‹ Notice sur le clergé de Cahors pendant la RévolutionChapitre 4 sur 25 · ÉTAT DE CE DIOCÈSE AVANT LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉTAT DE CE DIOCÈSE AVANT LA RÉVOLUTION

L'ancien diocèse de Cahors avait une étendue considérable, étant divisé en 584 cures ou annexes. Il renfermait cinq grands Chapitres et, en outre, trois petits.

Il y avait trente maisons de religieux, la seule ville de Cahors en comptait onze ; la plupart de ces ordres étaient mendiants.

Il y avait trente-deux couvents de filles qui, presque toutes, étaient religieuses cloîtrées; celles qui ne l'étaient pas s'occupaient de l'éducation. •

Outre ces communautés, le diocèse de Cahors possédait douze maisons de sœurs de la Charité dites de St-Vincent' de-Paul et de Nevers.

Le diocèse de Cahors était gouverné, à l'époque de la Révolution, par Mgr de Nicolaï (Louis-Marie), qui était à la tête de cette église depuis 1777. Il refusa de prêter le serment exigé par l'assemblée Constituante, et donna en même temps à son clergé une instruction pastorale pleine de l'esprit apostolique qui anima alors la presque totalité des évêques de France. Cette instruction produisit un effet très salutaire sur tous les ecclésiastiques du diocèse en les retenant dans le devoir, malgré les exemples de quelques faux frères qui, guidés par l'ambition ou par des passions plus honteuses^ trahirent lâchement la vérité. Mgr de Nicolaï, sentant bien qu'il serait forcé de sortir du palais épiscopal, avait résolu de se retirer à l'hôpital de Saint-Projet de la ville de Cahors, à cause d'une infirmité considérable dont il était tourmenté ; il y avait déjà fait porter quelques meubles. Mais les partisans des nouvelles doctrines, ne pouvant lui pardonner le refus qu'il avait fait de prêter serment et surtout d'avoir dévoilé leurs trames par sa solide instruction, le harcelèrent jusqu'à ce qu'il eut quitté le diocèse. Il se retira d'abord à Toulouse d'où il sortit peu après sur l'ordre qui lui en fut donné et alla dans le sein de sa famille où il mourut avant la fin de 1791.

La persécution qui avait frappé le premier pasteur, n'épargna pas le clergé soumis à sa conduite. La grande majorité des prêtres du diocèse de Cahors suivit l'exemple de son respecta-

ble prélat; peu d'ecclésiastiques prêtèrent le serment, les uns par ignorance ou par faiblesse et ils le rétractèrent bientôt ; d'autres par crainte, par intérêt ou par une passion que nous n'osons pas nommer, et plusieurs par défaut de foi, surtout parmi les jeunes prêtres qui avaient bu à la coupe empoisonnée de la philosophie moderne... Quand je dis que le nombre de ceux qui se précipitèrent dans le schisme fut petit, ce n'est que relativement à ceux qui restèrent fidèles. Hélas ! le nombre n'en fut que trop grand en lui-même et ne donna que trop de scandales, comme j'aurai lieu de l'observer dans la suite.

L'ordre de quitter le royaume ayant été donné aux prêtres insermentés, ils sortirent pour la plupart du diocèse. Le plus grand nombre se retira en Espagne, quelques-uns en Italie^ en Allemagne et en Angleterre. Ils eurent à souffrir en route les mêmes avanies que tous les prêtres, du reste, de la France. Cependant il demeura assez de prêtres dans l'intérieur pour pouvoir secourir les fidèles. Le diocèse de Cahors trouva dans les siens le même zèle, la même patience, le même mépris des dangers qui distinguèrent tout le clergé français, fidèle à Dieu et à la religion pendant la Révolution. Partout ils prodiguèrent leurs soins aux malades et aux victimes de la persécution jusque dans les maisons de force et de réclusion, gardées par des hommes si avides du sang des prêtres, qu'on s'imagine à peine comment ils échappèrent à leur vigilance extrême. La charité même des ecclésiastiques du Quercy, restés en France, ne se borna pas à leur diocèse ; il y en eut quelques-uns qui, suivant le précepte de .Jésus-Christ, s'enfuirent dans d'autres villes, sans cependant abandonner leur malheureuse patrie, pour exercer le saint ministère avec moins de danger.

Cependant la Providence, qui ne donne aux méchants du pouvoir sur ses élus qu'autant qu'il est expédient pour leur bonheur éternel, voulut qu'il y eût quelques victimes, afin que leurs tourments et leur mort fussent un soutien et une semence de bénédiction pour son Eglise.

On compte plusieurs prêtres du diocèse de Cahors massacrés ou qui ont péri sur l'échafaud.

PRÊTRES, RELIGIEUSES, LAÏQUES MASSACRÉS PENDANT LA IlÉVOLUTION

1° Prêtres En suivant l'ordre des temps, le premier qui périt fut :

iM. VIDAL DE LAPIZE

Pierre-François Vidal de Lapize, curé de Montfaucon, massacré le 2 septembre 1792, à Paris. Il était un des plus saints prêtres du diocèse ; ayant refusé le serment, il crut se soustraire à la fureur des révolutionnaires en quittant sa paroisse et se retira à Paris. Un jeune homme de Montfaucon ayant reconnu M. de Lapize, découvrit, en écrivante son père, le lieu de la retraite de ce respectable ecclésiastique.

Ce paroissien dénaturé, qui n'avait reçu que des bienfaits de son curé, le dénonça comme prêtre réfractaire au maire de Paris, qui le fit aussitôt arrêter et conduire à l'Abbaye où il fut massacré un mois après.

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