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Néanmoins, ces premières explorations permirent d'évaluer à plus de 1,000 hectares la surface des parties boisées facilement exploitables, ce qui permettait de considérer l’approvisionnement de la colonie comme assuré pour longtemps.
£ 8. Nature de l'exploitation.
Il restait à apprécier la nature des bois que renfermaient les forêts explorées.
Des échantillons d’une trentaine d’essences différentes avaient été recueillis dans ces courses rapides; ces échantillons, accompagnés de leurs feuilles, et, autant que possible, de leurs fruits et de leurs fleurs, permirent la détermination botanique des essences et furent essayés à la direction d'artillerie au point de vue des propriétés industrielles et mécaniques.
Ces essais firent reconnaitre que, dans les forêts du littoral, les bois blancs sont peu abondants ou de mauvaise qualité, mais que l'on y trouve, au contraire, un grand nombre d’espèces de bois denses et durs, susceptibles d’un bon emploi pour la charpente, la menuiserie et l’ébénisterie. Dans les forêts élevées se trouvent à la fois en abondance et des bois durs propres à ces mêmes travaux, et des essences moins denses susceptibles de fournir de bons bois de mâture. Ce n’est que dans ces dernières que l’on trouve en particulier le gigantesque kaori, si renommé pour son emploi dans les constructions navales f,
Mais dans les deux zones de forêts l’essence dominante est un bois dur pouvant remplacer le chène, donnant un excellent bois de char-
1 Les premières importations de cet arbre en Angleterre ont donné lieu à des incidents qui méritent d'être signalés. Les échantillons apportés pour la première fois de la Nouvelle-Zélande avaient donné des résultats si remarquables que le gouvernement anglais en envoya chercher immédiatement tout un chargement, pour en tenter l'emploi sur une vaste échelle, mais, par suite d’une ressemblance trompeuse, l'expédition rapporta, sous le nom de Kaori (Dammara australis), un chargement d’un bois différent (Podocarpus dacrydioides ou Dacrydium excelsum), nommé par les indigènes Kabikatea, qui ne s® montra nullement doué des mêmes propriétés, surtout au point de vue de la conservation.
Cet insuccès jeta sur le kaori un discrédit qui ne disparut que lorsqu’on eut reconnu la méprise.
Les négociants qui, depuis, s’établirent en Nouvelle-Zélande, ont fait leur profit de cette ressemblance et font passer dans le commerce, sous le nom de kaori, le bois de kahikatea, plus facile à exploiter, mais qui se détériore rapidement lorsqu'il est exposé, à l'air, aux intempéries des saisons.