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\ Amangachgenimgussowagan, celui qui est élevé par la louange. Mamamchtschimgussowagan, être insulté,
Dans les mots qui précèdent, ainsi que d’ailleurs «ans toutes les langues indiennes, on trouve un principe sur lequel tous les philologues s’accordent, celui des combinaisons. Comment un tel langage a pu éclore est chose qui doit paraître étrange, et il est assez naturel de supposer que, dans le principe, il fut des plus bornés dans ses expressions , peut-être même monosyllabique ; qu'à mesure que l'expérience et les besoins des Indiens se développèrent , ils ajontèrent de nouveaux termes à ceux déjà existans.
L’Indien agit paus qu'il ne réfléchit, et ceci influe puissamment sur sa manière de s'exprimer. Quand il parle, sa tête, ses mains, tout son corps enfin, sont mis en réquisition, et il serait plus facile de comprendre sa pantomime que son langage parlé, si ce dernier n’était accompagné de gestes. IL a peu de mots abstraits, parce qu’il ne songe qu'aux objets ostensibles et aux rapports que ceuxci ont entre eux. Des mots et parties de mots s’attachent et se détachent , se combinent et se séparent, suivant qu'il cherche à exprimer des idées simples ou complexes. Il ne fait pas usage du verbe auxiliaire, et l’affirmative, comme la négative, découlent souvent de la simple manière de l’orateur. Ilne dit pas #/ est beau’, l est méchant; mais lui beau, lui méchant.
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Un autre écrivain que ses savantes recherches d’antiquaire et de philologue mettent au premier ang, M. Me Culloh, de Baltimore, s'accorde assez généralement avec le général Cass, en opposition à la richesse attribuée aux langues indiennes par M. Duponceau. Suivant lui, le seul avantage que possèdent celles-ci sur les langues modernes, consiste dans la facilité avec laquelle, suivant l’occasion, on peut y joindre et y contracter plusieurs mots en un seul. « Autrement :, dit-il, leur formes « grammaticales ne semblent se tenir l’une à l’au- « tre que par un sens général d'adaptation telle- « ment vague que, pour l'intelligence de leur « expression, il est absolument nécessaire d’ap- « peler à son aide les gestes et les regards signi- « ficalifs. »
Sans se prononcer définitivement sur la mélodie attribuée par M. Duponceau aux langues indiennes , M. Gallatin, que le beau travail historique et philologique , ainsi que les recherches assidues, distinguent éminemment, donne gain de cause (à l'exception cependant du delaware et des autres dialectes de l’algonquin lenape qu'il trouve plus irréguliers que les autres) à son devancier. Au sujet de la fécondité des langues américaines, il les trouve en général « riches d'expressions et de « formes grammaticales, d’une grande régularité,
1 Mac CUELOH, p 94.
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(48, «et d’un ordre parfait dans la complication de leur « construction. »
Sur le principe de combinaison ou de coalition des mots qu'il dénomme polysinthétique, il s’accorde également avec lui; mais il refuse, pour le présent, de se prononcer sur la troisième hypothese de M. Duponceau : « que toutes leurs formules dif- « fèrent essentiellement de celles des langues « mortes et modernes de l’ancien monde. »
Ce qui caractérise le langage indien de l’'Amérique est une tendance universelle à exprimer tout ensemble l’action et l’objet, en concentrant ainsi, dans une simple expression, une idée complexe ou plusieurs idées qui ont des rapports entre elles. De cette dernière hypothèse appliquée à l’ensemble de toutes les langues indiennes, et qui est adoptée par le général Cass aussi bien que par MM. Duponceau et Gallatin, on peut conclure du moins que toutes ces langues eurent une commune origine.
Les inflexions qui, comme chez les Indiens, quoique cependant pas à beaucoup près en aussi grand nombre , existaient également dans les langues mortes , ont été remplacées dans les modernes, et plus particulièrement dans l'anglais, par les verbes auxiliaires et par des prépositions distinctes.
Voici donc d'innombrables inflexions qui viennent indistinctement frapper l'oreille; l'esprit s’en saisit pour leur trouver l’analogie qui leur appar-
tien afr Et d lolo N dial dur pha tior tie!
tell tio et |
leur
on , acr Je ese dif-
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tient en propre; car chacune est née d’un objet qui a frappé les sens dans la nature anir.ee et inanimée. Et quelle immense page vient ici ‘ouvrir au philologue!
Mais il ne s'arrête pas là. Ces inflexions primordiales furent nécessairement rauques et dures, et durent plus tard recevoir les modifications de l’euphonie. Viennent ensuite l'analyse et la classification des mots suivant le génie du langage que l’on tient à faire connaître. Difficultés sans nombre, et telles qu’on se sent naturellement pris d’admiration et de reconnaissance pour ceux que leur zèle et leur constance conduisent enfin à l’accomplissement d’une tâche aussi méritoire.
La concentration de plusieurs idées en un seul mot peut quelquefois donner de la force et même de l’harmonie à un langage. On trouve dans les langues espagnole et italienne, par exemple, des effets produits par les diminutifs et augmentatifs, au moyen de quelques voyelles ou consonnes ajoutées ou retirées, suivant le cas, au même mot, des effets d’euphonie agréables à l'oreille : mais là ce n’est toujours qu’une idée modifiée ; au lieu que, dans les langues indiennes, ce sont souvent un certain nombre d'idées combinées, une phrase assez longue même, comprise en une enfilade de lettres dont la prononciation ne doit pas être chose facile pour tout le monde. Ce dernier langage donc, qui
possède un nombre bien au delà des inflexions qui se trouvent dans le grec et le latin, sans en avoir {
{ bo })
nécessairement la perfection, ne peut convenir que étaie là où les idées sont encore simples comme les son :
hommes et dans l’état de nature. Pour la civilisa- « tion, il serait entièrement impuissant. Il ne fau- «tr drait pas conclure non plus en faveur des Indiens «pli
de cette ressemblance imparfaite (la tendance aux egr inflexions) entre leur langue et les classiques , que «Ce c’est la une preuve d’une ancienne civilisation; car … «so il est bien évident que toutes les langues parlées «sai
ont dù nécessairement, après une origine com- “ «go mune fondée dans la nature , passer par les mêmes N procédés, pour arriver plus tard à des modifica- … été
tions que les circonstances de climat et de posi- lang
tion sociale, ainsi que mille autres incidens, sont 1 sex
venus en dernier résultat perfectionner. lim Dans notre chapitre sur l’origine des nations … dan indiennes, nous avons fait savoir les différentes U avai
tribus que l’on sait avoir habité le nouveau con- “ gan
tinent. Suivant ces divisions, établies par M. Gal- “ sati
’ | latin, on trouve que chez les quatre-vingt-une tri- « à: bus il n’y en avait que vingt-sept qui différassent . «de ! entre elles sur quelques points; mais que par quel- “ «ol que affinité aussi elles se réunissaient toutes par la NU «E
racine. 1 «lé
Au sujet des quarante tribus qui habitaient la . «b
Virginie en 1607, depuis les rives de l'Océan jus- + «a
qu'aux montagnes; puis, du Potomack à lextré- “ «p
mité méridionale de James River, dont les Pow- y
hatans, les Mannahoacs et les Monacans, connus D ‘°
plus récemment sous le nom de Tuscarooras, n ‘
étaient les plus puissantes, il est dit par M Jefferson :
« ILest très possible qu’il y eût originairement « trois races distinctes, lesquelles, s'étant multi- « pliées avec le temps, se séparèrent ensuite en un « grand nombre de sociétés moins considérables. « Ceci découle nécessairement de ce qu'ils ne se « soumirent Jamais à aucune loi, à aucune puis- « sance coercitive, pas même à l’ombre d’aucun « gouvernement. »
Nous avons déjà dit qu’une origine asiatique a été attribuée par les philologues modernes aux langues indiennes. Voici maintenant comment s'exprime encore à cet égard Thomas Jefferson , limmortel auteur de la Déclaration d’Indépendance, l’homme dont l’inépuisable philanthropie avait des premiers rêvé la possibilité de l’amalgame des Indiens avec les blancs et leur civilisation.
« Quelque imparfaite que soit notre connaissance « des langues parlées en Amérique, il suffit de faire «observer le fait suivant qui est très remarquable. «En les classant d’après les radicales (ainsi appe- « lées de ce qu’elles ne possèdent pas de ressem- « blanceentre elles ) auxquelles on peut facilement «arriver, et opérant de même sur celles des peu- « plades indiennes de l'Asie, pour une de ces lan- «gues de l’Asie, on en trouvera probablement vingt «en Amérique. Une séparation en dialectes peut
«être l’œuvre de quelques siècles seulement; LA
« mais afin que deux dialectes puissent ainsi se « séparer, qu’il n’y reste plus un seul vestige de « leur origine commune un espace de temps im- « mense est nécessaire; pas moins peut-être que « beaucoup de personnes n’en attribuent à l’âge du « monde. Les changemens radicaux s'étant opérés «en plus grand nombre dans les langages des « peaux rouges de l'Amérique que dans ceux de « l'Asie, prouvent que les premiers sont d’une anti- « quité plus reculée que les autres1.»
Remarquons en passant, toutefois, que cette prétendue preuve d’antiquité comparative dont parle M. Jefferson, ne nous paraîtrait bien établie qu’autant que les deux classes d’Indiens, asiatique et américaine, eussent été continuellement tenues dans les mêmes conditions ; que toutes deux, par exemple, eussent été également hors de toute influence de contact avec les sociétés plus civilisées qu'elle, de toute relation enfin qui pourrait entrainer après elle la nécessité de modifications dans leurs langages respectifs. Or , l’histoire nous fait reieter cette similitude absolue entre l'Asie et l'Amérique.
Cependant voici Grégorio Garcia, dominicain de Bacca, qui passa plusieurs années en Amérique, avañt l’an 1607, et qui s’appliqua à étudier les antiquités, les coutumes et les langues du pays, qui
1 Jefferson's notes on l'irginia, p. 99.
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pense qu'il y a du vrai dans les diverses opinions énoncées de son temps, qui font descendre les Inaiens des Carthaginois, des Hébreux, des Chinois, des Phéniciens, des Grecs, etc. Il pense que la diversité de langues, de mœurs et de coutume qui existent parmi eux, prouve la vérité de ces diverses opinions, et que chaque tribu à eu une origine différente 1.
Nous avons ainsi mis en regard les opinions des hommes éclairés qui se sont le plus spécialement intéressés à la recherche de l’origine commune des langues américaines, afin que chacun püt en tirer ses propres inductions. On y voit, toutefois, un commun accord dans l'attribution d’une antiquité qui se perd dans les temps les plus reculés, et que la divergence s'établit uniquement sur leur berceau commun que les uns placent en Asie, tandis que Jefferson, lui, recule le sien au delà; théorie qui changerait un tant soit peu les notions géographiques et bibliques recues, en transportant la première création de l’ancien, dans le monde appelé nouveau, et en naturalisant notre premier pére, Américain.
À la suite des remarques précédentes sur les langues primitives, nous croyons devoir offrir quelques mots ct phrases indiens dont lautorité est la plh's authentique.
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UOrigen de los Andios del Nuevo- Hundo, Valencia, 1607
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