DESSINS HORIZONTAUX
Application du Diagraphe au levé des plans.
On ne doit pas s’attendre à trouver ici un moyen de faire avec exactitude tous les plans. Le Diagraphe ne peut servir qu’à donner une idée de l’aspect topographique d’un pays qu’on peut apercevoir, d’une élévation , et il ne donnera exactement le plan que d’un terrain placé au pied d’un édifice , au sommet duquel on serait placé. 11 ne pourra donc servir qu’à dessiner exactement les allées d’un jardin, et à donner les reconnaissances des vallées quand on parcourra un pays de montagnes.
Nous avons vu comment on pouvait réduire exactement un tableau , quelle que fût sa position. Si ce tableau était trop incliné, le contre-poids ne glisserait plus dans l’intérieur du tube ; il faudrait alors le faire tomber en dehors , et avoir une deuxième petite poulie , pour ramener le fil au parallélisme du tube.
Si le tableau citait couche horizontalement sur la terre , on devrait mettre le tube horizontal , ainsi que la règle conductrice. Si donc , étant place' sur une e'ie'vation , nous regardons le terrain comme un vaste tableau, en mettant le tube horizontal, ou en l’inclinant un peu , ainsi que la règle , si le terrain est le'gèrement incline' , et dessinant comme on doit dessiner dans toutes les circonstances , nous obtiendrons , de cette manière, non plus la perspective du paysage que nous avons audessous de nous , mais le plan du terrain , qui est la base de ce paysage.
La fig. 8 représente le Diagraphe dans la position qu’il doit avoir pour être applicable au lever des plans : le contre-poids S tombe verticalement en dehors du tube; la petite cage EF se tourne pour se montrer de face à l’œil placé au trou de l’oculaire ; une pièce , coudée ab y s’attache au chariot et porte une petite poulie r , placée à l’extrémité d’un support qui monte et descend le long de la tige ab y 'a laquelle il se fixe par une vis de pression V. Cette poulie sert à recevoir le fil qui fait communiquer le crayon à la cage , et qui ne serait plus parallèle au tube, s’il ne passait que sous la première poulie placée a sa partie inférieure.
Dessins des plafonds.
Nous venons de voir comment on pourrait prendre le plan d’un terrain , ou re'duire un tableau coucbë horizontalement ; mais si ce tableau, au lieu d’étre étendu sur la terre, était placé sous un plafond, comme le tube, dans ce cas , doit encore être horizontal , pour se trouver parallèle au tableau , l’oculaire devrait être placé au-dessous , et il serait impossible de dessiner. On remédierait à cet inconvénient , en dessinant le plafond dans une glace qu’on placerait devant soi , sous un angle de 45®, et il serait alors facile de le réduire exactement , si toutefois la glace était bien plane et assez grande , ce qui est très-rare. Nous avons vu , page io5, comment on pouvait remplacer cette grande glace, par une très-petite devant laquelle on plaçait un point fixe. Ce point serait le point de vue d’où serait alors pris la perspective du plafond, perspective qui devient la réduction du tableau quand la règle et le tube lui sont bien parallèles (la glace renversant les objets, le tube doit faire avec le tableau un angle de 90°).
J’ai imaginé , pour ce cas particulier, un
petit insirument, que j’ai nommé Diagraphe réflecteur, dont je donne ici la description.
Diagraphe réflecteur.
Si un miroir était couché horizontalement , et si l’œil étant placé au trou d’un oculaire, on faisait passer une pointe sur tous les contours du plafond, qui se réfléchirait dans la glace , cette pointe tracerait sur la surface, la perspective du plafond prise d’un point placé autant au - dessous de la glace que l’oculaire est placé au-dessus. Cette pointe qui suit les contours sur la glace , entraînerait un crayon placé au-dessous ; ce crayon pourrait répéter les memes contours sur une feuille de papier disposée à cet effet.
Maintenant, au lieu de choisir une glace entière , ne prenons qu’une petite portion de miroir porté sur une base assez large , établie bien parallèlement à sa surface. Supposons , de plus , un point marqué sur le miroir , et un crayon dont la pointe est placée verticalement au-dessous. En promenant ce nouveau porte-crayon sur une feuille de papier étendue sur la planchette placé horizontalement, et faisant passer le petit point par tous les con-
tours du plafond qu’on apercevrait par le trou de l’oculaire placé convenablement, on aurait sur le papier la perspective, ou la réduction du plafond.
La réduction pourra toujours se faire de de cette manière ^ mais on ne pourra jamais, pour la perspective d’on plafond, placer son point de vue au centre; car dans cette position, la tête du dessinateur en caclierait une grande partie.
Une glace percée en son centre, d’un petit trou pourrait se placer au-dessus du Diagraphe réflecteur , sous un angle de 45° ; elle réfléchirait alors sur la surface du porte-crayon les figures qui seraient placées devant elle , et le trou c|u’elle porte au milieu servant dans ce cas d’oculaire , permettrait de faire suivre au point tous les contours des objets placés devant la glace.
figure 9 représente le porte-crayop et la glace inclinée.
On pourrait faire de cette manière un paysage ou un portrait; mais il ne faudra jamais s’attendre a trouver dans ce nouvel instrument dont je donne le dessin , l’exactitude qu’on trouve dans le Diagraphe ordinaire, car il rentre dans" les instrumens d’optique, qui,
pour ce genre d’opérations , sont loin de donner une parfaite exactitude ; mais il sera toujours plus commode que la chambre obscure.