‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 14 sur 211 · ARE · texte numérisé non relu

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pente, et susceptible d’être cmployé également pour la menuiserie, à condition de ne le mettre en œuvre qu'après une déssiccation de plusieurs années.

Ce bois, très-abondant et que l’on trouve en dimensions considérables, promettait une précieuse ressource pour la colonie, quoiqu'il présente parfois un défaut qui en limite l'emploi. Ce défaut est un décollement ou une altération des fibres ligñeuses dans une couche circulaire annuelle, et constitue ce qu’on appelle une roulure. Dans les jeunes arbres ce n’est le plus souvent qu’une fissure linéaire qui se remplit d’une résine noirâtre. Dans les arbres sur le retour, qui naturellement sont en grand nombre dans des forêts vierges de toute exploitation, ces roulures sé décomposent et donnent lieu à une pourriture sèche.

Des observations ultérieures ont fait reconnaitre que l’origine de ces défauts devait être attribuée aux incendies allumés par les indigènes pour faciliter leur marche à travers les fougères, dans leurs excursions sur le plateau, ce qui donne l'espoir d’en pouvoir arrêter la production dans l’avenir. Les arbres atteints de ce vice deviennent d’ailleurs de plus en plus rares, comme on devait s’y attendre, à mesure que l'exploitation s’éloigne de la lisière des forêts plus exposée aux incéndies.

& 9. Création de l’exploitation.

Il était donc établi que l’exploitation des forêts de la baie du Sud pouvait aisément donner les bois de construction nécessaires aux besoins de la colonie. On était assuré de trouver, dans le voisinage” même de la mer, des bois durs, d’essences variées, et de pouvoir également recueillir des bois blancs de bonne qualité, à la condition d’aller les chercher un peu plus loin dans l'intérieur.

Ces résultats acquis décidèrent le gouverneur, M. le capitaine de vaisseau Guillain, à tenter un essai sérieux d’exploitation.

Un ordre du 9 août 1867 mit dans ce but à la disposition du directeur d’artillerie, avec un crédit de 4,000 francs pour les premiers frais d'installation, un chantier composé de vingt-neuf transportés et de quatre ouvriers militaires sous la conduite d’un brigadier de la compagnie d’ouvriers d’artillerie. Toutefois, ce ne fut que le 1* septembre suivant que ce-personnel fut transporté sur les Hieux par la

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goëlette la Gaxelle ; le directeur d’artillerie l'accompagnait pour présider au choix de l'emplacement et à la première installation du camp.

8 10. Installation du premier chantier.

L'idée qui se présentait naturellement pour le choix de l'emplacement était de s'établir au centre de la région boisée du littoral. L’endroit indiqué dans ce cas était le confluent des deux rivières du port du Carénage, au débouché de l'immense bassin boisé qui alimente ces deux cours d’eau. Mais ce point, d’un accès difficile pour les embarcations, ne se prêtait pas à l'enlèvement des bois; de plus, il était assez éloigné des premiers cantonnements susceptibles d’une exploitation fructueuse, de sorte qu'il eût fallu perdre un temps précieux à construire des routes d'exploitation avant de récolter des bois de charpente que les services de la colonie réclamaient d’urgence en ce moment.

H parut donc préférable de s'installer sur la plage de la petite anse, située au N.-0. de l’Aiguille, près d’un petit ruisseau qui fournissait au camp une excellente aiguade.

Cette anse formait le centre d’aboutissement d'un bassin secondaire dont les pentes régulières étaient couvertes de forêts touffues, depuis la plage jusqu’au plateau ferrugineux supérieur. Cette position permettait de trouver immédiatement un fort chargement de bois, en déboisant l'emplacement même à affecter à l'installation du personnel et des chantiers, et le terrain se prêtait à l’installation de chemins de halage, en pente douce, pour faire descendre à la plage les bois du bassin tout entier.

Ce bassin paraissait d’ailleurs devoir fournir, pendant cinq ou six ans, l'approvisionnement nécessaire à la colonie; il était donc suffisant pour l'installation de l'exploitation d'essai que l’on voulait tenter. Il était facile de voir de plus, que si, en cas de réussite, cette exploitation était transformée en établissement perrnanent, le point choisi serait appelé à rester le grand centre des magasins et le dépôt principal des bois en approvisionnement. Les difficultés d'accostage dans le fond de la baie et la rareté de terrains plans, susceptibles de se prêter à l'établissement de vastes hangars, devaient en effet rendre de plus en plus précieuses les facilités que présente ce point pour le mouillage des navires ainsi que pour l'emmagasinage et l'embarquement des bois.

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