‹ Notice sur le musée du château de Rosenborg en Danemark, concluant à la création d'un musée historique de FranceChapitre 3 sur 8 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après avoir analysé la composition dn musée, je pourrais me livrer à quelques critiques , mais il ne faut pas se montrer trop exigeant, on ne peut demander la perfection à une institution nouvelle. De tous les musées historiques, c'est le seul dont la distribution soit méthodique, et cela fait grand honneur à son organisateur M. Worsaae. S'il fallait cependant laisser une place à la critique , je dirais qu'il y a un peu de remplissage dans le musée de Rosenborg, et qu'à côté d'objets dont j'ai fait mention et dont les attributions sont authentiques , les unes établies par des inscriptions explicites, les autres par des armes de famille ou par des devises et des monogrammes personnels, il y a beaucoup d'objets sans importance ou dont la provenance est incertaine.

J'ajouterais que la division méthodique du musée n'existe qu'à partir de Christian IV, que pour les règnes antérieurs et particulièrement pour tous les objets renfermés au Prinzen-Palais , il n'y a presqu'aucun ordre. Mais cette division méthodique, même pour deux siècles seulement, est déjà un grand progrès; l'on ne pourrait en dire autant des autres musées historiques et archéologiques d'Europe qui ne sont à proprement parler que des cabinets de curiosités, et Userait à souhaiter que ce progrès se produisît en France.

Mon but scientifique a été de montrer l'utilité que présenterait en France la formation d'un musée historique pour l'instruction populaire; cette formation ne serait certes pas facile, il faudrait beaucoup de recherches et de patience. Mais il y a un palais à Paris qui serait un cadre très-bien approprié à une collection de ce genre, l'ancien palais de Catherine de Médicis , dont on ne sait que faire et que l'on menace de destruction. Cette destruction

serait déplorable, à mon avis, et si l'Académie me permettait en terminant cette lecture d'émettre un vœu, ce vœu serait de conserver cet ancien palais , de le restaurer sur un plan primitif et de l'utiliser pour l'instruction populaire en y formant un musée historique de France (^^

(1) L'exemple du château de Rosenborg démontre a fortiori combien l'organisation dun semblable musée est possible en France, puisqu'elle a eu lieu dans un pays comme le Danemark , dont les richesses artistiques et historiques ne peuvent so comparer à celles de la France. Un musée historique français compléterait la série de nos collections artistiques qui sont , par leur ensemble , les premières de l'Europe. Ce musée aurait de nombreux emprunts à faire aux autres musées , car il devrait renfermer tous les objets présentant un caractère historique ; mais il s'enrichirait aussi , jeu suis persuadé, par de nombreuses donations.

Les avantages pour l'instruction populaire ne sauraient être contestés ; à l'houre actuelle, une seule et même vitrine renferme des objets ayant appartenu à Charlemagne, à Charles-Quint , à Charles IX et à Charles X ; l'on peut pensor quelles confusions cela doit produire dans les esprits illettrés. Je ne blùme pas du tout, on doit le remarquer, la classification actuelle de nos musées; cette classification est logique au point de vuj artistique , mais cesse de l'être au point de vue historique.

Il y aurait , en outre , grand avantage à pouvoir disposer une construction nouvelle à l'intérieur du moins, comme le palais des Tuileries , en vue de cette destination. L'on pourrait faire les salles pour les objets qu'elles doivent renfermer, et leur donner une décoration dans le même style; l'on ne serait point obligé, comme cela arrive trop souvent, de disposer les objets du musée suivant la convenance des salles.

Mais je ne veux pas aborder aujourd'hui la question des détails d'organisation d un musée historique; je me borne à exposer le principe, prenant d;)te , grâce à la bienveillance de l'Académie , pour une proposition dont le progrès des sciences historique et archéologique doit , j'en suis convaincu , amener la réalisation.

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NOTES COMPLEMENTAIRES.

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