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ceux des navires, des lits garnis de nattes, Ils occupaient ainsi la moitié de la chambre, l’autre servait à l'emmagasinage des poissons desséchés.
La nourriture, là où l’agriculture à déjà fait quelque progrès , consiste en grains et légumes, principalement en diverses espèces de pois et haricots, en citrouilles, melons connus sous le nom de melons de Jérusalem, melons d’eau; en graines d'héliantus (soleil) qu'ils sèchent et écrasent entre deux pierres, en pommes de terre , maïs ou blé de Turquie. Au sud on trouve, en outre, cet excellent légume dont le goût approche tant de la meilleure châtaigne, la patate douce (convolvulus batatus).
Le pays occupé par les Ménominies ou Folles avoines , Situé sur la rivière Fox,entre la baie Verte et le Mississipi, abonde en une graine sauvage que recueillent les Indiens, appelée par les Canadiens
folles avoines ( étymologie nominale de la tribu },
ou riz indien. C’est principalement un produit des pays du Nord. La plante en croit et semble se plaire dans les lacs peu profonds que forment le grand nombre de ruisseaux que l’on trouve dans les parties plates du nord-ouest.
À sa maturité, le grain se détache, tombe à l’eau, y coule insensiblement, ct atteint enfin le fond où il reste tout l'hiver et où il commence à germer. La plante élève sa tête au printemps au dessus de l’eau; mais, contrairement au riz ordinaire, sa graine craint cet élément, qui, s’il vient à s'élever plus haut qu’elle, et à la submerger, périt imman-
quablement ; et comme ce malheur arrive quelquefois, le résultat en est une sorte de disette dans ces régions.
La moisson est faite vers la fin d'août ou le commencement de septembre, par les femmes, qui, au moyen de leurs canots en écorce, voyagent à travers les hautes plantes dont elles penchent les épis qu’elles secouent dans la barque , ou qu’elles frappent avec une baguette. Elles séparent la pulpe de la graine, en la plaçant dans nne peaa, sur laquelle, lorsqu'elle est entièrement sèche, elles marchent ou sautent avec force.
Nous empruntons, sur ce sujet, l'extrait suivant du grand ouvrage de MM. Mac Kenney et Hall, que nous avons da eu l’occasion de citer, pensant qu'on nous en saura quelque gré 1! : « Nous avons « traversé ces lacs dans des canots semblables à « ceux des Indiens, lorsqu’à nos yeux ils avaient « l’espect des champs immenses, la surface de l’eau « étant entièrement 'nvisible, si ce n’est immédia- « tement autour de notre barque quand elle était « poussée à travers cette riche et ondulante mois- «son. Le goût du grain en est fort bon, il produit «une nourriture nutritive; et quand il est battu cans être placé dans une peau d’animal et qu’il « n'est pas fumé, il est tout aussi agréable que le riz cultivé.»
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Le tabac (icotiana) qu’ils fument et prisent se cultive dans l’espace depuis le Canada jusqu’à la Patagonie.
Quelques uns mangent le sucre naturel d'érable (acer sacharinum ; avec leur viande. Cette dernière substance est recueillie sans la moindre peine au moyen de deux entailles faites dans l'arbre de ce nom; l’une presque horizontale, l’autre dans un sens contraire, de manière à former une sorte de coupe ou réservoir où vient s'écouler la semence liquide. On perce alors l’écorce de la partie inférieure en y introduisant une paille ou jonc, au travers duquel le liquide coule goutte à goutte dans une coupe placée au dessous. Ce sirop est alors soumis à l’action du feu et aux différens procédés qui en font un sucre plus ou moins clair, suivant l’habileté de la personne qui le fabrique ou l'usage auquel il est destiné. C’est aussi un objet de trafic pour les Indiens du nord, qui viennent le vendre dans les villes, soit dans de petits paniers d’écorce ornés de plumes teintes, soit en pain. Cette substance est agréable au goût.
Plus au nord encore, on extrait un sucre commun d’une espèce de bouleau qui croit dans le pays.
ILse trouve dans les pays de Wyandots, Ohio, un espace de terrain d'environ cent soixante arpens,
sur lequel croit un arbuste sauvage assez commun, toutefois, dans l'Amérique du Nord, produisant une petite graine rouge (cram-berry) de la grosseur
( 154 ) d’une cerise commune. Elle fournit un acide agréable, et est en grand usage pour des confitures et la confection de tourte: excellentes. Les Wyandots en font une moisson qui, chaque année, s’élève jusqu’à cinq mille boisseaux qu'ils vendent un dollar ou un dollar et un quart; de sorte que, sans culture aucune, ils tirent de cette plante unrevenu d'environ vingt mille francs.
À l'exception de ceux qui se sont un peu occupés d'agriculture, on ne trouve pas d’Indiens qui élèvent des animaux domestiques pour leur nourriture. Ceux dont ils font usage ne sont que les produits de la chasse et de la pêche.
Dans les pays entre les plaines de Colombia et les prairies du Missouri , la caair du bison ou buffle, qui se trouve depuis le cinquante-cinquième degré nord jusqu’à l’espace compris entre le Mississipi et la riviere Del Norte, est la principale nourriture. Ceux des habitans qui ne sont pas sur l'Océan Pacifique ou dans les montagnes Rocailleuses n'ont presque pour exister que le saumon qui remonte les rivières jusqu’à leurs sources, ainsi que quelques racines sauvages dont quelques unes sont des plus malsaines. Ils ne cultivent absolument rien.
La distribution du temps et les occupations des Indiens dépendent nécessairement de la nature de eur pays et de son climat.
Pour ceux dont la chasse est le principal objet, l'hiver est la saison la plus laborieuse et la plus ac-
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tive. À l’approche du printemps le Camp qui avait été formé pour la chasse est évacué et les diverses familles se rassemblent dans leurs villages respectits. Ces villages sont pour la plupart situés sur des rivières navigables et sur des terrains plus ou moins fertiles. Ici, les femmes ( ce serait une disgrace pour les hommes) sément assez de mais ou plantent assez de pommes de terre pour la provision de la fin de l'été et de l'automne.
Cette saison était principalement consacrée aux amusemens, aux affaires et aux incursions militaires. La population entière s’agelomérait. Pendant des jours et des nuits on pratiquait des fêtes, des danses et des Jeux gymnastiques.
Tandis que la jeunesse était ainsi occupée, les hommes d’un âge mûr et les vieillards discutaient les affaires importantes, et c’est alors qu'on se déterminait à la paix ou à la guerre. C'était là la courte saison sociale de l’Indien. A toutes les autres périodes de l'année il n’était plus, ainsi que l’habitant des bois, qu’un animal s’occupant purement et simplement de sa propre conservation.
DE QUELQUES PROPENSIONS NATURELLES DES INDIGÈNES DANS LEUR ÉTAT PRIMITEF.
Pour rester dans le cercle de la vérité il est aussi nécessaire d'éviter l'attribution à l’Indien, dans l’état de nature, de toutes les qualités estimables que l'excès opposé qui lui refuserait toutes vertus. Témoin journalier des vices qu'engendre la société, il n’est pas surprenant que, fatiguée d’un spectacle aussi décourageant, notre imagination en recherche un sur lequel elle puisse se reposer avec complaisance et se raviver en quelque sorte à l’école de la nature, Dans cette région si belle à explorer, il n'est pas de suppositions agréables, appuyées çà et
là par quelques faits isolés, dont on ne drape les
enfans des forêts; où si par hasard quelques vices malencontreux viennent déranger l’heureuse combinaison, on les attribue ceu-là aux contacts partiels que ces hommes ont eus avec les blancs. Il n’est pas, croit-on, de défaut inhérent à Fhomme inculte.
Nul doute que des vices n'aient découlé decette
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( 14g source; mais il en est beaucoup aussi qui ont une tout autre origine, puisqu'ils ont été constatés par les voyageurs mêmes qui les ont pour la première fois rencontrés, là où aucune peau blanche n’était parvenue avant eux.
Pense-t-on, parexemple, que la cupidité et la soif du gain étaient inconnus avant qu'ils eussent frayé avec les établissemens américains? Mais nous savons cependant de bonne source qu’il se trouve des tribus entières, comme celle des 2ez percés, situées au delà du Mississipi, qui ont comme celleci une propension remarquable pour le pillage et le vol.
Dans l'examen de ce fait, nous prenons de pré-
férence les populations les plus éloignées, vers l'Océan Pacifique, parce qu'elles ont été, comparativement parlant, hors de toute atteinte corruptrice incidente à la société.
Ainsi, le village indien de Wish-ram, près la riviére de Colombie, fut trouvé par les colons d’Astoria, il y a environ trente ans, habité par des gens « adonnés entre eux à la friponnerie, volant cha- « que fois qu’ils pouvaient le faire, et dépouillant «tout parti plus faible qu'eux.»
Les Osages, tribu à l’ouest du Mississipi, sont même, à l’époque à laquelle nous écrivons, renommés pour leur propension au vol. Ils enlèvent à leurs voisins tout ce qu’ils peuvent en cochons et bétail. Le vol des chevaux se fait fréquemment par la lie des tribus. Chez quelques unes, c’est même
établi en système régulier. Ils vont plus au sud, ou au Tex 15, y volent des chevaux, les emmènent au nord, où ils font de même, et reviennent chez eux avec tout ce qu’ils ont pu rassembler. Dans l’année 1838, les Kansas avaient recueilli dans leur village trente chevaux volés en grande partie aux citoyens des États-Unis.
Dans la même année, trente Pawnees s'étaient dirigés sur les Cheyennes, afin d’y voler des chevaux. D'abord ils eurent une affaire avec cette tribu, quiles défit, tuant un des leurs et en blessant un autre. Plus tard, la même bande rencontra quelques Osages qui les battirent encore, et leur tuèrent deux hommes.
Dix autres Pawnees étaient partis de chez eux avec la même intention; mais l’un d’eux ayant été sur la route dangereusement mordu par un serpent venimeux, ils se virent contraints à s’en retourner sans rien effectuer.
L'été dernier (1838) une batailie des plus sanglantes eut lieu entre les Kiawas et Camanches réunis d’une part, et les Cheyennes de l’autre.
Comme l’on voit, ils ne se ménagent pas plus entre eux qu'ils n’épargnent les blancs.
La tribu des Chinooks avait pour chef suprême un borgne nommé Comcomly, dont le moral était bien en rapport avec le physique. Dans ses relations avec les blancs et même avec les autres Indiens que ceux qui composaient sa nation, il déf plovait une astuce plus que diplomatique ; et quand
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il avait réussi à tromper, son bonheur était complet. Avec lui, il fallait être continuellement sur ses gardes, et ses sujets suivaient fidélernent l'exemple de leur digne chef. La nation, l’une des plus considérables de l'Ouest, était composée de plusieurs villages, chacun constitué sous un chef particulier qui était élu en raison de sa fortune, consistant en canots, esclaves et femmes. Celui qui en avait le plus était déclaré chef, et Comcomly régnait en souverain sur tous. Ce n’est pas à nous, hommes du monde, à être trop sévères au sujet de l'influence imméritée de la fortune; mais on voit toutefois que l'intérêt n’est pas seulement enfanté par la civilisation.
Éloignés que nous sommes de la société en ce moment dans notre course vers le couchant, nous y venons néanmoins nous heurter encore contre l'esclavage subsistant parmi bon nombre des tribus transmontaines.
Les esclaves y sont assez bien traités tant qu'ils jouissent d'une bonne santé et qu’ils peuvent se rendre utiles à leurs maîtres. Ils font les ouvrages les plus durs et les plus grossiers. Deviennent-ils impotens par l’âge et les maladies, on les abandonne de suite à leur malheureux sort , et on les laisse mourir de faim. À leur mort, leurs cadavres sont sans sépulture, les bêtes fauves et les oiseaux de proie se chargeant de ce soin.
La passion des jeux de hasard est poussée par les Indiens à un degré inconnu dans le monde ci-
( 160 ) vilisé. Dans leurs excès, ils jouent même leurs femmes et leurs enfans. Chez eux le succés est une vertu. Quiconque perd d'habitude est baffoué et méprisé, et souvent même chassé.
Leur soif pour les liqueurs fortes , qu’ils appel. lent l’eau enragée (mad water), est insatiable : elle existe partout et chez tous sans distinction de tribu, et c’est là sans doute l’une des causes qui paralyseront de long-temps les efforts qu’on pourra tenter pour les humaniser. La guérison de ce penchant, cependant , a de tout temps été le but du
gouvernement des Etats-Unis, qui a fait de son
mieux pour abolir chez eux l'entrée des liqueurs enivrantes.
En 1821, lors du traité de Chicago, les commissaires américains donnérent des ordres sévères pour qu’on ne délivrät aucune boisson ardente aux Indiens assemblés en conseil, et ils en informèérent les chefs, en leur disant, pour leur ôter tout espoir, qu'on avait défoncé et laissé couler toutes les barriques qui en contenaient. Ils en furent considérablement vexés, et ce fut le sujet de plaintes améres de leur part. On essaya de leur persuader qu'il était de leur intérêt, pendant les négociations du moins, de se tenir sobres, afin de pouvoir de leur côté faire un marché aussi favorable que possible à leurs intérêts. Mais tout argument fut inu-
1 Astoria, 150.
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tile, et Topmilee, le princiral des Potawatomies, vieillard âgé de plus de 80 ns, répondit au nom de tous : « Père! nous n° nous soucions ni d’ar- « gent ni de terre, pas plus que de vos marchandi- « ses et de vos présens..... Nous voulons du « whiskey, donnez-nous du whiskey !.....»
Ce goût si vif semble avoir existé de tous temps, et les historiens qui ont écrit sur les Indiens du Canada à des époques déjà reculées font fréquemment mention des édits des rois de France pour empêcher « la traite d’eau-de-vie et l’ivrognerie, « pour laquelle ces peuples ont un penchant. »
Bien avant que le contact des blancs eût enseigné aux indigènes la faculté de donner aux liqueurs des qualités enivrantes, ces derniers s’adonnaient à leur propension naturelle pour l’ivresse. Ainsi les habitans de l’Amérique septentrionale et des Californies avaient pour coutume de se faire passer dans les narines, par le moyen d’un tube, la fuméc du tabac, qui leur montait au cerveau, et les jetait dans un état d’aliénation temporaire et de frénésie difficile à décrire. Un grand nombre aussi
exprimaient du maïs ou du manioc une liqueur, à laquelle ils donnaient de la force au moyen d’une certaine quantité de ces substätices que mächaient leurs femmes et qu’elles imbibaient de leur salive, ce qui constituait une sorte de levain par lequel
! Whiskey, eau-de-vie de grain.
elles faisaient fermenter la liqueur, — La malheureuse introduction de l'esprit de grains, qui est la conséquence de l’invasion des blancs, peut par hasard avoir ajouté aux moyens de l’assouvissement de ce penchant chez les Indiens; mais, ainsi qu’on le voit, elle n’en est pas la cause première : la propension a existé de tout temps.
Par l'ivresse, l’homme se met au niveau de la brute, et on sait qu’elle n’agilt pas de même sur tous : elle stupéfie les uns, tandis qu’elle rend furieux les autres. Pour l’Indien en général elle a ce dernier résultat ; ce qui, d’ailleurs, s'explique assez par l'effet plus intense de ce stimulant sur un sang et un système nerveux que ne vicient pas les autres excès de la vie sociale, comme la passion des femmes. C’est comme un volcan que de constantes éruptions n’ont pas encore affaibli, et dont l’explosion n’est que plus irrésistible. — On peut donc hardiment énumérer parmi les passions dominantes des Indiens la soif du gain, l’ivrognerie et le sentiment de la vengeance.
L'idée du pardon n’entre jamais dans la tête d'un Indien. Le sang demande du sang. Le répandre, soit en combattant vaillamment, soit par trahison, est se mettre sur la voie des honneurs et des distinctions. Dans aucun cas, le meurtrier ne doit périr que de la main du plus proche parent de la victime.
Parmi la grande députation des Pawnees, qui en 1823-24 vint à Washington, il en était un surtout
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surtout
( 109 dont limperturbabilité attirait tous les regards. En vain, afin de à» distraire, offrait-on à sa vue ce qu'on croyait devoir l’intéresser ; en vain lui prodiguait-on les cadeaux, il restait triste et silencieux. Quand on lui en demandait la cause , il répondait en peu de mots : « Mon frère a été tué, et je n’ai « pas encore vu couler le sang de son meurtrier. La « famée de ce sang monte éternellement et enivre « mon cerveau, les vents poussent continuellement « vers moi les cendres de mon frere.....»
Rarement ils font grace de la vie à leurs prisonniers, que, dans tous les cas, ils trépanent avec le scalpel ; car ils n'admettent pas qu'il y ait victoire sans un trophée quelconque, et c'est là ce qui en tient lieu. La touffe de cheveux qu'ils portent généralement sur le haut de la tête offre une grande facilité à l'opération du trépan. A cet effet, ils la tortillent autour du pouce de la main gauche jusqu'à ce qu’elle arrive à soulever un peu la peau, puis de l’autre main, et par le moyen d'un couteau ou du tranchant de leur hache ou tomahawk, ils coupent avec dextérité la couronne de la tête. Cette opération, comme on doit le penser, est des plus douleureuses, mais elle ne donne pas toujours la mort. Il est bien des blancs qui, ayant été ainsi trépanés, ce qui est plus douloureux encore pour eux qui n’ont pas le toupet comme l’Indien, et laissés pour morts sur le champ de bataille, s’en sont ainsi relevés , et sont parvenus, nonobstant de grandes difficultés, à atteindre à travers les forêts leur foyer.
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On ne se rappelle pas sans frémir que, lors de la dernière guerre entre les Anglais et les Américains, ces derniers ayant envahi ct pris possession d'une des capitales, celle du Haut-Canada, le premier objet qui frappa leur vue fut une immense liasse de crânes, formant draperie au dessus de la chaise du président de l'assemblée législative de la province. A cette époque d’animosités nationales, qui, il faut l'espérer, ne se renouvelleront pas îles Indiens recevaient une certaine somme pour chaque couronne d’Américain qu’ils apportaient au camp anglais. Nous ne rappelons cette circonstance, qu'une politique plus humaine répudie maintenant avec chaleur, que comme marque distinctive des idées de sang qui animent les indigènes quand leurs passions, et surtout l’idée du gain, se trouvent en jeu.
Communément ils ne font pas de prisonniers de guerre, à moins qu'ils ne trouvent très facile de les amener avec eux. Ils immolent impitoyablement ceux que leurs blessures ou leurs inifirmités ne permetten: 25 de les suivre sans embarras.
Ce caractere de férocité, toutefois, n’est pas égal chez toutes les tribus ; quelques unes se contentent simplement de mettre à mort par de prompts moyens, tandis que d’autres, au contraire,se complaisent à la vue des tourmens. Quand ces dernieres font prisonnier quelque chef militaire ou quelque homme autrement émirent, ah! c’est alors sur ceux-là que s'exerce avec raffinement l'esprit
rs (le mériession e premense de la > de la nales, is fes r chant au rconpudie e disidige-
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esprit
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de vengeance. Tout ce que la malice, tout ce que la cruauté peuvent inventer est mis en pratique. On n’épargne ni le feu ni les tortures, seulement on a soin de ne pas achever la victime trop tôt. On a vu ces sortes de tourmens durer des jours entiers, et être arrêtés même, afin que par un intervalle de quelques jours le malheureux püt mieux endurer les souffrances, et afin aussi de faire durer la jouissance des bourreaux plus long-temps.
Dans leurs guerres entre eux, des échanges de prisonniers n’ont jamais lieu , parce que, une fois captifs, les parens et les compatriotes du prisonnier le considèrent comme mort, et, s’il revenait à la tribu après avoir été épargné par ses ennemt., il serait persécuté et mal reçu des siens.
Jadis les missionnaires français du Canada, mus par des sentimens d'humanité et de religion, et touchés des horribles tourmens infligés par les indigènes à leurs ennemis, établirent un système de rançon ou d'achat. Ils donnaient une prime pour chaque personne dont la vie était épargnée. 1l advint alors qu’afin d'obtenir l'argent qui leur était ainsi offert, ils en firent un trafic régulier, saisissant par surprise et dans des embuscades tout individu qui s’écartait un peu des populations. Le pays ne fut plus qu’un vaste champ de rapine et de désolation. Les Indiens n’en continuérent pas moins à torturer ceux qui, dans les combats, leur offraient une résistance opiniâtre, ne réservant pour la vente que les femmes et les enfans, et
166 ) ceux de leurs prisonniers que leurs forces physiques et leur jeunesse rendaient de quelque utilité dans leurs travaux journaliers. L'œuvre pieuse des révérends pères produisit donc précisément l'effet contraire de celui qu'ils s'étaient proposé, à tel point qu'ils se virent forcés de demander au roi, non seulement la révocation des édits qui encourageaient l'achat des prisonniers, maisencore desolliciter unenouvelle ordonnance quidéfenditexpressément la rançon d'aucun captif fait par les Indiens.
L'opération du scalpel avait lieu chez tous les Indiens habitant le pays, depuis les Eskimaux au nord jusqu’au Mexique au sud exclusivement.
Cette coutume ne semble pas avoir dépassé les montagnes Rocheuses à l’ouest. Au sud du Mexique, il ne paraît pas qu’elle ait prévalu, quoique néanmoins quelques unes des tribus méridionales ne fussent pas en arrière en fait de cruauté. On cite, par exemple, la pratique chez que'ques unes de fabriquer des flûtes avec Les os de ceux qui avaient succombé dans les combats.
On a souvent attribué à l’Indien un courage que l'expérience ne justifie pas toujours. Rarement il s'expose corps à corps avec son ennemi. Nous trouvons cette dernière opinion partagée par presque tous les auteurs anciens :t modernes. Le colonel Bouquet,qui,en 1764, fit contre eux l'expédition de l'Ohio, s’exprime ainsi à cet égard : « Ces sauvages, « qui ont eu anciennement la réputation d'être
«tres poltrons, re sont guere plus braves aunjour-
phystutilité se des l'effet a tel 1 roi, ncoudesolxpresdiens.
Jus les UXx au ment.
sé Îles xique, néanles ne 1 cite, nes de vaient
ge que ent il s trou- "esque olonel ion de vages, d'étre
ujour-
€ d'hui, quoiqu'ils aient des armes à feu. Is expo- « sent rarement leurs personnes aux dangers ,Ctse « fient entièrement à leur adresse à se cacher pen- « dant l’action. Ils ne paraissent jarnais à découvert, «à moins qu’ils n'aient par des hurlemens effroya- « bles frappé de terreur leur ennemi. Lorsque « ceux-ci se trouvent engagés dans quelque bois «impénétrable , ils l’'attaquent alors, mais jamais «avant qu’ils le voient hors d'état de se défendre «et qu’il mette bas les armes. »
Que l’on ne croie pas cependant, nous le répétons encore, que la férocité des Indiens ne s'exerce que sur les peaux blanches, leur animosité les uns contre les autres est tout aussi invétérée.
En avril 1838, des Pawnees firent une visite amicale aux Sauks et aux Iowas du Missouri. Lorsqu'ils étaient sur le retour, une bande de Kansas, sans provocation aucune, tomba sur eux à l’improviste, les attaqua, et tua l’un d'eux.
En août de la même année, les Kansas et les Osages firent une incursion composée de quatre-vingts hommes de guerre. Ils surprirent des Pawnees inoffensifs, et en rapportèrent onze crânes humains! Ils perdirent eux-mêmes quatre des leurs tués et deux furent blessés. La bande alors se sépara en plusieurs corps, qui eurent une autre affaire, dans laquelle ils trépanèrent encore cinq de leurs ennemis, donnant en tout dix-sept Indiens tués dans cette expédition. On parlait encore vaguement
ne RS
( 168 d'autres assassinats commis par diverses tribus à la mème époque.
Il semblerait qu'il n'y a sn réalité d'activité chez eux que lorsqu'elle a pour objet le pillage et le meurtre.
Il se trouve dans le caractère indien un mélange d'apathie et de cruauté, en mème temps, qu'il est difficile d'expliquer par les règles ordinaires. Voici ce qu’en dit de La Condamine, par rapport, il est vrai, à ceux du Pérou en particulier ; mais il ajoute, et beaucoup le croiront avec lui, que les mêmes remarques pourraient également s'appliquer à tous: « J'ai cru reconnaitre dans tous les Américains (In- « diens) un même fonds de caractère. L’insensibi- « lité en fait la base. Je laisse à décider si on la doit
honorer du nom d’apathie ou l’avilir par celui de
stupidité. Elle naît sans doute du petit nombre de leurs idées, qui ne s'étendent pas au delà de leurs besoins. Gloutons jusqu’à la voracité quand ils ont de quoi se satisfaire, sobres quand la nécessité les y oblige, jusqu’à se passer de tout sans paraître rien désirer ; pusillanimes et poltrons jusqu’à l'excès si l'ivresse ne les transporte pas ; ennemis du travail; indifférens à tout motif de « gloire, d'honneur ou de reconnaissance ; unique- « ment occupés de l’objet présent et toujours dé- « terminés par lui; sans inquiétude pour l'avenir, «incapables de prévoyance et de réflexion; se li- « vrant quand rien ne les gène à une joie puérile, «qu'ils manifestent par des sauts et des éclats de
« rire immodérés , sans objet et sans dessein : ils « passent leur vie sans penser, et vieillissent sans «sortir de l'enfance , dont ils conservent tous les « défauts. »
Nous méfiant toutefois de notre propre jugement , surtout lorsqu'il est question de déverser le blâme, on nous permettra encore la citation suivante que nous extrayons d’un ouvrage écrit en français dans le siècle dernier !. Au sujet des Indiens de l'Amérique du Nord, l'auteur nous dit : « Son bonheur est de ne pas penser , de rester dans une inaction parfaite, de dormir beaucoup, de «ne se soucier de rien quand sa faim est apaisée , «et de ne s'occuper que des moyens de se procurer «sa nourriture quand l'appétit le tourmente. Il ne « construirait pas d' cabane si le froid et l'inclé- « mence de l'air ne l'y forçaient ; il ne sortirait pas « de sa cabane s’il n’en était chassé par le besoin : «sa raison ne vieillit pas; il reste enfant jusqu'à «la mort, ne prévoit rien, ne perfectionne rien, «et laisse la nature dégénérer à ses yeux, sous ses « mains , sans jamais l'encourager et sans la tirer « de son assoupissement. Foncièrement paresseux «par naturel, il est vindicatif par faiblesse et atroce « dans sa vengeance, parce qu'il est lui-même in- « sensible; n'ayant rien à perdre que la vie, il re- « garde tous ses ennemis comme ses meurtriers
rm
it Par M. pe P*###, vol I, p. 125.
« Si ses projets de vengeance étaient toujours sou- « tenus par le courage de les exécuter, il n’y aurait « pas d'animal plus terrible, et il serait aussi dan- « gereux aux Européens qu’il l’est à l’égard des pe- « tites hordes de sa nation avec lesquelles il est en « guerre, et qui, n'étant pas plus braves que lui, ren- « dent la partie plus égale et éternisent les combats.»
Tel était autrefois l’Indien : l’incurie qui le caractérisait alors a-t-elle depuis fait place à de meilleures dispositions ? Nous le pensons d'autant moins qe M. M° Kenney qui, en ce moment écrit pour ainsi dire entouré de peaux rouges, nous assure!, au sujet du rizindien, produit que la Providence leur a mis dans la main, que, quoique le travail pour cueillir et pour conserver cet article, soit très peu de chose, cependant telle est l’indolence de ceux auxquels il a été envoyé, que les quelques sacs remplis dont fait provision chaque famille sont bientôt épuisés. Il arrive rarement d’ailleurs qu’ils gagnent quelque chosepar l'expérience ; car les besoins d’une saison ne produisent jamais plus tard l'effet d’exciter de plus grands efforts pour recueillir le riz, ou une plus grande économie dans l’usage qu'ils en font. Le produit de plusieurs milliers d’arpens de cette plante précieuse périt chaque année. Il se perd dans les eaux, par la raison que l’Indien est trop indolent
et trop imprévoyant pour le recevoir des mains de
sS SOLIaurait dan- 2s peest en i,renbats.»
Caracleures JS q''e ainsi el, au e leur pour s peu ceux r'ementôt nent d’une xciter u une font. cette | dans jolent ns de
la nature, Il possède moins d'industrie et d'esprit de prévoyance que le castor ou la fourmi. « Celui, « ajoute M. Mac Kenney, qui s’est passionné pour « la vie sauvage, ou qui s’imagine que l’on doive « attribuer toutes les miseres de la race aborigène « à l'apparition des blancs parmi eux, changera « bientôt d'opinion par l'examen impartial de leur « condition qui les présente mouraus de faim pen- « dant l'hiver, parce qu'ils sont trop paresseux « pour étencre leurs bras pendant l'automne, et « pour faire la moisson qu’une généreuse Provi- « dence à placée devant eux. »
Enfin, M. de La Condamine que nous avons cité plus haut, termine ses remarques qui, quoique paraissant probablement sévères aux enthousiastes du caractère indien, n’en sont pas moins, en réalité, plus rapprochées de la vérité que les séduisantes légendes des poètes et des romanciers, par les inductions suivantes que nous aimons à croire à notre tour par trop désespérantes : « On ne peut « voir sans humiliation combien l’homme abau- « donné à la simple nature, privé d'éducation et « de société, diffère peu de la bète. »
NOTICES BIOGRAPHIQUES SUR LES QUATRE INDIENS DONT LES PORTRAITS, DESSINÉS D'APRÈS NATURE, SONT JOINTS A CET OUVRAGE.
SHAUMONEKUSSE OU L'IETAN, CHEF DES OTTOES (P. 1).
Ce chef n’est pas arrivé à la dignité suprême par droit d’hérédité, ainsi qu’il est d'usage dans beaucoup de tribus. De bonne heure, son intrépidité et son activité le distinguèrent parmi les guerriers, en même te nps qu’un esprit pénétrant et fortement empreint d’astuce, qu'il savait mettre en jeu quand elle lui était nécessaire , lui procura une réputation de sagesse qui le porta en dernier résultat aux plus hautes fonctions. Il était aussi grand chasseur que guerrier. Voici le récit par lui-même de ses propres exploits, ainsi qu'il les communiqua à une assemblée d'officiers de l'armée des États- Unis. Elle résume assez bien et sa vie et ses pensées :