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Sud de l'île, et de rechercher s’il était possible d’y établir une exploitation destinée à approvisionner de bois tous les services de la colonie.
Un ordre du 12 décembre 1866 m'adjoignit pour cette mission M. Pancher, botaniste du gouvernement, et M. Lecoq, maitre charpentier de la direction du port.
8 2. Exploration du bassin de la Baie du Sud.
Les explorations entreprises avec l’aide de la goëlette la Calédonienne et du cotre l'Étoile, se poursuivirent pendant quinze jours et
démontrèrent l'existence de vastes forêts, faciles à exploiter, situées dans le voisinage de la grande baie qui termine la partie méridionale de l’île, et qui est connue sous le nom de baie de Prony ou plus communément baie du Sud. (V. pl. 1 et 2.)
Cette baie, profondément découpée, présente partout une côte escarpée dont les pentes s’élèvent à une hauteur de 150 à 200 mètres.
Ces hauteurs servent de ceinture à un vaste amas de minerai de fer qu’elles enferment comme dans une cuvette naturelle. La surface supérieure de cet amas, sensiblement horizontale, forme un immense plateau surmonté, dans diverses directions, par des chaïnes de montagnes qui s'élèvent à 600 et 700 mètres, et dont la masse est composée de roches serpentineuses 1,
1 La baie du Sud, avec ses multiples anfractuosités et ses côtes escarpées, présente la plus grande analogie d'aspect avec la baie de Sydney ou Port-Jackson (Australie) et pourrait, jusqu’à un certain point, rivaliser avec elle comme grandeur, comme beauté de rade et comme sûreté de mouillage. Mais, à tous autres points de vue, elle lui est d’une infériorité absolue. Tandis qu’au fond de la baie de Sydney, de larges et splendides cours d’eau navigables donrent accès dans de vastes territoires fertiles, la baie du Sud ne présente, sur son pourtour, que des torrents qui, dès leur embouchure, ne peuvent donner accès aux embarcations et descendent, de cascades en cascades, d’un plateau désolé et stérile, où ils ne forment plus que des cireuits marécageux sans importance. Les terrains qui composent la majeure partie de la région Sud de la Nouvelle-Calédonie, à l'exception de quelques petites plages sablonneuses, excessivement étroites, situées à l’embouchure de quelques torrents, sont, par leur composition, rebelles à toute culture propre à l’alimentation. Cette stérilité, comme on le verra plus loin, est surtout absolue pour les terrains situés dans le fond de la baie du Sud; il serait donc impossible d'établir une ville dans ces parages, malgré les avantages que pourrait présenter la situation, au point de vue maritime.
Dans ce qui va suivre, il nous arrivera souvent de désigner, comme on le fait habituellement, dans la colonie, sous le nom de rivières, les cours d’eau qui se jettent dans la baie du Sud, mais les détails qui précèdent indiquent suffisam-
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& 3. Collires de la côte.
A l'entrée de la baie et jusque par le travers d’une roche sous-marine, nommée l’Aiguille, qui se trouve vers le milieu de sa profondeur et constitue un danger bien connu des navigateurs, les collines de la côte sont formées d’une argile rougeàtre qui englobe de gros blocs de minerai de fer, et dans laquelle apparaît, par places, la roche HAE tineuse encaissante,
Elles sont, dans cette partie, d’une aridité absolue et ne montrent aux yeux qu’une surface rouge, parsemée de taches noirâtres, dues aux dépôts de minerai de fer, ou traversée dans certains endroits par des bandes jaspées, de couleurs variant du blanc au violet et au vert, qui dénotent des filons de roches serpentineuses décomposées 1.
Les parties où la roche serpentineuse domine se recouvrent seules de fougères de taille moyenne dont les frondes entrelacées créent de grandes difficultés pour la marche, et qui constituent à peu près l’unique végétation de celte région.
Toutefois la plage, dans les quelques parties planes et sablonneuses qui avoisinent l'embouchure des nombreux torrents descendant des collines, est bordée d’un rideau d’arbres verdoyants parmi lesquels se trouvaient autrefois, en assez grand nombre, de beaux bois d’ébé-
ment que, sous cette dénomination, il ne pourra être question que de simples torrents.
1 Ces affleurements colorés laissent, en plusieurs endroits, suinter de minces filets d’eau légèrement chargée de sels magnésiens, et c’est, évidemment, à la décomposition souterraine de filons analogues qu'est due la production des sources thermales que l’on rencontre sur plusieurs points du fond de la baie. Ces dernières sources décèlent surtout leur présence par la formation de concrétions jaunâtres qui se déposent en couches épaisses et friables à la surface du sol, quand la source débouche au-dessus du niveau de la mer, ou produisent, dans le cas contraire, un enrochement sous-marin peu consistant, dont la forme se modifie rapidement,
Dans ces dernières sources sous-marines, les concrétions, aidées sans doute par la pression de l’eau à haute mer, parviennent parfois à boucher complétement, les oritices d'écoulement et engendrent ainsi un excès de pression qui doune lieu à la production de petits jets d’eau lorsqu'un choc accidentel vient, à mer basse, crever la croûte formée ou lorsqu'elle cède d’elle-même sous l'effort produit.
La température de l’eau de ces sources thermales varie, de l’une à l’autre, de 33 à 40 degrés centigrades.
Elles laissent toutes dégager des gaz en assez grande abondance; celles qui coulent dans la mer produisent de l’acide sulfhydrique en quantité notable, les aulres ne paraissent donner que de l’acide carbonique.