‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 11 sur 211 · RO · texte numérisé non relu

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nisterie (Tamanous et bois de rose) qui sont devenus, par suite de leur proximité de la mer, la proie des traficants de la côte, et au milieu desquels s’élèvent encore, malgré les nombreuses coupes faites par les navigateurs, un certain nombre de ces pins colonnaires au port élevé et bizarre qui donnent à la côte cette apparence si caractéristique qu'ont signalé à l’envi les premiers explorateurs.

Lorsqu'on s’avance dans le fond de la baie l'aspect général change complétement. A partir d'une petite crique située au N.-0. de l’Aiguille, s'étendent des ravins boisés qui vont en s’élevant jusque sur le plateau ferrugineux où ils se prolongent parfois le long des lits des torrents qui le traversent.

Le bassin de deux cours d’eau qui se jettent dans la partie Ouest du fond de la baie, et qui sont connus sous le nom de rivières du port du . Carénage, d’après le nom donné à cette partie de la baie, est surtout remarquable par l’abondance de la végétation. Les flancs de ce bassin, visibles des mouillages intérieurs, présentent à l'œil une immense étendue verdoyante qui dénote l’existence de richesses certaines, et qui ayant frappé maintes fois les yeux des pratiques de la côte, lors des relâches forcées de leurs courses au cabotage, leur avait permis d'affirmer avec persistance la présence de vastes forêts exploitables dans ces régions, malgré les dénégations incompréhensibles de personnes qui, par leur position, auraient dû être mieux renseignées.

Au milieu de ces espaces couverts d'une végétation touflue se montrent cependant cà et là des endroits complétement dénudés ou couverts seulement d’arbustes rabougris. Cette différence ne paraît pouvoir être attribuée qu’à l’absence d’eau, due à la perméabilité du sol ferrugineux en ces endroits, car dans le voisinage des points où la végétation est abondante se montrent toujours des sources nombreuses, tandis que l’on n’en voit aucune auprès des parties dénudées.

Il'est vrai que dans certains endroits de grandes futaies s'élèvent au milieu de roches arides parmi lesquelles on n’aperçoit pas trace de terre végétale, mais il est probable que les racines de ces arbres, souvent gigañtesques, rencontrent au-dessous des rochers une couche aquifère qui leur apporte l'humidité indispensable, et il est rare que quelques indices n’en dénotent pas la présence, dans le voisinage, à l'observateur attentif,

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