. namœûn est réas (homme du peuple, de la plèbe).
Dans chaque sâmrap, les mandarins sont classés de haut en bas en dix catégories de sahk (dignités, honneurs), que Ton distingue entre elles parle nombre de milliers, pdhn ou, par altération, hûpdhn\ ce mot exprime donc ici un genre d'unité tout particulier.
Ainsi on dira : namœûn sahk ddp pdhn, mandarin à dix milliers de dignités, namœûn sahk pram bey pdhn, mandarin à huit milliers de dignités.
Les plus élevés ont le titre de sdmdach à dix pdhn. Puis viennent les oknha à dix, neuf, huit, sept, six pdhn. — Les chauponhéa.sixy cinq, quatre /7aA/î, — les j?r^a six, cinq, quatre paAn, — les luongy quatre, trois pdhn, — les khun, trois, deux pdhn, — les nuBÛn, deux pdhn^ \inpdhn cinq rot (centaines), un pdhn^ — les néey, mti pdhn cinq roi, un pdhn.
Jusqu'aux chefs de villages (m^-^roA) qui ont un millier ou cinq centaines (pram roi), et leurs subordonnés, (chumtup), chefs de hameaux, qui ne sont pas sans avoir quelques centaines de dignités et d'honneurs.
On considère comme grands mandarins les sdmdach et les oknha^ les autres sont les petits mandarins.
.. Pour les honneurs et préséances, le sdmrap êk^ de beaucoup le plus important, est considéré comme supérieur d'un degré au sdmrap tou;
f^nAun fumkSBÛtisMc huit péhn sdtnrap ik, marchera de pair avoc un nomœûn sahk ntuf pahn sâmrap tou. De même le sdtnrap tou est à un degréau dessus du sâmrap trey, et celui-ci au-dessus du sdtnrap cketva.
Les atMbutions des dignités correspondantes dans les divers sâmràp sont analogues, semblables, mais ne se confondent pas d*un sâmrap à l'autre. Un mandarin d'un sâmrap quelconque nVst pas, en principe, le subordonné du mandarin qui a la même dignité dans un sâmrap supérieur. C'est par erreur que l'on a prétendu que sous les ordres du Kralahôtn se trouvent placés le Pfto/, qui est leKralahôm sdtnrap tou et le Bautés qui est le Kralahôtn sdtnrap trey.
A égalité de sâmrap et de sâhk, les mandarins de la couronne^ ou, selon l'expression cambodgienne, les mandarins de l'intérieur (na^ mosûn kenong), ont le pas sur les mandarins des provinces ou de l'extérieur {namœûn krau).
Souvent, dans un même sâmrap, deux mandarins égaux ont les mêmes fonctions soit qu'ils alternent enir'eux, soit qu'ils se partagent la circonscription; dans ce cas on les distingue l'un de l'autre par les qualifications de gauche (chhvéng) et de droite (sedam).
r MANDARINS DE L'INTÉRIEUR.
Voici les principaux mandarins de l'intérieur des divers sâmrap ; nous les désignons par leurs titres les plus usités.
Sâmrap êk. Au-dessus de tous les mandarins du royaume est une espèce de vice-roi dont le titre peut varier, dont la dignité n'est pas régulière. Ce premier dignitaire porte aujourd'hui le titre de Sdtn-* dach Prea Ang Kêv. Sous d'autres règnes on Ta appelé Préa Change veang. Souvent cette vice-royauté n'a pas été occupée ; alors le premier mandarin est le Sdtndach Chauféay espèce de premier ministre suzerain {chaufai kdmndn) des provinces de la terre de Compong Soai« Le Chauféa est quelquefois appelé Khmang pos (dos de serpent). Le même personnage, vieillard de 76 ans, est actuellement Prea Ang et Chauféa.
Viennent ensuite lYOknha Joumréech, grand justicier du sâmrap êk, chargé des voleurs, des meurtriers et suzerain des provinces de Treàng. UOknha Veang, grand majordome, surintendant des finances, des magasins royaux, du palais et suzerain de Thbâung khmum. VOknha^Kralahôm, chargé des transports royaux par jonques, de la marine royale (le roi actuel se réserve la surveillance dQ
sa marine à vapeur) ; le Kral^hôm est sùzeraiadeBa Phnom. VOknha Chakrey, chargé des transports royaux par terre, des éléphants^ boeufs, buffles, chevaux, voitures, et en outre suzerain de Pûrsat. Le dignitaire qui remplît en ce moment les fonctions de Chakrey a le titre particulier de Presor saurivong (illustre descendant du soleil). . Ges quatre dignitaires désignés collectivement par Tappellation de Çhâdosedâtn^ les quatre colonnes (de l'empiré), ou par celle de CAdPûng Kriis^ pieds de krus (vase ancien à quatre pieds), forment avec le Chauféa, les cinq mandarins de l'intérieur à dix pâhn dû sâmrap êk. Ce sont les cinq plus grands mandarins du royaume.
Puis viennent : VOknha mâha muntrey.VOknha.inâhatép, les deux chambellans de droite et de gauche qui introduisent les mandarins à Taxidience royale. V Oknha piiheak eysora; VOknha reaksa gysora avec plusieurs mandarins sous leurs ordres gardent et servent le roi dans l'intérieur de son palais. VOknha mâha sêna, f Oknha Jouthéa Sângkréem sont deux commandants d'avant-gàrde qui marchent devant le roi à la guerre. VOknha sauphéa thuppedey, VOknha muntrey Ketdarach deux juges royaux qui décident de toutes les causes qui sont portées devant eux, ou qui leurs sont confiées par le roi.
hts hmx muntrey qui précèdent, sont à neuf pâhn; ils marchent après les châdo sedam,
. VOknha Akarea Chenda est le chef du corps des secrétaires royaux (alakk) ; VOknha Vongsa thuppedey, V Oknha serey Thubêsréachéa, ont la surveillance des catalogues de la population inscrite. Ces deux jpandarins désignés par Tappellation collective de Serey sauriodey, (ou vulgairement, par altération, Suos dey), reçoivent l'argent qui provient du rachat des corvées, ou bien font commander ces corvées. VOknha kosa thuppedey^ V Oknha prea Khleang thuppedey^ ont la surveillance des magasins où sont les métaux (fer, cuivre, plomb). VOknha Bâr neiok, VOknha Réachneiok ont la surveillance des magasins à vétementç, de la garde-robe du palais. VOknha Pipheak saley, VOknha Pohuletép sont les deux magasiniers pour le paddy. VOknha Phimuk muntrey^ VOknha Srey Akréech sont chargés du piagasin à riz.
.Cqs onze Oknha à huit pâhn obéissent à PO/rnAa Veang,
VOknha Autên, VOknha Kûchénneyok à huit pâhn avec une foule de mandarins à sept pâhn, à six pâho, sont chargés de la surveillance des éléphants, des chevaux, des vortui^s; etc., sous lès ordres du Chakrey.
V Oknha Dêchot^cheyy t Oknha Muntrey jsêna^ VOknhaserey^NQ:kàbàly à septpâhn, le Chau Ponhéa serêri Tréa, le Chàii PonhéaPi' phéa Thebês, le Çhau Ponfiéa Héem Dêckou, le Chau Ponhéa Me-' nou sêna. à six pâhn sont chargés de la surveillance des voleurs, des prisons sous les ordres du Joumréech.
Pour le service des jonques, le-Kra/a/lomconîmande à YOknha Tép Horchun, au Chau Ponhéa Serên Chéy, au Chau Ponhéa Phéjr Antréa^ etc., etc.
Samrap tou. Le Chainféa de cesâmrap porte le titre de Sarhdach Çhau Ponhéa. . .
UOknha Vongsa Akréech, YOknha Serey Thoméa Thiréech, lOknha Vibol ou Pibol Réech, YOknha Réech Daychça sont. respectivement le /oiwmreecA, le Veangyh Kralahôm, le Chakrej^ de-c^. sâmrap, tous également 4 dix pâhn. . ,
Puis tcmte une hiérarchie analogue à la précédente. Ainsi YOknha Néaréa thiréach, YOknha sauphéa munir ey sont les deux juges royaux de ce sâmrap.. VOknhaPresor Aksdrcn est YAkara Çhenda, Le Presôr âksdr actuel est le descendant d'un Portugais connu sous le nom de Col de Monteiro. VOkhha Réachéa Thubês en est le mandarm suos dey (registres d'impôts), etc., etc.
Samrap trey. ht Khnâng Pôs de ce Sâmrap porte le titre de Samdock Ckétka. Les Chddô Sedâm sont : YOknha Ekarach, YOknha ser^ sautupphûi^eangj YOknha Bautés Réech^ YOknha Néarin Tréa Thuppedèy. VOkrtba Thiréech muntrey est le chambellan. Les jà^ royaux sont YOknha sauphéa thiréech et YOknha Réachéa sauphéa, etc., etc. Tous ont le même nombre de pâhn que leurs collègues r^pectifs des autres, sâmrap.
S>LMRAP CHETVA. Nous croyous inutile de donner la liste des mandarins de ce sâmrap peu important. C'est une quintuple hiérarchie égalenîent calquée sur celle eu sâmrap ék. Ces mandarins sont à Ou-, dong auprès de la Reine-mère.
Nous terminerons cette longue énumération en ajoutant que les, principaux mandarins de chaque sâmrap, tels que les Chado sedâm, sont nommés et révoqués par le roi. Les autres le sont par le chef du sâmrap.
8« PUOK OU KROM.
Sous, les ordres de plusieurs de ces mandarins sont des corps, de§ corporations appelées Pûok ou Krôm en Cambodgien. Nous parlerons.
de ceux du sâmrap ék; ils se réduisent à peu de chose dans les autres sftmrap.
I* Le Pûok Kromoveang. Chargés de la surveillance des femmes du palais, seuls entre tous les pûok; ils font le service dans la partie réservée. Ils sont sous la haute direction de VOknha Veang, puis du Thoméa ou Veang sdtnrap tou, enfin de YEsserea Noreak, du serey tupnet, du Réachéa tupnet.
z^ Le Krôm des Mc^a lêk Anhchunh Kruong, c'est-à-dire le corps des pages chargés (quand le roi sort) de porter les ustensiles royaux : les boites qui contiennent le tabac, Tarék, le bétel, la mèche, les habits royaux qui leur sont remis par les femmes. Sous la haute direction du Presor saurivong^ ils ont pour chefs des luong itaf, des prea nai,
i" La Krôm Mdha lêk Anhchunh prea sêng, pages qui accompagnent le roi en portant les armes royales. A l'époque de la cérémonie de l'eau du serment, ils transportent les armes royales à la pagode où a lieu cette cérémonie, et les remettent aux Bakou. "Pour surveiller leur service, ils ont des Néey Vên, des Balat Vên.
4* Le Krôm Prea Dâmruot. Ce sont des licteurs dont les uns portent des faisceaux de verges et marchent devant le roi ; les autres, armés de lances, marchent derrière. Ils frappent de verges quiconque s^expose à être puni sur le passage du roi. Le Bdvdréa chéa est leur chef, et au-dessous de lui des Chau Krôm, Balat Krôm, Néey Vên, Balat Vên.
5** Le Pâok Teahéen Khmêr, corps de soldats cambodgiens, exercés et habillés à peu près à l'européenne sous les ordres d'un Ching Veang teahéen et de Chau Krôm, Balat Krôm^ Chau Vên, Balat Vên. Les uns gardent les portes du palais, d'autres sont chargés de tirer le canon, d'autres sont détachés au serviœ de la marine à vapeur qui se compose de cinq ou six petits bâtiments. Ces guerriers sont presque tous des esclaves rachetés arf Aoc par le roi et ont de telles dispositions pour le service militaire que peu de jours se passent sans désertions.
6' Lç Pûok Teahéen Manille, Tagals engagés au service du roi qui font la police de Phnom Penh et des marchés de cette ville. Leur chef, avec le titre de luong areak réachéa, est un métis espagnol, don Pasquale de la Cruce. Une partie de ces Tagals forme le corps de musique royale à l'européenne.
7" Le Krôm Teahéen se chéa cavfllerie; ainsi que son nom français l'indique, c'est un corps à cheval. Il est composé de fils de mandarins^ de notables, auxquels le roi fait apprendre l'équitation et les
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iMa-^>«iaM«^«i^pi«iMW*^H«^n^^M^MM^MfMp
manœuvre^s. Ils lui serveat d^escorte. Leujrs chefs sont des Achnha darong sêna. Tous ces jeunes gens font partie du pûok n° 2, des pages, dont ils sont détachés.
Les Pûok 5, 6 et 7 constituent toute l'armée régulière du Cambodge, composée de quatre à cinq cents hommes. En temps de guerre ou de révolte, les hommes du peuple sont levés en masse et armés de bâtons, de sabres, de lances.
8° Les Alahk ou secrétaires i:oyaux ont pour chef VAkara Chenday puis des Balat Krôm, néey vên, balat vên, pour surveiller le service. Les Alahk perçoivent et portent au roi Targent provenant des impôts de toute nature, écrivent les lettres, les ordres royaux, et tiennent tous les registres* Il n'y a en dehors de la comptabilité des Alahk que les registres de la population inscrite et Targent provenant du rachat des corvées. (Voir S 14.)
Chaque mois, les Alahk remettent au louk veang les états des re* cettes et des dépenses du trésor royal.
Autrefois, de même que les pages, ils étaient sous les ordres du Chauféa.
Les huit Krôm qui précèdent sont divisés en tours de service avec des chefs pour chaque tour [vên],
La cayalçrie et les pages touchent une gratification annuelle^ les Teahéen khmêr touchent quelque peu de solde par mois. Les Tagals ont une solde très-convenable. Les autres pûok ne touchent rien.
A ces principaux krôm on peut ajouter :
9° Lq Pûok Khleang Meniroht ; 10° Le Pûok Khleang Kausey, phdhs qui sont les gardiens des magasins à métaux et des magasins ' à vêtements (garde-robe). Ils sont sous la haute direction du làuk veang auquel ils font parvenir chaque mois, par l'intermédiaire des alahk, les états des entrées, des sorties, et de ce qui reste en magasin. Par le même intermédiaire, ils reçoivent Targent pour les achats.^
1 1** Les divers pûok des bijoutiers, orfèvres, sculpteurs, tourneurs, ouvriers en fer, en bois.
12° Le Krôm reaksa prea Ang, les valets de chambre royaux. Beaucoup de petits mandarins composent cette, domesticité. Ce pûok bien qu'il ait conservé sa dénomination, a été remplacé dans le ser^ vice personnel du roi, par les Dimruo/, Aujourd'hui les reaksa prea Ang surveillent les ouvriers qui travaillent pour le palais, ou sont chargés de petites missions à l'extérieur* Leurs chefÎB sont le pipheak eysora et le reaksa eysora,
i3*L^ Krôm Roûng pum réech montit, les imprimeurs-Kthogra-
phes. Leurs chefs, le Banha thuppedèy, le santhar réechendy font imprimer les lois, les ordonnances, la gazette officielle. Quand il y a procès devant les juges royaux, ils sont tenus de communiquer à ceux-ci le texjte de la loi pour servir au prononcé de la sentence.
14° Le Krôm hora, les astrologues royaux, aujourd'hui au nombre àt quatre^ Vobdui ùgf^akk, le réech ângrêy le visqy néianét, et lé quatrième sans titres, chargés de conieetioaiier k calendrier, de déter-^ miner le jour de l'an, les saisons, les éclipses; qttdqiaefcùs^ ils tirent l'horoscope, prédisent Tavenir.
1 5** Le Krôm teahéen Kan tongchêy Krâhâm, les guerriers porter étendards rouges. Les chefs sont: pour Taile droite (Khang $edam), ^dknha mdka Sêna; pour Taile gauche (Khang chhvéng), ïOlcnha Jouihéa sdngkréem, les deux commandants d*avant-garde qui portent l'étendard rouge devant le roi. Ce pûok, débris des armées Khmêr, est recruté parmi les esclaves royaux héréditaires (pol, fiéahkngéar).. . .
iô** Le Krôrh Khleang phouch saley, les magasiniers pour le paddy. Les chefs sont V Oknha pohuletép (sedam), le piphedk saley (thhvéng). Ce pûok reçoit le paddy de Timpôt et le livre au fur et à metsurisi des besoins du palais.
17*. Le Krôm Khleang Poûchnéa, magasiniers pour le riz. Les. chefs sont le Muhk Montrey {sedam) , le Serey akéréch [chhvéng) . Lorsque le riz est près d'hêtre épuisé, il est délivré du paddy par les soins du pûqk précédent, et ce paddy est décortiqué par des esclaves vpoï) destinés à cet usage. Le plus beau riz est offert aux bonzes ; le 'restç sert pour les besoins du palais. Tous ces magasiniers tiennent^ des registres pour leur chef commun le loûk Veang.
r8° Enfin un dernier pûok digne de remarque est le Krom pr^a San gkrey AoïiX le chef est un mandarin à neuf pâho, V Oknha jpreasdachihuppedey, aveccinq ou six mandarins inférieurs sous sesordres. Ce Krôm veille au côté religieux de toutes les fêtes qui ont lieu au palais; il invite les bonzes, prépare pour^ux la salle du trône. Le Prea sdach et ses sous-ordres ont dans leurs attributions le soin de faire veillera l'observation d'une loi spéciale appelée /^rea.n&cA Arrêt sdngkrey, A cet. effet, ils ont dans toutes les provinces des délégué! = permanents [phneak ngéar) qui infligent les condamnations pour les délits. enfreignant cette loi :. délits, commis par. les Hxuizes,. par les ': laïques envers les bonzes, délits conti-é la morale.
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NOTICE SUR LE CAIfBODGE 3 î-