QUE
£ 11. Premiers travaux.
L'installation du chantier se fit donc immédiatement en ce lieu. On entreprit d'abord la construction d’un four et d’un petit magasin pour les vivres. qui devaient être apportés tous les mois, par mer, de Nouméa ; puis, ouvriers et transportés, logeant sous la tente, se mirent à préparer un premier chargement de bois pour les besoins pressants 1.
On n’hésita pas à abandonner ainsi, à lui-même, tout ce personnel, dans des solitudes désertes jusque-là, sans communicalion par terre avec Nouméa, bien qu’il n’eût pas été possible de lui adjoindre un détachement spécial pour le maintien de l’ordre. Il faut dire, toutefois, que les transportés qui en faisaient partie avaient été choisis avec soin, et que l’on avait éliminé d’une facon absolue ceux dont les antécédents pouvaient faire craindre des habitudes de paresse et d’indiscipline, c’est-à-dire les voleurs et les malfaiteurs de profession.
Les communications n’eurent lieu d’abord avec le chef-lieu que tous les mois, par le bâtiment chargé d’opérer le ravitaillement périodique de l'établissement. Plus tard, pour assurer les demandes de secours, en cas d'accident ou de maladie, on attacha au chantier des courriers indigènes qui faisaient, lorsqu'il était nécessaire, le trajet de Nouméa en deux jours et demi.
Grâce à la calme énergie du brigadier placé à la tête de l’établissement, la discipline fut toujours exactement maintenue dans le détachement. On eut soin d’ailleurs, dès le début, d’inspirer au personnel une crainte salutaire des dangers qui attendaient ceux qui tenteraient
1 Le personnel étail alors composé de :
Le brigadier d'artillerie Fournier, chef de chautier ;
3 ouvriers charpentiers marins ;
4 artilleur forgeron ;
Et 29 transportés, dont
À écrivain ;
2 scieurs de long;
4 boulanger;
4 cuisinier ;
24 manœuvres.
Cette composition fut successivement modifiée, par l’envoi d’autres transportés, accompagnés de surveillants et de quelques indigènes, destinés spécialement à la manœuvre d'une embarcation et à l'emploi de courriers, et l’on arriva ainsi, peu à peu, à la compo“ition qui sera détaillée plus loin,