‹ Notice sur les bois de la Nouvelle CalédonieChapitre 16 sur 211 · DUT · texte numérisé non relu

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-de s'évader, en leur montrant les obstacles qui les entouraient de toutes parts. Près du camp, la mer avec ses écueils et ses courants, ou le désert avec sa désolante aridité ; au delà, les peuplades anthropophages ou les tribus ralliées dressées à chasser, comme des bêtes fauves, les transportés en rupture de ban.

Les tentatives d'évasion de deux transportés qui, après avoir erré pendant plusieurs jours dans les forêts, furent obligés de revenir d'eux-mêmes se constituer prisonniers pour ne pas mourir de faim, et les bruits du soulèvement des tribus du Nord qui venaient de renouveler leurs actes d’anthropophagie, arrivant peu après corroborer ces renseignements, Ôtèrent pour longtemps aux transportés du détachement toute velléité de fuite.

Ils s'étaient d’ailleurs vite attachés à un genre de vie tout nouveau pour eux, à un régime qui, en dehors des heures de travail, leur laissait la liberté la plus complète, où ils échappaient à cette surveillance ircessante du bagne ou du pénitencier, qui est leur plus grand supplice, et où l’on s’attachait à les traiter comme des ouvriers gratifiés seulement d’un modique salaire.

Ce n’est que plus tard, lorsque la composition du détachement eut été malheureusement modifiée par l'introduction de nouveaux éléments pris sans choix, et lorsque la présence de surveillants de l’administration vint rendre à l’établissement, en grande partie, le caractère et les allures d’un pénitencier, que l’indiscipline reparut dans une certaine mesure, en même temps que se faisait remarquer une diminution notable dans la production.

Mais pendant cette première période, c’est-à-dire en moins d’un an, un travail réellement. prodigieux fut exécuté par ces quelques hommes mal outillés, mal installés, séparés du reste du monde et ainsi livrés à leurs propres ressources, en dehors des rares visites que pouvait faire à l’établissement le directeur de l’exploitation en profitant des voyages de ravitaillement.

Aussitôt après l’envoi d’un premier chargement de bois, des paillottes en feuillages et en écorces furent construites pour les transportés, des cases en bois s’élevèrent pour le chef de chantier et les surveillants, des hangars furent établis pour les ateliers et les magasins, un wharf fut installé pour le chargement des chalans, et des fosses d'immersion furent commencées. |

En même temps, on établissait des sentiers d'exploration devant ser-

vir de guides pour le tracé des routes d'exploitation ; on amorçait, dans trois directions principales, le tracé de ces dernières et l’on s'en servait immédiatement pour l'exploitation des cantonnements voisins du camp. Enfin, 1,000 mètres cubes de bois durs étaient emmagasinés sous les hangars ou expédiés à Nouméa,

ÿ 12. Installation du deuxième chantier.

M. le gouverneur venant, peu de temps après, inspecter l’établissement qu'avait déjà visité quelques jours auparavant un inspecteur général du génie, en tournée dans l’ile, décida que pour compléter les résultats obtenus, des travaux seraient entrepris, sans plus tarder, dans le fond de la baie, pour arriver le plus tôt possible à l’exploitation des bois de mâture.

Un camp supplémentaire, ravitaillé provisoirement par le chantier principal, fut donc installé à l'embouchure de la rivière du fond de la baie, dite rivière de la Grande-Cascade. Des sentiers d'exploration allant jusqu'aux forêts de l’intérieur furent ouverts, et les travaux de la route d'exploitation furent eux-mêmes commencés.

Bien que le personnel de l'établissement n’eût pas été augmenté de suite en vue de cette nouvelle entreprise, les travaux d'installation et d'exploitation du premier chantier n’avaient pas été interrompus, mais

seulement ralentis, et vers la fin de l’année 1869, après l’arrivée des :

renforts attendus, les deux chantiers étaient remis concurremment en pleine activité

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