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2 3. Direction à donner aux travaux.
Il résulte des indications qui précèdent que le centre de l’exploitation devra être transporté prochainement vers le fond de la baie; . les deux principaux centres d’arrivée des routes de halage seront alors, d’une part, le confluent des rivières du port du Carénage, et de l’autre , l'embouchure de la troisième rivière dans le voisinage de la Grande-Cascade. On devra transférer, à proximité de ces points, les ateliers et les camps destinés au logement des ouvriers.
Ces endroits étant peu accessibles aux embarcations, les bois devront être transportés, à l’aide de radeaux, sur le chantier actuel, dont on conservera les magasins, commodément placés, et qui deviendra l’entrepôt du service. On pourrait également établir quelques magasins supplémentaires près de la petite aiguade du port du Carénage, marquée À sur la carte n° 2; ces magasins seraient assez commodément placés pour l’accostage, et se trouveraient à peu près à égale distance des deux points d’arrivée des routes; mais leur situation conviendrait fort peu pour les navires à voiles, à cause de la difficulté de sortir du fond de la baïe, sans l’aide de la vapeur, avec les vents qui règnent habituellement dans ces parages.
Nous avons indiqué déjà que si l’on veut obtenir des bois blanc, srapidement et encertaine abondance, sans attendre que les routes d'exploitation soient parvenues jusqu’aux forêts de l’intérieur, il sera sans doute nécessaire d’entreprendre, avant quelques années, l’exploitation des cantonnements boisés voisins de l’anse du Nord, et dont la situation est indiquée approximativement sur la carte n° 2. Les magasins de cette nouvelle exploitation seraient établis sur la pointe qui se trouve sur la rive gauche et près de l’embouchure de la rivière qui arrose le bassin formé par ces forêts.
Üne scierie hydraulique pourrait être établie un peu plus haut, sur cette même rivière. Le camp des travailleurs serait placé dans le voisinage.
Les travaux d’exploitation se trouvant ainsi répartis sur trois points assez éloignés, il conviendrait d’établir le logement du chef de l’exploitation en un point central, de facon à lui permettre de se porter aisément sur l’un ou l’autre des chantiers. L'emplacement le plus propice pour cette destination paraît être le fond de la petite anse qui
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termine à gauche la rade du Nord, au point marqué E. Des sentiers faciles à tracer, relieraient ce point au nouveau chantier et à la plage du bassin intérieur, voisin du port du Carénage, lequel serait rapidement franchi en embarcation.
2 4. Modification des moyens de transport.
Les moyens de halage des bois auront, sans doute, à subir dans l’avenir quelques modifications ; car, dans la traversée des plateaux ferrugineux, et même en suivant le plus possible les bords des torrents, on rencontrera certainement des passages où la pente du terrain sera trop faible pour rester favorable à l'emploi des traineaux ; il y aura avantage à se servir, dans ces endroits, de triquebales ou de traineaux à rouleaux, et peut-être de chevaux, à la condition d’avoir préalablement trouvé le moyen d'assurer la nourriture de ces animaux.
Nous avons dit, en effet, que les terrains de la baie du Sud ne produisaient, dans l’état actuel, aucune plante fourragère propre à la nourriture des animaux : il faudrait donc préalablement y créer des pâturages !.
2 5. — Place réservée à la colonisation.
La Nouvelle-Calédonie étant principalement une colonie pénitentiaire, il paraît naturel de ménager, dans l’organisation de l’établissement de la baie du Sud, une place à des transportés libérés qui pour-
1 Il existe en Nouvelle-Calédonie une plante textile (Pypturus velatinus?) nommée par les indigènes de certaines tribus, à Bourail entre autres, Aoa, Ahoué ou Ahouin, et qui pourrait sans doute être utilisée pour l'alimentation des chevaux à la baie du Sud, Ce'te plante présente une grande analogie d’aspect avec du chanvre dont les tiges trop flexibles laisseraient Ja plante s’incliner sous son propre poids. Elle ponsse en champs étendus, vient facilement dans les terraias arides et se rencontre déjà naturellement sur plusieurs points de la baie du Sud. A Bourail, elle est utilisée pour la nourriture des chevaux, qui la recherchent avec avidité. Elle pourrait donc fournir le fourrage qui manque dans le voisinage de l'exploitation de la baie du Sud ; le complément de l'alimentation des chevaux serait obtenu, comme dans le reste de la colonie, à l’aide de maïs que Von importerait de Nouméa ou d'Australie. Toutefois, cette plante ne vient pas dans les terrains purement ferrugineux, elle ne pourrait done être cultivée à la baie du Sud que sur le bord même de la mer et dans les parties à filons magnésiens.