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Le commerce entre Mahé et la métropole n'existe pour ainsi dire plus, depuis que le régime douanier anglais a empêché Texportation des peaux, richesse importante de cette colonie. Il est à craindre que cette situation désastreuse ne se modifie pas, tant que le régime d'exception sera maintenu dans son intégrité. Le commerce de Mahé est donc purement local et n'engage aucun capital important.
Karikal.
Karikal n"a de relations commerciales suivies ni avec la France ni avec les autres colonies françaises. Jusqu'en 1882, malgré la création d'un chemin de fer qui rattachait Négapatam, port voisin et rival de Karikal, au grand
réseau des chemins de fer du sud de Tlnde, cette place restait Tentrepot le plus avantageux pour les marchandises provenant des Détroits. La suppression à cette date par le gouvernement anglais des droits d'importation dans ses ports a eu sur notre commerce la plus fâcheuse influence. Les trafiquants, favorisés d'une part par les chemins de fer et d'autre part par des facilités d'embarquement et de débarquement que Karikal ne pouvait offrir, ont transporté à Négapatam le centre principal de leurs affaires. Toutefois, il n'y a pas à désespérer, car, en présence des mécomptes qu'il a éprouvés, le gouvernement anglais a rétabli en 1894 le droit d'importation. Karikal profitera sans doute de cette nouvelle situation et les dernières statistiques sont, à ce point de vue, certainement encourageantes. Il est toutefois diflicile de tirer des conclusions définitives d'une expérience de quatre ans. 11 n'est pas douteux cependant que le chemin de fer dont Karikal vient d'être doté et que les aménagements qui vont être entrepris dans son port ne hâtent la reprise des affaires. La tentative faite pour déterminer le courant commercial vers la rade de Tuticorin ne doit nas décourager les commerçants français, car cette rade est ensablée et le prix du transport des marchandises par cette voie met la balle de riz sur le marché de Colombo à un prix plus élevé que la balle de riz venant de Karikal. jNIais il reste encore beaucoup à faire, car il n'existe actuellement à Karikal que 4 commerçants sur 44 q^ii exploitent avec leurs propres capitaux, et tous les autres ne sont que des courtiers. Il convient donc d'attendre de Tavenir une situation meilleure. (Pour les chiiï'res des exportations et des importations, voir les tableaux annexes.)
On le \oit, la situation commerciale des établissements
de rincle, Pondichéry mis à part, n'est pas bonne, mais elle n'est pas désespérée. Le jour où les négociations engagées pour obtenir la suppression ou la modification de rindian Act, seule cause de cette décadence, auront abouti; le jour aussi où la métropole aura consenti, en laveur de nos établissements, des avantao-es sérieux en matière dédouane, le commerce français de Tlnde pourra reconquérir en partie la situation privilégiée qu'il a autrefois connue.