PI. IV
Cette espèce a été décrite ainsi que la précédente sous le nom de Calamite par tous les auteurs : Brongniart, Schimper, Geinitz, Gutbier, ete. Nous ne voulons pas discuter la valeur des motifs qui ont déterminé l'opinion de ces divers savants, nous nous contenterons d'exposer les faits qui nous font regarder le Calamites gigas comme un Arthropitus, par conséquent comme une plante phanérogame.
L’Arihropitus gigas est la plus grande des espèces connues.
Le tronc a quelquefois un diamètre de plus de 50 centimètres, l'écorce manque régulièrement.
Cette espèce est commune dans les différentes couches du terrain permien. On la rencontre dans le grès rouge inférieur de Saarbruck, dans les grès à Walchia d’Altenstadt, dans les grès cuivreux de Nidji-Troisk, district de Bjelebey, de Piskork, gouvernement d'Orenbourg, aux environs de Perm, dans les couches moyennes du terrain permien d’Autun, etc. Elle se rencontre, mais beaucoup plus rarement, dans les couches supérieures du terrain houiller, où elle fait son apparition, déjà avec sa taille remarquable ; on la trouve à la partie supérieure du terrain houiller de Saint-Étienne, de Commentry et du bassin d’Autun.
Voici la diagnose de cette espèce : tiges d'une grosseur considérable, coniques à la base comme la plupart des autres Arthropitus, articulations distantes de cinq à treize centimètres, entre-nœuds sillonnés de côtes convexes, larges de cinq à dix millimètres, terminées en pointe aiguë aux deux extrémités, dépourvues souvent, mais pas
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toujours, de mamelons, soit au-dessus, soit au-dessous de Particulation ; il n’est pas rare de trouver des bases de tiges portant au-dessous des nœuds des verticilles de racines.
La partie supérieure du tronc seule a conservé les traces de verticilles de rameaux; ces traces ont disparu plus bas, parce qu'elles ont été recouvertes par la production de bois secondaire. La couche de houille laissée par le cylindre ligneux est très épaisse et dépasse fréquemment un centimètre.
La moelle est souvent fort développée : dans certains échantillons de Commentry et de Saint-Étienne, elle atteint quatre-vingt-seize centimètres de circonférence, recouverte d'une couche de houille à structure conservée, épaisse de douze millimètres, correspondant, comme nous le verrons plus loin, à un cylindre ligneux de près de vingt centimètres d'épaisseur. Ces échantillons auraient eu soixante-dix centimètres de diamètre environ, ou plus de 2 mètres de tour, en ne tenant compte que du cylindre ligneux proprement dit et négligeant l'épaisseur de l'écorce.
Les tiges, coniques à la base, paraissent avoir été complètement indépendantes, c’est-à-dire non fixées à des rhizomes. Les racines ont souvent laissé sur les articulations des cicatrices circulaires très nettes et très larges ; ces organes sont cylindriques ; leur diamètre reste sensiblement constant, sauf au point d'attache où l'extrémité satténue. On distingue facilement l'empreinte produite par leur cylindre ligneux, dont la surface est parcourue par des sillons et des côtes parallèles sans aucune trace d’articulations, ce qui les différencie des empreintes laissées par les rameaux. Le bois secondaire était également très développé dans les racines et a laissé une quantité considérable de houille; de chaque côté se trouve ordinairement une bande moins apparente formée par l'écorce, celle-ci, dans les racines des Arthropitus, étant composée
de tissu parenchymateux, creusé souvent de nombreuses lacunes aériennes. Les côtes et les sillons que l’on remarque sur les empreintes du bois secondaire des racines sont dus aux lames de parenchyme et aux coins ligneux, inégalement résistants, qui forment le cylindre.
Nous avons figuré, pl. IV, fig. 1, une empreinte d'A. gigas trouvée dans les schistes de Dracy-Saint-Loup, qui appartiennent à la zone moyenne du terrain permien dans le bassin d’Autun.
La tige mesure trente-deux à trente-trois centimètres de diamètre ; les articulations sont distantes de quatre à cinq centimètres, les côtes sont larges de cinq millimètres, terminées en pointe aux deux bouts; on ne distingue aucune cicatrice pouvant appartenir soit à des rameaux, soit à des racines, ni aucun mamelon aux extrémités des côtes; cette portion d’échantillon appartenait vraisemblablement à la région moyenne de la tige, là où les racines ne pouvaient se développer et où les cicatrices raméales étaient effacées ; nous pensons que c’est le moulage interne par de l'argile, du cylindre ligneux ; les côtes sont dues aux lames cellulaires séparant les coins de bois, et les sillons au bois luimême ; la mince couche de houille que l’on voit par places provient de petites portions de ce dernier.
Les figures ? et 3 se rapportent à un échantillon trouvé dans la carrière du Foulon, près Autun, appartenant par conséquent au terrain houiller de l'horizon du Grand- Moloy. C’est une base de tige conique, rapidement décroissante ; les côtes et les sillons sont très apparents ; Les articulations inférieures étaient munies de racines ; les côtes offrent, à leur sommet, un peu au-dessous des articulations, un mamelon elliptique haut de trois millimètres et large de deux millimètres ; ce sont les traces des organes rhizifères expectants dont nous avons déjà parlé. Dans la région médiane de la tige la longueur des entre-nœuds est d'environ cinq centimètres. Comme pour l'échantillon