MAKATAIMESHEKIAKIAH LE FAUCON NOIR , CHEF DES SAUKES OU SACS (P
Il était arrière-petit-fils d’un chef célèbre des Illinois (le tonnerre ). Chef lui-même d’une partie de sa tribu, il fut presque continuellement en guerre ouverte contre les Osages, les Chérokées et diverses autres tribus. Il s’était constitué le partisan des Anglais dans leur guerre contre les États-Unis, et sa troupe était connue sous le nom dé bandé anglaise, en opposition à celle dont un brave, appelé Cheokuk, était le chef. Ainsi les Saukes étaient divisés en divers partis bien distincts, dont l’un, à la tète duquel était le Faucon noir, ne cessait de commettre des déprédations contre les Américains; tandis que l’autre, au contraire, sous Cheokuk, montrait des dispositions plus pacifiques et bienveillantes.
Lorsque, en 1 83 1 , il s’agit de faire émigrer sa tribu à l’ouest, le Faucon noir s’y opposa de vive
force; avec sa bande il surprit, dans une embuscade, un faible détachement de milices américaines qu’il tailla en pièces. Ce premier succès lui inspirant du courage, il persévéra dans ses hostilités ; mais bientôt la fortune lui devint contraire , et son parti fut subjugué sans retour. Il parvint lui-même à se soustraire aux troupes américaines, auxquelles, cependant, la trahison de deux Winebagoes le livra.
Amené à Washington d’abord comme prisonnier , il eut une audience du ministre de la guerre qui lui représenta l’inutilité d’une plus longue résistance à la volonté de la majorité de sa tribu qui désirait la paix et à celle du gouvernement des États-Unis , ami des Indiens. On lui annonça, toutefois , qu a l’avenir il était déchu de sa dignité, à laquelle son heureux rival succédait en entier, par le vœu même de sa tribu. Il implora sa liberté; mais, quand on en vint au sujet de Cheokuk,il répondit avec fierté qu’il était vieux, — qu’il mourrait plutôt que d’obéir à un plus jeune que lui. — - Connaissant l’opiniâtreté de sa résistance , on obtint de la bienveillance de Cheokuk que, quoique n’exerçant pas le commandement suprême, le Faucon noir serait admis à prendre place au conseil.
Avant son retour au pays, on le fit voyager dans toute l’étendue des États-Unis, afin qu’il se persuadât par lui-même de la force du pouvoir contre lequel il s’était révolté. Cette épreuve eut un plein
succès, puisque, à l’aspect des grandes villes , de leurs immenses populations et des arsenaux et chantiers du gouvernement, il déclara qu’il voyait bien maintenant que les wigwams des blancs étaient trop nombreux et trop bien défendus pour que les peaux-rouges pussent jamais les détruire.
Mais ce qui l’étonna le plus fut une ascension en ballon dont on le rendit témoin. — A cette vue, il remarqua qu’il fallait bien que celui-là, parlant de l’aéronaute, fût un esprit; — mais, ajouta-t-il en secouant la tête, il ne reviendra plus!
En dernier lieu, il se réconcilia avec Cheokuk. Comme marque distinctive de son bon sens naturel, on peut ajouter qu’il n’eut jamais qu’une seule femme.
Makataimeshekiakiah était né en 1767, et mourut en octobre i838, âgé, par conséquent, de soixante-et-onze ans. A sa demande, son corps fut placé assis, avec la pomme de sa canne à la
main.