‹ Notice sur les Indiens de l'Amérique du NordChapitre 12 sur 27 · DU CLIMAT DES DIFFERENTES PARTIES DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

DU CLIMAT DES DIFFERENTES PARTIES DES ÉTATS-UNIS

Ayant, dans le cours de notre récit, fait de fréquentes allusions à la manière de vivre, aux coutumes, aux penchans mêmes des Indiens, suivant qu’ils habitent des latitudes plus ou moins élevées , des climats plus ou moins chauds, on ne nous saura peut-être pas mauvais gré de dire quelques mots touchant le climat en général des Etats-Unis, et ses différentes parties en particulier ; d’autant plus qu’en Europe beaucoup de personnes lui attribuent une influence pernicieuse sur la vie de l’homme, que nous croyons loin d’être sur tous les points justifiée.

Dans une étendue qui est de près de vingt degrés de latitude du nord au sud, et d’environ soixante degrés de longitude de l’est à l’ouest, les Etats- Unis possèdent une variété de climats qui embrasse presque ceux du monde entier.

La grande ligne de démarcation quant au climat qui affecte nécessairement les moyens d’existence

est la chaîne des montagnes Rocheuses. De l’Océan Atlantique à ces montagnes , le climat est, à peu de variations près, partout le même. Les changemens qui s’y opèrent dans l’atmosphère ne sont pas plus fréquens que dans la portion tempérée de l’Europe; mais ils y sont plus violens; et ce sont ces rapides transitions qui y affectent plus particulièrement les personnes qui ne sont pas douées naturellement d’un tempérament fort. Pour celles, au contraire, mieux partagées par la nature, dont la conformation physique offre des garanties de force et d’une longue vie, il n’est pas de plus beau climat sur la surface du globe, pas de firmament plus pur sur lequel puissent se reposer les yeux.

Une différence marquée existe entre les mêmes latitudes en Europe et en Amérique. Dans ce dernier pays la chaleur y est plus grande qu’en Europe; mais c’est surtout dans le degré de froid que la différence est la plus sensible, car elle équivaut alors, cette différence, à dix degrés de latitude. Le froid y est en conséquence beaucoup plus intense. Cette condition atmosphérique existe dans le pays contenu entre l’Océan Atlantique et les montagnes Rocheuses; mais , de celles-ci à la mer du Sud , et plus particulièrement sur ses rives , le climat ressemble beaucoup à celui de la partie occidentale de l’Europe.

On a beaucoup recherché les causes de ce phénomène, et plusieurs théories ont été offertes à ce sujet ; mais comme il est prouvé que le climat de

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Pékin en Chine est le meme que celui de Philadelphie en Amérique; que la température en été et en hiver des cotes orientales de l’Asie s’accorde avec celle de l’Amérique septentrionale dans les mêmes latitudes, il est plus que probable que la différence que 1 on trouve dans les divers pays, sous des latitudes correspondantes, provient de l’exposition des côtes de la mer. Tel est aussi l’avis de M. Gallatin qui a trouvé que les rives qui regardent l’ouest jouissent d un climat bien plus tempéré que celles qui sont exposées à l’orient. Ce fait s’explique naturellement, toutefois, par les vents d’ouest qui, dans la zone tempérée nord, régnent plus généralement , ainsi qu’il est bien prouvé par des voyages d’Amérique en Europe, plus courts d’un tiers que ceux de retour. Ces vents atteignent les côtes occidentales de ces pays après avoir traversé l’Atlantique et 1 Océan Pacifique , et avec une température égale à celle de la mer. Les mêmes vents sur les côtes occidentales de l’Asie et de l’Amérique sont des vents de terre, et ils apportent avec eux, principalement quand c’est en hiver et qu’ils soufflent du nord-ouest, la température du pays d’où ils arrivent.

Si les vents alizés de la zone torride produisent dans celle tempérée un contre-courant, on peutattribuer la cause première de la différence dont nous avons parlé au mouvement de rotation de la terre et à l’effet de la chaleur solaire. Dans tous les cas, on ne peut s’attendre à aucun changement à cet

égard, car il est plus que probable que la culture de la terre ne peut en apporter. Et il a été bien prouvé que le plus grand ou le moindre nombre d’arbres d’un pays n’y a aucune influence atmosphérique; mais, comme nous l’avons fait observer, la différence instinctive entre les peuples des forêts et des prairies, avait une influence plus grande sur les moyens de subsistance et les habitudes des Indiens que le climat même.

Si, d’un côté, les pays qui, en raison de leur climat peu favorisé, ou de leur sol peu productif, exigent de plus grands travaux et une industrie plus active pour s’y procurer les objets nécessaires à la vie, sont ceux qui, en résultat, atteignent le plus haut degré de perfectionnemens et de lumières; d’un autre côté, ce ne sont pas ceux-là qui ont été le berceau de la civilisation. Dans l’hémisphère européenne elle a eu son origine dans les climats qui se trouvaient également exempts d’une sévérité extrême soit de froid, soit de chaleur. Il en est de même en Amérique où des ruines monumentales attestent au Mexique, au Pérou, à Colombia et à Bogota, une très ancienne civilisation, et l’existence de nations qui avaient fait déjà de sensibles progrès dans les arts et les sciences. Au nord et à l’est de ce pays il n’existe plus rien de semblable.

Le soleil semble être bon à l’homme comme à la nature; et nous nous rappelons, à ce sujet , d’avoir entendu de la bouche d’un professeur distingué , la remarque que, pour la France, bon nombre de

triomphes et de victoires, beaucoup de grandes actions , de celles qui font date dans la vie humaine, eurent lieu dans le mois de juillet. C’est aussi celui qui fut l’aurore de notre indépendance. Jour trois fois heureux ! qui donna l’existence nationale à seize millions d’hommes libres; jour enfin que nous, simple citoyen , ici sur une terre étrangère, sommes fier, à cette heure même (4 juillet i83q), et à son soixante-troisième anniversaire -, de pouvoir célébrer dans nos humbles inspirations !

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