EXPORTATIONS
Les exportations se sont élevées :
En 1848 à 2.820.212 fr. 20
i8jo 6.393.69;") — 20
Le principal commerce d'exportation depuis 1877 est celui des arachides décortiquées qui alimentent presque exclusivement les huileries de Marseille. Jusqu'alors, le commerce de notre colonie n'avait guère consisté que dans l'expédition de quelques centaines de caisses d'indigo et de quelques milliers de tonneaux d'huile de coco. Mais la concurrence de l'île de Ceylan et de la cote de Malabar a presque entièrement ruiné cette dernière alimentation du commerce de transit.
Quant à l'indigo, il a été à peu près abandonné au moment de la découverte, en Europe, des couleurs de l'aniline. L'indigo dit de Madras est devenu dès lors d'un écoulement si difficile et d'un emploi si restreint que les indigoteries de Pondichéry n'y trouvent plus de profit. On a presque complètement suspendu leur expédition et c'est à peine s'il s'en expédie 6 à 700 caisses à destination de la France et de l'Angleterre. Le reste de la fabrication est employé sur place par la teinture locale.
Cette situation a déterminé les cultivateurs à se consacrer à la culture des arachides, qui demande beaucoup moins de soins et assure un revenu plus régulier et plus sûr. C'est aux environs de 1877 et 1878 que
(i) En 1880 la roupie était calculée à 2 fr, 40. tandis que depuis i8<)o elle est comptée à sa valeur officielle de i fr. 72..
l'exportation de cette graine a commencé. La plus grande expédition a eu lieu en 1891 : elle a atteint, en efFet, 941.879 sacs de -5 kilogs (soit 70.640 tonnes), et la plus petite s'est produite en 1896 avec 128. 443 sacs (soit 9.633 tonnes). En 1897 et 1898, la récolte a manqué presque complètement. Cette défaillance s'explique pour les uns par des raisons d'ordre climatérique, pour les autres par l'appauvrissement du sol et la dégénérescence de la semence. Actuellement, des essais sérieux sont tentés en vue d'améliorer la culture des arachides. Des graines ont été achetées au Sénégal et en ^Mozani- ])ique et distribuées aux cultivateurs de notre territoire. Les récoltes futures démontreront si ce remède est suffisant. Mais il est une autre cause plus certaine qui explique la diminution sensible de l'exportation : <^est l'élévation du prix de transport depuis les lieux de production jusqu'au port d'embarquement. C'est qu'en effet l'étendue du territoire de Pondichéry est si restreinte, que la culture sur place suiïit à peine aux besoins de la consommation locale, et que les exportateurs sont obligés de s'approvisionner, pour la plus grande partie, dans la province du sud de l'Inde. Or, le réseau des chemins de fer est tel, que les arachides achetées par nos maisons de commerce sur le marché anglais sont forcées, pour entrer dans notre territoire, de faire un circuit de 70 kilomètres environ, par l'embranchement de Villapuram à Pondichéry, pour atteindre le port de Goudelour, ce qui met nos négociants dans une situation réelle d'infériorité à l'égard des exportateurs anglais. Il est vrai que les frais d'embarquement à notre port sont moins élevés que ceux du port voisin, mais cette réduction des tarifs n'est pas assez sensible pour couvrir l'élévation des frais de transport qui grèvent les mar-
cliandises. La Chambre de coninierce de Pondichéry estime qu'il sufïirait, pour remédier à cet état de choses, d'entreprendre la construction du chemin de fer de Pondichéry à Tiroupapaliour, ce qui aurait le grand avantage d'éviter Timmense circuit dont nous avons parlé. Le tarif réduit de nos droits d'embarquement permettrait en plus à nos négociants de lutter avec avantage contre le port voisin. Mais il est à craindre que la construction de cette voie ferrée ne puisse être entreprise dans un avenir prochain. La crise commerciale et agricole que traverse depuis quelques années notre colonie a eu, en effet, un contre-coup inévitable sur les ressources budgétaires, et le rendement précaire des recettes, qui vont en décroissant d'exercice en exercice, ne permettrait jamais à la colonie d'exécuter ce travail avec ses propres forces, si la métropole ne lui venait en aide, ce que le Gouvernement est disposé à faire, du reste.
Parmi les autres produits de l'exportation, il faut mentionner les toiles et guinées tissées par les filatures locales, et qui sont en grande partie expédiées en France, pour être ensuite dirigées sur le Sénégal et la côte d'Afrique. En outre, depuis la conquête de Madagascar, un courant tend à se créer entre notre port et la grande île africaine. Une ligne directe entre Madagascar, la Réunion et l'Inde, avec escale à Mahé ^Seychelles, favoriserait singulièrement cette exportation.
En outre des 4 à j.ooo balles de toile, de loo pièces chacune, qui sont exportées par nos filateurs, la place de Pondichéry expédie de l'huile d'arachides à destination de Rangoon et de l'ile ^Maurice. La Chambre de commerce estime que si le Parlement frappait de droits prohibitifs à leur entrée en France, les huiles étran-
gères, ve commerce prendrait vraisemblablement la route de Marseille et des autres ports de la métropole. Le produit dont l'exportation a été la plus considérable pour les années 1897 ^^ '^9^ ^ ^té sans contredit le tourteau qui provient de la graine d'arachides, et qui est expédié vers Singapour et vers les détroits. Il sert comme engrais à l'amélioration des terres, ou encore comme nourriture des bestiaux. Il s'en exporte pour plus de 10.000 balles par an de Pondichéry et de Goudelour. Les autres articles qui sont plus ou moins exportés par la place de Pondichéry consistent en peaux de moutons et de chèvres tannées à destination d'Europe, en percale pour la Piéunion et Madagascar, en sésames, tamarins, etc. (Voir les tajjleaux annexes.)
R.égime douanier.
Les établissements français de l'Inde ont été placés, par la loi du 11 janvier 1892, en dehors du tarif douanier. Les produits des établissements bénéficient cependant du droit minimum en France et dans les colonies qui ont adopté Tunion douanière, moyennant la production du certificat d'origine. Aux termes de l'arrêté de i^'" mars 1894, art. 6, les produits de toute espèce fabriqués dans la colonie acquittent un droit de certificat d'origine de i 7o« L^ Chambre de commerce a estimé que la demi-protection accordée aux produits de l'Inde était absolument insufïisante, et, en vue d'encourager quelques industries susceptibles de s'agrandir, elle a demandé, conformément à l'art. 3 de la loi de 1892, la détaxe complète à leur entrée en France de certains produits, tels que peaux tannées, huiles, fils et tissus de coton. Elle s'est, même demandé, , en présence de la
situation économique de la colonie, si, en acceptant l'application intégrale du tarif douanier métropolitain et en revendiquant en échange pour nos envois les immunités assurées en France aux produits originaires des colonies, il ne serait pas possible de trouver des débouchés sur le marché et de déterminer ainsi la création d'industries susceptibles de procurer des éléments certains de travail et de profit. Il serait désirable qu'une solution intervint rapidement, car le commerce de Pondichéry se voit menacé d'une nouvelle cause d'appauvrissement par les droits d'entrée que la métropole se propose d'instituer sur les graines oléagineuses, principal aliment du commerce maritime de la colonie. La Chambre de commerce a donc émis le vœu, pour le cas où ce droit d'entrée serait voté, que les graines exportées de nos établissements de l'Inde, même si elles étaient originaires de l'Inde anolaise, soient admises au tarif minimum. Il est à remarquer d'ailleurs que cette décision ne compromettrait en rien les principes posés par la législation dans la loi du ii janvier 1899.. Le double tarif tel qu'il est institué fait, en effet, du tarif minimum le véritable droit protecteur garanti à la production française et « au-dessous duquel il ne sera pas permis de descendre à l'avenir ». Quant à la surtaxe, elle est une sorte d'appât pour obtenir des pays étrangers, par la voie de réciprocité, des concessions importantes au profit des intérêts nationaux. Les graines oléagineuses originaires de l'Inde anglaise exportées par notre port acquitteraient le droit minimum et le producteur français ne se trouverait pas privé de la protection qui lui est due. Quoi qu'il en soit, il est urgent de prendre en faveur du commerce de Pondichéry, si sérieusement menacé, des mesures de protection efficaces.
Ghandernagor.
Il n'existe pour ainsi dire pas de mouvement commercial dans cet établissement. Tous les produits que débitent les marchands locaux sont presque exclusivement de provenance étrangère. Ces marchands sont d'ailleurs tous des Hindous qui se répartissent ainsi :
3o marchands de toiles et de tissus, lo — de graines,
i6 — de comestibles,
35 — de riz,
3i — d'épices,
5 — de bois,
et quelques marchands d'opium.
Il existe pourtant une société anonyme connue sous le nom de « Société Industrielle de Chandernao-or », au capital de 1.200.000 l'r., ayant son siège social à Paris. Cette société s'occupe de faire tisser dans ses usines des toiles de gonys et des sacs de jute. Elle emploie 3. 000 ouvriers environ. Il est profondément regrettable que les quelques particuliers de Chandernagor, possesseurs de capitaux importants à faire valoir, aient été contraints d'établir leurs maisons de commerce non sur le territoire français, mais à Calcutta, pour éviter les conséquences de l'Indian Act.
Yanaon.
La situation commerciale à Yanaon n'est pas meilleure. Les commerçants qui font le commerce de détail sont tous des Hindous et ne se livrent pas à des transactions importantes. Le chiffre des importations et des exporta-
tions de dix années en dix années donne les résultats suivants:
AXNEES
IMPORTATIOXS
EXPORTATIOXS
En i84o .