I.ejgénéral DODDS
Le colonel écrivait en même temps à Béhanzin la lettre suivante :
Porto-Novo, le 2 juin 1892.
« Nommé par M. le président de la République au commandement supérieur des Etablissements français situés sur la côte des Esclaves, je suis arrivé à ( îotonou le 28 mai.
« Mon étonnement a été grand d'apprendre en débarquant qu'au mépris du droit des gens vous déteniez illégalement trois commerçants français à Ouidah et que vous aviez de nouveau violé les engagements librement consentis par vos représentants le 3 octobre 1890, en envahissant le territoire du protectorat français que vos troupes occupent encore aujourd'hui à Gotonou, à Zobbo et dans le Décamé.
« Je crois devoir vous rappeler les termes de l'article premier de l'arrangement du 3 octobre 1890 :
« Le roi du Dahomey s'engage à respecter le protectorat du royaume de Porto-Novo et à s'abstenir de toute incursion sur les territoires faisant partie de ces protectorats.
« Il reconnaît à la France le droit d'occuper indéfiniment le territoire de Gotonou.
« En conséquence des stipulations delà convention précitée je vous prie, dans votre intérêt :
« 1° De mettre en liberté et de renvoyer soit à Gotonou, soit à Grand-Popo, les trois Français actuellement détenus à Ouidah.
« 2° De retirer de Gotonou, de Zobbo et des rivages de la rive gauche de rOuémé, de Dogla à Dogba, les postes et détachements qui s'y trouvent.
« J'espère que vous voudrez bien faire droit le plus tôt possible à mes justes revendications.
« Salut.