‹ Notice sur le clergé de Cahors pendant la RévolutionChapitre 18 sur 25 · ÉVÊQUE PRÉCONISÉ DE BAYEUX · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE PRÉCONISÉ DE BAYEUX

C'est la biographie d'un compatriote et d'un parent que l'auteur de la présente notice a tenté d'écrire à l'aide de notes détaillées qu'il a reçues à plusieurs reprises, notamment en décembre 1893^ de l'évêché de Bayeux.

L'abbé Jean de Pradelle était né à Gagnac, diocèse de Cahors. Entré dans la cléricature, il était chanoine de la collégiale du Vigan, lorsque Mgr de Cheylus, évêque de Cahors, fut transféré à l'évêché de Bayeux en 1777. Très avantageusement connu et particulièrement aimé de son évêque, l'offre lui fut faite de l'accompagner dans son nouveau diocèse et il l'accepta.

A peine institué évêque de Bayeux, Mgr de Cheylus nomma vicaire général M. l'abbé de Pradelle^ qui n'avait alors que 32 ans. Sur les instances de l'évêque, le roi, en vertu du droit de régale, l'éleva par brevet donné à Versailles le 4 mars 1777 à la dignité d'archidiacre de Caen, la seconde des quatre dignités d'archidiacre par le rang, mais la première par son importance .

M. de Pradelle arriva dans le diocèse de Bayeux vers le mois d'août 1777. Le 19 septembre de la même année, la communauté des Ursulines de Bayeux le choisit pour supérieur, et Mgr de Cheylus confirma cette élection par acte du 27 septembre.

Le roi Louis XVI, à la demande de l'évêque, et en vertu du droit de régale, nomma M. de Pradelle aux canonicat et prébende de Gavrus, en la cathédrale de Bayeux ; Mgr de Cheylus lui en donna la collation canonique au mois d'octobre 1777, et M. de Pradelle en prit possession aussitôt. Il resta jusqu'à la révolution, grand vicaire, chanoine de Gavrus et archidiacre de Caen.

Il donna sa démission de chanoine du Vigan vers la fin de 1777, en faveur de M. l'abbé de Pages de Rochemure de Cheylus, parent de Tévêque, lequel en jouit jusqu'en 1782, époque vers laquelle il devint chanoine de Bayeux, comme M. de Pradelle.

Au mois de décembre 1777, Mgr de Cheylus donna à M. de Pradelle des lettres de Comitatu, c'est-à-dire qu'il l'exempta de l'assistance aux offices du chœur de la cathédrale. M. de Pradelle était, en effet, fort occupé aux affaires du diocèse, et l'homme de confiance de l'évèque. Il était pieux, intelligent, fort actif, très instruit et très laborieux. On ne voit pas que ses hautes dignités aient porté ombrage à ses confrères.

En 1788, M. de Pradelle publia un ouvrage devenu assez rare et qui prouve l'érudition vaste et sûre de l'auteur. C'était une thèse difficile à défendre, et que les circonstances rendaient plus difficile encore à propager. Il s'agit du fameux droit de déport il).

Ce droit était devenu très impopulaire dans le clergé inférieur, comme dans le tiers-état et dans la noblesse. M. de Pradelle avait déployé beaucoup d érudition pour en établir la légitimité (2).

Il publia son ouvrage à Caen, sous ce titre : Du droit de déport dans V église de Normandie, par Jean de Pradelle, archidiacre et vicaire général de Bayeux, 1788(3).

M. Laffetoy, dans son histoire de Bayeux, cite le nom de M. de Pradelle, mais sans donner sur lui aucun renseignement, sinon son titre de vicaire général et sa délégation, au nom du chapitre de Bayeux, à l'assemblée du grand baillage de Caen (16 mars 1789).

Le chapitre et le vénérable évêque de Bayeux surent opposer aux persécutions de la religion tantôt une conduite modérée et prudente, tantôt une énergie pleine de dignité.

Dès le 14 mars 1789, le chapitre, qui se composait de cinquante chanoines, avait renoncé à ses privilèges par un acte

(1) Ce droit consistait eu ce que. toutes les fois qu'uue cure deveuait vacante, l'évèque la faisait desservir et en partageait le revenu peudant un an avec ses archidiacres, nonobstant la nomination du nouveau titulaire. Le concordat de Léon X avec François P'', avait établi cet usage.

(2) Histoire de Bayeux, par M. Laffetoy, 2*-' v. p. 209.

(3) Un vol. in-8o de 340 pages. — Un exemplaire de cet ouvrage fut, à révêché même de Bayeux, gracieusement offert à feu M. Gustave de Pradelle, ancien préfet de l'Oise, ainsi que le portrait (grand tableau en costume épiscopal), de M. J. de Pradelle. Le volume et le tableau sont eu possession de M. 'Th. de P., curé-doyen de Labastide-Murat.

public approuvé par l'évêque, lequel acte avait été joint au cahier que l'Ordre du clergé du baillage de Caen envoya aux états-généraux. Le 13 janvier 1790, Monseigneur et son chapitre déclarèrent par une manifestation collective qu'ils voulaient payer dans la même proportion que les autres citoyens tous les impôts et s'acquitter de toutes les charges publiques sans exception, et qu'ils se feraient, comme par le passé, un devoir religieux de secourir les pauvres.

Le 27 du même mois, une députation fut envoyée au prélat pour lui annoncer qu'il était élu maire de Bayeux. Il accepta sans hésiter ces fonctions honorables.

Mais dès le mois d'avril 1790, la liberté des Cultes ayant été admise en principe par l'assemblée nationale, la religion catholique cessait d'être la religion de l'Etat. Le chapitre se rendit, à cette occasion, à l'hôtel-de-ville, et là, en présence du conseil municipal, présidé par l'évêque en personne, il déposa une protestation contre la loi. Mgr de Cheylus ne dissimula pas qu' « elle était en partie son ouvrage ». Le conseil municipal déclara la protestation attentoire aux décrets de l'assemblée nationale et en ordonna la suppression. Mgr de Cheylus ne tarda pas à donner sa démission de maire, le 6 novembre

Le chapitre fut supprimé le 11 décembre de la même année. Les officiers municipaux, par ordre du gouvernement, apposèrent les scellés sur la porte de la salle capitulaire, et les chanoines se prosternèrent une dernière fois devant le crucifix de la cathédrale et se retirèrent dans la chapelle de l'Évêché. Quelques jours après, le 24 décembre, le district de Bayonne leur interdit toute espèce de réunion.

Déjà le 20 novembre Mgr de Cheylus dénonçait les réformes de l'assemblée comme un système réprouvé, attaquant la puissance de l'Eglise. « Ne redoutez pas le glaive des puissances, écrivait-il à ses fidèles coopérateurs, et confessez devant elles, avec courage, le nom de Jésus-Christ. . . »

« N'allons pas trahir la religion, dit-il encore au commencement de 1791, par le scandale d'un serment que Dieu, l'honneur et la conscience nous défendent de prêter. »

Les curés de Caen, dans l'archidiaconé de M. de Pradelle,

avaient déjà protesté contre le serment du 27 novembre 1790. L'université de Caen et le diocèse suivirent cet exemple. Quarante-six professeurs déclarèrent qu'ils voulaient s'en tenir au jugement et à la conduite du souverain Pontife, relativement aux articles de la constitution civile du clergé, qui intéressaient la foi, la discipline et la morale du christianisme. Le 9 juillet 1791, Pie VI approuvait ce langage, que l'abbé Maury lui faisait connaître.

L'immense majorité refusa donc le serment. Trois députés du clergé le refusèrent aussi (1).

Le lundi 14 mars 1791, Mgr de Cheylus n'avait point satisfait dans le délai voulu à la loi du serment, mais dès le 10 mars il écrivait aux électeurs : « Votre choix ne peut faire qu'un intrus, parce que mon siège n'est pas vacant. Je le poursuivrai partout comme un loup ravissant. . ., et s'il le faut, je le frapperai d'anathème sur la chaire même sur laquelle le scandale l'aura placé. »

Quelques jours après, l'intrus eut le noble courage de donner sa démission.

Dès le ] 1 mars 1791, Monseigneur publiait son dernier mandement. « Prions, disait-il, pour le peuple qui va bientôt se trouver sans pasteur, vous surtout qui, chargés de ma confiance, en partagiez avec moi la sollicitude... Je remettrai, s'il demande ce sacrifice, mes pouvoirs au Saint-Père ; jusque-là, j'en reste investi. . . »

Le 3 avril. Monseigneur reçut de la part d'un huissier l'ordre de quitter sa demeure dans quelques jours.

Le 18 avril eut lieu l'élection du fameux abbé Fouchet : « Qui êtes-vous ? lui dit Mgr de Cheylus ; d'où venez-vous ? Si c'est au nom de l'Eglise, nous sommes prêts à vous donner notre place ; mais montrez-nous vos titres, montrez-nous le mandat apostolique qui vous institue, montrez-nous la sentence qui nous dépose... Nous vous citons, vous, M. Fouchet, par notre présente ordonnance au tribunal du souverain Pon-

(1) Dans le seul district de Caen, sur 167 paroisses, il y eut pourtant deux défections, celle surtout de xM. de La Prise, qui se laissa élire évêque du Calvados.

tife, devant lequel nous vous déclarons que nous allons vous poursuivre pour faire prononcer solennellement votre déposition. »

Pie VI avait déclaré que la constitution civile du clergé contenait plusieurs hérésies et qu'on ne pouvait sans apostasie s'y soumettre par serment.

Mgr de Cheylus avait donc rempli un suprême devoir envers ses diocésains, en les éclairant sur l'intrusion d'un prêtre schismatique.

Le courageux évêque fut dénoncé à l'accusateur public. Il quitta d'abord l'Évêché, et le 13 septembre 1791, il s'embarqua pour l'Angleterre et se retira dans l'ile de Jersey.

M. de Pradelle eut une conduite très digne et très ferme à l'époque de la révolution. Il refusa le serment comme presque tous ses collègues du chapitre. Il suivit, du moins pendant quelque temps^ Mgr de Cheylus à Jersey, mais il n'eut aucune part à l'administration du diocèse de Bayeux pendant la révolution.

Mgr de Cheylus mourut à Jersey en 1797. On trouve le nom de M. de Pradelle sur les registres paroissiaux. Il est probable qu'il ne resta pas longtemps à Jersey.

En 1793, M. de Pradelle était caché à Bayeux. On connaissait son domicile. Le 24 mai 1793, à la requête de la municipalité de Bayeux, les gendarmes firent des perquisitions dans la ville pour découvrir, arrêter et conduire en la maison d'arrêt les prêtres fidèles âgés de moins de soixante ans. Après avoir visité plusieurs maisons habitées par les prêtres les plus en vue, ils se présentèrent chez M. l'abbé Scelles de Saint-Séver, chanoine, ami de M. de Pradelle. Ils demandèrent à la citoyenne Saint-Séver, sœur du chanoine, où était son frère. Elle « a répondu qu'il était parti depuis quelques jours avec le nommé Pradelle, aussi prêtre non assermenté et qui, depuis deux années, demeurait chez ledit Saint-Séver, sans savoir où ils sont allés » .

Les gendarmes firent une exacte perquisition dans la maison, mais ne trouvèrent ni l'un ni l'autre.

D'après la liste de M. l'abbé Manseau, M. Jean Pradelle arriva à la citadelle du château d'Oléron (Char'®-Inf''«) le 7 mars

1799. Il avait donc été condamné à la déportation (1). L'auteur n'indique pas l'époque de sa libération ni de son retour. Il le dit vicaire, âgé de 49 ans (2), né à Gramat, diocèse de Cahors. Il faut lire Gagnac et non Gramat. On sait que les listes dressées par les persécuteurs ignorants sont remplies de fautes. Les faiseurs de listes confondaient aussi les simples vicaires avec les grands vicaires.

Dans sa liste, M. Manseau cite aussi quantité de prêtres déportés du diocèse de Cahors.

D'après certains renseignements, M. de Pradelle aurait passé plusieurs mois dans un château appartenant à M. de Bonnechose, dans la paroisse de Monceaux, à trois kilomètres de Bayeux.

Après la révolution, il était l'habitué de la famille. On dit même qu'il avait fait construire la chapelle du château, qui existe encore et dont l'autel a été enlevé, il y a deux ans (3), pour être offert à une maison religieuse.

M. de Pradelle se serait aussi intéressé vivement à la restauration du Séminaire diocésain de Bayeux, après la révolution, mais on n'a pas, sur ce point, de détails précis.

Un registre de l'Évèché, rédigé en 1805, le donne comme prêtre habitué à la cathédrale de Bayeux.

Voici ce qu'écrivait, le 2 mai 1863, à l'auteur de cette notice, qui lui avait demandé des renseignements sur M. de Pradelle, M. J. Duvelleroy, pro-secrétaire de l'évêché de Bayeux :

« M. de Pradelle était un homme d'un très grand mérite et qui jouissait de l'estime et de la considération de la noblesse et du clergé. Avant la restauration, il exerça les fonctions de vicaire général. A cette époque, il fut nommé évêque de Bayeux, à l'âge de 75 ou 76 ans (4) ; il fut même préconisé, mais il n'a pas été sacré. S'étant rendu à Paris, à l'occasion de sa

(1) Le 18 fructidor (4 septembre 1797), un décret rapporta les lois en faveur des prêtres émigrés et infligea la déportation à tous les prêtres qui refuseraient le serment : « Haine à la royauté et à Tanarchie « . Or Pie VI décida le 24 septembre 1798 que, pris dans le sens naturel qu'il présentait à l'esprit, ce serment était illicite.

(2) Il avaii en réalité 54 ans.

(3) Eu 1891.

(4) Il ne pouvait avoir au plus que 73 ans.

nomination, il fut attaqué et mourut de la jaunisse, au Séminaire des missions étrangères » .

Son acte de décès est de l'année 1818.

La famille Deldon-Bizal de Pradelle était ancienne. On trouve un marquis de Pradelle (1), officier supérieur distingué, dans l'armée du grand Condé. Un frère de l'évêque, mort à Gagnac en 1829, était un rude chrétien, père de 19 enfants.

C'est dans la maison de Pradelle, située un peu loin du bourg, dans un gracieux vallon, que se réfugiait le bon curé de Gagnac, M. de Lapanouze, confesseur de la foi^ qui s'exila et mourut en Espagne.

Un jour qu'il était caché dans le grenier à foin, un gendarme, soupçonnant sa présence, l'avait, dit on, piqué de la pointe de son sabre sans arriver à le découvrir.

M. Gustave de Pradelle, étant préfet à Beauvais, vers 1880, fit rétablir légalement le titre nobiliaire de sa famille. « Noblesse oblige » : l'évéque avait refusé le serment et subi l'exil^ le préfet préféra sa révocation, en 1882, à l'exécution des décrets contre les congrégations.

Un petit-neveu.

ENCORE M. VAURS

Nous demandons pardon à nos lecteurs de revenir, pour la troisième fois, sur le même sujet (2) ; de nouveaux documents, gracieusement communiqués par un arrière-petit-neveu du prêtre dont nous racontons la vie, nous permettent de donner des détails intéressants et d'affirmer là où nous avons hésité dans les précédentes notices.

M. Jean-François Vaurs naquit à Floirac en 1760. 11 était curé de Gramat au moins au commencement de 1792 ; il avait donc 32 ans. Ses supérieurs avaient dû voir en lui de l'intelli-

(1) Sou portrait est eu possession de M. le curé-doyen deLabastide-Murat.

(2) Voir pages 19 et 210.

gence, des vertus, pour confier une paroisse si importante à un prêtre si jeune. Il ne trompa point la confiance qu'on avait mise en lui. Obligé de prêter serment à la constitution civile du clergé^ il le prêta dans les conditions que nous avons dites ; mais dès que ce serment eût été condamné par l'Eglise, il s'empressa de le regarder comme nul et refusa de prêter tout autre serment. Il se retira à Floirac où il eut à subir de la part de ses concitoyens une véritable persécution.

Plein d'ardeur pour le maintien de la foi et de l'unité catholique, il ne put voir l'église où il avait été baptisé livrée à un intrus, sans faire éclater son indignation. Ne se contentant point de gémir en secret, ou rester dans l'attitude d'un résigné^ il allait trouver le curé intrus, un certain Blavignac, et lui déclarait qu'il n'avait aucun pouvoir pour exercer les fonctions ecclésiastiques. Il ne ménageait pas davantage l'évêque du département du Lot (l'évêque constitutionnel), disant que cet évéque n'avait aucun droit pour le placer dans l'église. II interpella même le dit Blavignac en ces termes : « N'avez-vous pas été » excommunié? Et si vous ne l'êtes pas vous le serez avant la » fin du mois. »

Tout courage crée aussitôt des embarras. M. Vaurs l'apprit bientôt. Ces discussions si vives avaient fait du bruit et avaient eu des témoins. Le courageux curé fut traduit devant le tribunal de police correctionnelle de Floirac, accusé comme perturbateur public aj'ant vomi en pleine assemblée de municipalité que l'évêque du département du Lot, que Blavignac, curé de Floirac, n'avaient aucun pouvoir pour exercer les fonctions ecclésiastiques. Perturbateur public, M. Vaurs! oui, à la façon de Pierre et de Paul, d'Etienne et de Laurent, des martyrs de l'Eglise naissante et des Eglises du Tonkin et du Japon !

L'accusé ne trembla pas devant un tribunal composé de figures connues, mais peu sympathiques ; il ne nia rien : « Ayant » trouvé le dit sieur Blavignac, ils auraient parlé des opinions » religieuses ; il avait manifesté la sienne et il la manifesterait » aux dépens de sa tête ! »

Le tribunal le condamna, en forme de correction, à un mois de détention dans une maison d'arrêt, à 50 francs d'amende, à

l'affichage à ses frais du jugement sur toutes les portes des églises du canton et aux dépens taxés 50 fr. 6 sous, 7 deniers, à payer les témoins et à défrayer le procureur de la commune. Ceci se passait le 23 juin 1792, l'an P^ de la liberté.

Nous ne savons si M. Vaurs subit sa peine ou s'il prit la fuite. Il essaya d'aller jusqu'à la frontière d'Espagne, mais ne réussit pas. Il vint se réfugier à Paris. Ici nous copions exactement la note que nous avons sous les yeux : « Il ne sortit point » de France lors de la loi de déportation. Les temps devenant » alors de plus en plus fâcheux, il tâcha de dissimuler son état » aux yeux des persécuteurs et alla se confondre parmi les dis- » ciples d'une école de science vétérinaire à Charenton (chez » M. Barruel professeur). Mais telle était la très majeure » partie du clergé de France que presque tous les prêtres » avaient contracté une si grande habitude des vertus et de la » sainte réserve de leur état, qu'ils ne pouvaient plus le dé- » guiser et qu'elle les trahissait bientôt, de quelque vêtement » séculier qu'ils fussent couverts. L'habit voulait annoncer un » laïc, et les manières, les paroles, la contenance, la physiono- » mie faisaient presque aussitôt reconnaître un prêtre. Ainsi » fut trahi le curé Vaurs (1).

» On l'enferma d'abord comme suspect; mais bientôt on iecon- » duisit, comme prêtre réfractaire, devant le tribunal révolu- » tionnaire le 11 messidor, an II (29 juin 1794). Il y profita des » premières interpellations du président pour faire, en présence » des juges et du public, une courageuse profession de foi. »

Dans son acte d'accusation, Fouquier-Thinville s'écriait : « Vaurs, prêtre réfractaire, qui soutient qu'il n'a pas dû, par » conscience, obéir à la loi, comme si la loi n'était pas, dans l'or- » dre social établi, laconscience de tous les individus qui com- » posent la société, doit être jugé d'après ses aveux. Il est évi- » demment conspirateur et doit en subir le sort ». Et ce fut à ce titre que le tribunal le condamna à la peine de mort.

Il fut exécuté à Paris, place Louis XV, trois ou quatre jours avant la chute de Robespierre, à l'âge de 34 ans. H. D'ORG.

(1) Il fat dénoucé par G.. , de Graraat, élève pharmacien, ou par T..., ouvrier marbrier.

M. CHARLANES

M. l'abbé Guillaume Charlanes était, curé de Blanzaguet avant la Révolution. On ne connaît pas la date de sa naissance, ni celle de son installation. On sait seulement qu'en 1753, pierre Charlanes, qu'on croit être son frère, signa un certificat de publication de mariage comme curé de Blanzaguet. On sait, d'autre part, qu'il avait exercé le ministère dans cette paroisse, pendant deux ans seulement, lorsque son frère Guillaume lui succéda. Ce serait donc vers 1755 que celui-ci aurait pris possession de sa cure.

L'abbé Charlanes refusa de prêter serment. Il fut, en conséquence, obligé de quitter le presbytère. La municipalité de Blanzaguet l'accusa d'avoir enlevé des objets qui ne lui appartenaient pas. Il fut assigné devant le bureau de conciliation de Martel, alors qu'il aurait dû être assigné devant celui de Souillac. Il aurait pu facilement établir qu'il n'avait retiré du presbytère que les objets qui lui appartenaient en propre (Ij, mais il ne voulut pas comparaître.

<( Je suis humilié, écrivait-il à son frère, M. Charlanes à Blanzaguet, de ne pouvoir paroître, mais nos respectables municipaux veulent notre bien et le saisissement de ma personne qui ne leur a fait que du bien. Dieu veuille les compler {sic) encore plus qu'ils ne m'affligent ; mes larmes et mes prières pour eux ne finiront qu'avec moy ».

En postscriptum se trouve dans cette lettre, sans date ni signature autre que C. « Observés-vous de la canaille et ne dittes mot, faites tout à petit bruit. »

Malgré sa prudence, M. Charlanes ne parvint pas à dissimuler complètement sa retraite. Il savait que ses ennemis, les révolutionnaires^ en voulaient à sa vie. Surpris une nuit par

(1) Voici l'inventaire de ces objets : Une barrique de dix bastes ; quatre baricots : deux bous et deux médiocres ; deux petites armoires, sans derrière, à deux portes l'une sur l'autre ; un petit buffet en peuplier ; une paire de chenets en fer battu ; dix chaises et un fauteuil garni en paille ; une douzaine de linseuls (draps de lit), six nappes et deux douzaines de io///o/i5 (serviettes) ; une pendule; deux douzaines d'assiettes dont l'une est grise et l'autre blanche et six (douzaines) plates : trois de noires et les autres blanches ; six cuillers d'étain et six fourchettes ; une poile et deux pots eu fer de fonte; une table eu peuplier et une petite cuve.

quelques-uns d'entre eux^ il prit la fuite à travers les rochers et fit une chute terrible dont il parle en ces termes dans une lettre datée du 28 mai 1794 : « Je suis persuadé que je porterai la chute du rocher de Cliese au tombeau, mais loin de m'en plaindre^ je me réjouis de n'y avoir donné aucun lieu par ma faute^ mais pour sauver ma vie que je n'ay jamais si certainement cru perdre que cette nuit où le ciel me conserva. »

C'est après cette chute, apparemment, qu'il fut pris et interné au grand Séminaire de Cahors avec beaucoup d'autres prêtres.

De cette maison de réclusion, M. Charlanes écrivit à sa famille plusieurs lettres qui ont été conservées (1). Elles sont, à la vérité, remplies de détails sans intérêt pour l'histoire de cette malheureuse époque ; on y peut, toutefois, glaner quelques renseignements qui nous donnent une idée de ce qu'était la vie des prêtres reclus au grand Séminaire de Cahors.

La nourriture ne devait pas être abondante, car ils étaient heureux de recevoir des provisions de toute nature. •« Je vous remercie Men, mon cher frère, êcrit-il le 27 décembre 1794^ du pain, amandes^ pois et paumes^ qu'une femme qui m'a dit être de St-Chamarand me remit hier de votre part...

» Je remis de suite à M. le curé de Mézels le pain qui me parut le plus beau avec une paire de bas. Il vous asseure touts de sa considération et écrit à ma belle-sœur. J'ai donné un assignat de vingt-cinq sols à cette femme pour ses peines...

. » Je souhaite que vous ayez une année plus tranquille et plus heureuse que ce que nous avons vu jusqu'icy. Je n'ai eu aucune nouvelle de mes neveux, j'en passe bien peine. Dieu veuille les conserver et nous remplir touts dans cette nouvelle année que je vous souhaite à touts remplie de la paix du Seigneur et dans l'accroissement d'une ferveur la plus ardente à vous attacher uniquement à Dieu ».

La lettre est signée Charlanes, reclus. Nous y trouvons ce

(1) Nous devons à l'amabilité de M. l'abbé Vertut, curé de St-Sozy, la communication de ces lettres et de tous les autres renseignements qui nous ont permis d'écrire cette courte notice.

postscriptum : « Tout enchérit icy du soir au matin d'une manière étonnante^ il n'y a pas moyen de vivre,.. »

Dans une autre lettre^ il conseillle à sa famille de ne pas venir le voir, <-' car le concierge est très sévère. Il n'entre personne que par l'ordre du département ».

Citons encore une dernière lettre de M, l'abbé Charlanes écrite au citoyen Charlanes, à Blanzaguet, le 2Q avril 1795.

« M. Lapeyrière, frère au prieur de Cazoulès, vient de me remettre votre lettre, mon cher frère, où j'ay trouvé dix assignats de cinq livres, qui font cinquante livres, dont je vous remercie. Le courrier de vendredy dernier qu'on croj^ait devoir apporter notre élargissement, n'aporta rien pour nous. Quand sortirons-nous, nous n'en savons rien; il esta craindre que jaurai fait passer trop tôt une partie de mes bardes dont je voulut bien charger M. Yiellescazes, gendre de M. Lacroix, que vous avez sans doute veu. Je ne retins qu'un linceul et une misérable culotte avec deux chemises. Il y avait dans le sac 4 chemises, un linceul, une bonette, trois toilions, trois culottes et veste d'été. J'en aurai besoin si nous ne sortons point. Tout est si incertain qu'on ne peut tabler sur rien

» Quand nous serons délivrés je vous le marquerai. Jusquelà il faut patienter. Ma jambe me donne comme l'année dernière bien de la tablature et me détient dans la chambre. Je désire que vous jouissiez tous d'une meilleure santé.

» M. l'abbé de Bécave pour avoir été à Mercuès chez quelqu'un de ses amis est reclus dans la maison. Ceux qui sont sortis de réclusion doivent bien s'observer. »

Quand et comment cessa la réclusion pour M. Charlanes, il nous est impossible de le dire. Tout ce que nous savons, c'est qu'il était à Blanzaguet en 1801. Nous ne croyons pas qu'il ait été déporté, car son nom ne figure pas sur la liste publiée par l'abbé Lelièvre. Il fut probablement relâché à cause de son état de santé et il se retira dans sa famille. Le jour où le culte fut rétabli en France, il reprit sans doute ses fonctions de curé de Blanzaguet qu'il dut conserver jusqu'à sa mort. J- Gary.

M. PIERRE DUPUY Curé de Ganic

Pierre Dupuy, né le 17 novembre 1761 à Saint-Etienne-de- Tulmont, canton de Négrepelisse, alors diocèse de Cahors, aujourd'hui diocèse de Montauban, fut nommé vicaire de Ganic en 1788. M. Terrai, son curé, après avoir desservi cette paroisse pendant trente ans, de 1759 à 1789, se retira dans une maison particulière où il dut mourir vers la fin du siècle, laissant une grande réputation de talent et de vertu.

En 1789, il eut pour successeur M. Pouzoulet.

A celui-ci succéda en 1791 M. Limayrac, grand-oncle de M. Léopold Limayrac, ancien député à l'Assemblée nationale en 1871, et de M. l'abbé Limayrac, chanoine, curé de St- Jacques à Montauban.

Selon toute probabilité, M. Limayrac resta curé de Ganic pendant toute la tourmente révolutionnaire.

Dans ces temps particulièrement difficiles, il fut puissamment secondé par son vicaire, M, Dupuy, ou plutôt M. Dupuy

fut le curé de fait de la paroisse. Dans les archives, de 1796 à 1802^ on ne lit que son nom sur les registres paroissiaux : il signe « Dupuy, prêtre catholique » ; en 1802 et 1803, il signe indifféremment « Dupuy, vicaire régent, vice-curé de Ganic ». En 1804^ il fut nommé curé, titre qu'il conserva jusqu'à sa mortj arrivée le 25 mars 1840.

Pendant la grande Révolution que devint M. Dupuy ; qu'eutil à soufî"rir ; que fit-il ? Voilà ce qu'il est intéressant de connaître.

Ce jeune prêtre au cœur ardent, à l'âme vaillante, à la foi vive et éclairée, à l'exemple de tous les saints prêtres, refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Poursuivi, traqué comme une bête fauve par une troupe de pillards, de révolutionnaires appelés dans le pays la bande noire, à laquelle il n'échappa plusieurs fois que par miracle^ il dut se cacher et abandonner, bien malgré lui, son poste de combat et les âmes confiées à ses soins. Il se retira chez des parents, au château de Merlanes, paroisse de Saint-Christophe (Tarn-et- Garonne), à deux lieues environ de Ganic. Là il avait le bon-

heur de célébrer les saints mystères dans une chambre secrète convertie en oratoire.

Son zèle pour le salut des âmes le fit souvent sortir de sa retraite. Il faisait de fréquentes et longues apparitions à Ganic et dans les environs ; on cite plusieurs maisons où il se cachait et où il célébrait la sainte messe, entr'autres la maison Gary au Mespoulié, Iches à Fabos, Longueville à Lartigues, Lartet à Birou, paroisse de Flaugnac : il la disait aussi au Causse, paroisse de Lamolayrette; à Cantemerle, paroisse de St-Laurent (Tarn-et-Garonne). Ne pouvant se montrer en plein jour, il parcourait, à la faveur des ténèbres de la nuit et souvent au péril de sa vie, la paroisse et la contrée, allait de maison en maison visiter les malades, fortifier les fidèles, les catéchiser administrer les sacrements. Une multitude d'enfants reçurent le baptême de ses mains.

Voici, au sujet d'un mariage, un précieux document qui nous montre combien l'Eglise était persécutée et combien le saint ministère était difficile à cette époque de terrible mémoire :

« L'an mil sept cent quatre-vingt-seize, — lisons-nous dans les archives, — et le vingt-cinquième jour du mois de février, après minuit, clans une maison particulière, du lieu de Giblot, paroisse de Ganic, vu l'état de persécution où se trouve l'Eglise catholique de France, en vertu de pouvoirs extraordinaires à nous légitimement dévolus et après la dispense du

temps et celle de la publication des bans

Je soussigné, prêtre français insermenté^ ai administré le sacrement de mariage à G. F. et à M. S., tous deux du susdit

lieu de Giblot »

Signé : Dupuy, prêtre catholique.

Si M. Dupuy ne fut pas saisi, lié, garrotté, trainé de prison en prison comme tant d'autres prêtres, il eat néanmoins beaucoup à souffrir pour remplir son ministère auprès des àraes.

Il faut dire, à la louange des habitants de Ganic, que, dans ce temps de persécution, ils furent toujours pour lui d'un dévouement, d'une fidélité, d'un attachement qui ne se démentirent jamais.

Que fut son ministère de 1804 à 1840 ? Il est facile de corn-

prendre qu'il dut être des plus féconds. L'attachement qui lui avait été voué dans la guerre lui fut conservé dans la paix. Intelligence d'élite, prêtre modèle, formé comme son divin Maître à l'école de la souffrance, M. Dupuy fut toujours, vis-àvis de ses paroissiens, d'une prudence consommée et d'une bonté toute paternelle.

En 1835, accablé sous le poids des années et des infirmités, il demanda un vicaire pour l'aider dans l'accomplissement de son ministère auprès des âmes.

En 1838, ne pouvant remplir aucune fonction de sa charge, il se retira, tout en conservant son titre de curé, chez un de ses neveux, à Bourat, paroisse d'Espanel (Tarn-et-Garonne), à une lieue environ de Ganic.

Cette séparation n'eut pas lieu sans un profond déchirement. « Dans ta maison, dit-il à son neveu, tu me placeras de manière â ce que de ma chambre je puisse entendre la cloche de ma paroisse bien-aimée jusqu'à mon dernier soupir ».

Deux ans plus tard, le 25 mars 1840, il rendit sa belle âme à Dieu, dans la soixante-dix-neuvième année de son âge, après plus de cinquante ans d'un ministère des plus laborieux et des plus féconds.

Selon son désir, sa dépouille mortelle fut portée à Ganic pour y reposer comme un père au milieu de ses enfants. Toute la paroisse en deuil se transporta à la rencontre du convoi et accompagna toute en larmes sa dépouille mortelle à sa dernière demeure.

M. Dupuy a laissé un nom béni, un souvenir ineffaçable. Ceux qui l'ont connu ne parlent de lui qu'avec un profond sentiment de respect et de vénération. A ce nom, les vieillards courbés sous le poids des ans se redressent, tressaillent, leur visage s'illumine, le sourire paraît sur leurs lèvres. D'une voix tremblante et parfois entrecoupée par les sanglots, ils ne tarissent pas d'éloges. « Moussu Dupuy, disent ils en langue vulgaire, quel saint prêtre, comme il était bon, comme il nous aimait ! » C.

Histoire du district de Gourdon 1790-1794

La persécution religieuse De commença dans le district de Gourdon \l) qu'au commencement de juillet 1791, à la suite de la pétition que « la société des amis de la constitution séante à Gourdon^ affiliée à celle de Paris »^ adressa au directoire le 28 juin 1791 (n° 704 des pétitions) afin d'être autorisée « à ar- » rêter et conduire en lieu sûr tous les prêtres réfractaires qui » troubleront l'ordre public de quelque manière que ce soit ; » ainsi que toutes personnes du district suspectes^ qui seront » dénoncées mener une conduite anti-constitutionnelle. Et » enfin, prendre à leur égard toutes les précautions que le bien » public et le progrès de la révolution (menacée avec une im- » pudence et une témérité inouïes) pourront exiger ».

Lavaysse, ancien officier, président. Cavaignac Jean-Baptiste fils (le futur conventionnel) et Lafaysse, secrétaires, signés.

Aux termes de la loi du 27 novembre 1790, les prêtres et les religieux durent prêter serment à la constitution civile du clergé ; ceux qui ne le firent pas, furent obligés de fuir en exil pour éviter la prison et la mort.

(1) Le district de Gourdon comprenait : 1» le canton de Gazai avec les municipalités de Freyssiuet, Gindou, Les Arques. Marminiac, Montcléra, MoussaCj St-Caprais.

2» Le canton de Montfaucou. comprenant les municipalités de Ganiac, Goudou, Labastide-Fortuuière, St-Sauveur, Soulomès, Soiicirac et Vaillac.

3o Le canton de Payrac avec les municipalités de Garni, Calés, Laval, Loupiac, Mareuil, Masclat, Nadailhac-la-Rouge, ReilhagueL Fajolles.

4° Le canton de Salviac avec les municipalités de Dégagnac, Dégagnasses, Lavercantière, l'Abbaye-Nouvelle, Léobard, Luzies, Montgesti, Rampoux, Thédirac.

5" Le canton de St-Germain avec les municipalités de Beaumat, Goncorès, Freyssinet, Lamothe-Gassel, Linars; Moutamel, Peyrilles, Puy-Galvel, Saiut- Ghamarand, Ussel, Uzech-des-Oules.

G° Le canton de Garlucet avec les municipalités de Beaumat, Bonuecoste, Gouzou, Foutaues, Giuouillac, Le Bastit, Lapanonie, Luuegarde.

7» Le canton de Gourdon, tel qu'il existe aujourd'hui, avec les raunicipaités de Prouilliac, Gosteraste, Lafontade.

Voici les noms de plusieurs prêtres du district qui furent fermes dans leur foi :

MM. Selves, curé de Carlucet.

Capin, curé de Freyssinet-le-Gélat.

Miramond, curé de Moussac.

Bonnat, curé de Boissiérettes.

Bessonies, curé de Montamel.

Pierre Raynal, prêtre de la mission.

Lapeyre, curé de Nozac.

Ginibert, Pierre^ curé de l'Abbaye.

Vargues, curé de St-André-des-Arques.

Salinier, curé de Montgesty.

Louradou, curé de Payrac.

Cuniac, prieur de Rampoux et Lavercantière.

Aygueparse, curé des Arques.

Soliniac, curé de Lapanonie.

Amagat, Jacques^ curé de Laval et Camy.

Lapize, curé de Montfaucon et Séniergues.

Cammas, curé de Reilhaguet.

Vieilhescazes, curé de St-Martin-le-Désarnat.

Ant« Vieilhescazes, aumônier de l'évêque de Poitiers.

Albareil, curé de la Bastide-Fortunière.

Rossignol^ Bernard, curé de Fontanes.

Rives, curé de Caniac.

D'Albareil, curé de Thédirac.

Lespinasse, curé de Fajolles.

Borie, curé de St-Projet.

Sourdes, curé de Lavercantière.

Lajugie, curé de Calés.

D'Hébray, curé de Milhac.

Lagard, vicaire de Salviac.

Pharlange, vicaire de St-Germain.

Roques, vicaire de St-Sauveur.

Fournol, vicaire de Calés.

Lauvie, vicaire de Freyssinet-le-Gourdonnais.

Mercié, vicaire de Freyssinet-le-Gélat.

Jean Bosc, vicaire de Montcléra annexe de Cazal.

Guillaume Fourastié, vicaire de Caza..

Vidal, vicaire de St-Chamarand.

Michel Rigal^ vicaire à Carennac.

Sauliac, vicaire de Ginouilhac.

Lacroix, ex théologal du Vigan.

Vèzes, curé de Prouillac.

Pierre-Jean Daugnac, curé de Dégagnac.

Jean Sabatier^ vicaire de Dégagnac.

Ces quatre derniers s'enfuirent en Espagne où ils finirent leurs jours chez les Carmes déchaussés (1). A côté de ces exemples, il y a eu certaines défections. Ainsi, nous voyons un certain Jean-Baptiste L., curé conventionnel de Marminiac, envoyer, le 18 frimaire an 2, une déclaration au directoire afin de faire part de son intention de se marier le plustôt possible.

« Michel Ch. déclare renoncer à toutes fonctioni ecclésiastiques pour rentrer dans la classe des simples citoyens et y remplir tous les travaux auxquels la République voudra bien l'employer. (17 ventôse, an 2.) »

Les prêtres qui n'ont pas prêté le serment sont remplacés. Le père Raut, ex-capucin, ayant été nommé curé de Lapanonie en remplacement de M. Soliniac, M. le maire Bergounioux adresse au procureur syndic du district de Gourdon la

lettre suivante :

« A Lapanonie, ce 20 avril 1791. » Monsieur,

» Nous avons appris avec la plus vive douleur et le déses-

(i) Le Directoire faisait activement rechercher M. le curé et M. le vicaire de Dégagnac, et lorsque les émissaires se présentèrent au presbytère de cette municipalité, ils n'y trouvèrent qu'une vieille servante, qui déclara que ses maîtres étaient partis pour l'Espagne. Le Directoire ajouta foi à cette affirmation, et, à côté des noms de MM. Daugnac et Sabatier, on mit la mention suivante : « Partis pour l'Espagne le 12 septembre 1792 ».

D'après la tradition locale, M. Daugnac n'aurait pas émigré en Espagne, encore moins fini ses jours chez les Carmes déchaussés. Quoique non assermenté, il vécut au milieu de son troupeau et mourut à Dégagnac dans l'exercice de ses fonctions, le 3 août 1823. Trompé par la servante, le Directoire le considéra comme émigré et ne songea pas à le rechercher. Par deux fois, du reste, les habitants de Dégagnac repoussèrent jusqu'au delà de Poudens les émissaires venus de Gourdon, nombreux et en armes à la recherche des rcfractaires et des suspects.

» poir le plus accablant qu'on avait nommé à notre cure, » comme vacante par le refus de prestation de serment de » la part de notre curé. Il l'avait cependant prêté le 20 fé- » vrier passé avec les restrictions que sa conscience et la nôtre » ont exigé de lui et nous nous serions opposés qu'il Veut » prêté sans restrictions. .. J'ai l'honneur donc, monsieur, de » vous faire tenir la présente pour vous dire de ma part et de » celle de tous les cito^^ens actifs de la paroisse que nous re- » gretterions infiniment notre curé qui a si bien mérité notre » confiance depuis dix-sept ans que nous avons le bonheur de » le posséder et pour vous prier de ne pas expédier le verbal » de nomination, car cette nomination est nulle et ne peut » donner aucun droit; d'ailleurs, qui nous a-t-on nommé ? Un » religieux qui ne peut devenir curé qu'en abjurant ses vœux » et devenant apostat ! ! ! Toutes ses fonctions seraient pour » nous nulles et sacrilèges, il ne peut avoir aucun pouvoir » pour lier ou délier nos consciences tant que notre légitime » pasteur, auquel nous serons toujours inviolablement atta- » chés, vivra. Notre curé nous a assurés que vous pensiez que » son serment aurait été admis, nous espérons donc que l'as- » semblée nationale voudra se conformer à nos désirs et nous » conserver notre précieux curé. Nous osons espérer, Mon- » sieur, de votre bonté et de votre justice que vous ne per- » mettrez pas que ce religieux vienne troubler notre cher » pasteur, nous en serions désolés. Nous nous opposerions de » tout notre pouvoir à son installation à laquelle nous croyons » qu'il n'a aucun droit jusqu'à ce que l'assemblée nationale ait » prononcé. Il serait pour nous un objet de haine et de mépris » s'il troublait le pasteur le plus chéri et qui le mérite le plus. » J'ai l'honneur d'être avec. . .

» Bergougniodx, maire, signé. »

« Le directoire, considérant que les dispositions de la lettre » sont attentatoires à l'exécution de la loi et annonce des » projets incendiaires, arrête : que la dite lettre sera trans- » crite et annexée au registre et que copie d'icelle et du pré- » sent arrêté sera envoyée à M'"' les administrateurs du direc- » toire du département pour prendre dans leur sagesse telle » détermination qu'ils aviseront.

Les biens du clergé et des communautés religieuses sont saisis.

« Je soussigné, receveur du district de Gourdon, estime, » d'après les éclaircissements qui me sont parvenus jusqu'à ce » moment, que le montant total des fermages et loj'ers et » autres revenus de l'année 1790 provenant des biens natio- » naux, ci-devant ecclésiastiques, qui sont situés dans l'arron- » dissement du district de Gourdon, pourront s'élever par » aperçu à la somme de cent trente mille livres » (130,000 fr.).

SouLÉRY, signé.

Dans cette évaluation du revenu^ il n'est pas évidemment tenu compte des presbytères et immeubles jouis personnellement par les prêtres ou religieux.

Tous ces biens furent vendus moyennant la somme de trois cent douze mille livres (312,000 francs). Ils rapportèrent donc à ceux qui les achetèrent plus de 30 O/o-

Les biens de l'abbaye nouvelle furent acquis par MM. P. et S., moyennant la somme de 35,000 livres; quant aux boiseries de la chapelle, on les leur donna à la charge par eux de faire fermer les fenêtres.

Le nommé C. acquit, moyennant 3000 livres, l'église du Vigan, qu'il rétrocéda plus tard.

Les habiles firent fortune à cette époque.

Les églises sont pillées et saccagées ; les cloches sont descendues et envoyées à l'hôtel de la monnaie de Bordeaux. L'argenterie et les vases sacrés reçoivent la m.éme destination.

En outre des ciboires, calices, ostensoirs, encensoirs, nous citerons parmi les objets précieux :

« Une couronne avec trois pierres et un bouton à petite » pierre de la Vierge de Notre-Dame du Majou.

» La dentelle en or et crépine provenant des bordures de fl l'écharpe des quatre pentes du dais pesant 2 marcs quatre » onces. L'écharpe brodée en or pesant 2 marcs cinq onces, » appartenant aux pénitents blancs.

» Une croix de bois incrustée de 2 marcs 2 onces d'argent. » Une écharpe d'étofe en or pesant quatre marcs S onces. La » crépine dentelle et glands en or provenant de lad. écharpe )> ou des pentes appartenant aux pénitents bleus.

» Et enfin une petite statue en argent de la Vierge de Notre- » Dame des Neiges ».

Les églises deviennent des salles de réunion où les vrais sans-culotte prononcent en chaire de fréquents discours. Les vitraux sont cassés et les statues brisées ; les tableaux et les boiseries emportés.

Les enterrements religieux ne sont plus à la mode et le grand pontife des enfouissements est le citoyen B..., qui prononce^ en guise d'oraison, un Requiem d'un nouveau genre : « Corps mort, dors pour la République ! »

Les croix sont abattues, on n'en veut plus.

Écoutez cette délibération du directoire de Gourdon du 26 pluviôse an II de la République.

C'est Cavaignac père, qui parle :

« Citoyens,

« Le fanatisme expire, mais ses convulsions parais- » sent encore terribles. Dans presque toutes les commu- » nés, on a enlevé de bonne foi et sans retour les signes » extérieurs du monstre-, dans d'autres, on s'est totalement » négligé et dans d'autres, les fanatiques ont rétabli la nuit ce » qu'on avait détruit le jour.

» Ces diversités d'actions et de sentiments ne viennent que » de l'insouciance des municipalités ou des mauvais principes » qui tiennent dans quelques-uns par quelques racines.

» C'est sur ce point que vous devez porter toute votre vigi- » lance et votre sévérité. L'expérience nous apprend que » lorsque les municipalités sont à la hauteur des circonstances, » les habitants des communes le sont aussi. Tous veulent la » cessation de tous les abus, aucun ne tient au fanatisme lors- » que les municipalités ne sont atteintes d'aucune des erreurs » qui entravent sans cesse la marche du gouvernement ré- » volutionnaire.

» Je vous dénonce donc la municipalité de Ginouilhac sur » laquelle j'ai vu des croix existantes sur les carrefours, je » vous dénonce celle de la Bastide sur laq-JO'le on m'a assuré » qu'elles existent encore et je requiers que l'agent national » et le m.aire de chacune de ces communes soient appelés

» auprès de vous pour rendre compte de leur conduite et de

» l'exécution des lois à cet égard et qu'il soit statué selon vo-

» tre sagesse » .

Cavaignac, signé.

« L'agent national entendu :

» Le directoire, considérant que le fanatisme fait encore » quelques efforts pour relever sa tête hydeuse et qu'il est » instant de l'écraser,

» Arrête : qu'il appelle auprès de lui dans les 24 heures » après la notification du présent, le maire et l'agent national » des communes de Ginouillac et de la Bastide, à l'efifet de » rendre compte de leur conduite sur l'enlèvement des mar- » ques extérieures comme croix et autres marques de fana- » tisme existantes sur le territoire respectif de leur commune » et représenter les procès-verbaux qui doivent avoir été dres- » ses à cet égard.

» Arrête, que le présent leur sera notifié d'une manière

» légale afin qu'ils ne puissent en prétendre cause d'ignorance.

» Délibéré lesdits jour et an. ».

(Suivent les signatures).

Le 3 mai 1793, les prêtres et autres prisonniers politiques sont transférés de la prison de Gourdon à Cahors sous la conduite d'un lieutenant de gendarmerie et de six gardes.

Cahors était pour les prêtres l'exil ou la mort.

François Delmas, originaire de Calés, professeur au collège de Cahors, est reclus au séminaire de cette ville, puis déporté.

Vayssié, curé de Calés, est reclus à Gramat pendant un mois et remis en liberté à cause de son âge et de ses grandes infirmités.

« Jean Girles, curé de St-Clair, lut mis sur un vaisseau pour être déporté, mais il resta au port dans des barques jusqu'après le 9 thermidor an 4^ époque à laquelle il revint dans ses foyers. Toutes les recherches faites pour le retrouver sont infructueuses. »

Après la Révolution, l'abbé Girles reparut et fut nommé curé de St-Siraéon de Gourdon. Il mourut en 1817, âgé de 54 ans.

L'abbé Pélissier, vicaire de Costeraste, est condamné à la déportation ; l'abbé Pharlange aussi ; mais, pour cause de maladie, il est reclus à Gourdon.

Les ecclésiastiques sexagénaires ou infirmes furent dispensés, pendant quelque temps, de prêter le serment prescrit. Cette faveur se changea bientôt en un arrêté de réclusion.

Les sexagénaires de Gourdon étaient MM. Joseph d'Hébray, prieur du mont St-Jean ; Jean Calvet; de Claude Boytié.

Le 28 pluviôse an IV, la brigade de gendarmerie de Gourdon, ayant à sa tête Guillaume Fourès, maréchal des logis, fait des perquisitions chez les prêtres insermentés, Bergerot, Martinot, Lacombe, et chez les sexagénaires. Malgré toutes les recherches, les gendarmes ne trouvent que M. Boytié dans sa maison de Salepissou, « accablé de douleurs de goutte et hors d'état de sortir de son lit ». M. Boytié déclare que la ville de Gourdon connaît sa position, que précédemment il fut mis en prison et que bientôt après on le renvoya à cause de son état.

D'autres recherches eurent lieu, durant la même année, dans le canton de Gourdon, mais toujours elles furent infructueuses, ainsi qu'il résulte des procès-verbaux dressés par M. Lavaysse, lieutenant.

Le 18 frimaire an VI, l'administration centrale du Lot ordonne l'arrestation de 70 prêtres réfractaires ou rétractés.

Voici, à titre de document, un extrait de cet arrêté :

« Yzarn, président; Perdrix, Satur, Martin, administrateurs ; Souilhé, commissaire du directoire exécutif; Cayla, secrétaire en chef.

» Attendu que. . .

» Gaillard, curé de Thémines; Prouilhac, curé de Lascombes ; Fouillade, curédePadirac ; Bargues, curédeThégra; Valeilles, curé de Gagnac ; Raynal, curé de Montfaucon; Espinasse, curé de Bourzolles; Parra, curé de Freyssinet; Richard, curé de Beauregard ; Aymard, curé de Sénailhac du Causse ; Monruset, curé de Lafrançaise; Bouyssou, Cayrel, Escudié, demeurant à Caylux ; Mathieu Laporte, Lanusse, demeurant à Puylarroque; Courrech, au bourg du Visa ; Rouquette, curé à Prendeignes; Guillnie Delfour, curé à Viazac ; Bessières, curé à St-Perdoux ; Revignes, curé à Faycelles ; Lathelise, à Saint-Deau; Labro, curé à Linac ; Souquière, Roulhe, curés au Voulvé ; Brunet, curé à Aynac ; Venthac, curé à Merignac ; Pélissié, curé à Rouffiac ; J,-B. Longayrou, curé à Montcuq; Tulle, ex capucin,

à Duravel ; Lafaurie, curé à St-Bonnet ; Teilhac, curé à Carennac ; Duchassan, Vilados et Laborie, curés à Bretenoux; Balande, curé à Trespoux ; Prat, curé à Livernon ; Lescole, curé à Rillac; Larroussilhe, curé à Sousceyrac; Ricros, curé à Frayssignes; Prunet^ curé à Calviac ; Bessonnies, curé à Moatamel ; Zauzac, curé à St-Hilaire ; Duc, demeurant à Catiors, ci-devant curé de Cahus; Oudouin, ci-devant gardien des cordeliers de Cahors ; Bessières, V né, curé du Bas ; Bessières, 2™^ né, curé de Cambayrac; Relhié, curé de Sels (Luzech); Lafaurie, vicaire de Flotte ; Dellard, curé de St-Laurent de Cahors; Bessières et Dillac, curés à Lauresse ; Bausset, curé à Latronquière ; Calmette, curé à Gorse ; Blaclard et Lacoste, curés à St-Médard ; Lathelise, curé à Labastide-de-Delmont ; Saupiquet et Bécave, curés à Cahors ; Gratacap, curé à Montredon, ayant résidé à Cahors ; Caminel, Ferrai, Balzac, Bonnefon, Gondalma, Peyrie et Teulières, curés à Montauban ; Dugès, curé à Fontanes, ci-devant à Cassagnes; Graniou, demeurant à Cahors, ex vicaire de Montcuq ; Grandou, curé à Martel^ ci-devant aumônier de Thùpital de Cahors; Boudousquié, vicaire à Catus ; Lacombe, curé à Paruac, ex hebdomadier ; Cavalié, curé à Boissières ; Aldouys, curé à Cahors,

» Considérant que depuis le premier moment où le peuple français a été appelé à briser les fers que la tyrannie royale et sacerdotale faisait peser sur lui depuis plusieurs siècles, les individus sus-nommés ont mis tout en usage pour retenir l'élan vers la liberté des habitants des communes sus-mentiounées et de toutes celles dans lesquelles ils ont été déverser leur poison,

» Considérant qu'au mépris de toutes les lois, notamment de celle du 19 fructidor, ils exercent publiquement leur culte, forment des rassemblements nocturnes dans lesquels, sous le spécieux prétexte de conserver la religion de nos pères, ils développent des principes subversifs de l'ordre social, inspirent aux trop crédules habitants des campagnes l'horreur qu'ils ont pour le régime républicain et cherchent par tous les moyens qui sont en leur possession à éteindre les flambeaux d'une douce et humaine philosophie pour y substituer les torches du fanatisme le plus farouche, malheureux précurseur de

tous les maux qui ont trop longtemps affligé les trop malheureuses contrées de l'ouest,

» Considérant qu'il est plus que temps d'arrêter les manœuvres criminelles de ces ennemis jurés de la république et de ses lois, d'arracher à leur fureur insensée les bons habitants des campagnes, qui n'aperçoivent pas les précipices qu'on creuse sous leurs pas^ de faire disparaître du sol de la république des monstres qui voudraient la noyer dans une mare de sang républicain,

» Arrette que lesd. ecclésiastiques seront arrêtés et traduits au chef-lieu du département. »

Autre arrêté, du 22 vendémiaire an 6, de l'administration centrale du Lot.

...« Art. III. Les ci-devant ecclésiastiques que leur âgo ou leurs infirmités mettraient à l'abri de la déportation par eux encourue faute de serment ou pour l'avoir rétracté, seront tenus, sous les peines légales^ de se rendre à Cahors, cheflieu du département du Lot, dans la maison de réclusion qui leur sera indiquée. Yzarn, président.

Cayla, secrétaire. »

A la suite de cet arrêté, il en fut pris un autre :

« Vu la lettre de l'administration municipale de la commune de Figeac, portant que Joseph Fréjaville, Augustin Niel, sexagénaires ; Jacques Maleville, J.-P. Gary, Joseph-Marie Pezet et Jean-Ant« Duclos, prêtres insermentés, qui, pour des raisons d'infirmité, avaient été laissés sous sa responsabilité, ne méritent plus cette faveur; qu'ils exercent clandestinement leurs fonctions sacerdotales et que, loin de ne s'occuper que du culte, ils pervertissent de plus en plus l'esprit public, décrient les institutions républicaines, damnent ceux qui les suivent et empêchent peut-être même le départ des réquisitionnaires et des conscrits, Arrête que les sus-nommés seront conduits à Cahors pour y être reclus. »

Les prêtres assermentés ne jouirent pas de la liberté du culte comme on serait tenté de le supposer.

« Extrait du registre des arrêtés de Tadministration centrale du département du Lot du 19 pluviôse an 8.

» Duphénieux pour le président; Brunet, J.-B. Peyrat, ad-

rainistrateurs. E. Verninac pour le commissaire du gouvernement, et Cayla, secrétaire en chef.

» Article P^. — Au reçu du présent, chaque administration fera disparaître tous les signes extérieurs du culte qui auraient été placés dans son arrondissement ; elle veillera à ce qu'ils ne soient pas rétablis.

» Art. 2. — Chaque agent municipal se fera remettre les clefs du clocher ; il ne pourra s'en dessaisir pour sonner les cloches que dans les cas prévus par la loi, Tincendie, l'inondation, l'approche de l'ennemi, l'envahissement du territoire. Il demeure responsable de toute infraction au présent arrêté.

> Art. 3. — Toute commune où les cloches se feraient entendre après la publication du présent, en sera privée pour quelque usage qu'elles lui aient été accordées.

» Art. 4. — Conformément à l'article 2 de la loi du 22 germinal an 4, tout ministre des cultes qui, à la suite d'une infraction telle que la sonnerie des cloches, exercerait des actes de son ministère, sera dénoncé aux tribunaux pour être condamné, la première fois à une année d'emprisonnement et, en cas de récidive, à la peine de la déportation. »

Le 9 pluviôse an V, l'administration centrale du Lot dresse le « tableau de répartition en assemblées primaires des citoyens ayant droit d'y voter ».

Trois locaux sont choisis.

pe section « La Vigilance » dans l'église St-Pierre.

2« — « L'Activité » dans l'église des Cordeliers.

3« — « La Générosité » dans l'église de St-Siméon.

Comme on le voit, le prêtre assermenté n'était pas maître dans son église.

Disons en terminant que les curés conventionnels eurent un journal qui s'imprimait à Orange. Le titre était le suivant :

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