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cette montagne, et arrive sur le bord du lac en forme de 8, après un parcours total d'environ 8 kilomètres.
Ce sentier prolongé donnera une communication commode entre la baie du Sud et Yaté, dont le lac n’est éloigné également que de 8 kilomètres. Il est presque partout tracé sur un terrain plat ou en pente douce, et sera facilement accessible aux cavaliers. Ainsi continué il compléterale réseau des voies de communication à établir pour assurer la surveillance de cette région.
Du pied du col indiqué plus haut part une bifurcation qui, restant sur le versant Nord de la montagne, continue de contourner le bassin d'alimentation de la rivière du fond de la baie.
Ce sentier franchit d'abord la partie marécageuse qui constitue le cours supérieur de la rivière, et atteint bientôt les parties boisées qui forment le bassin de son affluent principal de droite.
Il traverse ces nouvelles forêts qui présentent sensiblement le même aspect et la même végétation que celles de la montagne des Lacs. Il atteint les bords de l’affluent principal de droite, puis ceux de la rivière principale elle-même et revient enfin à l'embouchure, après un parcours de 7 kilomètres à partir du col, ce qui donne un total de 12 kilomètres au moins pour le circuit complet du bassin, défalcalion faite de l’amorce aïlant aux lacs.
2 10. — Route des Kaoris.
Le sentier des Lacs a servi de guide pour l'établissement de la route destinée à l’exploitation des bois de mâture. Il a fait voir, en effet, qu'en traçant cette route le long de la rivière on pourrait, avant d’arriver aux grandes forêts de l’intérieur, exploiter celles des affluents dont la composition est analogue, et arriver ainsi à la mise en exploitation successive de toutes les parties boisées du bassin.
La route a donc été commencée sur la rive droite du torrent, elle en suit le bord jusqu’au premier affluent important, c’est-à-dire sur une longueur de plus de 800 mètres. Elle se continuera plus tard dars cette direction jusqu’à la montagne des Lacs, mais en attendant on a ouvert un embranchement qui, remontant dans le bassin de l’affluent, permettra d'exploiter d’abord la forêt de kaoris la plus rapprochée.
Cet embranchement, au 15 octobre 1869, était déjà terrassé sur une longueur de 700 mètres et était arrivé à moins de 500 mètres de l’en-
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trée de cette forèt. Le travail avançait de 50 mètres par jour, mcis, faute d'ouvriers, on n'avait pu encore placer les rails f.
ÿ 11. — Ateliers et scieries.
Les ateliers établis à Ja baie du Sud sont destinés principalement à l'entretien des outils et du matériel de l'exploitation. On s’est attaché à ne leur donner que le moins d’extension possible, les travaux de confection ou de réparation les plus importants devant être effectués à Nouméa. Ils comportent donc seulement une forge, un établi d’ouvrier à fer et un établi d’ouvrier à bois. Toutefois, l'installation d’une scierie à vapeur a obligé à développer un peu plus latelier à fer, pour pouvoir opérer sur place les réparations urgentes de la machine.
La scie à vapeur, dont le montage a été terminé au commencement de l’année 1870, est une scie à rubans, locomobile de la forcé de six chevaux, de la maison Warrall, Elwell et Poulot. Elle est munie d’un banc à avance automatique et peut débiter des pièces de 0"70 d’équarrissage.
On ne s’est décidé à choisir un moteur à vapeur qu'après s’être assuré que le petit ruisseau qui arrose le camp ne pouvait donner une chute suffisante pour alimenter une scierie hydraulique; maïs le choix d’une scie à rubans n’a pas réalisé les avantages qu’on en attendait. Indépendamment, en effet, du défaut de solidité inhérent à tout système locomobile et auquel on s’exposait nécessairement pour obtenir une machine facile à déplacer, il s’est trouvé que la scie à rubans qui fonctionne parfaitement avec des bois tendres et même avec lés bois durs ordinaires, n’a pas aussi bien réussi avec les chênes-gommes qui forment l’essence dominante des forêts exploitées. Ces arbres renferment une résine noirâtre qui encrasse rapidement les dents des scies et les a fait jusqu'ici fréquemment casser, malgré toutes les précautions que l’on a pu prendre pour éviter cet accident. Cette scie devra donc être réservée surtout pour les bois tendres, elle rendra en particulier de grands services lors de l'exploitation des kaoris.
4 À la fin de l’année 1871, cet embranchement était terminé et la forêt en question exploitée en grande partie. La route principale avait été prolongée sur une longueur de 5 kilomètres à partir de cet embranchement, et les rails étaient posés sur toute cette longueur.
Le moteur de la scie à rubans est disposé de façon à mettre aussi ‘en mouvement une scie circulaire qui rendra de bons services pour le tronçconnage des bois, le débit des petites pièces, la confection des bardeaux, etc.
Au chantier de la Grande-Cascade nous avons dit qu’il était facile de créer, par une dérivation de peu de longueur, une chute d’eau puissante ; il conviendra donc d'installer sur ce point un moteur hydraulique qui puisse mettre en mouvement plusieurs lames de scies verticales et de scies circulaires.
3 12. — Situation des cantonnements exploités.
Les cantonnements exploités jusqu’au 15 octobre 1869 se trouvaient près du premier chantier, dans un rayon variant de 200 à 500 mètres. À cette époque, il avait été livré déjà par l'établissement, aux services de la colonie, plus de 960 mètres cubes de bois de charpente, sans compter environ 1,000 perches, espars ou piquets d’entourage (mesurant 60 mètres cubes); il en avait été envoyé à Taïiti 120 mètres cubes, et il en restait en magasin environ 500 mètres cubes.
L’approvisionnement restant se serait trouvé beaucoup plus considérable si les travaux du deuxième chantier n'avaient dû être entrepris sans attendre l’arrivée du personnel spécial destiné à celte annexe, ce qui n’avait pu se faire qu’au détriment des travaux du premier chantier, sur lequel on manqua ainsi une saison d'abatage dont tous les travaux préparatoires étaient Cependant terminés.
Les cantonnements exploités autour du camp ne forment qu’une faible partie de ceux que renferme le bassin secondaire dont il occupe le centre. Toutefois, comme tous ces cantonnements, voisins de la lisière des forêts, renferment beaucoup de bois qui ont subi les atteintes du feu et que l’on est obligé pour ce motif de laisser de côté, il ne faut pas compter qu’ils puissent suffire pendant plus de cinq ans à une exploitation suivie.
Ceux du fond de la baie, beaucoup plus étendus et plus riches, paraissent aussi devoir donner de meilleurs résultats, car ils ont été protégés par leur situation centrale contre les ravages du feu.
Pour la bonne direction des coupes et le tracé des prolongements des routes, il est indispensable qu’un levé topographique bien fait de tout le bassin du Sud permette d'apprécier, avec exactitude, l'étendue
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et la situation relative des cantonnements boisés et des différents groupes d’essences similaires. Ce travail, tenté lors de l'installation du camp, n'a pu être exécuté alors avec précision à cause des difficultés locales, et n'a donné que des indications vagues à peine suffisantes pour le début des travaux. Le tracé de nombreuses routes et de longs sentiers qui procurent autant de moyens de cheminement, ainsi que les : élagages pratiqués sous bois jusqu’à de grandes distances du camp, qui donnent des facilités de visée, sont venus changer les conditions primitives et rendre possible l'exécution de ce travail, qu’il est de tout
intérêt de ne pas retarder davantage f. |
8 13. — Moyen de transport des bois à l'extérieur.
Le transport des bois, de la baie du Sud à Nouméa, ne peut avoir lieu pour le moment que par mer, et n’a été effectué jusqu'ici que par les navires de l’État.
Le faible effectif des bâtiments de la station locale n’a pas permis de rendre ces transports aussi fréquents que l’auraient exigé les besoins. Il en est résulté que les commandes faites par les divers services n’ont pu être satisfaites à temps, et que ceux-ci se sont vus, à plusieurs reprises, dans l’obligation d'acheter au commerce des bois qu'ils auraient pu trouver à bien meilleur compte dans les magasins de l'exploitation.
Pour remédier à ces inconvénients on a cherché à affréter des navires de commerce, mais les conditions faites par les armateurs ont été inacceptables. Presque tous demandaient un droit fixe et considérable d’affrétement par tonneau et par jour, sans vouloir stipuler de délai pour le chargement ou pour le voyage. Ces conditions ne permettaient pas de calculer à l’avance, d’une facon précise, les prix de revient des bois rendus à Nouméa, tout en laissant voir que ces prix seraient excessifs.
Une proposition un peu plus avantageuse fut faite cependant par un entrepreneur anglais qui acceptait un prix basé sur le cubage ; mais ce prix s'élevait à 20 francs le mètre cube plein, ce qui donnait réellement un chiffre exagéré pour le cube utilisable, et dans l’état actuel de l'exploitation, qui ne pouvait livrer les bois qu’en billes, ce système au-
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1 Ce travail, à l'époque actuelle, n'a pas encore été exécuté.