‹ Notice sur le P. Hennepin d'Ath [microforme]Chapitre 3 sur 5 · S SAUVAGES · texte numérisé non relu

S SAUVAGES

LE P. LOUIS HENNEPIN. 27 depuis plus de deux ans. Le bruit avait même couru qu'ils s'étaient servi de son cordon pour le pendre :. Décharné, brûlé du soleil, hâve et vieilli par la fatigue , il était méconnaissable quand il parut aux yeux du gouverneur étonné , sans manteau et à demi couvert des lambeaux d’une robe de Saint François de couleur douteuse, rapiécée avec des morceaux de peau de taureau *. Le vice-roi le recut avec une distinction toute particulière, le faisant manger à sa table, où il lui préparait lui-même de légères portions de mets délicats, pour le remettre peu à peu de ses fatigues, et prenant un plaisir tout particulier à l’interroger sur les détails de ses voyages. Le P. Hennepin mettait pourtant beaucoup de réserve dans tout ce qui concernait la première partie de son exploration vers l'embouchure du Mississipi °. Le comte : De Frontenac ramena Hennepin à Québec où le récollet demanda à l’évêque, qui était toujours M. De Laval, la permission de rentrer au couvent des Anges, près de cette ville, afin d'y goûter un peu du calme dont il avait tant besoin *.

Après avoir passé près d'un an de repos au Canada, Louis Hennepin revint en Europe , pour faire imprimer la relation de ses voyages. Son premier travail, dédié à Louis XIV, porte le titre de Description de la Louisiane, nouvellement

1 Nouv, Découv. Chap. LXXIE, p. 465 cl chap, LXXVII, p. 502.

? Ibid. Chap. LXXI, p. 459.

5 id. Chap, LXXHI, p. 472.

‘ Ibid, p. 47.

découverte au sud-ouest de la Nouvelle France, par ordre du roy. Avec la curte du pays : les mœurs et la manière de vivre des sauvages , Paris, Sébastien Huré, 1683, in-12. C'est dans cet ouvrage qu'est donné, pour la première fois, le nom de Louisiane au pays que l’auteur avait exploré le premier. 1i avait la délicatesse de ne pas parler de là manière dont il avait reconnu le cours du Mississipi, afin d'en laisser tout l'honneur à La Salle, chef de l'expédition. Nous verrons bientôt comment il fut récompensé de sa modestie.

Retiré d'abord au couvent des récollets du Càteau-Cambresis, où il fut vicaire et supérieur, il ne tarda point à y recevoir la visite du P. Zénobe Membré de Bapaume, missionnaire du même ordre, avec lequel il avait fait la première

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