LITE
qui, tour-à-tour, ont formé des établissemens depuis la baie d'Iudson jusqu'au cap Horn.
Ces expéditions se faisaient généralement aux frais des individus eux-mêmes, attirés qu'ils le furent d'abord par l'appât des richesses qu'on croyait y exister; puis, ensuite, par le fanatisme religieux ; et plus tard, enfin, par un motif plus louable, celui de fuir l'intolérance et les persécutions de religion et de politique. Ce furent alors de vrais chrétiens qui, sous la bannière de la croix, vinrent planter sur un sol plus propice leur propre race, leurs lois et leur religion, qu'ils apportaient en compensation à des païens.
Sousles régimes espagnol et français, un mode tutélaire (si lon peut ainsi appeler une tutelle forcée ) existait; C'est-à-dire qu’on considérait les Indiens comme des mineurs dont on prenait préalablement les terres qui convenaient aux blancs, et auxquels on laissait celles seulement que lon croyait leur être indispensables pour la chasse et la pêche, seuls usages qu'ils en fissent.
Les Anglais procédèrent autrement ; nous ne croyons mieux faire qu'en empruntant ici le langage mème de M. Gallatin dont les savans travaux ont si bien fait connaitre les Indiens :
« Les premiers Européens qui s’établirent dans « l'Amérique du Nord n'étaient pas, ainsi que Cor-
SJ
«tes, Pizarro et Soto, des conquérans avides d’or «et souvent sanguinaires, mettant tout à feu, r
«clamant la souveraineté du pays et la servitud
de-
aux fuyait UX ; elui ion ens iter urs om-
« des indigènes. Les puritains de la nouvelle An- « gleterre, Guillaume Penn, Oglethorpe et lady « Huntingden étaient des gens consciencieux; et « quoique le plan gouvernemental de Locke n'ait « pas réussi, ceux qui alors consultèrent ce grand « bienfaiteur du genre humain, le plus puissant « avocat de la liberté civile et religieuse, devaient « être doués d’un esprit élevé et libéral. Et cepen- « dant il ne paraît pas qu’en formant leurs plans, « ils se laissèrent arrêter par des considérations sur « le droit des indigènes au sol. Les émigrés arrive- «rent sans que rien eüt été précédemment réglé « par rapport aux Indiens. On pensait générale- « ment alors qu'ils possédaient beancoup plus de «terrain qu'il ne leur était nécessaire; qu'on en «obtiendrait facilementune certaine quantité, puis- «qu’il y en avait assez pour tous ; que leur position « serait fort améliorée par les bienfaits de la reli- «gion chrétienne, et par une participation aux «arts et à la science des Européens, et que les deux « races vi: “aient et prospèreraient ensemble. Ces «€ espérar ss se réalisérent, à l'exception de ce qui « touchau aux Indiens, dont il fut impossible , « comme il l’a été depuis, de changer les habi- « tudes 1... »
Ici, la terre appelait une multitude de créatures humaines , et quand l’Europe commença à débor-
! Transactions of the American antiquarian society, p. 154.
der sur l'Amérique, les nouveau-venus n’y rencontrèrent que quelques chasseurs errant çà et là dans un immense espace. Ici, aucun établissement agricole ou autre marque distinctive de propriété, condition qui, d’après Vattel ($ 209 ), ne constitue pas la possession légale; et comime il y avait place pour tous, les émigrés crurent pouvoir s’y établir à côté des anciens habitans, et ils s’efforcèrent, quoique souvent en vain, de former avec eux des relations de bon voisinage.
Dès l’origine, donc, des établissemens angjlais, comme ceux des Cabots au nord, de Guillaume Penn «u centre, d'Oglethorpe et de Raleigh au sud, on a procédé comme si, en réalité, les terres étaient la légitime possession des indigènes; et lorsqu'une portion en est devenue indispensable aux colons, on la leur a payée, partie en agent, partie er échange d’autres terrains où ils pouvaient plus à l'aise continuer à vivre en paix de la pêche et de la chasse.
Cette disposition pacifique et équitable est encore devenue plus absolue depuis l’iidépendance des États-Unis, et le système en a été, à partir de cette époque, pratiqué avec une extension proportionnée aux immenses empiètemens que chaque jour fait la civilisation sur la forêt. Dans les premiéres années qui suivirent ia guerre de la révolution, on commença, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à traiter à l'amiable avec les indigènes pour iles cessions de terrains; et, en 1794, le général
renet là lisse pro- ),ne eily Avoir efforavec
lais , ume sud, erres lors- > AUX artie
plus he et
t'enance r de por aque preyoluplus pour éral
Washington , alors président de l’Union , reconnut par proclamation le droit de propriété qu’avaient les Cherokees à leurs terres.
En vue de l’incorrigibilité des Indiens et de leur nature intraitable, quelques publicistes américains ont bien, à l'instar de l’auteur du Code du droit des gens, avancé qu'ils ne devaient être envisagés que comme de simples chasseurs occupant momentanément le pays; mais, pour notre part, nous nous attachons de préférence, commeétantincontestable etplus juste, à cette déclaration solennelle de notre immortel Washington, le génie le plus pur qui ait jamais existé. Cette opinion, en accord avec cel'e de la masse de nos concitoyens , semble d’ailleurs être la règle permanente de conduite adoptée par le gouvernement dans ses rapports avec les Indiens. Dans leur incompatibilité, s’il y a nécessité absolue d’une séparation des deux races , qu'elle se fasse du moins dans un esprit digne du fondateur d’une grande nation.
Voici ce que, en 1781, disait M. Jefferson , tu sujet des terrains acquis sur les Indiens ! :
« On admet à tort que les terres acquises sur les « Indiens le furent presque en totalité par le droit « de conquête. Jai trouvé, chez nos historiens et « dans nos archives, de nombreuses preuves d’a- « chats de terrains qui embrassent une portion
* Notes on l'irginia, p.98.
« considérable de pays; et beaucoup d'autres se « trouveraient sans doute si on les recherchait avec «soin. La partie haute du pays, nous ne l’ignorons
pas, a ét en totalité acquise par achat à l'amiable et dans des formes incontestables. »
Mais la tradition indienne elle-même nous vient en aide pour démontrer que les premiers droits acquis par les blancs à une portion des terres des indigènes ne furent pas basés sur la rapine et la violence. Elle dit dans son style métaphorique que, « dans l’origine, il fut donné aux peaux blan- « ches autant de terre que pouvait en circonscrire «une peau de buffle. » On pourrait sans doute à juste titre remarquer, à cette occasion, qu'ils abuserent singuliérement par la suite du privilége:; admettant même qu'à l’exemple de la reine de Carthage, qui coupa en un nombre infini de courroies la peau de bœuf devant servir de mesure à son acquisition domaniale, les nôtres surent encore mieux multiplier à leur avantage les bandes contenues dans leur peau de buffle. Sans absolument mer en totalité l'abus, c’est toujours quelque chose qu'au dire même des Indiens, notre premier droit connu sur le nouveau continent ne découle pas d’une source impure.
Alors même que l'épée était tirée pour la conquête de l’indépendan e, en 17978, un traité de confédération avait été conclu à Pittesburg, que l’on peut considérer comme la première épreuve faite sur les Indiens, en faveur de la civilisation. Alors
nés | LS Mn ele cave D te CN CRE ds
© 85) on les traita d'égal à égal, sur la SUpposition qu'ils étaient susceptibles d'améliorations, et qu'ils saisiraient avec ardeur les avantages qu'une telle posiüon leur permettait, Vaine fut cette épreuve; ils ne surent jamais l’apprécier, et bientôt il
nécessaire d'adopter envers, eux un système qui fût plus en harmonie avec leurs goûts et plus conforme aux intérêts des blancs. Aussi, dans les traités qui suivirent 1783, tout en leur reconnaissant des droits à leurs terres, ils y furent considérés comme étant sous ja protection ou tutelle du vernement fédéral, et il fat stipulé, et p
devint
gouar eux reconnu, qu'ils ne Pouvaient aliéner leursterres qu'en sa faveur ou avec son autorisation. Cette clause découle naturellement de la nationalité des États-Unis > Qui, dans leur condition d’état indépendant, devaient fermer la porte à toute intrigue ou menée de la part de nations riv
dernière
ales ou ennemies, ayant pour but deles m orceler, et pour moycn, un achi.t de la part des Indiens, qu'il n’eût pas été difficile d'obtenir.
De cette époque à 1789, date de l'adoption de
la constitution actuelle des États-Unis, des con-
ventions , par lesquelles ils reconnaissaient les
Elats-Unis comme seuls et absolu: souverains de leur te
rriloire, furent conclues avec les Jroquois : les Delawares , les Wyandots, les Chippawas , | Ottowas, les Chactaws, les Cherokees, les Chik Siws et les Shawneses. Plus tard les autres tribus, sans exception aucune, entrérent dans les
es
\ 86 / mêmes arrangemens, et reconnurent le même principe.
Sous les Espagnols et les Portugais, sous Îles Français et les Hollandais, et enfin par acte du parlement anglais , ces différentes nations , dans leurs parties respectives, ont constamment exercé une juridiction territoriale sur les Indiens. Ce n’estdonc pas une innovation, comme on pourrait le croire, de la part des États-Unis, infiniment plus intéressés que ces nations à s’incorporer, s'il avait été possible, la population indigène. Cette question de juridiction, on peut le dire avec assurance, touche à l'existence des États-Unis comme nation.
Mais s’il exista jamais des doutes sur la pratique éclairée et bénévole du gouvernement des États- Unis envers les Indiens, ils devraient disparaitre devant l’examen des moyens adoptés récemment pour l'indemnisation complète des terrains à lui cédés, examen que nous nous efforcerons de faciut, en traitant des procédés mis en usage par rapport à nos relations avec Les Indiens nos voi- SIDS.
Prenant pour point de départ leur indépendance, la plus belle de leurs conquêtes, les États- Unis pourraient, à la rigueur, se reposer sur cet acte solennel, ainsi que sur toutes ses conséquences immédiates, et laisser à leurs prédécesseurs la solidarité entiere des événemens antécédens. En suivant cette marche, nous aurions pour autorités les traités de 1783 et 1794 avec la Grande-Bretagne, qui
nous reconnaissent les seuls et uniques propriétaires de ses droits sur la presque totalité de notre territoire actuel; le traité de 1803 avec la France, pour la cession de la Louisiane , et enfin celui de 1520 avec l'Espagne, pour les Florides; tous titres pacifiques, à l'exception du premier, et tous, sans exception, fondés en droit.
Mais nous avons voulu remonter plus haut, ct essayer de démontrer une filiation que ne vicie aucune action que puissent répudier la Justice et l'humanité,
En résumé, et sans perdre de vue le principe immuable de cette tendance perfective de l'homme qui le porte à franchir toutes barrières, füt-ce même au moyen d’une injustice passagère, on peut conclure, à tout événement, que si l’établissement des États - Unis et par suite la disparition des indigènes ne sont pas basés sur un droit incontestable et absolu, leur titre, loin d’être illusoire et injuste, s'appuie d’abord :
Sur la prescription, c'est-à-dire sur la concession non contestée au quinzième siècle par l'Église et par les souverains de la chrétienté, des terres à découvrir dans le Nouveau-Monde qui ne seraient pas alors occupées par des chrétiens ;
Sur les traités empreints de philanthropie faits avec les indigènes par les pélerins immortels qu’envoyaient dans ces contrées lointaines leur foi et leur religieuse indépendance ;
Et enfin, en dernier lieu, sur les conventions
( 88 ) appuyées sur des annuités et de grands sacrifices financiers , conventions souvent dictées par l’humanité, et toutes favorables aux Indiens, contractées entre eux et le gouvernement des États-Unis.
LA
DE QUELQUES POINTS DE L'ORGANISATION CONSTITUTION- NELLE DES ÉTATS-UNIS QUI ONT UNE PORTÉE SUR LA QUESTION INDIENNE.
Ayant essayé de faire sentier la difiérence qui existe entre les rapports , d'abord des individus avec les Indiens, puis des gouvernemens des états particuliers avec ces derniers, et enfin de ceux du gouvernement fédéral avec eux, nous ne sommes pas certain qu'il n’existe pas quelque confusion dans l'esprit de ceux de nos lecteurs qui ne se trouvent pas familiers avec la machine gouvernementale de la république.
On comprend avec peine que le pouvoir exécutif de l'Union, muni de l'autorité nécessaire pour faire respecter et exécuter les lois, se trouve quelquefois entravé par les états, et qu'il ne puisse, en conséquence, agir en toute liberté dans toutes les questions qu’il croit être pour le bien de la nation. De là, une solidarité est attachée au gouvernement national, qui ne lui revient pas de droit; et pour Juger sainement dans toutes ses phases de la ques-
(go ) tion qui nous intéresse en ce moment , il devient indispensable d’amener le lecteur à l’examiner sous un point de vue américain, si l’on peut s'exprimer ainsi; car on ne peut bien comprendre les mœurs et usages d’une nation, ni les apprécier à leur juste valeur, qu’ea s’enquérant préalablement des circonstances de temps et de lieux dans lesquelles se trouve cette nation. Un Turc ou un Russe, ou tout autre sujet d’un pays où règne l’absolutisme pur ou modifié, jugerait faussement un pays de liberté s'il prenait pour guide les idées politiques qui prévalent chez lui; de mème qu’un citoyen des États- Unis aurait mauvaise grace à vouloir censurer, sur des bases aussi peu solides , les institutions des pays étrangers qui diffèrent de celles du sien propre.
Nous nous excuserons donc du court historique sur la formation de notre organisation politique primitive dans lequel nous allons brièvement entrer.
Les possessions anglaises, qui forment la racine de notre nation, étaient originairement partagées en provinces coloniales , qui, chacune, avaient un gouverneur particulier nommé par la couronne, et un gouvernement local composé de représentans du peuple, qui devaient agir concurremment avec lui. Ces chefs exécutifs et ces gouvernemens provinciaux étaient entièrement indépendans les uns des autres ; chacun agissait dans sa sphère, devait lever ses propres contributions, défrayer ses pro-
vient
sous imer œurs Juste Cires se tout > pur berté prétats- , Sur des
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cine gées tun e, et tans avec prouns vait pro-
gt )
pres dépenses, faire ses lois municipales; et les chefs n'avaient à rendre compte de leur gestion qu'au gouvernement de la mère-patrie.
Mais bientôt le parlement anglais et le roi voulurent étendre sur ces provinces, qui déjà atteignaient un haut degré de force et de puissance, un système colonial dont les vues raccourcies et despotiques ne cadraient nullement avec leur situation prosr ‘re. il semble même qu'à mesure que se faisait sentir impérieusement la nécessité de principes plus larges à leur égard, la mére-patrie au contraire se resserrait dans sa pratique envers ses colonies. Elle traitaiten mineures celles que l’âge et le nombre appelaient à l'émancipation. Elle ne voulut pas reconnaître à celles-ci le droit de voter leurs impôts et de régler leurs dépenses; elle se refusa à toutes les améliorations gouvernementales, et voulut enfin forcer les colons à recevoir des articles taxés par le parlement anglais, dans lequel ils n'avaient pas voix délibérative. D’autres mesures oppressives vinrent se réunir à celles-ci. Déjà dans toutes les provinces le peuple s'était récrié contre ces actes de despotisme ; partout s’organisait une opposition systématique au gouvernement anglais; des associations populaires se formèrent qui s'engagèrent à ne consommer aucun objet qui eut été taxé par le gouvernement de la métropole sans la sanction des colons; les différentes provinces entrerent en confédération entre elles, jusqu’à ce qu'enfin, poussé à bout, le peuple de Boston,
dans le Massachussett, se porta en masse à bord de plusieurs navires arrivés avec des cargaisons de thé, sur lesquelles l'impôt avait été levé, et que malgré les autorités ils jeterent à la mer. Les révoltés s’organisérent, prirent les armes, et en vinrent aux mains avec les forces anglaises. Le gant fut jeté, les colonies nommèrent des délégués qui s’assemblérent à Philadelphie, et c’est là que, le 4 juillet 1976, ils proclamerent, à la face du ciel et de la terre, l'indépendance comme nation des anciennes provinces anglaises , qui devinrent alors les États- Unis d'Amérique.
Cette révolution, si féconde dans ses résultats, trouva donc un nombre de communautés distinctes qui se fédérèrent contre l’ennemi commun, leur lien moral, une cause commune. Celui qui les unissait politiquement était un congrès, s’assemblant régulièrement pour délibérer sur les mesures convenables à leur nouvelle position. Le président de cette assemblée fut considéré comme le chet exécutif de la nouvelle ligue. C’est lui aussi qui fut chargé, concurremment avec des commissions du congres, de régler les relations internationales avec les nations étrangères. Chaque état envoyait son contingent en hommes et en argent. Le président et le congrès n'avaient aucune communication directe avec le peuple en général. Les députés au congres représentaient les états dans leur capacité individuelle : c'était une sorte d’assemblée amphictyonique.
ord de de thé, malgré és s’ortaux t jeté, assemjuillet t de Î:
iennes États-
iltats, S désimun, qui les ssen)sures sident > chet ui fut is du S AVEC t son ident n diis au aCité phic-
Mais cette organisation, qui fut adoptée en premier lieu, et de nécessité, fut considérée par la suite comme n'offrant pas les garanties nécessaires de force et d'action. Il devint indispensable, dès
lors, de remédier à un mal Qi se faisait sentir de plus en plus'à mesure de l'augmentation de la population, et afin aussi de répondre à l'importance que le pays acquérait aux yeux des nations étranocres. Ce ne fut qu'après des discussions engagées dans un but tout de patriotisme, et qu'à la suite des délibérations les plus éclairées que, le 4 mars 1709, c’est-à-dire treize années apres la déclaration d'indépendance, fut promulguée la constitution qui, depuis cette époque, a régi avec tant de succès le pays.
La constitution de 89 laissa aux é/ats toute leur indépendance primitive par rapport à leurs intérêts municipaux, tels que le droit de propriété, de liberté individuelle dans tous ses rapports envers la société, de juridiction territoriale , et de tout ce qui découle des actes de l’état civil, etc.
Elle v’attribua au nouveau gouvernement central qu’elle établit que les pouvoirs qui étaient la conséquence de la position nationale prise par la fédération. Ainsi, à ce dernier gouvernement, composé d’une chambre des représentans élue pour deux années par le peuple, d’un sénat que constituent deux sénateurs (siégeant six années chacun) par état, et d’un président élu par le peuple tous les quatre ans; à ce gouvernement dont chaque
branche a sa sphere constitutionnelle, appelé gouvernement fédéral, appartiennent : 1° le réglement de tousles rapports internationaux ; 2° la confection et l'exécution de toutes les lois ayant rapport aux impôts pour le maintien du gouvernement, l'établissement de la monnaie et de la poste aux lettres, les relations avec les Indiens , etc.; et comme garantie contre les empiétemens que l'expérience de l'histoire attribue véritablement à tout pouvoir gouvernemental, et aux dangers qu’elle voulait éviter d'une trop grande centralisation, la constitution, qui énumère avec précision les points sur lesquels le gouvernement de l’Union aura juridiction, dit expressément aussi gue tout pouvoir non ainsi spécifié reste et demeure aux états particuliers.
Dans ce partage des droits de l’homme, on voit que pour tout ce qui est municipal , tels que ses droits de propriété, sa liberté individuelle et ses rapports sociaux, c’est aux lois de l’état dans lequel il se trouve qu'il faut qu'il s'adresse et qu’il y soit jugé par ses pairs; qu'au contraire, pour tout ce qui est hors de chez lui et découle de sa capacité nationale, comme le respect et la soumission qu’il doit à la constitution, dont la violation est le seul chef de haute trahison, à l'observation des lois passées par le congrès, etc., etc., il est responsable aux tribunaux de l’Union.
Mais , par rapport à la partie de notre sujet qui nous a induit à tracer cette faible esquisse politique, on verra qu’il y a ici une position complexe.
elé gouglement nlection
ort aux t, l'éta- «lettres, me gaence de pouvoir lait éviitution, lesquels on, dit nsi spéon voit que ses et ses
s lequel l'y soit out ce pacité n qu'il le seul es lois nsable
et qui + poliplexe
Ainsi, d'un côté, le gouvernement national à, par la constitution, le droit de s'interposer envers les Indiens, soit en leur faveur’, soit autrement, dans ce qui touche leurs relations avec lui; mais, d’une autre part, il ne peut porter aucune atteinte au droit de juridiction territoriale qui, par la constitution également, reste et demeure aux états respectifs. Ces derniers peuvent étendre leurs lois dans toute l'étendue de leur territoire, droit qui nécessairement entraine avec lui celui de coércition ; leurs autorités peuvent dire, comme elles le font en effet : Nous vous offrons aide ct protection ainsi qu'à nous-mêmes, sous l'égide de nos lois, mais c'est à condition que de votre part vous vous soumettiez comme nous à celles-ci; sinon, nous devons vous exclure de chez nous.
S'il existait encore quelque confusion à cet égard, nous appellerions à notre aide l'exemple de la confédération germanique, où on voit deux pouvoirs distincts agissant dans leurs propres sphères; et surtout celui de la confédération des cantons suisses, tous indépendans les uns des autres, quant aux droits civil et municipal; et cependant, tous solidaires, pour certains autres, envers le pouvoir suprême de la fédération.
En résumé, c’est dans ce double rapport des Indiens avec le gouvernement national qui a, lui, comme partie non intéressée, tout motif d'agir humainement envers eux; et de celui des éfats, dont là prospérité dépend de la stricte exécution de
leurs lois avec les Indiens, que git toute la ditficulté de la question; et l’on concevra aisément
qu'ainsi entravée, la solution n’est pas des plus aciles.
facil
NOMBRE PRÉSUMÉ DES INDIGÈNES DE L'AMÉRIQUE DU NORD, AVANT 1776, COMPARÉ A LEUR ÉTAT ACTUEL
À la vue de l'extinction presque totale qui menace toute une race jadis possesseur d’un immense contisent, une tristesse profonde s'empare de nos sens. Dans les méditstions qu'elle inspire, on ne peut s'empècher d'admirer combien est vaste et impénétrable cetie Providence, et combien est puissante la main invisible qui, dans l'espace, parseme les étoiles et viviiie la nature par les myriades de créatures qu'elle à cà et [à et «ie loin en loin jetées sur la surface. Ici, ce sont des masses qui
disparaissent pour faire place à d’autres; de tous
côtés, mouvement, intelligence, travail; vide nulle part , et équilibre partout.
Le flambeau de l'intelligence humaine, tronvant trop étroit le cadre que lui offre son propre globe, s'élance vers les cieux, et redescend ensuite nous dire comment se meuvent, à heures fixes, ces corps qui étincellent sur nos têtes. À nos pieds la géologie s'empare et nous indique les élémens
dont esi formée la partie extérieure de la terre dont la géographie dessine avec precision les contours, assignant à chaque portion la place qui lui appartient; puis vient l’orographie, qui désigne avec non moins de certitude le nombre, la position et l'élévation des monts les plus escarpés en même temps qu'elle fouille dans les profondeurs des vallées.
De toutes les branches de la science, celle qui occupe la place la plus importante à l'étude de l'histoire de l’homme, c’est la statistique. C’est elle, en effet, qui tantôt, fière des conquêtes de la civilisation , tantôt déplorant la décadence des peuples, vient de nos jours, par le moyen de ses chiffres et de l'imprimerie, cet immense levier moderne , éclairer les uns sur les conséquences de leurs progrès, et compatir avec les autres sur l’étendue de leurs pertes.Ce sont les mathématiques de l’histoire. Par malheur, cette étude, comme branche séparée , n’est que de moderne origine, ou plutôt de moderne pratique ; ses résultats actuels seront d'un grand secours aux historiens futurs ; et quant au sujet qui nous occupe dans ce moment, ils sont entièrement nuls.
S'il nous eût été possible, en effet, de trouver à les renseignemens voulus sur l’énumération des indigènes de l'Amérique du Nord, c’eût été pour nous le peloton de fil d'Ariane à travers le labyrinthe; mais ce sujet n’a été traité jusqu’à présent que très imparfaitement. Les missionnaires et les
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autres écrivains des temps qui ont de près suivi la découverte ne donnent que des renseignemens vagues et incertains; et Charlevoix lui-même, l’un des plus intéressans et peut-être des plus véridiques d'entre eux, jette très peu de lumières sur le recensement des aborigènes antérieurement à cette époque.
On conçoit aisément que ce n’est pas une curiosité oisive qui nous fait chercher avec instance à renouer , S'il était possible, le fil presque tranché à cette heure, mais qui nous unit encore, quoique si faiblement, aux habitans primitifs de notre continent ; étude qui, si elle eùt été couronnée de quelque succès, eùt eu cela d’utile de faire constater avec plus de précision quel est l'effet physique du manque de civilisation sur l’homme dans l’état de nature, lorsque ce dernier vient à se trouver en contact avec la société.
Les conquérans ne s’inquiétèrent guère de recensemens, malgré le soin que, dans leurs récits, ils mettaient à peupler les pays qu’ils parcouraient ; au point qu'à les en croire, à l’époque de la découverte , l'Amérique aurait eu une population infiniment plus dense que celle même de l’Europe. Nous étant individuellement imposé la tâche de traduire de l’espagnol un écrit du temps, la narration, par Garzilaso de la Vega, de la grande expédition de Soto à travers les Florides, nous nous primes complaisamment à compter les nations qu'il avait vaincues et les cinq cent milles (près de deux mille
lieues) qu'il avait, suivant lui, parcourus; nous arrivämes par ces chiffres à des ‘lions d’ames, ct à une telle étendue de pays, que le total eût mis Soto bien au dessus des plus illustres conquérans, anciens el modernes. Bien il nous prit enfin d’abandonner avec dépit notre tâche et de placer les récits du grand nombre de belles villes,toutes en vue les unes des aulires, qu'il trouva sur sa route, au rang des fables débitées sur les pars lointains et alors inconnus, If est Juste de dire cependant que la portion méridionale du nouveau continent devait étre, comme elle l'était en effet, en raison de la douce température de son c'imat, et des nombreuses facilités d'existence qu’elle offrait à une race ennemie du travail, iofiniment plus habitée que la partie du nord.
Les Français et les Hollandais, qui, ainsi que les Anglais, vinrent par la suite planter leurs colonies respectives au nord, étaient des hommes à esprit plus positif que ne l’étaient les conquérans. Si les premiers n’eussent en, tout d’abord, à s occuper plus particulièrement à déferdre leurs nouvelles acquisitions contre les attaques incessantes des indigènes, circonstances qui naturellement tendaient plus à les en éloigner qu'à les letir faire bien connaitre, nous aurions maintenant des documens d’une grande valeur, et nous ne serions pas ainsi réduits à parcourir notre route dans l'obscurité. Les longues querelles et les combats entre les Français et les Anglais, dans le nord de l'Amérique,
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ainsi que les vicissitudes qui en étaient la conséquence, et qui jetaient ces pays tantôt aux uns, tontôt dans les bras des autres, ont privé l’histoire de bien des renseignemens que lui eussent procurés des hommes qui, comme les jésuites et les missionnaires, par exeraple, dans des temps plus paisibles, eussent fait, en outre, fructifier les efforts inouis qu'ils faisaient alors pour la conversion et la civilisation des Indiens.
Ce ne fut guère que vers la fin du dix-huitiéme siècle, c'est-à-dire lorsque déjà une puissante nation venait de se mettre à leur place, que lon commença à supputer la force numérique des Indiens. Alors encore ceci ne se fit que d’une manière partielle 5ar chaque portion de la population blanche qui se trouvait face à face avec une ou plusieurs tribus indiennes : travail, comme l’on voit, sans ordre pi ensemble. Les tribus dont nous pouvons parler avec quelque connzissance de cause sont celles qui jadis existérent dans ce qui, maintenañt, constitue la partie habitée des États- Unis; et si, par analogie et par la comparaison entre elles , ainsi que par celle entre l’état passé et actuel des populations indiennes , nous parvenons à établir une progression devant ainener à une étude plus approfondie, ce sera du moins un pas fait vers l'accomplissement si difficile de la statistique d'Amérique.
Les régions transmontaines ont été, il est vrai,
explorées par des voyageurs tels que MM. Lewis
et Clark, et plus récemment par le major Long, au service des Etats-Unis. Leurs observations portent généralement sur les dispositions des lieux, avec
des remarques fort judicieuses, maïs peu spécifiques sur le nombre des populations éparses qu'ils rencontraient sur leur route. Aucun d’eux ne donne des idées assez arrêtées pour guider dans un recensement que, d’ailleurs, ils n'avaient ni le temps ni les moyens de faire. C’est à nous de nous emparer de tout ce qui est à notre portée, et nous saisissons tout d’abord l’ouvrage d'Irving sur la colonie américaine d’Astoria, à l'embouchure de la rivière Colombia, sur l'Océan Pacifique.
C'est avec ce charme si naturel à sa plume que cet auteur fait connaitre une expédition qui surpasse, en raison des périls qu’elle a encourus aussi bien que eu égard à la persévérance et au zele déployés par son auteur et propriétaire, M. Astor, de New-York, toute entreprise moderne dont nous ayons connaissance. En même temps qu’une escadrille partait de ce dernier port pour aller, en doublant le cap Horn, trouver par mer l’embouchure de la rivière Colombia sur l'Océan Pacifique, une compagnie formée d'hommes éprouvés, robustes, patiens, et faits à toutes les souffrances et les privations de la vie des chasseurs, s’organisait et était placée sous les ordre; d’un M. Hunt; c'est elle qui, dirigée par terre, devait aller à travers tout le continent américain se joindre, sur la Colombia, à l'expédition maritime.
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On peut aisément concevoir ce qu'eurent à endurer les gens de cette expédition , dans un trajet de plus de trois mille cinq cents milles, exposés, ainsi aw’ils le furent presque constamment pendant près d'une année entière, à toutesles misères de la soif et de la faim, comme à la férocité des indigenes.
Pour ce qui touche à la population, il y est dit qu'ils rencontrèrent sur leur route bon nombre de tribus distinctes. Et, en effet, peu de jours s’écoulaient sans que la compagnie américaine, qui, paisiblement, s’acheminait tantôt en franchissant des monts presqueinaccessibles, d’autres fois,et pendant des jours entiers, marchant à travers des déserts et des terres arides sur lesquelles la nature semblait avoir Jeté toutes ses désolations, ou bien encore en remontant sur de frêles esquifs, faits de l'écorce des arbres , des courans rapides ou des cataractes dont le bruit retentissait au loin dans les airs; il était peu de jours que l'expédition ne rencontrât dans sa marche quelque rassemblement indien.
Rarement le contact était amical. Le plus souvent on voyait à l'entrée d’une vallée, ou au détour d'une riviére, une bande armée de Sioux, de Tetons ou d’Aricara venus là tout exprès pour s’opposer au passage.
Cette circonstance, qui a tout le caractère de
l'authenticité, nous donne une idée de ce qu'était
alors { en 1810, 1811 et 1812, car, depuis, nous AVons incomparablement gagné du terrain sur elle)
de ce qu'était ,disons-nous, la population primitive parsemée dans les vastes régions del'Ouest,alors que ces peuplades étaient encore intactes, puisque leur grande distance de chez nous les avait mises à l'abri d'un refoulement ou d'un déplasessent, Elles étaient là, probablement, aiusi que li nature les y avait plantées; et prenant les faits comme Irving les à acontés d'üpres des documens positifs, il en ressortirait que, si l'on prend pour point de comparaison les nations civilisées ou sgric les, ces parties de l'\mérique étaient fort peu peuplees, tandis qu'au contraire, sion les considère sous le point de vue de simples pays de chasse et d'occupation temporaire et nomade, les forets et les déserts de l'Ouest étaient, comparativement à leur vaste étendue, vivans d'habitans.
La partie la plus dense de la populatiou indienne sur toute la superficie de ce qui à présent constitue les Etats-Unis se trouvait pressée entre Plymouth daus le Massachussetts, ou, en 1620 (le 22 décembre), déborquèrent les pèlerins protestans, et là riviere de Hudson, daus le présent état de New-York.
En l'année 1680 , soixante années plus tard, un rapport ! fait à l'assemblée gouvernementale de la province du Connecticut évalue le nombre d'hom-
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Quelque ten avant l'an 1620 , une vaste épidémie fit de grands ravages sur la population indigene. Précéde;ument à ce fléau, celle des présens états du New-Hampshire, du Massachussetts, du Rhode-Ifsland et du Connecticut était estimée à environ trente-ciuq mille ames,
C'est dans cet espace, ainsi qu'on la déjà fait observer, que semble avoir été concentrée la plus grande population primitive, et les causes en sont sufiisamment expliquées par les facilités que leur offraient le voisinage de l'Océan, celui de là pèche des rivitres les plus poissonneuses, et, ce qui arrivait assez frequemment, le refoulement sur les rives de FAtlantique, par les tribus plus féraces de l'intérieur.
Il paraitrait d'apres les rapports, qu'on 4 pu se procurer, qu’en 1680, dix mille Indiens se trouvalent exister Gaus la région mentionnée ci-dessus. \inst, avant l'épidémie qui précéda 1620, nous v tronvous trente-cinq mille ames.
En 1680 (soixante a” ées, environ, plus tard dix mille ames.
Puis, en 1830 (cent cinquante ans après), quelques centaines seulement, environ cinq cents.
Pour l'appréciation des causes naturelles de ce décroissement prodigieux, il est bon de remarquer que, comparativement à l’ensemble, les quatre états ci-dessus mentionnés constituent un théâtre sur lequel n’ont pas eu lieu des actes isolés de rigueur et quelquefois mème d’injustes persécutions individuelles, que le gouvernement ne pouvait pas toujours empêcher, tels que ceux exercés sur les Indiens , à l’ouest et au sud. Depuis l’année 1680, les Indiens ont été uniformément en paix avec les blancs : les uns cultivant des terres à eux réservées par les gouvernemens des états respectifs ; les autres, et la plus grande portion, s’abandonnant à leur indolence naturelle; pratiquant parfois quelque industrie insignifiante, telle que celle de la fabrication de paniers d’osier , de jouets d’enfans; vivant de peu, ne commettant d’excès que dans l’usage des boissons ardentes, et ne travaillant jamais au delà de ce qui était indispensable pour pourvoir à leur existence.
Combien de fois ne nous sommes-nous pas pris de compassion pour l’abjection humaine à la vue d'hommes à formes herculéennes, n'ayant pour tout vêtement qu’une sale couverture de laine trouée, de laquelle sortaient deux bras muscuieux ; de ces pauvres créatures, pauvres au moral, l'objet de risée
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Beaucoup de ces Indiens ont émigré vers les pays de l'Ouest, et c’est là ce qui explique la cause d’une partie de la diminution ; tandis que le tableau véridique que nous traçons plus haut vient forcément nous rejeter encore pour la décroissance de la masse, et comme moyens de destruction, sur l'usage excessif des liqueurs spiritueuses, sur les ravages de la petite vérole 1 avant que la vaccine n'eüt été introduite chez eux , ce qui a été un procédé lent; sur leur antipathie bien prononcée pour le travail, et enfin sur le refus de se soumettre aux lois de la civilisation.
Maintenant, quant aux Indiens du sud, vers l'an 1607, lors des premiers établissemens sérieux dans la Virginie, quarante tribus diverses se parta-
! On évalue le nombre des viciimes de la petite vérole à trente-cinq mille environ ; trois mille sujets ont été vaccinés par les soins du gouvernement américain. (Document officiel, p. 424, 1839.)